vendredi 28 mars 2014

"Chant de la chambre d'hôte"


"Être humain, c'est être une chambre d'hôtes.
Tous les matins, arrive un nouvel invité.
Une joie, une dépression, une méchanceté,
une prise de conscience momentanée
vient comme un visiteur inattendu.
 
Accueillez-les tous et prenez-en soin !
Même s'ils sont une foule de chagrins
qui balaient violemment votre maison.
et la vident de tout ses meubles.
 
Traitez chaque invité honorablement.
Peut-être vient-il faire de la place en vous
pour de nouveaux délices.
 
La pensée sombre, la honte, la malice,
rencontrez les à la porte en riant
et invitez-les à entrer.
 
Soyez reconnaissants pour tous ceux qui viennent
parce que chacun a été envoyé,
comme un guide de l'au-delà."
Rumi (sage soufi, poète persan du treizième siècle)



Le yoga change la vie. Mettons de la vie dans notre yoga et du yoga dans notre vie.
- D'accord, mais si j'ai bien compris ton dernier message, il vaut mieux faire un choix qui soit juste, "avec des couettes" (adéquate) par rapport au yoga.
- En effet, évitons le yoga girouette inconstant comme le vent, le yoga "baba speed", le yoga fakir casse-cou (ouille!) et le yoga malin "casse-tirelire" qui ne casse pas des briques.
Très cher yogi, ton yoga moulin va trop vite, va trop fort. Yoga barbare, yoga barbant !
- Donc ?
- Donc, restons simple et minimaliste (un minimum d'effort pour un maximum d'effet) et comme dirait le fameux groupe de rock "Helvète Underground" (dans leur irrésistible chanson "Le comté bon") :
"Petite vitesse et grand lentement !".
On peut aussi rajouter une bonne dose de sensorialité ("Sensations font sens").
Il vaut mieux privilégier plutôt le yoga de la joie, doux comme une caresse, sukha (sucré sacré). Bref un yoganar à l'anarchie pacifiste et douce, un yoga humain. A vivre sans désir caché mais avec du Désikachar (Maître yogi) en tête :
"yoga signifie : réaliser ce qu'on ne pouvait pas réaliser avant."
Infos-yoga, éclairez donc notre petite lanterne :
"Le mot yoga signifie unité. Le yoga se méfie des dualités. S'il y a deux forces en présence, il y a risque de conflit, et les conflits sont toujours destructeurs, ils vont absorber une énergie considérable et surtout vous fissurer, vous casser, vous déchirer. La pratique du yoga cherche avant tout à pacifier les conflits intérieurs. Comme ces conflits ont tendance à se projeter à l'extérieur, le yoga peut véritablement changer le monde."
Mathieu



Déci Maitre Yann, c'est à vous :
Le yoga, c'est ce qui nous permet d'être reliés. En pratiquant, nous sommes reliés à nous-même. Ce vécu, ce concentré de bien-être amenons-le à la maison. Afin d'éviter une coupure dans cette relation privilégiée avec nous-même, installons le yoga dans notre quotidien.

Mini Maitre Yann, que faire avec les postures mal aimées ?
Elles sont difficiles et source de dualité et donc de conflit. Chacun rencontre dans sa pratique des postures "champs de fleurs" (qui donnent envie de leur conter fleurette, de fleurter avec) et les méchantes et difficiles posdures "chant de pleurs et de peurs". Alors quoi, on les oublie ces asanas là ?
Non, on oublie la difficulté et on relit Rumi qui nous relie et nous nourrit. Puis on écoute Marguerite :
"Les postures sont des mises en forme physiques qui ont des résonances sur des formes intérieures (psychiques, spirituelles ou émotionnelles) correspondantes."
Ne pas aimer une posture, c'est découvrir les formes physiques et psychologiques que nous ne voulons pas aborder. Ces postures sont donc celles qui nous manquent si on veut être complet.
De la collection complète de postures complémentaires à la connexion par fête avec soi-même et l'univers !
"En nous obligeant à nous mouler sans cesse dans de nouvelles formes, nous allons fluidifier, faire disparaître nos rigidités."
Marguerite Aflallo (prof de yoga)


- Quel est le lieu propice au lien ?
- Faut trouver l'endroit a des couettes, qui dit couette dit lit, qui dit lit dit chambre, qui dit chambre dit d'hôtes. La boucle est bouclée, on peut aller se coucher.
- Mais c'est trop tôt, donne nous donc un bon plan à l'extérieur.
- Alors on pratique la santé dans un centre de remise en formes (barrettes de chocolat pour les gars et  chasse au trop de gras pour les nanas) ou alors chez soi, à "l'âme et son", centré sur notre mise en forme for me formidable qui résonne dans tout l'univers ?
"Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer tranquille au repos dans une chambre."
Blaise Pascal
Santé Maison : c'est du solide (ou du sordide) ! C'est aussi de la brève de docteur de qualité.
- Docteur, j'ai peur. A la clinique, les docteurs sont des cons doublés d'assassins. Comme vous le savez, je suis plein aux as, j'ai placé mon argent dans la pierre et ces abrutis ...
- Les doctueurs fous.
- Et fourbes veulent m'opérer de la vésicule immobilière et ils m'ont fait prendre un rendez-vous avec un euthanasiste !

Spéciale dédicace à mes amies  "Annie Couni" et "Lydie Commandement", câlin d'oeil et "becs" (baisers québecois) pour vous et caresses et bises à l'oeil pour les autres ! Pour tous, cet instant soufi où le temps est comme suspendu aux lèvres de Kudsi Erguner et Nezih Uzel (le premier fait chanter son nay, flûte quelle délicatesse !, le second son âme).
A bientôt !







vendredi 21 mars 2014

"A quoi ... Yoga : à votre service"


"Finalement le Yoga, ça sert à quoi ?" :
C'est la question que se pose l'épatante revue "Infos Yoga".
Réponse du sage érudit Krisnamurti :
"A quoi sert une fleur sur le bord du chemin ?"



A la brute épaisse (entendue sur une radio...) qui répond avec élégance :
"Moi, mon yoga, c'est de faire de la muscu. En fait, le Yoga, ça sert à rien, c'est du yoga de mes fesses !"
On peut répondre qu'on reste sur l'amuse-cul (mais ce n'est pas le propos), ou bien (lu dans la revue) :
"Je m'occupe de mes fesses et de mon âme ! ... tout en même temps, c'est génial !".
Bernadette de Gasquet


On peut aussi choisir la réponse de l'homme à fable :
En Inde, un groupe d'aveugles curieux s'approche d'un éléphant en Savasana (posture du cadavre). L'un d'eux saisit une patte et dit : "C'est la colonne". Un autre touche la queue et dit : "Pas du tout c'est un balai". "Ah non, c'est un boyau", rajoute un troisième. "Et moi, je vous dit que c'est un éventail", rétorque son voisin palpant une oreille. "Vous faites tous fausse route, vous voyez bien que c'est une muraille !", affirme le dernier à donner son avis.
En fait, chacun voit midi à sa porte.
Finalement, le yoga c'est quoi ?
Si chacun a sa propre définition, on n'est pas prêt de s'entendre. A lui seul, le mot yoga pèse plus lourd que l'éléphant de l'histoire.
Lorsque la sensation donne son sens à la séance et que le yoga est vécu comme un art de vie, alors il nous sert à ressentir la joie d'être vivant et vibrant. C'est le yoga de la joie !
Enchanter nos vies en chantant sans Trenet et s'entraîner à enchaîner ses airs entraînants :
"Yoga d'la joie, bonjour bonjour les hirondelles, yoga d'la joie ..."
Ha : le soleil et tha : la lune. Allez Charles, fais nous une chanson avec ça :
"Le soleil a rendez-vous avec la lune ..."

"Charles attend".
Après le yoga élégant "joyeux élan", voici le yoga Sagan "Bonjour tristesse" et vitesse.
Le yoga, ça sert à prendre le temps de ne pas aller trop vite. Ceci afin d'éviter les cous tordus, les casse-cous, les rabat-joie du yoga, les fakirs casse-pieds, les casse-tête casse-tirelire, les spécimens de "tue-cœur" qui te font suer, les énergumènes énervants qui te font faire des bonds (pour devenir bon ?) et les arsouilles du flow qui ne s'arrêtent jamais entre les postures.

On peut aussi être ravi par ceci :
En réponse à une question de son fils de quatre ans "maman, qu'est-ce que c'est le yoga ?" Nathalie Anthony répond :
"Le yoga, c'est laisser se développer un grand soleil en soi".
C'est tout à fait ça, c'est ce que je dis à mes élèves :
- Imaginez, visualisez un soleil au niveau du plexus justement nommé "solaire". Sentez sa force, son énergie, sa chaleur, son dynamisme et laissez tout cela se diffuser en vous. Amenez ce soleil partout en vous !
"Le soleil a rendez-vous avec la lune ... ".
Utilisons la lumière du soleil "Ha" pour mieux voir en nous  et l'intuition de la lune "Tha" pour, par exemple, compenser la lumière faiblarde d'un soleil diminué (projeter sur son écran mental un soleil resplendissant).
Le Ha et Tha sont réunis par le Yoga (le lien), donc le yoga sert à se réaliser en se "joie-gnant".



Et qu'en pense le chat Léo de la revue qui pose la question ?
"Le Yoga, ça sert à ronronner."
Bien vu le chat, je rajouterai ceci :
... Mais pas à tourner en rond. J'aime envisager la séance comme un film passionnant (le corps en action). Pour voir les séquences posturales, il faut être bien présent (ne pas louper une seconde de ce film lent et "a-le-temps") et arrêter de se faire son cinéma mental, son "cinémaux" qui a la fâcheuse tendance à prendre toute la place.
Ensuite, soit on est présent et c'est plaisant, soit on est absent et c'est sans sens.
Comme disait Alain Resnais quand il tournait :
"Soit c'est vivant, soit c'est mort !"

Le yoga ça sert d'os ... à ronger. L'os, c'est celui de la sagesse, ça sert à se connaître, se rencontrer, à s'unifier.



Le yoga ça sert ... un peu le ventre cette tenue. Ah ! Zut !, mais c'est mon costume de bureau que je porte pour faire la séance. Saperlipopette ! Où ai-je la tête ?
Le yoga, ça sert à relier le corps à l'esprit.
Afin de me glisser dans la peau d'un non-pratiquant, j'ai vécu l'expérience de ne pas faire de yoga pendant un mois. Duraille, je déraille et je dérouille !!! Du coup, avec ce temps de vie de patachon, pas folichon, Miss Parkinson se réveille et se refait une santé au détriment de la mienne. Je termine l'article et cet épisode d'abstinence yogique. Tapie dans l'ombre, passant son temps à m'épier, Miss P n'aime pas lorsque je pratique le yoga de la joie sur mon tapis joli.

Aimés élèves, que disent-ils ?
"En accord avec mon corps, dans le lâcher-prise, le yoga corrige les mauvaises postures, m'apprend à bien respirer et m'apporte une certaine sérénuité (sommeil de meilleure qualité). Le yoga sert à acquérir une certaine philosophie de vie quotidienne."

Et Miss Funny ?

"Le yoga c'est le lien : le lien avec soi-même et son intériorité, le lien avec les autres, et le lien avec l'univers, tout cela nous permettant de vivre une vie plus consciente et plus harmonieuse."

Les photos si drôles, si délicatement décalées viennent de ce livre rare :


Sur ce, je retourne sur mon impatient tapis qui n'en peut plus de m'attendre, pour vérifier que le yoga est bien utile. J'y retourne pour voir comment ça tourne et pour constater que soit je suis en vie, soit je suis mort. Je laisse Trénet répondre à Resnais :
"Boum, quand notre coeur fait boum !"
Allez, salut et à bientôt !

vendredi 14 mars 2014

"Le vent se lève."


"Le vent se lève ! ... il faut tenter de vivre !
L'air immense ouvre et referme mon livre,
La vague en poudre ose jaillir des rocs,
Envolez vous, pages tout éblouies !
Rompez, vagues ! rompez d'eaux réjouies
Ce toit tranquille où picoraient des focs."
Le cimetière marin (Paul Valéry).



Au ciné "Le Rex" d'Andernos, certains films changent votre regard sur cette vieille salle de cinéma un peu étriquée et poussiéreuse. Il suffit de projeter sur l'écran le film  "Le vent se lève" d'Hayao Miyazaki et la poussière sort faire un tour, l'écran devient plus grand, s'anoblit et se transforme en écrin. Quand au cinoche "rextoré", il mériterait bien un nouveau nom, par exemple : "Le Rexplendissant". Le slogan élégant, qui lui irait comme un gant pourrait être le suivant : "On y rentre médisant, on en sort applaudissant".

Ce film d'animation est taxé de bonnes critiques et axé sur une des passions de l'auteur, l'aviation. Si l'on survole sa filmographie, le thème est récurrent. On imagine bien petit Miyazaki, la tête dans les nuages ailés ... pieds sur le plancher du planeur qu'il pilote. Malheureusement, ses yeux ne lui permettront pas d'aller ailé vers les cieux. Et heureusement pour nous, sa vue basse va lui libérer les ailes de la créativité et permettre à son imaginaire de s'envoler, de prendre de la hauteur, saine attitude pour de futures scènes d'altitude. Les productions du "Studio Ghibli" me ravissent depuis longtemps. Il suffit que l'on me dise "Miyazaki" et en véritable inconditionnel, je cours "dard-d'art" en direction de ma salle obscure palote et plan-plan transformable en un endroit lumineux, haut en couleur et renversant.



"Le vent se lève !"
Regardant le film, on découvre que le titre prend tout son sens. Par la grâce du vent, le film animé de bonnes intentions, pose la juste question. A savoir : qu'il soit artiste ou ingénieur, un créateur doit-il renoncer à son œuvre au gré des circonstances ou vivre sa passion, sans se préoccuper des conséquences ? Le film relate une partie de la vie de Jiro Horikushi, très sage (comme son nom l'indique : après le dîner, "j'irai au lit coucher" disait-il quand il était petit) ingénieur aéronautique. C'est le concepteur du "Zéro", redoutable avion  guerrier qui a fait des dégâts pendant la guerre du Pacifique , avec Pearl Harbor et kamikaze.

... Il faut tenter de vivre !"
Tenter d'être, d'être libre comme l'air, comme l'art, tenter d'avancer, de réaliser, malgré un sort contr'air.
Miyazaki fait le "pas de côté de Gébé" puis il décolle, il prend de la hauteur. D'après lui, le monde court à sa perte, il est urgent de vivre intensément ou alors de partir dans l'imaginaire.



Après ses films pour enfant de tout âge, en voici un pour adulte. Le spectateur japonais y voit passer son histoire (contant le passé du Japon, Miyazaki se raconte un peu aussi).
Dans le film, ça bouge, ça s'anime (l'histoire du Japon est mouvementée), ça rêve, ça réveille, ça révèle, ça vente, ça invente, ça papillonne, ça s'éparpille, ça s'époumone, ça fourmille, ça a l'âme bonne, ça part en vrille, ça porte, ça s'emporte, ça chavire, ça vire, ça virevolte, ça vole haut, ça voltige, ça voit, ça voyage, ça apprend, ça prend l'air, ça prend de la hauteur, ça rend auteur, ça prend du recul et nous on reste sur le ...
On s'extasie sur des images magnifiques et apaisantes (avant la projection, des enfants agités odieux non surveillés par leur mère aux yeux scotchés sur son "aïe-phone" faisaient craindre le pire ; bien captivés, ils sont restés silencieux pendant tout la séance). Comme dans ses autres films, Hayao M. nous mettre devant la vie dense : la nature sauvage est si gracieuse. Alors, on se régale devant la tendresse de l'herbe, son mouvement dans le vent et les arbres qui bruissent.
Le bougre, il en connaît un crayon et donne bonne mine à la nature !



Chers voisins, ne coupez pas aussi souvent l'herbe verte qui s'entend si bien avec le vent (ça fera des vacances pour nos oreilles). Ne brûlez pas vos feuilles tombées en amour avec la terre, en se décomposant, elles vont se transformer en humus. D'avance, les futurs cèpes se réjouissent de devenir la régalade des gourmets. En plus, le ver de terre prolifère sous les feuilles et là il fait son action si salu-terre. Pour le jardinier c'est épatant ! Le ver travaille en mangeant et il mange en travaillant. Il fait donc tout le boulot, le travail de l'homme est de lui donner à manger (compost) ses déchets végétaux. Lorsque le sol est couvert (mulch) plus besoin d'arroser autant ! On peut profiter de ce temps libéré pour écrire des vers ou jouer avec les mots et se rappeler que le mot humain vient d'humus (tout comme le mot humilité).
"Feu de tas de feuilles incendiaire" :
Des amis d'Andernos en ont subi les conséquences : le feu de feuilles d'un voisin, se propage par les racines d'un pin et  mange une partie de leur belle maison, ossature bois, construite par eux-mêmes, avec amour et difficultés.
"Et toi, maison brûlante. Espace, cher espace
Tranquille, où l'arbre fume et perd quelques oiseaux."
Paul Valéry
Bande Origéniale du film :
Comme d'habitude, elle est signée Joe Hisaïshi et elle est excellente. La vidéo a le mérite de nous faire entendre une bonne transcription pour guitare avec partition à l'appui, mais d'autres mélodies du film sont plus jolies.

Dans les beaux poèmes de Paul Valéry, il y a aussi celui-ci qui vole très haut :
"Patience, patience,
Patience dans l'azur !
Chaque atome de silence
Est la chance d'un fruit mûr !"
Bon, mettez la plume au vent (laissez faire les choses), allez là où le vent vous mène !
Caresses et "brise" à l'oeil. A bientôt, bon vent !!!


vendredi 7 mars 2014

"Les eaux de Mars"

"Si l'on ne voit pas pleurer les poissons
Qui sont dans l'eau profonde
C'est que jamais quand ils sont polissons
Leur maman ne les gronde ... "
Boby Lapointe

Le temps hésite, le vent, lui, n'hésite pas. Il est "vén'air", il souffle sa colère à cent kilomèt'râleur. La pluie l'appuie, en accord avec lui, elle l'encou-rage. Le soleil apparaît de temps en temps, juste assez  pour me laisser placer ma phrase de "sire constance" :
"Encore une belle journée !"
L'air est tout mouillé, on respire de l'eau ! Malgré le mauvais temps qui persiste, j'ai mon moral inoxydable qui résiste. Il fait un temps à noyer les grenouilles, mais je n'ai pas la trouille que mon corps se rouille ou qu'il dérouille. C'est l'effet YogaBlog, c'est le lieu du lien qui met le moral à réseau et le mot râle à zéro !
Il fait un temps de mierda et en plus disparaît Paco de Lucia. "Flammes and co" éteintes par excès de pluie de l'âme. Lorsque l'on prend les choses de la vie trop à coeur, cela met le "corps à zone"*sensible en danger. Ce guitariste impressionnant meurt à 66 ans d'une crise cardiaque.
Je ne suis pas fana de cette musique, mais j'aime écouter ceux que j'appelle "mes deux exceptions" : ce Paco qui mettait le paquet et le flameux Camaron qui mettait le feu au flamenco. Ces dieux flammes n'cocos là ont fait un bout de route ensemble puis chacun a suivi, l'un son che-mains,  l'autre sa voie cassée.
J'ai souvent écouté "Entre dos aguas" de Paco de Lucia.
S'il rencontre Moustaki au paradis, "entre deux eaux", il pourra toujours goûter aux "eaux de mars" (chanson de A.C Jobim,  adaptée avec talent par l'air-mythe grec).



Et Barbara Litzler, à sa manière ("Les saisons du yoga") prend l'air du temps :
"Mars, avec ses giboulées et ses primevères, nous fait une valse-hésitation : un pas en avant vers le printemps, deux pas en arrière, retour à l'hiver. Mais la lumière a changé et annonce les beaux jours.
... Ce mois va tester notre toute nouvelle souplesse : après février, comment vivons nous le réveil de la nature, le yoyo de la météo ?"
Et si on parlait astro, c'est simple, je vous fait un signe double, celui du Poissons (dans l'imagerie traditionnelle, il prend la forme de deux poissons tête-bêche). Suivons le guide Bertrand (chapitre "Noyade du Poissons") :
" ... Il a le sens de l'orientation et de l'équilibre. Il faut le voir se maintenir entre deux eaux, à l'aide de ses petites nageoires. Ou de ses sentiments. (Les sentiments du Poissons ressemblent à s'y méprendre à de petites nageoires)."
Donc pour le Poissons, ça va quand ça varie et ... :
"Sait-il seulement où il veut aller ? Oui. Il veut aller dans plusieurs directions à la fois."
Ben, pour ma part, je préfère aller me balader avec un astrologue non natif du Poissons. Mars tout droit, chacun sa voie :
"La vie est un chemin dont le but est de nous amener à développer, au fur et à mesure que nous le foulons, le meilleur de nous même, à déployer nos capacités latentes."
Samuel Djian-Gutemberg
Ça c'est une chose sûre, ça marche ! Mais, comment fait le Poissons ?
"Il met des chaussures. Comme il a les pieds très sensibles ... On conseille au Poissons ... une pointure au dessus. Le Poissons se reconnaît alors à ses chaussures souples et un peu trop grandes."
Bon, si le Poissons nage dans ses bottes, comment sait-il qu'il est sur le bon chemin ?
"Le Poissons a de l'intuition mais il ne s'en rend pas toujours compte. C'est qu'il en a trop : il baigne dans son intuition."
Cela donne du sens à cette belle anecdote fin de vie du Poissons Cavanna : Il avait dit que pour son dernier repas, il mangerait une saucisse-frites avec bière et c'est ce qui s'est passé. A l'hôpital, il a réclamé ce menu final. Si c'est pas de l'intuition ça. Passer de repas au trépas comme ça, cela vous donne la frite avant la mise en bière, y'a pas de sushi, ça marche !
Tiens, un sourire de Cavanna, c'est du soleil pour ma journée !
Dehors, une accalmie, on est "entre dos aguas". En Espagne, un spectateur bien placé (à part l'enceinte du retour-son) a filmé De Lucia :



Yoga : quelle posture pour le mois de Mars ?

- Ardha Matsyendrasana, c'est une torsion.
"La torsion nous dégage de notre gangue ... Paradoxalement, bien que la posture soit très nouée, elle nous donne un intense sentiment de liberté, grâce au haut du corps qui en émerge, comme l'esprit triomphant de la matière. Le centre du plexus solaire est dégagé. Il nous ouvre à la créativité et nous donne le courage de quitter nos vieilles habitudes."
Vous savez bien, ce genre de routine qui vous pépérise, ces espèces de manies de mamy qui vous mémérisent, ces habitudes rudes (où l'on se donne bien du mal ... à se faire du mal) qui vous vampirisent. Alors qu'on aspire à avoir prise sur notre vie, à sentir une légère brise qui nous inspire. Dehors, les primevères du jardin sont bien mises en valeur par l'éclairage solaire. Elles sont toutes pimpantes et charmantes ! On dirait que ça sent le printemps !

Pour pratiquer cette posture (en version plus facile) :
S'installer en position assise, les jambes réunies et allongées,
Plier la jambe droite, faire passer le pied droit à l'extérieur de la jambe gauche.
Placer la main droite derrière le bassin et le bras gauche à l'extérieur de la jambe pliée.
Inspirer en étirant au maximum la colonne vertébrale/
Expirer en tournant le haut du corps vers la droite.
Rester en rétention poumons vides, puis revenir lentement.
Accueillir les sensations, écouter des réactions de notre corps.
Faire de même de l'autre côté.
Voici une autre vision de la posture version "Yoga : Anatomie et mouvements", l'indispensable livre de Leslie Kaminoff.


*Autrement dit "corazon" (coeur en espagnol). Je sais bien qu'il y a un accent sur le deuxième "o", mais mon clavier n'a pas appris l'espagnol (moi non plus, mais que ne ferait-on pas afin de ne pas perdre son unique et éloquente commentatrice).
L'important ne serait-il pas d' ..."llevar el corazon en la mano" (avoir le coeur sur la main), de la poser sur le pied gauche (ça porte bonheur) et ainsi prendre son pied ?
Sur cette belle posture, je vous laisse ... méditer. Bonne semaine !




vendredi 28 février 2014

"Robert le Kiné 2 ...*"


Vu et entendu chez le kiné :
- Mais Robert, comment fait-on pour maigrir ? demande une dame enrobée dénudée.
- Moi, j'ai un truc ...
- Et c'est quoi ? Que j'essaie, moi !
- Oh ! Ben, c'est simple. Il suffit de vivre d'amour et d'eau fraîche !



Pendant que j'entends ça, je pédale sur le vélo immobile en pensant dans mon phare intérieur : moi qui suis maigre comme un clou de girofle, son truc qui fait "crac, boum, hue !", ça doit être le mien et de plus en plus. Chez moi, ça doit être une valeur en os. Me gausser, rire, fastoche ! Mais grossir, m'engraisser, c'est pas une mince affaire. Je ne sais comment faire. J'ai un moral costaud mais ça ne m'empêche pas d'avoir des périodes ou je m'aigris. Alors après, je me met au régime "religieuses chocolatées", mais je ne peux jamais dire que "je n'arrive plus à rentrer dans mes affaires !"



Quand je ne suis pas sur le vélo statique, je me muscle les bras avec l'instrument de torture étudié pour ça. Je m'ennuie mais heureusement, il y a le "Kiné-club" : On croit qu'on va chez le kiné, alors qu'en fait on va au kinéma. Une femme fait mollement du vélo en suivant un film sur son epad. Une fois le film fini, elle s'adresse à une dame assise sur le fauteuil "quadriceps" qui vous fait des cuisses de footballeur :
- Moi, j'hallucine ! J'fais du vélo-ciné. Je regarde des films tristes.
- Des "vélodrames" en quelque sorte.
- Oui, des comme vous dites, dit la cycliste hallucinée en baissant le ton.
- Quoi ... des comédies ? Moi je viens pour boukiné. Je lève ma jambe pour soulever un poids à chaque fin de page.
- Vous êtes à la page.
- A la plage aussi, l'autre jour, suis restée une demi heure posée sur un gros ballon de fitness à consulter mon ordi.
- Ben vous voyez moi, j'suis mince comme une petite ablette numérique que j'emporte toujours avec moi.
- Pour regarder des films tristes un peu partout. Ah ! Vous êtes un sacré numéro numérique. Voyez-vous, je ne suis peut-être pas mince et triste mais je suis ronde et joviale.
        
                                                          Devinette-test : Que voit-on
                                                          sur la photo ?

Bien, y'a d'l'eau dans le jazz ! Quittons en catimini l'engin casse-bras et les "Cathie Minie" (Cathie Mahousse et Minie Mouse) aux mimisérables performances musculaires. Après tant d'efforts, ces bavardes perchées, ont l'air décaties. Bon voilà, je me suis remis en selle et je pédale de plus belle un bon moment. Je ne vois (comme on dit en Suisse) pas le temps passer. Content, je me dépense sans compter. Mais, un peu plus tard, coup de pompe, Miss Parkinson triomphe. Voilà chose faite, semble-t'elle me dire. Moi qui me prenait pour une pointure, c'est un coup dur. Comme quoi il n'y a pas de chose sûre. Et à ce moment là, Robert passe :
- Ça va ?
- Ça va, ça vient ! Il y a des jours où l'on a la socquette légère et d'autres où l'on se traîne de gros godillots. Même que des fois, cela se passe le même jour.
Il y a aussi des fois où l'on pédale si longtemps devant une cabine qui laisse entrevoir une créature de rêve (d'une beauté à réveiller les morts), que l'ivresse dopaminique conjuguée à la muse chics (en "dessous") vous fait boire double. On voit deux "roberts", bien ronds !





Les Médecines traditionnelles ont raison de dire que le poison, c'est le mauvais dosage et que ce qui est important, c'est de connaître son terrain. Après, à nous de l'enrichir ou pas, à nous d'oser doser juste. Se coltiner soi-même, "moi-sonner" d'abord pour ensuite récolter les fruits de la note juste bien en accord avec nous-même. Construisons nos diapasons apaisants et guérisseurs.
La pratique du vélo d'appartement me fait le plus grand bien. Dessus, je reprend le "par-dessus" sur Miss P qui du coup, se prend une ... "veste", même si je peux parfois être déçu (voir  l'épisode "ci-déçu"). Avec lui, j'aime partir à la recherche de la dopamine manquante. J'aime à dire que puisque je suis là, autant en profiter, juste faire gaffe aux excès. Voilà pourquoi je bûche, je fais feu de tout bois, je fais jeu de toute joie. Même l'engin impectoraux m'intéresse. J'ai l'impression de me transformer en instrument à vent, j'aime sentir mon tronc-bonne à cou lisse qui tronc-sonne. J'appré-scie aussi le subtil, je porte aux nues les nuances. J'aime le son du cor au fond du hautbois. Pour terminer un dernier dessin de l'artiste Claude Serre (à quelque chose). Vive le vélo fonctionnel !!!




* A vous de choisir la fin du titre, par exemple : "Robert le kiné ...
2 mon coeur, 2 mes fesses, 2 médecins ..." Rayez l'émotion inutile ou inventez d'autres fins, puis envoyez tout çà dans un commentaire ou en courriel :
meynier.yann@gmail.com
Au plaisir de vous lire, caresses et bises à l'oeil !
A bientôt !




samedi 22 février 2014

"L'an 01" du Blog

Pensée du 22.02.2013 :
"Beethoven était tellement sourd,
qu'il a toujours cru
qu'il faisait de la peinture."
Cavanna
                                                                                           Dessin de Cabu

Il y a un an tout juste, le blog "Yogamusicothérapie" voyait le jour avec des yeux ébahis, éblouis par toutes ces lumières du monde produites par les arts de vie, de vue et d'ouïe. Certaines lumières* viennent de s'éteindre.
Il y a un an, Cavanna fêtait ses 90 ans. Décédé au début de ce mois, je lui tire ma révérence et moi, je tire la sonnette d'la larme. J'en profite pour aller couper un oignon dans la cuisine puisque comme il l'a écrit :
"Quand on épluche des oignons, il faut en même temps penser à quelqu'un qu'on aime bien et qui est mort, sans quoi ce sont des larmes perdues."
Puisque je suis là, je vais en profiter pour vous parler de ma cuisine interne(t). Comment sont préparés tous ces mets sages confectionnés avec humour dans le respect de l'Art ... des mets ?
D'abord, il y a des jours de fête et des jours de mauvais sang, des moments avec, et d'autres sans. Les bons jours, je sais tout de suite si je suis visité par les muses. J'envoie alors des messages pour l'univers, pas de petits "e-miel" pour faire des bizz sucrées ou de "tout-8" d'oiseau qui veut faire du buzz. Je butine et fait mon miel de tout ce qui passe près de moi.
Après, de deux choses l'une, soit j'ai besoin d'info sur le sujet, soit je n'ai besoin de rien, j'ai ce qu'il me faut en stock. Manquant de savoir dans ma mémoire, je cherche dans ma meynierdiathèque ou je surfe sur la toile. Aussi, je peux consulter ce que j'ai mis de côté, stocké dans mon ordinateur. Celui-ci se transforme en ordinacoeur dès lors que je passe de collectionneur à connexionneur de gai-savoir.
Ensuite, vient le temps de la frappe, et là ça vient d'un bloc, d'un jet.
Dès lors, je m'ouvre ... la veine de la "vanne" et ça coule à flot, ça coure dans le flow, ça va, ça vanne ! Je me crois dans la savane, me sens singe sage, bonobo bobo, tigre de papier, éléphantasque, panthère ose, bref les deux dieux hindous Hanuman et Ganeschat réunis.
Je ne fais pas de plans, j'évite le ronron du plan plan et les flonflons du gnangnan. La routine, ça n'arrive qu'aux autres et j'aime me surprendre. Je fais tel un Alain Resnais d'écriture :
"Je dis 'moteur' et je vois comment ça tourne."
J'ai l'imaginerf à vif et une douce âme musicienne, alors parfois, je pars en vrille (voir en trilles).
Je dis mots et j'entends note, c'est le serveur, il me demande de payer la diction.
J'asso-scie musicale, c'est l'heure de l'opéra.
J'associe sons, c'est l'heure de l'apéro.
Je paye la note avec du liquide. Le temps s'écoule et mon imagination déborde.
Tiens, un calembour, puis un autre, c'est le défi laid ! Avec Cavanna, l'un de mes repères spirituels, je n'étais pas toujours en accord.
"Les calembours, c'est comme la merde. Il faut faire attention à ne pas marcher dedans."
Cavanna, tu n'es pas raisonnable mon vieux, tu me fais faire une disgression. Je te vois trottinant sur le pavé mouillé, près de Notre-Dame. Miss Parkinson le glas (euh ! désolé) te fait un fatal croche-pied. Tu la traite de salope et tu t'en vas.



Une fois le texte fini, je rectifie, corrige, coupe, taille, élague, émonde, simplifie. Je pars à la chasse au calembour qui n'apporte rien au texte, qui n'a pas sa place. Je dis halte à son altesse le calembourrage de crâne. Certains néologismes s'en sortent certes, mais c'est uniquement pour leur qualité sonore. Sinon il faut que cela fasse sens (mais pas sensation, toujours ce souci de ne point faire la bise au buzz).
Mon cahier des charges : éviter le message de rage ne respectant que le cahier décharge. En tant que belle âme, on ne veut pas être la poubelle pour aller danser (au bal des mots dits), comme chantait la yéyé Sylvie. M'enfin, mon message, s'il vit ça, je lui dit : Vartan !
Mon but est plutôt d'enseigner en distrayant. Mon objectif est d'apprendre et prendre la vie du bon côté. Mon plaisir se contente de découvrir des choses nouvelles ou de faire connaître ce qui me ravit.
Lorsque j'en ai fini avec les scories, je nettoie le texte de ses fautes de français (il y a toujours une virgule mal placée qui traîne, un mot qui ne sonne pas juste ... ).
Enfin vient la déco. Comme pour une maison, les finitions, c'est ce qui n'en finit jamais. Alors l'esthète de l'art que je suis, s'amuse à alléger, aérer ce bloc compact de phrases toutes collées les unes aux autres. Pour ça, il faut mettre en évidence des paragraphes, créer des espaces, mettre les titres en gras (et le faire vite, aller cliquer sur le B gras de la barre d'outil qui signifie Bolt. Est-ce une allusion à l'athlète qui court le plus vite au monde?) et en italique les mots "exotiques" ou inventés. Je me pose parfois la question de savoir s'il faut tout expliquer, heureusement que Cavanna vient à la rescousse :
"Expliquer l'allusion culturelle, c'est comme pisser sur un ver luisant : ça l'éteint."
Il faut aussi mettre en valeur les citations. Enfin le fin du fin, les images et les vidéos qu'il faut trouver sur la toile (parfois réticente par rapport au partage, ce blog de type blogger ne peut transférer que des vidéos "You tube" et parfois certaines de ces vidéos, sédentaires, refusent de venir sur le blog).
Voilà, je n'ai plus qu'à choisir mes libellés et je suis prêt à présenter le message à celle qui est toujours fidèle au Post, la correctrice Miss Funny.
Après tout cela (tous là, vous autres, fidèles au pote), je peux enfin taper sur la touche "publier".


* Oh ! la barbe. Peu de temps après le décès du pépé poilant à moustaches gauloises, voici que le dessinateur polisson de nanas à poil André-François Barbe rend l'âme à son tour. Ces deux là ont travaillé ensemble pour le livre "Je t'aime".



Snif ! Mince, ça me reprend, vite un oignon. Non, je vais plutôt lire un vieux livre de Cavanna.
"Le saviez-vous ?"
"Quand on plante un oignon sous un saule, on n'obtient pas forcément un saule pleureur."
Ben tiens, tu vois que toi aussi, tu joue un peu avec les mots.
Un grand merci à Lone Silone (bon anniversaire !), à Pascale et aux 4236 visiteurs de ce blog.
Allez, portez-vous bien et "Tchao" ! Ou "Ciao", comme dirait Cavanna ...

   

vendredi 14 février 2014

"Posture : chant d'aile."

"Dehors il pleut, ici il ne pleut pas;
Dehors il fait froid, ici il n'y a pas une miette de vent ;
... Dehors il n'y a même pas la lune, ici il y a ma chandelle."
Victor Hugo ("Les Misérables")



Chant de l'heure :
Dans l'obscurité relative, j'observe la flamme dansante et parfois frétillante de la bougie. Je joue à souffler légèrement sur la danseuse chaleureuse. Elle se penche et mange un peu de cire. Elle joue le je, elle s'épanche dans la langue des oiseaux. Le je en vaut la chandelle, elle s'enflamme, met le feu à l'âme. Je lui envoie un baiser de vent avec un petit message dedans. Elle s'incline, crépite, périclite car un courant d'air passe par la porte malencontreusement entrouverte. Je ferme la porte de l'atelier et ouvre les portes de la perception. Une petite musique de nuit trottine dans ma tête, ce n'est ni du Mozart, ni les Doors ("Light is fire"), c'est une comptine nocturne qui évoque la lune.
En langue avicole décodée, voici une version ésotérique de "Au clair de la lune" :

"Au clerc de la lune (fait référence au messager de l'ombre, le clerc était habillé d'une soutane noire, proche de la nuit),
mon ami pie-héraut (la source d'inspiration)
prête mots ta plume (le mot est aérien comme les oiseaux)
pour écrire un mot.

Mâche chant d'aile et mots heurtent (langue des oiseaux)
jeu n'est plus de feu (en ancien français, defeü signifiait misérable. Il faut donc lire : je, n'est plus misérable)
ouvre mots à ta porte (accepter les mots comme ils sont)
pour l'âme, hourde d'yeux (si l'on veut être initié, il faut ouvrir les yeux)."

Dehors, il pleut bien fort, il tombe des cordes et moi je tombe de fatigue. Je rêvasse, je papillonne puis tombant des nues et dénué de bougie (elle a fondu), je chute en douceur des nuages gris de pluie. Je reviens de plein pied botté dans la réalité. Il pleut vous dis-je et pas qu'un peu. Il fait un temps à noyer les grenouilles.

Minute-papillon !
Passant du coq à l'âne, je vais direct au Verseau. Comme chaque mois, je vous fais un signe astrologique.



"Tel un papillon émergeant de sa chrysalide,
Tu t'élèves et prends ton envol vers les cieux, libre de toute contrainte.
... Tu es seul et en même temps multiple car ton regard englobe
Tout ce que la terre porte ..."
"Le voyage de Ritavan" (Samuel Djian-Gutemberg, astrologue humaniste).

Consultons le livre de Jacques Bertrand ("Tristesse de la Balance") :
" ... c'est le milieu de l'hiver. On s'étonne du fait que l'hiver continue après Noël.
Le Verseau verse un peu de neige, puis de l'eau pour la faire fondre. L'eau gèle. Le Verseau verse un peu d'antigel. Sa passion pour l'équilibre finit par le conduire à l'inondation. On ne sait plus où on en est. Les Poissons commencent à se sentir à l'aise."
Eh ! Le verse-eau, ça suffat comme ci, faut savoir dire stop. Les bretons donnent le ton et te traitent de tous les noms. Ça suffit comme ça, espèce de tête à flaque, semble dire mon terrain détrempé.
Cet intell'eau est complexifiant mais faut pacifier :
"Le Verseau est un signe compliqué en quête de simplification."
Et quelle image donne-t'il de lui ?
"Le Verseau ne paie pas de mine. Il est de nature chétive.
... On le voit sur les photos, à un âge avancé, répandre le contenu de deux fioles, carafes ou amphores."
Tant d'eau nous rend tendu. Le versatile à tort et à travers se paie de notre fiole, nous laisse en carafe et se s'amphore.
"A-t-il trop bu ? Annonce-t-il le déluge ? Il rétablit l'équilibre ... Il répand équitablement la vie et la mort dans l'univers."

Dehors, il continue de tomber des hallebardes, des cordes, toute une bimbeloterie de choses. Carabistouille, billevesée ! Je crois avoir la berlue, ma voisine à piscine a aussi un petit lac dans son jardin. Quand au mien, il contient désormais des flaques comac.
- Et qu'en pense le yogi parapluie ?

Ma chandelle est forte !
Si ma chandelle est mouillée, rouillée, il faut réagir, d'autant que :
"Si nous prenons une image du cerveau et du système nerveux et que nous la retournons, nous sommes frappés de voir la ressemblance avec une graine en train de germer ... Ce constat va nous éclairer sur la posture de la chandelle (Sarvangasana) ... la tête est enroulée, comme la graine qui germe ; nos centres cérébraux, nos organes des sens sont en terre. Dans la chandelle, on n'a pas encore de point de vue, on sort par les pieds ! On se trouve en prise directe avec l'expérience à travers la posture, d'instant en instant, sous peine de retomber ... La chandelle nous reconnecte avec notre élan de vie originel."



"La chandelle nous interpelle dans notre humilité ... et en même temps, dans notre force vitale ... Elle nous apprend à vaincre la peur de perdre nos repères. C'est une posture d'adaptabilité."
Conseil-consigne :
C'est une posture royale, elle a droit à quelques égards. Elle demande à ce qu'on la prépare. Il nous faut donc allonger et assouplir le dos, libérer les épaules et les cervicales (à noter que les "servicales" qui ont trop servies ou qui sont trop rouillées empêchent la pratique de cette posture, elles font voir la vie en arthrose).
Une fois la posture prise, bien rentrer le menton (afin d'étirer la nuque) et relâcher les jambes. Les jambes lourdes redeviennent légères, les lourdeurs d'estomac s'estompent, puisque comme l'écrit Barbara Litzler :
"Avec chaque expiration, la posture se vide, le poids du corps coule dans le sol. Plantes de pieds très vivantes, l'inspiration se fait par les pieds, pour capter la lumière. Toute la posture est attirée vers le haut, comme la flamme d'une bougie."
Lorsque l'on revient de "Sarvangasana", prendre le temps d'accueillir et d'apprécier toutes les sensations corporelles. Alors, goûter simplement au plaisir de se sentir léger comme une plume d'aile d'oiseau ou un battement d'aile de papillon !!!



Les citations sur la posture de la Chandelle viennent du livre "Les saisons du Yoga" de Barbara Litzler.
A bientôt !