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dimanche 1 janvier 2023

"Le chant des bauls"


Bien posé sur son fauteuil,
Le chat Citrouille,
pendant que je gribouille,
ne dort que d'un oeil !

Guignol "gogol" ou baul qui est-il ce ménestrel mystique ?
Les bauls sont de bons vivants élégants, de doux hindous à cheval sur leurs principes faisant régulièrement moults cavalcades artistiques. A les voir c'est l'évidence, ils mènent une vie intense et dense. Ils tournoient souvent en chantant l'ivresse et le drame de vivre !!
Situés entre l'Inde et le "Bangla dèche" (le pays des "prolé-terre"), les bauls du Bengale font fit des convenances. Les bauls se nomment "Paghol" (traduit par "fou"), ce mot fait penser à notre "gogol." La racine sanskrite de baul rajoute : "traversé par le vent" ou "emporté par le vent". Je rajoute : affecté, agité, possédé ... fou, "parkinsonné" !
La medecine traditionnelle  chinoise parle de "vent fort qui agite les branches de l'arbre". Indépendants,  ils chantent "ni maitre ni ordre" ou "Je n'obéis à rien".
Ils n'ont ni caste, ni édifices religieux. Pour eux, le temple est un obstacle sur le chemin qui mène au divin.
lls accordent une grande importance au corps, c'est le temple sacré qu'il faut respecter, nourir, purifier. 
"Oh! mon esprit si tu es fou,
Pourquoi mon esprit, bavardes-tu autant ?
Que suis-je, où-es-tu ?, je ne te comprends toujours pas."
Ces bardes en bandes sont en dehors, uniques en tunique, décalés, rebelles et rafraichissants. Comme le dit si bien Tagore :
"Celui qui chante va de la joie à la mélodie, celui qui entend, de la mélodie à la joie." 

L'enseignement se fonde sur le lien ésotérique entre les cinquantes lettres de l'alphabet et les cinquantes pétales des chakras. Voila la source des phonèmes qui constituent les mantras dans le corps !!

La musique des Bauls est folklorique dans ses instrumentations et ses compositions mais dans son intrerprétation lancinante, elle est universelle et originale (les paroles libératrices évoquent l'ivresse, l'extase, influences du chant soufi). Le chant des Bauls est structuré par ce système de chant uniquement soliste pendant le "couplet-verset nous à boire" et collectif avec le refrain (les instrumentistes et le public) !

Ils fabriquent eux-même leurs instruments et ils les vendent parfois au public après le concert ! 

Les Bauls peuvent aussi bien vivre à demeure à proximité d'un village, que parcourir les campagnes. Ils gagnent leur vie en chantant accompagnés de ces instruments :


Entrainés dès l'enfance à jouer de divers instruments et à chanter par coeur des dizaines de chants, ils sont respectés par les villageois pour la qualité de leurs "interinventions" !

L'Ektara :

C'est une petite caisse de résonance cylindrique en bois ou gourde, sur laquelle une peau de chèvre est fixée ; une corde est nouée à celle-ci et tendue grâce à deux languettes d'un bambou fendu fixées elles au bord de la caisse.



"Accorder sa vie comme sa guitare, 
c'est rendre la mélodie de sa vie encore plus jolie."

Yamasté  !!

jeudi 1 juillet 2021

"Dentriste : La vie aime et chante."


Réfection réflexion !

Claude Serre l'aidant !

Lorsque j'étais môme, j'étais un gugusse costaud comme un Jean-claude Dusse "bronzé" (des années 80).
J'étais aussi un gosse à l'aise, balaise avec le vocabulaire, dévorant du "Raymot" Devos, OKdac avec Pierre Dac ("L'os à moelle") et avec Raymot Queneau, l'Oulipo, Agrippine de Claire Brétécher, le cas Mandrika (saloute à toi qui vient de passer de vie à trépas, "bretzel liquide" à Chourave et au Concombre masqué) ...


Ces gens là étaient des phraseurs farceurs, artistes au phrasé jazz mais jamais en emphase pour ramener sa fraise. Par la musique des mots, je découvrais l'extase et me sentais requinqué !



Tire la langue : mort de dent (mord dedans) !
Trente ans sans rendre visite à un dentiste, ça me pendait au nez, les caries en ont profité pour s'installer avec l'encouragement de Miss Parkinson (les parkinsonnés ont plus de problèmes de dents et d'ostéoporose que les autres, ils ont besoin de prendre de la vitamine D3 en complément).
Qu'en disent Boris Vian et Henri Salvador dans "Blouse du dentiste" :

"Woh maman,
J'ai les guibolles en fromage blanc,
Avant que j'ai pu faire ouf !
y'm fait déjà sauter trois dents.
En moins d'une plombe,
mes pauvres molaires,
sont retournées dans leur tombe ..."




Mon dentiste : peine de coeur et divorce à venir ! S'il se sent mal, ça sent mauvais !
J'espère qu'il fera mouche.
- "Quel manque de classe, ça s'casse ... comme ça sans prévenir !"
Surpris, il prend les gros moyens, va chercher un gourdin et avec son baratin entame le match :
- Tu Laura voulu, ce sera "oeil pour oeil, dents pourries dents".
Je serre les coudes mais pas les dents vu que j'ai la bouche grande ouverte et que le boxeur soigneur bientôt divorcé est déjà là sur place, sous la voûte palatine endroit du ring, digne dingue !!
- Y'a kèke chose ki cloche.
Le voilà qui frappe du droit, du gauche (tu le sens mon code civil si vilain pour le père quand à la garde des enfants).
Je l'entends marmonner :
- Fra pas long feu celle-là.
Diantre ! la voilà qui résiste, la bougresse ... manquait plus qu'ça. Elle ne manque pas d'air en me disant qu'elle étouffe.
Et comme elle est fêlée, elle aspire à tort, semble dire l'aspirateur dentaire qui se mêle de la conversation d'une manière "bruitale" !


- Voilà, c'est fini Mr Meynier.
Finalement, je m'en sors bien. Souvent, dans ma vie, j'ai eu du bol, protégé par "Mésange gardien" et son chant basé sur des riffs que j'kiffe (riff : court motif répétitif) !




Vibrants cous de Bauls bienveillants !
Pendant que les pôles fondent, les bauls frondent (''Ni maître, Ni ordre") et mettent le feu (agni, l'élément feu comme énergie de vie) partout où ils passent.
Tiens un virelangue vient me taquiner l'esprit (à répéter rapidement plusieurs  fois) :
"En t'aidant du dedans de tes dents, diras tu ces occidentales dentales ?"

Présentations faites par l'érudit ravi, j'ai nommé le musicothérapote Dominique Bertrand.
Feu vital, feu fêlé, fou follet, feu de Bengale !

"Les musiciens danseurs poètes Bauls du Bengale, pratiquant le tantrisme, ont développé un art poétique du double-sens, ou le texte peut-être entendu soit comme une évocation d'un événement, d'un paysage, (une poésie simple, crue, vive, souvent poignante), soit comme la description psycho-physique impliquant  la circulation des énergies corporelles. 

Mais ces deux dimensions sont en interaction  intime : si le sens des métaphores reste caché à l'auditeur non initié, pour l'initié le chant (ses mots, son rythme, son assonance, ses mises en boucle), ne se contente pas de décrire la connaissance secrète de l'ouverture des chakras.

Il l'invoque et la provoque, en guidant les souffles subtils de l'auditeur par l'agencement des métaphores, jusqu'à la transe extatique qui s'accomplit lorsque corps et verbe, porté par l'onde, ne font qu'un dans l'esprit."




Des kanjiras à peau de gros lézard, d'iguane.
Entrez dans la transe :

... ils tournoient en chantant l'ivresse et le drame de vivre. L'enseignement se fonde sur du lien ésotérique entre les 50 lettres de l'alphabet et les 50 pétales des chakras, inscrivant la source des phonèmes et donc des mantras) dans le corps.

Entraînés dès l'enfance à jouer de divers instruments et à chanter par coeur des dizaines de chants ,cultivant la grâce et attentifs à leur élégance (coiffure drapée, colliers, ils inspirèrent la mode hippie), ils sont respectés par les villageois pour leurs pouvoirs, ils sont pratiquants tantrique, sous l'influence de Shiva.

Tagore a salué leurs talents de poètes, la folie douce de leur spiritualité extatique est d'une audace folle !

Baul en bengali signifie fou, possédé par le vent. 

Pour les bauls le corps est une poterie d'argile. La connaissance du corps, c'est le feu qui transe forme l'argile dans lequel cuit le pot et l'eau c'est l'amour.

Par ici le paradis, les bauls cherchent à vivre, à soigner et à prendre plaisir.

Ce sont des chanteurs enchanteurs, danseurs excentriques sans trac un peu foutraques proposant à la foi chants débridés et poèmes sacrés, marcheurs vénérés, libertaires "ni maître ni ordre", ils sillonnent inlassablement les chemins du Bengale en compagnie d'instruments qui balisent le sentier enchanté : l'ektara (tenue par l'homme en blanc), la kanjira (voir plus haut) et la voix mènent au nirvana !

Crédits illustrations : Chat de Geluck, Mandrika ki et Serre vice compris !
Namasté !


mercredi 7 mars 2018

"Mémoire de yoga n°32"


Les mantras, suite.

... On doit noter que, sur les sujets particulièrement entraînés, on obtient les mêmes résultats par la représentation mentale : le son n'est pas effectif mais imaginaire.
Tout le processus s'enclenche sans vibration externe, mais se prolonge dans le milieu interne de la même façon : l'image mentale du son suffit à provoquer la position d'écoute, d'où l'ouverture thoracique, le retentissement de la respiration épanouie et le détachement progressif de la fonction mentale vers l'écoute, vers la réception extérieure des vibrations ambiantes.
Un cercle vertueux (car "vicieux" dans un sens positif) comme on aimerait en rencontrer plus souvent.
"Si vous jetez une pierre dans un lac aux eaux calmes, des rides se forment à la surface en décrivant un cercle. Le cercle s'étend plus ou moins largement suivant le poids de la pierre. De même les ondes émises par le son, suivant leur amplitude, produisent un effet plus ou moins important sur le corps physique et affectent les trois gunas (qualités) qui sont de nature sattvique (pur), rajasique (actif) ou tamasique (inerte). Lorsqu'on récite les mantras, toutes les activités de l'esprit, comme les pensées, les sentiments ... se concentrent sur un point unique. La disparition de l'activité de l'esprit est comparable à un lac aux eaux calmes et tranquilles, sans rides à la surface". Swami Vivekananda.

Le mantra nous transforme.
Il purifie l'individu grâce aux transformations profondes qu'il réalise en lui mais curieusement, il est lui-même purifié par la pratique et par l'adhésion profonde de l'être.
La répétition constante concentre son énergie phonique et rend le mantra de plus en plus puissant.
Les mantras créent ce qu'ils disent.
Le verbe peut rendre réel. C'est ce que l'on nomme verbe performatif (énoncé qui constitue simultanément l'acte auquel il se réfère).
Par exemple, dans "Je vous autorise à partir", le "je vous autorise" est l'autorisation même. Ainsi du mantra : il ne désigne pas, il n'exprime pas, il met en action et fait advenir.
Dans la mythologie hindoue, les Astras désignent des armes, celles dont les Dieux sont dotés : tels la massue de Yama, le disque de Vischnu.
Ces armes sont associées à des mantras et le plus souvent, ce sont eux qui en éveillent la force latente. Même de simples brins d'herbe, dynamisés par des formules mantriques, vont se transformer dans le Mahabharata en armes de jet, grâce auxquelles Rama va pouvoir tuer une corneille menaçante.




"Om nanas Shivaya" ! Tina Turner a un jour, dans sa vie de lionne chantante, pris un virage bien  costaud.
La Turner d'avant a tourné la page, puis elle a tourné sa langue sept fois dans sa bouche et a entamé une nouvelle période de vie, plus paisible celle-là.
Le résultat s'entend, bien plaisant, dans ces chants sacrés.

Nina Hagen a un jour, dans sa vie de panthère en colère, rencontré la voix du yoga. Comme elle était très agitée et souvent énervée, elle a mis du temps à trouver l'apaisement !
Je ne sais pas de quand date la vidéo (à voir ci-dessous).
Apparemment, elle se situe à mi-chemin entre sa période "punky reggae", avec ses fameuses "vocalises orgasmiques" et aujourd'hui.
La Nina Hagen, excessive et sans gêne, est-elle devenue la "nonne troppo" Hagen plus saine et plus zen ?

Tina-Nina, les deux Miss Tic, à la voix "rauque n' roll", formeront-elles un duo chantant des reprises énergiques de "Om namah Shivaya" ou de 'Jaya Shiva shankara" ?

Tina a mis sa fougue et son âme dans le mantra de paix "Sarvesham" ?
Nina  nous a concocté un mash-up à base de Shiva !
Alors Nina ou Tina ?
Que chacun fasse son choix !
Namasté !!



jeudi 11 janvier 2018

"Mémoire de Yoga n°30"


La musique de l'Inde (suite).
... La pensée indienne reconnaît en chaque note une énergie cosmique qui lui est propre. Pendant l'Alap, le musicien s'exerce à prendre conscience des notes du mode (Mode = Raga : humeur, couleur, passion).
Au bout d'un moment, l'échelle du mode devient une image mentale : c'est la perception du raga. A cet instant, les intervalles prennent une extrême précision, une signification émotionnelle définie. Il devient presque impossible au musicien de détonner, de jouer ou chanter une note qui ne fasse pas partie du mode. Ses auditeurs sont également saisis par le sentiment du raga.
Selon des règles de composition précises, le musicien commence alors à errer sur l'échelle du mode, l'entourant d'arabesques, de motifs mélodiques, mais sans jamais écarter sa concentration mentale de l'échelle du mode. C'est pourquoi toute mélodie fixe est impossible, car elle crée une diversion dans la concentration sur le mode, qui nuit à  la précision et au sens des intervalles.
La technique d'improvisation dans le raga a pour effet de recentrer l'individu. La qualité de la méditation musicale du musicien se révèle dans la manière de développer son improvisation et d'amener ainsi son auditoire à travers un dédale d'images sonores à une évidence du sens général, dans lequel chacun se meut au fond de lui-même comme dans un monde connu et portant sans cesse renouvelé.

L'improvisation, source créatrice, devient alors le vecteur spirituel nécessaire à toute découverte et connaissance de soi-même.
Chaque raga est associé à une heure du jour ou de la nuit à laquelle son chant est approprié, et quelques-uns correspondent à des saisons particulières ou provoquent des effets magiques précis.
C'est justement à cause de cet élément de magie et de l'association des ragas avec le rituel rythmique des jours et des saisons, que la netteté des lignes n'en doit pas être voilée par la modulation; ce que l'on exprime en disant que "chanter hors du raga", c'est rompre les membres des anges musicaux.
On raconte une légende caractéristique sur le prophète Narada, alors qu'il apprenait encore la musique. Il croyait y être passé maître, mais la Toute-sagesse, Vischnou, pour abaisser son orgueil, lui découvrit dans le monde des Dieux un vaste édifice où gisaient des hommes et des femmes pleurant leurs bras et leurs jambes brisés.
C'était les ragas et les raginis, et il dirent qu'un certain Sage du nom de Narada, musicien ignorant et exécutant maladroit, les avaient chantés de travers, aussi leurs traits étaient-ils déformés et leurs membres mutilés, et tant qu'ils ne seraient pas chantés comme il faut, il n'y avait point de guérison pour eux.
Alors, Narada s'humilia et, s'agenouillant devant Vischnou, implora la grâce d'apprendre l'art de la musique de façon plus parfaite et, avec le temps, il devint le grand prêtre musicien des Dieux.
Aux modes sont souvent associés des poèmes, cela donne ceci :
"Lalita, jeune et belle, porte un collier de 7 sortes de fleurs. Ses yeux sont allongés comme les pétales du lotus. Vêtue encore comme pour un rendez-vous d'amour, elle soupire à l'aurore, vaincue par le destin."
"Lalita" (mode des premières heures du jour).






Ci dessus : Raga Lalita.
A partir du quinzième siècle, des artistes ont illustré ces poèmes par des séries de peintures intitulées "Ragamala" ("guirlande de raga"), représentant les différents ragas et leurs aspects.

Eh oui Louis, joue et jouie des jolies joies du jeu de l'ouie !
En fait, c'est toujours la même chanson, le même refrain, l'identique rengaine et le similaire raga qui reviennent : trouver le geste juste !
Devenir simple, souple, sincère, avoir un but de joueur de luth et rechercher l'harmonie, rassembler des notes qui s'aiment, qui s'entendent bien, éviter de réunir des notes qui sèment la discorde (et pas seulement chez les joueurs de luth à dix cordes).
Raga santé :
Y'a des ragas pour tout, pour les tracas, les bobos des babas gagas, les actes cra-cra des baba-yaga (ogresses dévoreuses d'enfants), les défis des profs de yoga dont la dopa est bouffée par une baba-yoga rabat-joie ...

P.S : ces derniers temps, j'ai publié moins souvent (trois fois par mois au lieu de quatre), c'est de la faute à ma fainéantise. Je ne joue pas assez de raga "Madhuvanti", le raga ayurvédique qui convient à un gars comme moi.
Namasté et bonne santé pour toute l'année !




Tiens, voilà Madhuvanti, mon médoc anti-parkinson qui m'sonne :
- Il est 18 heures, c'est le moment de jouer mon raga.
- J'y vais de ce pas, paisible, bien déterminé à ne pas me chercher des poux mais plutôt motivé à trouver la paix !



samedi 21 janvier 2017

"Le Râga Sékoa"


Suite de l'article précédent "YAMasté !".
... Le râga, kèskecksa ? me demande l'amie Rumiel qui n'écoute que du "Heavy-Metal", du "Eau-Bois", du "Chant de la terre" de Gustav Malher et de "l'Oiseau de feu" d'Igor Stravinsky.
Rumiel ma coup'tif, kiffe la médecine traditionnelle chinoise avec ses lectures sur les éléments (eau, terre, air, feu, éther) et leurs nombreuses combinaisons et liens avec les organes, les sentiments, les saisons, le Yang, le Yin ...


"Râga"
Le mot "Râga" signifie "couleur", "attirance". Chaque râga est lié à un sentiment ("Rasa"), une saison, une heure. Celui qui, joyeux, chante au milieu de la nuit et de l'hiver, on aurait tendance à lui dire :
"Pourquoi viens-tu sitar ?"
Les râgas ont été créés au neuvième siècle, selon des principes précis et précieux.
Les règles védiques disent comment construire une mélodie en fonction de différents critères : le mode (la gamme), les notes libres, rares ou chantées ... Il existe des notes importantes (les "Vadis"), des secondaires (les "Samvadis"), des notes accompagnatrices (jouées en continu par la Tampura), des notes à éviter si l'on ne veut pas casser l'ambiance ...
Le musicien improvise sur un mode constitué de cinq à sept notes ("Svaras") pendant un temps qui va de dix minutes à une heure (juste pour un râga) !
Alors, forcément, au bout d'un moment, cette magie si particulière, opère. Le temps que le musicien se prépare et trouve ses repères, l'auditeur bien à l'aise dans son repaire se répare !




Retour sur le Raga Yaman Kalyan.
J'utilise des râgas pour me soigner. Ils m'apaisent et m'allègent de tout ce qui me pèse et me désagrège.
Le "YAMâne Calm'yann" est un râga dont l'origine serait persane.
J'apprécie sa simplicité. En Inde, on le propose aux débutants parce qu'il est facile à travailler et pourtant il est important, car c'est l'un des dix râgas fondamentaux.
Il est très populaire (on le retrouve dans certaines chansons de film "Bollywood").
C'est un râga romantique, pour les poètes musiciens.
C'est un râga de choix et de joie légèrement teintée de mélancolie qui se joue au début de la nuit.
Il apporte paix, tranquillité et sérénité à celui qui s'amuse avec lui, il profite aussi à celui qui l'écoute.
En sa compagnie, on est ravi car c'en est fini de l'ennui qui nuit !
Pour les musiciens occidentaux, ce râga correspond à notre mode Lydien (la gamme habituelle sauf que le FA est dièze). Pas de fadaises, il met à l'aise les néophytes qui n'y connaissent rien, balaise ce "Lydien indien" !

La semaine dernière, j'ai évoqué le "YAM" d'Aulnay-sous-bois, le voici le voilà (extrait de la revue municipale datée de Septembre 1990) avec le "yogars YAnn Meynier" en pleine action. A l'époque, il était capable de faire sonner son bol chantant et de léviter de quelques centimètres !
Aujourd'hui, il continue à faire chanter son bol métallique mais il ne décolle plus (il porte sur son dos l'infernale Miss Parkinson, du coup, il se porte moins bien).


Le son "YAM" et son "chakra" (centre d'énergie) !
YAM est un "Bija" mantra (une "semence" sonore qui active l'énergie d'un chakra). Il harmonise le chakra du coeur ("Anahata").
Chaque chakra a ses correspondances, le son YAM harmonise le coeur mais il agit aussi sur la peau et le sexe (de même, le râga Yaman réveille le deuxième chakra, celui des organes génitaux) .
"Anahata" (traduction : son "non frappé", inaudible) est en lien avec le sens du toucher et l'élément "air", sa couleur est le vert !
Le son YAM est puissant, il "traverse tout" !!

YAMasté !!!




samedi 14 janvier 2017

"YAMasté !"

"Tissés entre eux, les râgas dessinent une histoire, une carte, un calendrier de l'Inde du Nord ..."
Amit Chaudhuri ("Râga d'après-midi")

L'autre jour, ma correctrice lit mon message, puis me demande :
- Zéro faute, comme d'habitude mais que signifie ton Yamasté final ?
Parce que "Namasté", je connais, c'est une formule de bienvenue ou de bienveillance mais ton ...
- Yamasté, c'est un jeu de mot identitaire. Parfois, je l'écris "YAMasté" !


Sa majesté le YAM ! Pourquoi ce son résonne t-il si fort en moi ?
Parce que :
YAM pour YAnn Meynier, c'est ma signature, mon nom. Donc, "Yamasté", c'est un peu le "t'as le bonjour d'Alfred" (ou le "à la revoyure Arthur") !

Et aussi, parce que :
Le YAM (YogAtelierMusical) fut autrefois notre lieu de travail, du temps où nous vivions dans le 9.3 à Aulnay-sous-bois (1989-1995). A l'époque, Miss Funny et moi, nous organisions des journées "portes ouvertes" pour faire connaître le YAM et nos activités.
Le midi, on proposait un "buffet végétarien" et je me souviens que sur le prospectus, j'avais trouvé cette astuce :
"M'YAM miam, demandez le programme !"




Mais encore, à cause de :
La Musique de l'Inde : Le râga (gamme exotique, lire l'article à venir) !
Le "Yaman Kalyan" est l'un de mes râgas préférés. Voilà de la musicothérapie active qui fait beaucoup de bien.

Décortiquons ce mot Yaman (et jouons avec) :
YAM a son âne (dans les contes, l'âne est l'âme de celui à qui il appartient).
Hi-han, iiiii aaaa nnnn ... Yâne déstabilise par ses sons nasalisés, celle qu'il porte sur son dos, Miss Parkinson qui elle même, ne cherche qu'à le porter jusqu'au pays des agités empotés.
Kalyan cale Yâne, d'être ainsi posé, stabilisé, cela calme Yann !
Résultat : ce dernier supporte mieux les pressions de sa démone.
Sans portée dans ses actions, Miss Portequisonne couine, bref la "Queen" n'est plus aussi sereine.
Yann saisit la balle au bond, pratique son yoga et celui du son et grâce au râga qui lui correspond, ne sort plus de ses gonds !!




Le râga, késkséksa ? me demande l'amie Rumiel ...
La suite au prochain numéro !
A bientôt !!
YAMasté !!!

P.S : La peinture montre bien l'ambiance créée par le râga Yaman. Elle date de 1765, "Yaman" a été peinte par Mushirabad.
J'ai choisi cette vidéo "version slide guitar" parce que j'apprécie cette artiste et sa façon de jouer la musique de l'Inde. Pour le sitar, on verra ça plus tard !


vendredi 6 janvier 2017

"Happy new ears"


"Bananier, pomme santé"
Le bananier permet d'avoir la banane toute l'année. Malgré les difficultés de la vie, ses régimes riches en magnésium nous aident à continuer à vivre debout.
Avoir la banane éveillée et évoluée, qui vit qui rit, qui ne raconte pas de "banane alitée" et qui ni ne slapète, ni ne s'raconte des histoires qui ne tiennent pas debout !
Et sur tous les sujets brûlants, ne pas hésiter à apaiser, rafraîchir et réfléchir sur comment adoucir ce monde de brutes qui nous gouvernent. Faire résonner cette piteuse bande d'abrutis drogués au pouvoir, par l'étude de l'amusique et de la ballade en ville.
Les "Trump-pet (au casque)" de la planète seraient bien entendu, formés par Mr Brutti.
Avec la "Banda Brutti", ça marche (Banda : fanfare ambulatoire du Sud-Ouest élargi, la "Brutti" vient du Gard).


"Pomme santé !"
Adage britannique :
"One apple a day keeps the doctor away."
Si ceci ne s'avérait pas vrai, cela pourrait venir de la qualité de la pomme. Il faut, bien entendu, éviter les pommes de discorde et choisir de savourer et de sentir passer dans la gorge (au niveau de la pomme des dents ... oups ! ... d'Adam), la revigorante "pomme d'happy" !

"Pomme d'Happy"
Dans un jus  de betterave-carotte, rajouter une pomme d'Happy et vous aurez de la joie en bouche.
Si vous ajoutez du miel, vous cultivez votre joie intérieure, votre côté "happy-culteur".

Yoga du son : si vous avez le bourdon, réchauffez votre jus au "Bhramari".
A plusieurs, chacun devant son verre vitaminé, en choeur, chantez bouche fermée, faites vibrer votre nez comme un trombone joué avec une sourdine. C'est un moment de soin par les sons, vous vous accordez ... pour vous souhaiter des "trombone à nez" !

"Happy new ears"
Voici des chansons de circonstance, du rare et du rire pour vos nouvelles oreilles.
On aurait pu faire le choix judicieux de "New year's day" chanté par Bono et son groupe U2, mais même si c'est une chanson de qualité, choisir un titre inconnu pour le faire connaître est préférable au "U2 tube" !
Voilà , les "Amazones de Guinée", groupe de femmes gendarmes qui ont laissées de côté leurs armes (mais pas leurs treillis kakis) afin de trouver l'harmonie (l'arme honnie) !


"Soukous sismique" : la rumba congolaise à l'aise avec Sam Mangwana !


"Happy news here"
Le sage Michel Serres, nous rappelle que nous autres, les français, vivons en paix depuis 1945, qu'en occident, on vit bien plus longtemps et que la technologie nous facilite la vie.
Il rajoute, l'air goguenard, qu'une étude a recensé 10% d'humains dangereux pour les autres sur cette planète. Il suffirait juste de les rassembler sur une île et les laisser se dépatouiller avec leurs pulsions destructrices.
L'excellent Daniel Pennac aime à dire qu'il écrit pour raison de santé (pour apprendre à se supporter).
Il se compare à une baleine gourmande de bon plancton :
"Tous les jours, je me nourris de phonèmes, donc de sons et aussi de sens et de rythmes !"
Bien entendu, en bon gourmet, il se débarrasse du mauvais plancton. De plus, en bon économe, il rejette le superflu, sûrement en se disant :
"Cétacé !!"

Voilà, pour ce message, je me dis "cétacé" !
Je vous souhaite chouette cette nouvelle année !!
Yamasté !!!


samedi 31 décembre 2016

"Chais et rasades"


Originaires du Moyen-Orient, j'aime cette bande de "ouf" : Riad Sattouf, Ibrahim Maalouf et Amin Maalouf.

Côté BD :
Avec Riad Sattouf, je pouffe et arrivé à la fin du tome 3 de "l'Arabe du futur", je piaffe d'impatience dans l'attente de la suite de ses aventures en "Arabie Sattoufique" !
Avec Sattouf, de rire, on s'étouffe.


Côté CD ("Kalthoum")
Avec Ibrahim Maalouf, on entre dans un souk caïrote à la recherche de la "Blue Note" bonne comme du loukOum !
Dans l'esprit d'Oum Kalthoum, l'esthète libano-français nous emmène avec ses complices jazzy et sa trompette arabisante spéciale "Caire de ton" dans la musique étonnante du "Quart de ton". Avec malice, il joue de succulents "mielismes", savoureuses arabesques, goûteux ornements si typiques de cette musique orientale.
On pourra trouver cela un peu léger, si on compare avec la si chic mosaïque lyrique, orchestrée, des disques de la diva égyptienne. Maalouf plus aérien, plus épuré, mise plus sur l'esprit "Kalthoum". Il préfère être que suivre à la lettre, comme un petit toutoum !
Doté d'une imagination fertile, il nous fait voyager sur le Nil. D'abord, avec ses oreilles et son "imagina-sons", il reluque puis "relouque" de véritables "loukoums sonores traditionnels". Puis, à bord de sa felouque loufoque, il traduit en jazz "Alf Leila Wa Leila" ("les Mille et Une nuits").
Il se laisse porter par le vent du désert et on se laisse emporter par sa trompette "ça vente" du désir.
On resterait des heures à sentir son sens de vent, à profiter de son doux zéphir.
On apprécie comme un bon vent ... euh ! ... un bon vin, le curieux son de sa trompette à "Quatre pistons". Dans mon salon orient-thé, il souffle un vent de liberté !
"Mille et une nuits" passent, on prend de la bouteille, on se croirait chez "chais et rasades" !
On est bien, on est loin, on est bien loin de tout le tintouin quotidien, du barouf ambiant produit par des pignoufs dont l'esbroufe est la chnouf !



La divine diva, peut-on l'appeler par son petit nom ?
"L'Astre d'Orient", "la Sixième Pyramide", "la Cantatrice du Peuple", "la Dame".
"J'ai souvent fantasmé ma présence aux concerts parisiens de l'Olympia en 1967, sa seule apparition publique hors du monde oriental. Elle était alors, une quasi-inconnue dans notre pays, ... sauf de la population originaire d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient ...
Ces nuits là, elle n'aurait chanté que deux ou trois chansons ... pendant cinq heures ... jusqu'à trois heures du matin ... le public envoûté."
Jean-Philippe Allard
Côté ID avec Amin Maalouf :
"Le coeur se nourrit de patience autant que de désirs."
"Les médias reflètent ce que disent les gens et les gens reflètent ce que disent les médias. Ne va-t-on jamais se lasser de cet abrutissant jeu de miroirs ?"

Voilà, je mets les voiles, là. Bon vent et à l'année prochaine !
Certains trouveront que la musique d'Oum Kalthoum est souvent mélancolique, ils n'ont pas tort. Voilà pourquoi je vous propose de voir en action, cet olibrius "radieux phonique", Frédéric Fromet qui traite l'actualité à sa façon, c'est à dire avec des chansons.
C'est rien que du "bienfait" et ça fait un bien FOU !!
C'est tout bon, décalé et un peu ... OUF !!!



Yamasté !





vendredi 1 juillet 2016

"Coluche l'épais qui tranche et Colombe la paix toute blanche"

"Je voudrais rassurer les peuples qui meurent de faim dans le monde : ici, on mange pour vous."
Coluche

Au jardin, activons nos radars immobiles grâce aux chants d'oiseaux.
- En écoutant les moineaux ?
- Que nenni ami, ils sont loin d'être virtuoses, ces piafs qui ne font que des notes courtes et répétées, les fameux "piou piou piou ..." !
Par contre, ça c'est bon pour créer un fond sonore.
- J'ai remarqué que certains oiseaux, notamment les moineaux, restent sur la route jusqu'au dernier moment, s'envolant pratiquement lorsque la voiture va les réduire en bouillie.
- Ami perspicace, tu as raison. Alors, soit on a affaire à des moines ô zen, soit à des "moineaux technos" qui disposent d'un radar intégré.
- Moi qui suit l'euro de foot, je me sens comme l'oiseau Deschamps, celui des guignols, "qu'aussi bien au niveau téquenique qu'au niveau taquetique, je dirais qu'ils soient zen ou technos, ce sont les mêmes !"

Pub :


"Quelle différence entre un pigeon ?"
- C'est que le pigeon n'est pas toujours celui que l'on crôa !
- Ah bon, c'est un corbeau !
- Non plutôt une tourte ...
- Aux légumes.
- Meuh non m'enfin ! Une tourterelle, c'est un peu comme une colombe.
- Une colombe de Colombie, une colombine à combines ou une belle tourterelle ou ... une tourte au "kapikachu" !!!
- Je vois que tu lis mon blog (message récent sur "le Pois Mascate", dit aussi "Kapikachu").
L'époque est morne et elle le paraît moins lorsque l'on prend du Pokémon, me disait récemment Lucas Pikachu, un ami incas qui le boit comme café de petit-déjeuner ("K-pikachu" en Colombien devient "Nescafé"). Si ça se trouve, la pub café avec le tube de musique cumbia "La colegiale", c'était une réclame pour le pois Mascate !
Savez-vous que les petits oiseaux du jardin sont plus détendus en présence de colombes ou de pigeons ? Rrrrrrelaxologues, ces rouleurs de "R" jouent un rôle de gardiens pacificateurs. La colombe n'est-elle pas symbole de la paix ?




"Quelle différence entre un pigeon ?"
Je suis ravi de ce koan zen (devinette absurde qui rend sage) extrait d'un sketch de Coluche ("Qui perd perd") :
Dans le jardin aux oiseaux règne une ambiance orageuse ... et voilà que se pose un pigeon. Quel changement d'ambiance, quelle différence ! ... entre un pigeon et les différends s'envolent !
Comme le temps passe, Coluche est mort depuis six lustres (un lustre : cinq ans). Avant de mourir, il s'illustre dans une bataille contre la misère et crée les "Restos du coeur" en se "dix ans" que ne durerait pas des lustres et bien si, six déjà.
C'est sinistre, pitoyable, colères et galères sont toujours là à se demander si ça va pas encore durer cent sept ans (107 ans dans l'expression sus-nommée, c'est le temps passé à construire la cathédrale "Notre-Dame" de Paris).
La vie est belle, le monde pourri, vivant sur cette planète pas nette, chanterons nous pendant 107 ans "Notre Drame de par ici"?
Est-ce le destin de l'homme ?


C'est l'histoire d'un mec qui aimait bien jouer à "Easy rider", avec sa "motobylette". A un tournant de sa vie, il a rencontré bien plus gros que lui et puis ...

"Passe passe le temps ..."
Musicien-magicien,
à chacun son passe-temps,
à chacun son tour ...
de passe-passe.
A chacun son jour ...
trépasse un terrien.
"... il n'y en a plus pour très longtemps"
Moustaki Meyniérisé !

Bon, revenons au passereau.
Le moineau est-il irascible ou simplement pragmatique ?
Toujours est-il que l'hiver, il se met en boule !!
Le printemps déboule, le "gros sur le ventre" en profite pour s'ébrouer dans la poussière et comme ça, il se débarrasse de sa graisse (et de sa colère ?).
Certains oiseaux fourmillent d'idées pour se laver et se sentir plus "les geais" (légers). Tel le geai qui provoque les fourmis afin qu'elles se défendent en lui projetant plein d'acide formique. Ainsi disparaissent les parasites présents sur son plumage.


Allez, je vous dis à bientôt !
Caresses et bises à l'œil !!


vendredi 21 août 2015

Mémoire de Yoga n°15


Chant harmonique : une note fondamentale comme une pierre qui tombe dans l'eau, provoquant une réaction : des cercles concentriques (harmoniques).

Le Chant Harmonique

On utilise le terme "chant harmonique" (ou chant diphonique) pour définir un chant réalisé par une seule personne produisant simultanément un bourdon continu et un autre son plus aigu, constitué par une série de partielles ou harmoniques, ressemblant au son de la flûte ou de la guimbarde.

C'est une technique vocale apparue il y a fort longtemps en Mongolie, pratiquée par les Chamans ("sorciers", "hommes médecines") qui cherchaient à guérir les maladies, à chasser les démons hors du corps des malades par la "voix" surnaturelle.
C'est un son qui correspond à  l'imitation des bruits de la nature : le vent qui siffle à travers les feuilles, l'eau du ruisseau qui coule, etc ...

Les Mongols ont une énorme puissance thoracique. Ils ont une vie rude, proche de la nature, ces êtres de petite taille font face aux vastes étendues des steppes d'Asie Centrale. Leur chant porte loin, il est très puissant (les Mongols ont le front trempé lorsqu'ils chantent diphoniquement, le chant les réchauffe du froid ambiant) ; il est à l'image de leur environnement dont l'étendue est entendue dans l'interprétation.

Au Tibet, par contre, les Tibétains vivent dans des "grottes-abîmes". Le chant harmonique interprété par ce peuple sera grave, la voix étant caverneuse, profonde. Dans tous les lieux du monde, la musique est influencée par le lieu d'habitation.

Quand les ondes sonores aident à comprendre la naissance de l'univers.

Ouououououou ....... Eueueueueueu .... Iiiiiiii ..... Ooooooo ...

Lèvres en avant, langue tortillée en arrière, assis en lotus, bouche décousue, je mugis en grimaçant des sons bizarres. Centre Mandapa, un dimanche matin du mois de Novembre 88,  nous sommes une douzaine à chanter ainsi, j'assiste à un stage d'initiation au chant diphonique; Tran Quang Haï joue (à merveille) le rôle de maître enchanteur.

Ouououou ..... Eueueueu .....   Iiiiiii ... Ooooo ... D'un seul coup d'un seul, le son magique et ancestral est sorti de ma bouche.

La révélation !! j'ai eu deux voix à la fois. Et ne me dites surtout pas que j'ai entendu des voix, ces voix là ne venaient pas d'ailleurs (quoique ...) ; c'était bien les miennes.
Deux voix, disais-je, l'une normale, plutôt grave qui psalmodiait longuement des voyelles comme dans le "AUM" hindou.
Et une deuxième : un minuscule flûtiste planqué au fond de la gorge, un petit Krishna s'évertuant à faire siffler très haut sa flûte, la sonorité pure d'un verre de cristal frotté par des doigts mouillés, ou d'un synthétiseur.

Ces sons me chatouillent agréablement la gorge. Je les tiens entre la langue et les lèvres, ils s'échappent parcimonieusement et harmonieusement (enfin, j'es"père d'oreilles") de ma bouche, et je module, avec précaution, pour ne pas les perdre d'ouïe, comme un surfeur sur la vague.






Je me souviens bien de ce jour là, comme si c'était hier. C'était le jour de mon anniversaire, j'avais trente ans tout rond.
Hugo Zemp et Tran Quang Hai, complices, avaient dû le sentir, puisqu'ils avaient décidé de filmer certains moments de ce stage d'initiation au Chant Diphonique.
Hugo Zemp, calme et bienveillant, est un excellent documentariste spécialisé en ethnomusicologie (voir, entre autre, "L'art du Yodel").
Ce jour là, dans le groupe, j'étais un peu le novice de service, "l'hubert-lulu" qui sort de l'oeuf pour découvrir quelque chose de neuf. Les autres stagiaires étaient plus expérimentés. On peut en découvrir quelques uns dans le film.
Moi, quand je ne suis pas "écouteur", je pars, en gentil Om, aux confins de l'univers. C'est peut-être la raison pour laquelle, dans le film, on ne voit que mon dos qui chante !
C'est déjà ça !
Certains critiquent le film en disant qu'on ne voit que lui.
- Qui ? Ton dos ?
- Et non, "tendre canaille" ! lui, Tran Quang Hai le "M.C", le maître en chanteur, le maestro du chant qui fait "loucher" les oreilles (qui "entendent double").
Cela dit, ils ont raison. On ne voit que lui, mais c'est pour notre plus grand plaisir !
- Ils auraient pu laisser plus de place à Yann Meynier !
- Non, pas vraiment, moi, je faisais ce que je pouvais. Je m'imprégnais, pleinement réceptif, j'étais tout ouïe, tout ébloui, tout ébahi. J'étais "to tweet", je gazouillais, je cafouillais et ainsi de suite.
En fait, la véritable rencontre avec le chant diphonique, je l'ai vécu, en rentrant chez moi, dans ma bagnole, sur le "périféerique" parisien, près de la porte de Bagnolet !

Post-scriptum ;
Le documentaire sorti en 89, s'intitule "Le chant des harmoniques".
Je remercie Jean-Pierre Lentin, journaliste épatant qui a ensoleillé ma vie pendant plusieurs décennies. Ce co-créateur de la revue alternative "Actuel" et de "Radio Nova" (Ah ! son étonnante émission "Citron pressé", que de découvertes musicales !), il en connaissait un rayon sur les ondes magnétiques et sur les bonnes vibrations des musiques du monde.
La science, il rendait ça rigolo. Il n'a pas eu de chance, il est mort trop tôt ( 58 ans).
C'est son article sur le chant diphonique paru dans Actuel (dont je me suis inspiré) qui a fait déclic. Ensuite, à l'écoute de disques, j'ai connu le choc de ce surprenant chant mongol et j'ai pris une claque avec le chant grave des moines tibétains de Gyüto, .
Depuis, je me soigne aux harmoniques !
Voilà, suite et fin la semaine prochaine.
A bientôt !


vendredi 26 juin 2015

Instrumentarium : "Tambours battants"


"Si tu vois un tambour battre rapidement,
sache qu'il va s'arrêter."
Proverbe marocain

Beaux parleurs : les "Talking drums".
Revenons au Tama (lire le message précédent).
Ses peaux sont accordées et tendues par un laçage de cordes. Le son peut ainsi être harmonisé finement, à tel point que l'on dit du tambour, qu'il parle.
Placé sous l'aisselle, il est frappé avec une baguette recourbée. La pression sur les cordes va provoquer des sons complexes proches de certaines langues africaines.
Polyglotte, il peut s'exprimer dans différentes langues !




Le langage tambouriné du tambour à fente.
Ce tambour favorise la communication entre les villages. Il diffuse des messages au loin. Son jeu respecte des règles précises.
Ordre, syntaxe, rythme, intensité et silence permettent de bien déchiffrer le message.
Si le message est d'ordre sexuel, l'envoi du désir en "heureux commandé", se fait dans la joie et l'annégresse ... euh ! l'allégresse (désolé pour la "coquinne" coquille ... hum ! coquine ... décidément).
Ce tambour à fente n'évoque pas que le plaisir "défendu", outre son aspect jovial, il a surtout un rôle social. Il organise la vie des gens, il fait partie des rituels.
Il existe un répertoire de signes tambourinés.
Par exemple, revenons à nos deux amoureux joyeux.
L'homme est parti faire les courses dans le lac du coin. Son cabas en bandoulière et son Tama sous le bras, il tape d'une manière hésitante, d'abord trois coups, puis cinq.
Au village sa dulcinée comprend illico le texto envoyé par son Roméo :
"Devine d'où j't'appelle ?" (désolé, je m'trompe d'époque).
"J'prends du crabe ou du poisson ?"
Elle répond en tapant cinq coups sur son tambour à fente.

Décodons donc :
Au lac de "Ouah! y'a du goût", supermarché local, le crabe égale trois coups et le poisson, cinq. La manière de taper indique le questionnement. Sachant cela, saurez vous me dire ce que ce couple mangera ce jour là ?
Au Cameroun, certains tambours à fente sont dotés d'une bouche avec sur chaque lèvre, un coin épais et un autre mince et au milieu un "entre-deux". Cela permet de disposer d'une sonorité et d'un vocabulaire plus riche. La version moderne du "Slit-drum" (voir la vidéo du début de chapitre), en a repris le principe.
A une époque, il existait, dit-on, un ministère des P.T.T qui était responsable des "Phrases Tam Tam".
Alors, le tambour à fente, serait-il l'ancêtre du portable ?




L'appel du tambour !
Les tambours ont des pouvoirs mais chacun a le sien propre. Si certains sont gais (le Tama, le Tambour à fente permettent de se fendre la tronche), d'autres font peur. Il faut lire et relire l'étonnant livre de Mickey Hart "Voyage dans la magie des rythmes" :
"Prenez les gongs. Un bon gong a d'extraordinaires pouvoirs synesthétiques. Frappez-en un assez fort, et il rugira comme un grand chat. Certains de mes gongs ont des tigres en eux. Et vous pouvez être mort de peur, la première fois qu'un tel son vous atteint. Mais ils ont aussi des moines en eux. Mes gongs m'emmènent dans un forêt plein d'animaux, avec des étangs brillants, et des moines encapuchonnés."

                                                                 "Attribut de Shiva", Musée Asiatica"
"Le Damaru est un tambour rituel tibétain en forme de sablier. Techniquement, c'est un tambour à battant, c'est-à-dire qu'en en joue pas avec une main, ni avec une baguette, mais qu'on le secoue. Deux cordes à nœud viennent fouetter les deux membranes, dans un sens puis dans l'autre, produisant un son à mi-chemin entre le bourdonnement et un battement. Les Damarus les plus caractéristiques du genre sont faits avec des crânes humains. ... C'est un tambour qui a un très très grand pouvoir. Le pouvoir de réveiller les morts.

C'est bien simple, moi quand je me promène tout seul la nuit dans Andernos city, si un gang de voyous armés vient me chercher des noises ou des "noisettes" (s'ils sont peu nombreux et seulement armés de couteaux), je les toise et leur tiens tête, je sors de ma poche mon damaru et aussitôt je vois mes zygotos costauds effrayés déguerpir illico presto. C'est à ce moment là que je dit haut et fort ma célèbre phrase :
"Ah ! Vous faites moins les malins, plus personne ne crâne maintenant (... fermement mon damaru sacré dans la main) !!!"

J'ai rédigé et tapé cet article "tambour battant" en écoutant "Les Tambours du Bronx", "Les tambours du Burundi" et la B.O de "Djabote", l'épatant docu sur Doudou N'Diaye Rose !
Allez parler aux tambours aimés, allez tambouriner et tambour rimer !!!
A la prochaine, pour de nouvelles "savantures".





vendredi 19 juin 2015

Instrumentarium (n°3) : "Les Tambours parleurs"


"La cloche sonne,
le son quitte la cloche,
fraîcheur."
Buson



Le Tama : Le tambour qui parle ... wolof, mandingue, yoruba ...
C'est un tambour qui parle d'amour avec humour.
Il a sa place dans un instrumentarium thérapeutique. Non pas parce qu'il soulage de la constipation (c'est le tambour "d'aisselle", unique en son genre), mais l'action sur la tension et la pression des cordes va nous détendre sans coup férir et nous faire sortir de la dépression en nous faisant rire !
Dans le "Tama-sutra", il est dit qu'il peut arriver à faire sourire la bouche d'en bas des femmes.
Au Nigéria, il prend le nom de "Dumdum" ("celui qui fait danser les "doudounes").

Michel et le tambour qui parle ...
Il existe d'autres tambours qui parlent, laissons la musicothérapeute Edith Lecourt, nous parler de sa rencontre avec Michel (enfant de neuf ans très inhibé et souffrant d'énurésie) :
"... Au cours du premier rendez-vous, Michel parle peu ... Je comprend qu'il n'est pas spécialement attiré par la musique. Nous écoutons ensemble quelques morceaux, il réagit un peu à une musique de rythme africain.
A ma demande, il fait un dessin et il choisit de se dessiner (mais seul le haut du corps apparaît, ce qui donne l'impression qu'il est comme coupé en deux).
A la séance suivante, je l'invite à explorer les instruments de musique. Michel montre là son inhibition. Il prend très peu d'initiatives, semble tout attendre de moi, reste dans une attitude très dépendante.




A la troisième séance, je lui propose un dialogue sonore sur un grand tambour, une conga (voir ci-dessus) ... Nous sommes assis, l'un en face de l'autre, avec la conga entre nous. Je lui dit que nous pourrions essayer de se parler avec les sons du tambour. Michel, d'abord hésitant, se prend au jeu.
Il devient même bavard !
Il hausse le volume sonore et se lance dans un grand dialogue, avec des passages très assurés.
A la fin de cette improvisation (qui a duré une quinzaine de minutes), je lui demande ce que l'on s'est dit.
Je suis alors surprise de la rapidité et de l'assurance de sa réponse : Michel reproduit ainsi tout un dialogue, ses questions, mes réponses, et le tout avec une assurance inaccoutumée ...
"Je t'ai dit :
- Tais-toi, arrêtes de faire du bruit, va donc faire tes devoirs, enlève tes chaussures, tu n'as pas fait ton lit, tu pourrais quand même répondre, range tes affaires, pourquoi as-tu fait ça ? ...
Et tu m'as répondu :
- Je comprends."



Cela me rappelle le jeune Aurélien (enfant psychotique du même âge), en séance "Musicothérapie" dans mon YAM (YogAtelierMusical). Lui aussi, réagissait et se transformait.
C'était le roi du refus, du "refus-jeu", se planquant derrière son systématique "T'arrêtes-toi !" lorsque je lui proposais un nouveau jeu sonore.
Mais quand je l'invitais à jouer du tambour amérindien "Pow-wow" (voir photo), il n'était plus le même, il se transformait en "Aurélien l'indien" !
Il devenait alors un intarissable chanteur. Ensuite, lorsque nous discutions sur le ressenti du moment passé avec le tambour, il se révélait être un inépuisable bavard.
Pour finir, on remerciait le "Pow-wow qui fait parler tous les esprits" (qu'ils soient simples, complexes, petits, grands, égarés ou éthérés) !



                                                                                     Dessin : Erwan Le Gal
                                             


Retour sur le Tama.
Tout comme le "Pow-wow" à peaux d'veau, le Tama a deux peaux, l'une est frappée, l'autre est là pour la résonance. Autre ressemblance : ils disposent de lacets. Cela fait de ces instruments-médecin, des objets dont on ne peut plus se passer.
Ils font rire ou danser, comment voulez-vous qu'on s'en lasse, de ces tambours puissants et irrésistibles qui donnent envie de s'enlacer ?

Sous le baobab et sous les étoiles ...
Le Tama : le tambour à paroles, un tambour qui parle parce qu'il accompagne les paroles de celui qui raconte des histoires.
Léger, pratique, ce rigolo bavard va comme un gant au griot buvard élégant !
Le Tama porte et rapporte les nouvelles parmi les hommes.
Ce sablier à double peau et à lacet, permet aux gens de ne pas s'oublier, de ne pas se perdre d'ouïe.
Les Tamas témoins parlent, passent le témoin, se répondent, dialoguent. Ils ont une bouche et deux oreilles. Ils ponctuent, accentuent, mettent l'accent, font sonner ce dont parlent les hommes !
Ils content le temps qui passe ...
Que ça soit le Pow-wow ou le Tama, ils ont beaucoup contés pour moi (contes africains : "La parole", "Le cœur du baobab" ou amérindiens : "Siyotanka" ).



"Croquant un kaki,
la cloche résonne,
Hôryûji."
Shiki
Allez je vous dit "Hôryûji" !!
- Mais ça veut rien dire, hôryûji, c'est le nom du fameux temple d'une ville japonaise (Nara) connue par ses nombreux temples bouddhistes.
Par contre, tu peux dire "Sayonara", "Au revoir" ou faire parler le tambour en wolof (Sénégal) :
"Ba suba ak jam" !

Après la photo du kodo, ce tambour qui annonce la fin du zazen (méditation), on termine en :
Zazou zen, zouave zoulou faisant joujou sans gêne avec la zizique "juju" !!!




Rythmé et décontracté, c'est le roi de l'amusique juju (prononcez joujou) : King Sunny Ade.  
                                                                                                                                             



vendredi 5 juin 2015

"Trois fois rien, c'est tout"


"L'expérience de la beauté atténue le stress, renforce l'espoir ...
Traquez la beauté comme un enfant traque des coquillages sur une plage généreuse.
Ouvrez vous aux choses en dehors du cadre du joli et du sympa.
Acceptez de vous faire surprendre.
Percevez la beauté là où vous ne l'attendez pas.
Même le souffle est beau.
Respirer est beauté, laissez la beauté vous respirer."
Rick Hanson "Le pouvoir des petits riens."

A Andernos, température en hausse, je me trompe et j'rature. J'vous jure, les temps sont durs, fait trop chaud pour la littérature !
La canicule nous bouscule, nous gêne. Fait un temps à ne rien faire, tout effort est vain, ne soyons pas ridicules, restons zen !




Diantre ! Dans quel état j'erre, dans quel dossier posé sur quelle étagère ai-je pu mettre l'article d'un expert en gestion du temps ?
J'sais plus où j'l'ai classé. J'vais pas perdre mon temps à le chercher. Mieux vaut solliciter la mémoire ...
Alors voilà, c'est un prof qui remplit un seau de gros cailloux.
- Le seau est-il plein, demande t-il à ses élèves ?
- Oui, répond le sot.
L'enseignant vide un sac de petits graviers dans le seau.
- Est-il rempli ?
- Peut-être, répond le sot averti.
Le prof verse du sable dans le seau et répète sa question, les élèves zélés disent ensemble :
- Non !
L'enseignant vide une bouteille d'eau dans le seau jusqu'à ce que le liquide affleure à ses bords.
- Cette démonstration a pour seul objectif de vous rappeler que si vous ne placez pas vos gros cailloux en premier, vous n'arriverez jamais, ensuite, à les faire rentrer.

Quels sont les gros cailloux de notre vie ?
Autrement dit, quelles sont les choses vraiment importantes pour nous ?
C'est à chacun de s'assurer que ses gros cailloux, bijoux sacrés, trouvent leur place prioritaire dans son emploi du temps.
Si l'on met en valeur nos petits cailloux sans importance, ils vont finir par se retrouver dans nos godasses et ils nous gêneront pour marcher. Certains diront alors que dans leur vie, rien ne marche.
Voilà c'était le premier rien !




Et voici le second rien.
Être grand dans les petites choses :
Puisque j'évoquai une gêne dans la marche, parlons maintenant du zen pour que ça marche. Vous allez voir, c'est trois fois rien. Voici le "kaizen".

Kaizen, késako, keskecé ?
"Kai" signifie "changement", "Zen" veut dire "bon". Donc "Kaizen" nous régale d'un "bon changement".
Le Kaizen, c'est un processus d'améliorations concrètes, simples, "bon marché" (pour bien marcher).
L'humain du genre "ouin-ouin", se regarde le nombril pour ne pas voir son problème en face. Du coup, il pleure devant l'ampleur de la tâche à accomplir.
Si le problème est de faire un régime, il fait le choix du régime draconien. Résultat des courses : ça ne marche pas ou pas longtemps.
Le ouin-ouin, béni oui-oui des "kilos yoyo", trouve tout à fait logique de faire son malheur lui-même.
Nous sommes tous concernés et consternés, hésitant entre nos faux-pas et nos "faut pas" !
Le kaizen, c'est la stratégie du petit pas. On fait un petit effort régulièrement et comme ça on peut arriver assez fin (ce qui est le but en cas de régime).
Tenez pour illustrer mon propos, voici quelques exemples :

Surpoids : allégez d'un rien les repas, chaque jour et voilà l'heureux pas bénéfique, ça marche !
Désorganisé : rangez une chose chaque jour pour voir la vie en rose !
Vocabulaire en jachère : faites une liste de mots (un mot nouveau par jour), peuchère ! Ça coûte rien de s'enrichir la culture.
Yoga : découvrez une nouvelle posture par jour et vous finirez par devenir une pointure.
Écrire un livre : Une page par jour, vous m'en direz des nouvelles !




Un livre à lire plutôt deux fois qu'une (existe en poche). Il y a beaucoup de propositions à expérimenter. Je ne vous ai donné qu'un aperçu, un petit rien !

Pour ma part, je l'utilise lorsque Miss Parkinson débloque et qu'elle me bloque, me fige, me cloue sur place. Le kaizen m'aide, peu à peu, à petit pas, à retrouver la marche à suivre. Il me sort de ce mauvais pas interdit. Alors, le sourire aux lèvres, je mets mes petits pas dans les grands et je me dis intérieurement :
"Un petit pas pour l'humanité,
un grand pas pour Yann Meynier."

Le troisième rien, c'est le ... silence (à méditer).

Allez, caresses et bises à l'œil !

Revoilà la si talentueuse Rokia Traoré, qui, à force de le répéter à fini par vraiment être Zen. La durée de la chanson l'atteste, passant de trois minutes à huit, essentiellement par la grâce de son tempo lent !






vendredi 22 mai 2015

"Rasa Râga"


"Fais du bien à ton corps pour que ton âme ait envie d'y rester."
Proverbe indien

Sous le regard bienveillant de Sarasvati, déesse de la musique et de la sagesse.



Le "râga", kèkséksa ?
Ce n'est ni du ragga (abréviation de "raggamuffin", "temps-dancehall" issu du "reggae"), ni du "ragtime" (lorsqu'on surfe sur la toile, elle peut vous proposer ces mots à la place, l'ordi a des excuses, râga se dit aussi raag, et ragtime peut facilement devenir raag-time). Mais il peut prendre différents aspects, cela dépend de son "rasa".

Définis-sons le "rasa" :
Vient du sanskrit "ras" qui signifie "goûter", donc le rasa, c'est ce qui est goûté, savouré !
On le traduit souvent par le mot saveur. Dans la musique traditionnelle de l'Inde, le "rasa", c'est la saveur qu'exprime une œuvre.
L'auditeur absorbe la saveur de l'œuvre et en même temps, il la goûte !
Le musicien, humble oeuvrier salutaire, sauveur de saveur, nous fait voyager en solitaire vers des destinations planétaires !!!
"Rasa : une gustation de la vie même, une pure joie de goûter à sa propre substance, tout en communiant avec un autre : le musicien ou le poète."
René Daumal
Ailés Râgas ?
Les râgas (quand ils sont bien joués), nous en font voir de toutes les couleurs (le cas contraire, mal interprétés, remplacez "couleurs" par doux leurres, voir douleurs).
Mais il faut goûter et écouter jusqu'à la dernière note, le sitariste mal inspiré qui cherchant la note juste, ne la trouve qu'aux derniers instants de son improvisation.
Celui là, vous avez envie de lui dire "pourquoi vient tu sitar ?"
M'enfin, bande d'auditeurs impatients et critiques, c'est un peu facile à dire, ce jugement sans appel ni rappel du joueur de sitar si tardif à se trouver !
Les râgas sont joués aux différentes heures de la journée, en fonction des rasas évoqués.
Un râga peut durer de quelques minutes à une heure.




"Je l'ai réellement entendu du Dieu des Dieux, Indra, ainsi que de Shiva lui même; la musique et le chant, sont bien plus sacrés et salutaires que des milliers d'ablutions et d'infinies incantations."
"Natya sastra"
Râga vient du sanskrit "raga", qui signifie : couleur (ou sentiment).
C'est ce qui colore (d'émotions) l'esprit.
Pour le musicien, l'objectif est d'être suffisamment convainquant afin qu'il puisse colorer l'esprit de l'auditeur et susciter en lui la réponse à la couleur émotionnelle évoquée.
Pendant le concert, les oreilles deviennent de véritables radars, les sens en éveil, l'auditeur est à l'affût tel un chasseur de sons.
Réveillé, on a tout intérêt à l'être, à cause des émotions qui fusent de partout et qui nous causent ... bien des effets liés à la profondeur du timbre de l'instrument, à l'assouplissement d'une courbe sonore ou à la fulgurance d'un trait mélodique. Alors à l'affût de la fulgurance, on ne tire pas un trait sur l'attirante mélodie qui nous met l'eau à la bouche.
Dans l'écoute profonde d'un bon râga, on peut ressentir :
" ... un fugitif instant de grâce où dans un murmure de délectation, le cœur chavire dans le divin."
François Auboux
Pour les musiciens, voici quelques râgas de base, que je "goûte" lorsque me vient le doute ...


A savoir : C correspond à DO, D à RE ...

Le Yoga du son est thérapeutique, mes trente années de pratique en "l'âme à tiers" m'ont fait rencontrer une culture hindoue, où l'on considère que les mots (leur sonorité, la vibration des phonèmes) et la musique traditionnelle sont intimement liés à la santé, et procurent du mieux-vivre !
Le râga est une musique qui correspond à un certain état psychique et physique.
Chaque état émotionnel est associé aux nombreuses gammes (modes) que comporte cette musique. Nos modes majeurs ou mineurs sont une pâle survivance de ce principe d'association entre un état et une musique. Ils représentent respectivement la gaité et la tristesse, ce qui est fort réducteur.
Qu'il soit chanté ou joué, le râga doit être en accord avec cette harmonie liée au mode sur lequel il est construit, afin d'être efficace et de qualité. En Inde, la musique (considérée comme une forme subtile de yoga) est une mise en relation avec le divin, l'univers ...

Et pour finir, suivons la légende de la créations des râgas :
Le dieu Shiva était si heureux après son union avec la déesse Pârvati, qu'il se mit à chanter. Et comme il a cinq têtes, donc cinq bouches, ce sont cinq râgas qu'il a créées ce jour là. Les râgas masculins ayant chacun cinq épouses (appelées "râginis"), sèment airs et eurent beaucoup d'enfants !!!

Allez, bande de râgalopins, de pignoufs oufs de râga et de ragga, de va-nu-pieds (traduction de "raggamuffin") sans âge et sans rage, de "greffiers" "ragamuffin" (chat de race), je vous souhaite de bons moments passés à écouter et à goûter de nombreux râgas anti-tracas !!!
Namasté !




Flagada ? Voilà "Rasa Râga", le médicalmant qu'on avale par les oreilles.
"Bonus et bouche cousue", écoutez et goûter ce savoureux médoc, servi par un duo de choc : le maître du sitar et sa fille (Anoushka). Merci les "Shankar", grâce à vos dialogues, nos oreilles sont "Ravi" !!!



vendredi 13 mars 2015

De Cabu à Cuba !




Hommage aux dessinateurs de "Charlie",  j'ai passé tant de bons moments en leur compagnie. Voici quelques traits d'humour sur les dessinateurs Cabu et Wolinski.

Traits d'union :
Quel étrange destin ont eu ces deux artistes pas tristes du dessin de presse, gourmands pour qui la vie était un festin. Quel mektoub pourri de fin de vie pour ces deux mecs tout bon dans leur passion. Ces deux tempéraments différents, aux parcours si proches, avaient le cœur à rire. Le duo meurt en chœur avec d'autres hommes de valeur (entre autres : Tignous, Charb, Honoré et Maris).

Points communs :
Ils sont de la même génération (nés dans les années 30), font leurs "sévices militaires" pendant deux ans et demi en Algérie, puis rentrent en même temps à Charlie ("Hara-kiri", début 60). Ces dingues de dessin exercent leur talent dans différents journaux, ont la même admiration réciproque pour Cavanna (lui-même baba devant Cabu et Wolin), font tout deux la promotion de Dubout dont ils admirent le talent, adorent voyager (l'un pour croquer l'incongru, l'autre pour gribouiller les bouilles de ses nouveaux amis et pour danser la salsa avec les cubaines).

Point final :
Ils sont assassinés ensemble, au même moment dans les locaux de Charlie-Hebdo !




Cabu :
Regardez-le cet éternel ado rigolo à la tête d'enfant espiègle, rieur farceur, tendre moqueur, véloce féroce qui point ne négocie contre la connerie et en même temps si gentil dans la vie. Ardent défenseur de l'écologie, il faisait sa part, comme tout petit colibri qui se respecte. Ce "colibrius" là,
je me souviens de l'avoir croisé à Paris au marché bio "Raspail" un dimanche matin.
Autre rencontre (plus riche celle-ci) :
Dans les quartiers chics du seizième arrondissement parisien, nous avons devisé sur l'armée et nous avons eu des visées philo sur un monde plus écolo (au "Trocadéro", lire le message du 9.01.2015).
Et puis, une autre fois, nous avons "davisé", c'est à dire échangé des propos sur le jazz en général et Miles Davis en particulier (dans la Maison de la Radio après son "Inter-vention" dans l'émission de Claude Villers "Les Flagrants Délires").
C'est un vrai fan de jazz et de Trenet (tous les matins, il boit un café au Big-band et au "fou chantant").
Après ça, il peut "swinguer" avec sa main, son instrument jazzy à lui, c'est le crayon be-bop. Et là, hopopop ! il en connaît un rayon, du coup, il dessine sans arrêt et partout. Bon, vous avez compris,, il dessine comme il respire. Enfin, il a dessiné jusqu'à son dernier souffle, jusqu'à ce qu'un barbare l'ai obligé à tirer un trait sur sa vie !



"Ce n'est pas parce que j'ai perdu ma gomme,qu'il faut qu'on me dégomme."

Du coup du sort, passons au coup de crayon, point d'exclamation !!! :
Donc je disais qu'il dessine comme il respire, et il a du souffle, le bougre. En fait, il dessine comme on chante ou comme on joue de la trompette et il a du coffre, l'animal.
Myope comme un taupe, il s'amuse à dessiner à l'aveugle, avec un bout de crayon et un mini bloc à dessin, situé à l'intérieur d'une poche de son manteau.
Il ne s'emmêle jamais les pinceaux, il est toujours gai comme un pinson. Il a le compas dans l'œil et le coup de pinceau qui swingue.
En trois coups de crayon tout est dit.
A tous les coups, il met dans le mille. Pour faire le portrait de l'Emile (ou du Pierre-Paul-Jacques), il est capable de saisir les mille expressions du visage et de le rendre vivant.
L'attrait qu'il a pour l'humain, le trait très juste et son intérêt pour les portraits de gens pris sur le vif, font de lui un redoutable portraitiste.

Tirés à la ligne :
Il va à la pêche au con et son trait de génie fait toujours mouche mais jamais moche.
Il a un super flow (c'est fluide) sans superflu, sans un trait de trop. Ce trait très volubile et son propos profond semblent paraphraser (remplacer la plume par le crayon) Albert Londres :
"Notre métier n'est ni de faire plaisir, ni de donner tort, il est de porter la plume dans la plaie."



Souvent, je me souviens :
De son "Grand Duduche" découvert en 69 dans le journal "Pilote", il avait une dégaine de grand dadais à lunettes, d'élégant dandy dégingandé et un air lunaire qui n'était pas sans me déplaire. Ce faux naïf et vrai malicieux était déjà contestataire et antimilitariste joyeux.
Ce grand échalas maladroit, c'est lui.
Le grand Duduche racontait son époque opaque un peu nunuche !
Ce dadais longiligne la brocardait et moi, jeune gringalet d'une dizaine d'années, à chaque fois que je le lisais, c'était réglé, je me régalais et rigolais à gorge déployée.


De son adjudant Kronenbourg, symbolisant l'armée à la ramasse, la "grande muette" comme une tombe, était alors mise en bière par Cabu.

De son "Mon Beauf" (l'historique à moustache dans "Charlie" et un plus jeune, genre bobo à catogan pour le "Canard enchainé"), facho fâcheux fiché "fait chier" par Cabu qui par ses dessins, nous soulageait de ce sans-gêne sans génie !

De la fille du proviseur et de toutes ses jeunes nénettes mignonettes (dont "les nénés sont placés trop hauts", disait Wolin, spécialiste en croquis craquants de corps féminins, c'est probable mais elles sont adorables, quoi qu'en pense Wolinski, c'est exquis), griffonées puis encrées dans un dessin plutôt farceur de fin observateur.
Alors que Wolin, lui, "grifoufoune" un dessin plus ancré dans sa réalité d'obsédé sexuel !

De ses dessins,dans l'émission de télé "Droit de réponse".
Michel Polac disait de Cabu :
"C'est un poète de l'instant mais aussi un chroniqueur de son temps, qui s'intéresse à tout."


Deux libérateurs moqueurs de corps et de cœur, meurent ...
Deux résistants qui résistaient au temps qui passe, trépassent ...
C'est mon "clin deuil" à ces deux drôles d'oiseaux qu'étaient "Nichons haut" (dans les arbres bios) et "Cuba" (un cigare amigo ?).
A quand un message "Wolin fidel, Charb gai-vara, Tignous à vannes" ?
A bientôt !!!



Et pour finir, ce joyeux joyau cubain, tube incontournable de "Los van van" ; "Que palo" !




P.S : Tous les dessins sont de Cabu.