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vendredi 23 décembre 2016

"Mémoire de Yoga n° 23"

Suite de mon mémoire de Yoga rédigé en 1988 : "L'oreille tendre".


L'oreille tendre, c'est celle, si fragile encore, que menacent toutes les habitudes sonores et musicales de notre vie moderne ; celle  qu'on peut étouffer sans y prendre garde, elle ne dira rien.
L'oreille tendre parce que tout effort d'éducation auditive se propose d'amener l'enfant à tendre l'oreille à bon escient, à discerner, classer, retenir les informations ainsi recueillies, à demeurer en éveil, aux aguets.

La tradition Gitane : "Allons enfants de la fratrie".
Rapportée par un musicien à son Directeur Artistique, cette tradition veut que, pour chaque enfant attendu dans une famille, il se trouve un membre de la fratrie pour venir avec son violon ou sa guitare jouer régulièrement devant la mère. Un air est spécialement inventé pour cet enfant à venir et c'est toujours le même qui "lui" est rejoué.
Après la naissance, la mère fera appel au musicien en question non seulement pour les fêtes de famille, mais aussi chaque fois que l'enfant en a besoin : fortes fièvres, mal de dents, etc ... car l'enfant se sent toujours mieux à l'audition de cette musque là, "sa" musique.

Des exemples autour de nous :
Les musiciens de métier le remarquent fréquemment : leur bébé se redresse ou tourne la tête à l'audition de tel instrument ou de tel morceau qu'ils avaient spécialement travaillé avant sa naissance. Plus curieuse cette constatation d'une mère : pendant l'attente de son enfant, elle est prise d'un véritable coup de foudre pour la musique de Stravinsky. Elle passe et repasse indéfiniment les mêmes disques.
L'enfant naît, les goûts changent, on n'écoute plus spécialement Stravinsky, qui dort un peu dans la discothèque. Seize années passent, le garçon redécouvre alors quelques uns de ces vieux disques, puis s'en rachète d'autres et se prend d'une véritable passion pour Stravinsky.
Chose plus étonnante encore, à cette même période correspond pour ce garçon la fin d'une suite d'échecs scolaires et le début d'une remontée qui l'amènent à être aujourd'hui un chercheur reconnu dans sa spécialité. Ceci n'est pas dû à cela,  notons simplement que ceci accompagne cela et qu'en regardant et questionnant, chacun retrouvera des faits de ce genre autour de soi.

Propositions pratiques pour l'éducation auditive de l'enfant (parfois valables pour "l'adulte") :
. Disques :
Limiter l'usage de la musique diffusée, montrer l'emplacement des baffles, ne pas laisser le disque faire le calme, mais plutôt faire le calme pour le disque. Bannir le fond sonore et les niveaux très faibles, comme un poison pour l'oreille. Montrer soi-même des attitudes d'écoute : attente, doigt à l'oreille, mouvements ou pas de danse.
. Silence :

Lui laisser une place, en soigner la qualité.
. Voix :
Faire écho à  leurs gazouillis, les mettre en position favorable à l'émission vocale. Les laisser parfois pleurer à pleine voix, crier. Avoir soi-même une bonne connaissance et une certaine maîtrise de sa voix, de ses tons (s'écouter au magnétophone).
Les laisser faire des imitations vocales, ils ont une prédilection pour les sons suraigus (vive la porte qui grince !). Toute l'ambiance de la vie moderne tend à faire taire l'enfant, on ne chante plus, on met un disque, on ne parle plus, on met la radio ou la télé.
Or, la voix a besoin de se muscler.
Qu'est ce qui interdit à l'adulte d'entrer dans l'univers sonore de gestes et de bruits qui semble procurer au petit tant de plaisir ?
Il n'est pas si loin le temps où le maréchal-ferrant choisissait sa pièce de métal au son, pas si loin les pays où calebasses et cuillères servent à la musique comme aux repas.





"Ma musique est le mieux appréciée par les animaux et les enfants."
Un bon coup de langue pour l'expression "Tendre l'oreille":
A l'origine, on compare l'homme à un chien qui dresse l'oreille de manière différente en fonction des sons ou des bruits qu''il entend. Tendre l'oreille, c'est être attentif à un son.

La vie du blogueur.
Il m'arrive souvent le phénomène suivant : j'écris à partir d'un thème et le voilà repris par les médias dans les jours qui suivent.
Par exemple, je tape cet extrait de mémoire sur l'oreille tendre et le lendemain, sur "France-inter", j'entends une pédiatre dire :
"La peau du bébé est comme une oreille. C'est pour cette raison qu'il ne faut pas lui mentir car il le sait, le sent, l'entend. Il a une audition sensitive !"
En tendre par la douce peau-oreille n'a pas son pareil.




... il fallait en corps l'avoir ... dans la peau !
D'après certaines expériences, les bébés ont tous l'oreille absolue (la personne qui en est dotée, peut reconnaître précisément toutes les notes). En changeant très légèrement une phrase musicale, des chercheurs ont constatés que les sujets adultes n'arrivent pas toujours à noter de différence alors que les bébés y parviennent.
C'est cette qualité qui explique cette particularité, unique dans le monde animal, à apprendre le langage.
"Use it or loose it !"
Proverbe anglais
En grandissant, cette faculté se perd, pour la simple raison qu'elle n'a pas d'utilité dans la vie quotidienne. Certains musiciens conservent cette oreille absolue. Ce sont bien souvent des professionnels qui ont appris la musique très jeunes et là, nécessité faisant loi , du diapason, sont devenus les rois.
- C'est ainsi ! dit le quidam.
- Non c'est un "LA", rétorque le "toqué" de la note juste.




Voilà, l'énigmatique Stravinsky a le mot de la fin !
Portez vous bien.
Yamasté !!

vendredi 22 novembre 2013

Musicothéra-pie

"L'Homme est un animal qui lève la tête au ciel
et qui ne voit pas les araignées au plafond."
Jules Renard

Sur notre belle planète, l'Homme se prend pour un roi. Il croit que la terre va l'appeler à régner, c'est fou ! Mais heureusement, pour soigner ceux qui ont "une araignée au plafond", il a inventé la Musicothérapie. Et en plus, ça marche aussi pour "lézard est niais". Enfin ... je pense. En fait, j'en saurien.
Attention, cette chronique truffée de jeu de mots laids ne marche que si on libère son âme d'enfant. Les "mot-meuh !" qui ont tant de plaisir à transformer  les mots (les maux) sont des "musicothérapoètes" précoces.

Musique des "animots" :
Exercices de "stylotarie" à la manière du fameux (c'est du belge) groupe de rock namuroi "Sttellla".

Toux des paons.
"La vie est bèèèèle, disent les moutons.
"La vie est mouche", disent les oiseaux "gobe-mouche".
"Tout n'est pas rose chez les flamands", disent les "oiellons".
"L'avenir appartient à ceux qui s'éléphanteau", dixit Sttellla.


Dîner au bord de l'amer.
- Orang-outang on emporte le vent, dit le singe.
- Oh ! Quelle phrase ! C'est boa en mourir  !, dit la gorille.
- C'est koala c't'embrouille, dit le gorille.
- Mais quelle mouche te pique mon nounours. T'es chat-loup où quoi ?
- Jaloux moi, oh ! Guenon (estampillé Sttellla").

Repas au bord de l'étang :
- Eh! t'sais, t'sais couah ! Il était tard et il me demande : Quelle heure reptile ? Et je lui répond (un oeuf) :
- T'inquiète pas, y'a pas de lézard, tatou ton taon.
- Bon, c'est bien. Comme l'étang c'est de l'argent, on va se faire des grenouilles ... des gre-nouilles encore.
- Ah ! Tu me fait "ma raie" sur le côté ! Mais "nouilles encore", c'est une contrepètrie. Au lieu (noir) de me raconter des beaux bars, tu ferais mieux d'écouter l'histoire "des grenouilles" de Steve Waring.


- Oh ! T'as ri, faut voir comme !
- J'adore, c'est légèrement loup-phoque et à chaque fois, je suis morse de rire, je me marre comme une baleine.
- Cétacé, tu exagère. T'en fait des tonnes. C'est drôle, certes mais là tu fais dans le genre otariepopotame.
- Et toi, quand tu rigoles et que tu te régales de tes ragoûts de ragots peu rat-goûtant et de potins de popotins et de pélicancans à la noix de pécan, tu crois pas que t"en fait taureau ? T'es vraiment un drôle d'oiseau, une espèce de colibrius. Tout cela n'intéresse que les égorillards, qui se lèchent les babouines. Toi, content, sacré phénoménate, père Ok, tu répètes.
- Mais, t'es toi ... aussi un oiseau comique mais du genre pas marrant, carrément navrant. En fait, t'es un vrai "Martin-prêcheur", cathégori(ll)e poids lourd. Pendant que tu prêches, tu fais l'amoral, tu penses à la nuit qui vient et tu te vois tel un hibouteille buveur de ouistiti-cocakoala. Les geais dans ta tête, tu vis comme un vieil ours, espèce espiègle de grizzlibelulle. Ah ! tu dis que je répète, mais toi, tel un sagouin, tu singes.



Musicothérapie pour animaux :

Des études faites par le "Music Resarch Group" ont montré que la musique agit sur les animaux. Par Apollon (Dieu grec de la musique), si on fait écouter du Pink Floyd à des poules, elles pondent davantage. Du coup le fermier papy boum ressort sa vieille basse "Rickenbaker" (la même que celle de Roger Waters, le chanteur bassiste du groupe) et va leur jouer "Money", histoire d'en palper un peu plus des euros. Seulement voilà, quarante ans ont passé, et on a beau être âpre aux grains, les fausses notes, même psychédéliques, ça plaît pas aux poules. Adieu les pointes de pontes.
- Au lieu d'y aller sans traîner, il aurait mieux fait de s'entraîner un minimum.
- Ah ! c'est vache !
- Et bien, parlons-en.
Les vaches exposées à la "Symphonie Pastorale" (Beethoven), produisent plus de lait "pasteuralisé". Paysans cultivés, soyez à lait-coûte.
Gare aux gaffes-baffes, si dans vos baffles passe une musique inadaptée, vos animaux de compagnie vont vite vous le faire savoir. Face au métal, le chien devient brutal. Pendant que le chanteur hurle à mort, votre chien aboit encore plus fort. La musique très rythmée déplait au perroquet qui se met à crier. Le si beau et rigolo "Duo des chats" peut rendre renfrogné votre "greffier", si fier qu'il peut même se venger. Et là gare au courroux du matou, pendant que vous pissez de rire, il en profite pour pisser partout.
Toutefois, vous pouvez toujours rétablir la confiance et faire revenir le calme dans votre DO MI SI LA DO RE. Pour cela, Vivaldi vous aidera,  passez donc "le largo de l'hiver", si en plus vous rajoutez les mouvements lents des concertos pour mandoline, vous constaterez que stress, détresse et tristesse ont complètement disparu. Rajoutez un peu d'"Ode à la Joie" et c'est le Nirvana !!!


L'histoire du chameau qui pleure.
Dans les steppes d'Asie centrale (Mongolie), une chamelle dit stop ! Elle se désintéresse de son rejeton. Et ça fout les jetons. Elle ne veut plus le nourrir. Devant les larmes du jeune chameau, les mongols dégainent leur arme thérapeutique : un joueur de vièle joue pour les réconcilier. C'est de la musicothérapie en pleine nature. Ces hommes sont des témoins patients et concentrés d'une nature qu'ils respectent.


Commentaires :
- La formule des mots belges "Sttellla" marqués en italieque, ça me botte. Et je suppose que l'absence de caractère gras, c'est fait pour souligner la légèreté des jeux de mots ?
Auguste.
- Tout juste Auguste !
Pour la vidéo "Steve Waring", montez le son ou tendez l'oreille (c'est bon pour la santé). Sinon, pour les paresseux, voici ((c'est fini pour aujourd'hui, merci et arrivederci ) :

                                                                       vidéo de Mathon Cathy                   
                                                        



vendredi 19 juillet 2013

"Sweet Uke ": "Thuya, Pécher, Houx ?

Devinette :
- C'est quoi là cet arbre ?
- Un Koala, dit l'enfant.
- Arrête de faire l'idiot, dit le père.
- M'enfin papa, c'est toi qui parles de koala.
- Et pourquoi pas de "Séquoia", pendant que tu y es ?
- Laissons donc le lecteur trouver tout seul, on en a déjà trop dit.

                                             
                                                                                 



"Baobab, Acajou, Thuya Pécher Houx?
Sureau, Cyprès, Pin des Landes Palissandre.
Mélèze Tremble, Tremble Hêtre Noyer !"

Extrait du fameux "Canon des Arbres" du fabuleux Steve Waring, qui enchantait déjà les mômes du temps des "Fabulettes" de l'ineffable Anne Sylvestre (la bien nommée par rapport au thème).
Steve a été mon copain musicien pendant une semaine de stage (qu'il a animé dans les locaux de l'asso "Enfance et Musique" en octobre 1991). On a partagé le pain (à la bonne franquette dans le café du coin), le Pin des Landes de la chanson en canon (fallait pas avoir la langue de bois, avec certaines chansons on pratiquait un véritable Yoga buccal, facial, corporel : "Tourterelle" et ses roucoulements de langue ou de luette, "Rouge-queue", son sifflement bref suivi aussitôt de deux sons incisifs de langue près des incisives inférieures,  "Petite Pouliche", imitation de sons chevalins, langue qui claque *...). Ensemble et avec d'autres participants, on a connu le parquet lustré sans patins. Il fallait mettre le paquet pour ne pas aller rouler un patin au sol boisé, afin que "ça marche" :
- Ça marche comme tu veux ?, me demande l'ami ricain avec un p'tit sourire en coin.
- Tu parles, tu me fais marcher comme un éléphant et tu voudrais que je reste élégant et léger. Je te prie de ne barrir. Par contre, avec la marche du singe, je peux te dire que là "ça roule" !!!
On avait l'air bête, mais c'était le but. C'est ainsi qu'on apprend la marche de l'écon'homme (celui qui marche longtemps sans se fatiguer). Et puis, un jour, on a eu droit à la chanson : "Ukulélé".
"Sur l'île d'Hawaï, après le travail, dans sa jupe de paille, une fille jouait ... L'Ukulélé."
C'est à partir de là que j'ai acheté mon premier Ukulélé. Merci Steve !
C'était un Uku à petit coût, économe et même radin (il ne donnait pas beaucoup de sons).
Alors que choisir comme Uke, quel bois pour ne pas s'abîmer les doigts et pour laisser aller sa voix ?
Voilà un bon prétexte pour évoquer le Koa. Mais le Koa c'est quoi ?
C'est un type d'Acacia d'Hawaï et des pays hawaïsinants, bois aux reflets rouges :

                                                                   


Les bois utilisés pour fabriquer un Uke à Hawaï ont de jolis noms : le Koa, le Kou. Malheureusement surexploitées, ces essences sont devenues rares donc coûteuses. Après la période des coupes claires, est venue celle des coupes sombres. Maintenant, les luthiers utilisent plutôt l'Acacia (de nos contrées) ou alors l'Acajou, le Palissandre, le Noyer, l'Erable, l'Aulne, le Tilleul, le Merisier, le Tulipier, le Séquoia. Et dans mon "cabois" à provisions, vous rajouterez :
Le Mango, le Manguier, l'Epinette, l'Amarante, le Sapelé et puis tout un "chat pelé" (problème : plus de puce donc plus de nom hawaiien : Ukulélé, lire le message précédent) pour cette :

"Guitare bébé, Ukulélé.
Ukulélé, guitare bébé. 
Les p'tits seins à l'air.
Elle avait bien l'air,
d'allaiter comme une mère,
sa guitare bébé : l'Ukulélé."
Et pour finir cette scierie : l'Ebène, le Cèdre Rouge et le Padouk. Voici ce dernier :

                                                                             

Bon, j'vous résume tout ça en deux phrases, deux virelangues à ma façon (pour le plus toqué des deux, pas de virgule, il faut donc bien inspirer avant). Ce sont des en K, ils vous nourrissent et vous énergétisent pendant un certain temps. Ils permettent de tenir le coup jusqu'à la séance de Yoga.

"Stock Uke Koa Kou K.O donc coûts costauds, du coup Padouk Acajou Acacia O.K."


"L'antique tactique anti toc concocté par un geek "Shadok" mastoc patraque dans un paddock-hamac avec Uke en Padouk : tout plaquer."


Pour un Ukluxelélé : se dégotter un Uke en Koa bois massif. Par rapport au contre-plaqué, y'a pas photosynthèse (par rapport à la carte de crédit non plus). Le "Yukulélé" (comme on dit en Nouvelle-Calédonie) vibre plus, il a plus de tonus, de puissance, de ressources. Et bonus, le son se bonifie avec le temps. Le "Yucca" (comme on le nomme à Vanuatu) en Koa mastoc vieillit bien.

Quand on fait feu de tout bois, voilà ce qui risque d'arriver :

                                                                 
Glen Baxter





- "Voilà se que cela donne, lorsque l'on joue mal d'un bon ukulélé. C'est idiot ! Jamais, chose pareille n'aurez pu arriver au "Ukulele Orchestra of Great Britain", pense cette jolie et surprenante fleur d'Hawaï ...

... Et c'est à ce moment là qu'une horde flegmatique de cow-boys britanniques a pris place dans ce message. Ces fringants et flingants justiciers viennent venger l'honneur de ce Ukulélé brulé par le "féroce rosbeef" (à l'humour vache and so british) dessinateur fou, "scierieal-killer"(tueur en scierie, mort de rire le uke se retrouve entre quatre planches de B.D : Bande Décimée), bandit, gagster, glen Baxter !!


"Le Bon, la Brute et le Truand"


*Deux C.D de Steve Waring à écouter : "Pouce" et "Le Colporteur". Bons pour la santé (pour tout public).

"P.S (Pascale-Scriptum) : Content de retrouver Arlo Guthrie dans cette reprise de "Ukulele Lady" datant des années folles et composée par Gus Khan et Richard Whiting. Voilà, ce "Sweet Uke" aura-t'il une suite ? Vous le saurez bientôt.
 D'ici là, pratiquez ce néologisme "Bousculélé" (dépêchez-vous de jouer du Ukulélé).
Pour la devinette simplette, il fallait répondre : un vieux Koa (et non "un jeune sais koa et un presque rien", imitant ainsi le si chic et élégant philosophe Vladimir Jankélévitch !!! ).
Goodbye, Good Vibes !