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vendredi 25 juillet 2014

"Neuf mois pour un toit"


"De façon vulgaire, un acte de psycho-magie,
c'est comme donner un coup de pied affectueux au cul de la réalité."
Jodorowsky
Nous nous trouvons entre deux mondes. Nous sommes le cul entre deux chaises, on voudrait bien mettre en bière le monde qui finit (celui si imposant de la finance) mais comme on a du mal à faire naître le nouveau (celui de la solidarité), on n'est pas sorti de "l'auberge des écus" (entre deux chaises). L'accouchement est difficile et douloureux. Pour l'instant, il nous manque un élément du peuzeul, la fraternité !
Surtout que les dirigeants hommes ne sont pas sages et qu'on ne dispose pas de sage-femme pour ce genre d'accouchement.
Quel acte de psycho-magie va-t-on trouver pour sortir de cette impasse ?
Vous doutez de l'efficacité d'un tel procédé, vous dites que c'est de la méthode Coué, de l'effet placébo. Vous avez raison, mais il est grand temps de revenir à la simplicité, à l'humilité et au pragmatisme. Si ce placébo peut rendre service, pourquoi ne pas l'utiliser ?
Vous êtes toujours sceptiques ? Alors écoutez donc mon histoire (mais avant, allez lire les messages "Tanguy et Laverdurette" datés du six et dix septembre 2013) :

                                                              

"Peryan jacte psycho-magie".

Il y a neuf mois, après un peu plus de deux ans et quart de vie commune pas ordinaire, le couple Merfan-Peryan excédé et déprimé donne rendez-vous aux tappeurs d'incruste Tanguy-Laverdurette. Merfan prend la parole et propose au duo d'jeunots de parler de l'avenir.  Elle pose des questions, les précaires pessimistes semblent absents, ne sachant pas trop quoi répondre. C'est alors que Peryan intervient :
- Parler, jacter sur l'avenir ne suffit plus. C'est de concret dont nous avons besoin, il faut acter, parier sur l'avenir.
- Et alors ...
- Alors, Jodorowsky parle d'acte de psycho-magie. Plutôt que de jacter pendant des heures de nos malheurs, je préfère acter et qu'on prenne un "rendez-vous conte qui finit bien". On parie (on prie) sur votre départ pour dans neuf mois. On n'a pas le choix, sinon chacun restera dans sa prison mentale perso, sur son "Kant à soi" (avec sa propre philosophie), mais pas chez lui ! Personne ne sera content et tous auront le sentiment de ne pas vivre vraiment leur vie.

Alors vive le projet "Neuf mois pour un toit" !
Pourquoi neuf mois ? me direz-vous.
En fait, c'est plutôt symbolique (un acte de psycho--magie se marie bien avec le symbolisme), neuf comme nouveau, on se donne le temps de briller comme un sou neuf, on s'espère tout nouveau tout beau. "Aidant" ce monde de nouveauté (par la pensée positive), Tanguy et Laverdurette accoucheront, après neuf mois de grossesse, d'un "Bonaparte manchot" (bon appartement chaud car loué en juillet). Avec leurs bras, ils combleront les vides  et videront nos combles. Quand à nos embarras respectifs, ils disparaitront, bon débarras !!!
Mais il ne faudra pas oublier de prononcer la formule magique "Abracadabra" sinon l'acte sacré (il faut y croire) et secret ne sera pas suivi d'effet et alors le couple sera défait. Sérieux comme un pape, j'ai maintes fois répété le "Abracadabra" à la manière d'un mantra. Ainsi, malgré les difficultés du duo (emplois très précaires et pas cher payés, coûteux permis de conduire, pessimisme minant et dominant, excès en tout genre ... excès taiera), j'ai laissé macérer ma mixture alchimiste (bon slogan motivant, délicieuse visualisation positive, agréable pensée créatrice, parfaite formulette amulette) ...



... Et le temps est passé comme il sait si bien faire et tout ce qui a été visualisé s'est réalisé :
La récidiviste Laverdurette vient d'avoir son permis de conduite, par l'intermédiaire d'un sympathique collègue de travail, un superbe appart attend leurs cartons. Illico presto Tanguy trouve un boulot avec un contrat plus intéressant que le précédent. Il prend l'engagement d'apprendre à compter ... pour lui et pour les autres. Laverdurette amincie est ravie et ravissante, Tanguy sourit plus souvent, l'effet de la mixture qui rend la vie moins dure ?

Je me souviens de ma période conférence "Cabaret mystique" de Jodo. Un jour, sur le thème de l'argent, il parle d'un acte psychomagique qui consiste à garder un gros billet dans sa poche et comme l'argent attire l'argent ... Je ne sais ce que cela vaut mais ça ne coûte rien et peut-être qu'enfin de conte ... je me "sou-vient".
Spéciale dédicash à "Fireman" Tanguy, voici un extrait de cette "compte-fait-errance" :



Alejandro Jodorowsky : Un mari regarde la télévision tandis que sa femme prend une douche. On sonne à la porte et le mari crie : "María, va ouvrir, je regarde mon match de football !". Sa femme sort de la douche, enveloppée dans une serviette, et va ouvrir la porte. Leur voisin la regarde et lui dit : "Madame, si vous enlevez votre serviette et que vous me laissez vous voir nue, je vous donne mille euros". María réfléchit quelques secondes et ensuite laisse tomber la serviette. Le voisin paraît la dévorer des yeux, il lui donne mille euros et il s’en va. La femme va dans le salon, heureuse avec ses mille euros. Le mari lui demande :
"Qui c’était ?". Elle répond : "Le voisin". Le mari sourit : "Ah, je suis sûr qu’il est venu me rendre les mille euros que je lui avait prêtés !"
Cette blague peut être très profonde si on lui donne un symbolisme métaphysique. Il y a un propriétaire, tout puissant, qui surveille un jeu qu’il a créé : il est Dieu face à son Univers. Et la femme nue, c’est l’âme du monde, comme on la représente dans l’Arcane 21 du Tarot … Toi tu es le/la voisin/e, on t’a prêté mille euros, quelque chose d’une immense valeur, la vie. Toi, le voisin, tu es l’Ego, l’individu. Tout ce que tu as, on te l’a prêté. Cette vie tu devras la restituer. Tu partiras sans rien. Tu meurs continuellement, en te transformant. Avant de mourir tu veux te connaître, arriver à être ce que tu es, à voir ton âme dans toute sa beauté infinie. En travaillant avec persévérance, en méditant, par l’introspection, tu arrives à la sentir, mais pas comme tu le voudrais, pas totalement. Tu sais qu’elle est d’une immense beauté, parce qu’elle ne peut pas être autrement. Si tu es vivant/e, c’ est parce que l’Univers t’a produit/e, et, comme toutes les créations divines, ton Être essentiel est sublime…
L’homme qui surveille la télévision demande : "Qui c’était ?". Et sa femme, qui garde les mille euros parce qu’elle pense qu’ils sont à elle, qu’elle les a gagnés en se montrant, répond : "C’était le voisin". Dieu lui répond : "Ce que tu penses être à toi, ne l’est pas. C’est à moi".
Mais, d’où vient l’énergie du poste de télévision ? Il est relié à une source. Si on l’en déconnecte, il s’éteint. Tu es comme un téléphone mobile : si tu es déchargé, il suffit de te rebrancher et de te mettre à charger pour que tu fonctionnes à nouveau. Tout ton être, avec son Ego, son Être essentiel, son Âme, son Dieu intérieur, doivent être reliés à l’énergie cosmique, divine. Si tu ne t’unis pas au Tout, tu ne connais pas la joie de vivre.

Le duo d'minots minés vient tout juste de finir de déménager. Ils ont fait feu de tout bois, je leur souhaite maintenant de continuer à faire vœux de toute joie.
Nous vivons entre deux mondes : un monde de vieux (jaloux) qui n'aiment pas les jeunes (ils ne leur laissent pas de place) et un monde neuf, jeune qui n'aimera pas les envieux (qui ne pensent que "caca-rente" et "vie de palace"). A noter qu'à l'écoute, "vie de palace" s'entend aussi "vide-place" !

Votre serviteur qui n'a toujours pas de "rolex" à plus de cinquante ans, vous dit à bientôt, caresses et bises à l'œil !!!


Crédit dessins : Geluck, le dessinateur "porte-bonheur" (Geluck égale "Good luck", bonne chance !!!)

vendredi 30 mai 2014

"Blagues et Nasreddin" n°1


"Placez votre main sur un poêle une minute et cela vous semble durer une heure.
Asseyez vous auprès d'une jolie fille une heure et cela vous semble durer une minute.
C'est cela la relativité."
 Albert Einstein





"Âne agram" :
C'est bête mais c'est un "signifiant", aurait dit le philosophe Jacques Lacan. Cela a un sens, avec les mêmes lettres, on a deux mots différents (quoi que ... à la réflexion, peut-être pas vraiment) : "la vérité" et "relativité".

Dans son "Cabaret mystique", Jodorowsky, comme dans une séance de yoga, nous reliait tous avec le chant calmant et énergétisant du "Om". Puis, il faisait son travail de joyeux décodeur spirituel. Le lieu anodin devenait à nos dieux (inté-rieurs), anoblie, "L'école des mines" se transformait en école des mines réjouies. Séduisant avec son accent chilien (Ah ! son "C'est incroyable !", ou  "Quelle mervei-yeux !" ... un régal), le vocalchimiste nous aidait à voir autrement. Il n'hésitait pas à transformer une blague grossière en histoire initiatique gorgée de sens, sucrée sacrée, succulente, ceci pour nous en faire découvrir la "substantifique moelle" si chère à Rabelais. Si l'on est à l'écoute, le présent est un cadeau élégant et géant, sinon c'est un "cadeau" crado et gênant, voici deux petites plaisanteries sur ce sujet (présenteries devrais-je dire) "comment t'es" signées Jodo :

"La locataire d'un grand immeuble d'une ville nouvelle va à la clinique, rendre visite à la gardienne qui vient d'accoucher.
- Mais, s'étonne la locataire, si vous me permettez une question indiscrète, vous êtes célibataire, je crois ?
- En effet, répond cette dernière.
- Et quel est l'heureux papa de ce charmant bambin ?
- Ça, dit la gardienne, je n'en sais rien. Vous savez, j'ai autre chose à faire, quand je nettoie mes escaliers, que de me retourner à chaque fois !"
Cette blague me rappelle une histoire de Mulla Nasrudin, le héros de  très belles histoires initiatiques soufies.
"Mulla Nasrudin, assis à l'ombre, regarde le chemin, tandis que sa femme, assise, le dos tourné, regarde de l'autre côté. Tout à coup, elle dit à son mari :
- Que c'est beau ! C'est plein d'oiseaux et les nuages sont merveilleux. C'est vraiment splendide !
- Je ne vois rien !... De mon côté, il n'y a ni nuages ni oiseaux."
Mulla Nasrudin ne fait pas le moindre effort pour regarder du côté de sa femme. Il ne voit que son monde et c'est tout. De même, cette gardienne ne prête aucune attention à ce qui lui arrive par derrière. Cela ne fait pas partie de son monde et, de ce fait, cela ne lui appartient pas.



Je remercie Jodorowsky pour ces récits et je dis bravo à Jodo pour ses propos.
La question posée est celle de notre réalité, vit-on en costume, en "pose-ture" tailleur "Chanel" ou habitué au naturel charnel, incarcéré dans sa prison mentale ou bien incarné ?
Dans mes séances yogiques, je reviens en corps et toujours au concret, à la matière, à l'espace. Ainsi on sculpte le souffle, on s'abandonne sur le tapis, on profite du sol, on écoute le son de son souffle. On écoute tout ce que notre corps nous dit, nous fait sentir (autant les sensations désagréables - on ne se "sent" bien que quand on a mal - notre tendance "naturelle", que les sensations agréables). On ne part pas dans toutes les directions, mais on reste conscient de notre espace (on y prend place), d'ailleurs on ne part pas, on reste là, ici et maintenant !
- "Vous quittez la posture mais pas la séance."
Nous sentons la présence du sol, de la rue, des autres. Nous sommes tous unis vers l'uni (et non pas luni, c'est à dire : tous dans la lune). Nous vivons une époque opaque où certains artristes chantent leur nombril et écrivent avec leurs pieds. On ne s'occupe que de son petit univers rétréci, on n'est ni consterné ni concerné par ce qui se passe autour. Cependant ne faisant plus appel à notre intellichance, on en subit les conséquences.



Revenons à la première histoire, que dit Jodo :
"Quel est le bébé dont tu es porteur ? D'une façon ou d'une autre tu vas te retrouver avec un enfant dans le ventre, parce que tu ne perçois pas toute la réalité, que tu ne te retournes pas, que tu ne vois pas ce que l'autre voit et ce que l'humanité voit. Tu ne vois rien."
On ne peut vivre dans un monde dont on dirait : cela ne me regarde pas, je ne vois pas ce que j'ai à faire avec ça !
L'homme est las hélas! l'homme est là depuis des lustres. Auparavant, il n'y était pas, c'était l'âge d'or des dinosaures. Et puis un jour, un gros cailloux s'est écrasé sur la terre. Le choc a été si fort qu'il a fini par faire disparaître les dinosaures, par contre des petits singes tout fluets (proches du chimpanzé) ont survécu. Après moults transformations, ils sont devenus hommes plus ou moins malins, du genre à dire que l'homme descend du singe qui descend de l'arbre, qui lui-même descend à la station "Bois de vingt chênes - bois du vin" (vous voyez le genre ... de "rigoulot".
Boire du bon vin c'est le humer, l'aimer, le goûter, le sentir en bouche, voir le verre rempli qui rougit de tant d'égard et là on déguste, on en voit de toutes les couleurs. C'est la fête des papilles et des pupilles, on se sent papillon et bien loin des dinosaures.



Où se place t'on ?
"Sentez l'espace qui se trouve derrière vous ... !"
Quelle est notre réalité ? Calée, notre réalité quotidienne nous conduit-elle sur une voix de "gare-rage" ? Si c'est le cas, il y a un problème de déroute et de routine.
Alors contre la "déroutine", inventons et réinventons quotidiennement notre réalité !!!
La déroutine qui altère notre réalité, c'est bien souvent une question de relativité, n'est-ce pas Albert ?

Bon c'est pas tout ça mais on m'attend là-bas, il me faut "aller sur un plus grand", comme on dit en Belgique. Je vais chez mon amie Catherine. Dotée de bons vins à boire et d'un bon caviste à proximité ("Au grès des vins"), on va se régaler et rigoler avec les histoires de la concierge occupée et du mulla contrariant. Histoires qui racontent nos déboires et qui redonnent de l'espoir aux narcisses qui noircissent leur monde sans jamais en avoir marre, sans jamais être hilares.
Bon vin, bon vent ! Cultivons l'intellichance et ...




Cette fois-ci, comme vous êtes devenus de vrais sages relatifs, vous méritez  bien la vidéo de Daft Punk avec du vrai Nile Rodgers (le guitariste si Chic) dedans et pas une parodie (lire et voir le message du.16 mai 2014).
Crédit B.D : Fabien Ser.


vendredi 10 janvier 2014

"Mes meilleurs vieux"


"Celui qui meurt cette année,
en est quitte pour l'an prochain."
William Shakespeare

De mon bureau, j'observe la pluie qui chante. Le vent marin fait danser les bambous. Leurs feuilles vertes trempées s'accordent vraiment bien avec le gris céleste. Cette harmonie est un plaisir !
Par temps humide, on se sent pluvieux. Et c'est tant mieux, on fait corps avec les éléments et on est raccord avec le décor. Évidemment, c'est mon côté "yogi parapluie" qui s'exprime, le stoïcien sans rhume et sans rhumatismes.
Et le temps passe, comme il passe tout le temps !
Et nous, on y passe et au bout d'un certain temps, on trépasse. Juste avant le terminus, on vieillit. Mais :
"C'est bien de vieillir, on a peu à perdre." Miyazaki

                                                                                                  Signé Geluck

Et l'actrice Mae West âgée, dans ses mémoires, nous fait sentir la grâce de l'âge :
"Du fait de mon expérience, je peux maintenant dire que dans mon métier, quand je suis bonne, c'est bien. Et quand je suis mauvaise, c'est encore mieux !"
Et qu'en pense t-il de l'âge qui passe, ce guitariste de jazz qui m'épate, le fameux Pat Metheny :
"En vieillissant, on touche les dividendes de ce que l'on a investi. On fait plus avec moins."
Donc, par rapport à certaines personnes jazzées, plutôt que de dire : "Oh ! les pauvres meurtris par la vie", il vaudrait mieux reformuler comme ceci ; "Oh ! les riches d'esprit et de vie". Ils se sont dépensés sans s'économiser ( à apprendre), dans le temps de vie active, et dans un second temps, ils ont su tirer profit de toutes ces bonnes actions.



Pat Metheny en action, qui "profite" et qui nous en fait profiter. On est gâté, il joue à sa façon féconde, riche et simple à la fois, une vieille chanson des "sixties" écrite par Paul McCartney : "And I love her".
Un proverbe japonais dit ceci :
"On commence à vieillir quand on finit d'apprendre".
"Le cyclope aide" à avoir l'oeil curieux. Ce n'est pas le regretté Pierre Desproges qui aurait dit le contraire (ce qui suit, est un résumé de "La minute nécessaire de Mr Cyclopède" vue en 1982 sur FR3) :
"Mr Cyclopède :
- Passé 70 ans, les vieux s'ennuient.
Un vieux :
- Je m'emmerde.
Mr Cyclopède arrive avec un énorme marteau :
- Vous acceptez l'I.V.V (l'interruption volontaire de vieillesse) ?
- Oh ! non.
Mr Cyclopède frappe, le vieux s'écroule.
- De toute façon à cet âge là, y savent plus ce qu'ils disent."

Bien entendu, faut s'entendre, si l'on ne s'entend pas (avec soi-même), on ne s'entendra pas avec les autres :
"Deux vieilles discutent :
- Comment tu vas ?
- Pas très bien, René est mort.
- Et il est mort de quoi ?
- De la grippe.
- Oh ! ben alors, c'est pas grave !"
Pour l'ancêtre la plus "légère", l'esprit est ailleurs, y'a un rouage qui s'est grippé. Par rapport à son interlocutrice triste, elle est perchée. Elle n'a pas dû lire Jacques Salomé :
"Vieillir ensemble, ce n'est pas ajouter des années à la vie, mais de la vie aux années."
On nous dit :
"La vieillesse est un naufrage". (Charles De Gaulle)
Alors, je reformule  :
"La vieillesse est un autre âge".
De toute façon, par rapport à l'image, à l'âge, il nous faut revoir notre copie. Sinon notre miroir nous mènera tout droit au mouroir.
"La peur de vieillir abîme plus que l'âge".
Jeanne Moreau

Et le temps passe, comme il sait si bien faire.
L'écrivain Henri Michaux est parti en Orient dans les années 70, cela a donné un livre bien intéressant  : "Un barbare en Asie".
"Pour l'hindou, une fois passé l'âge de huit ans et jusqu'à soixante ans, c'est l'âge ingrat où les gens ont l'air niais. A vingt ans, on a une tête qui ne vit pas assez, qui n'a pas d'élan, et qui n'est pas assez reposée, pas assez sage. La tête de Tagore à soixante ans est splendide !"


Rabîndranâth Tagore a "illuminé le monde comme un soleil" (signification de son prénom) par ses poésies, ses romans et ses musiques.
A-t'il 60 ans sur la photo ? Jeune sait pas, mais son regard de sage fait bien des "gens vieux". On l'en-vie !

Pour ceux qui aiment dessiner, il est bien plus motivant de faire le portrait de personnes jazzées (rides qui racontent la vie forment autant de traits et d'attraits à reproduire) que celui de jeunes gens. Un visage lisse ne raconte pas d'histoires et donne plutôt envie de tirer un trait, de faire une croix dessus.
J'allume ma radio et j'entends un peintre qui parle de son pinceau préféré :
"C'est un vieux pinceau et comme tous les pinceaux vieillots, il m'autorise à dire que plus un pinceau a vécu, plus il a de vie à donner."

Bien ! voici venu le temps de la fin. Il est tard, faut que j'rentre chez moi, sinon j'vais me faire engueuler par mes parents.
Allez en paix, je vous présente mes meilleurs vieux !
Inexorablement le temps passe, même au bistrot de Mr Gourio (oreille émérite qui aime les rites et les dires, les paroles philosophiques qu'on peut entendre ici ou là en buvant un kawa), écoutez plutôt :
"Cette année, j'ai pris la résolution d'arrêter de vieillir.
J'ai même pas tenu une seconde,
tu parles d'une volonté !"



Être ou paraître ?
telle est la question !
Étonnant, non ?