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mardi 1 septembre 2020

"Chère Claire Bretécher"

Petit hommage à Claire Bretécher, décédée cette année.
C'était une femme décidée, libérée et décalée, indépendante, poilante et désopilante ...
Elle mettait à poil la société.



Le "super fête à Thouars" ("superfetatoire" vient du latin superfetare : ajouter) "Stufaissoir" avec un "rendève" déjà prévu est superflu !
En 1988, elle crée des personnages pour la série "Agrippine" : Moonlight Mollard, Persil Wagonet, Melfred Potetoze, Mélopée Legroin, Chlorine Bankent, Bergère Leprince, Caresse Benchemoul, Moderne Mesclin, Psyché Chia, Canaan Linchbenj qui parleraient ça comme (avec parfois un "che" sur la langue) de la mort de leur créatrice :
"Ca faich vraimench, bien loin de m'en peigner le cresson en full contrôle tantrique.
Asteure, ça me trousse velu !
Ca faiche, sans mythoner (mentir), il y a de quoi "prendre vapeur" (s'émouvoir), ça me troue (sidère), ça me "prend remous !"
Depuis cette mauvaise nouvelle, je suis vraiment friable !!
- Tu as compris ?
- De quoi tu taukebout ?
- Je m'esclave à te le dire et toi tu t'en peigne le cresson !

"Quand on fait de la BD, on mène une vie d'escargot."
Bretécher




A sa table à destin, Bretécher, croqueuse de personnages avachis ou agités, révèle les tics du moment, relève les travers de l'époque opaque.
Son trait graphique vif, inventif, innovant, insolent illustre parfaitement les adulescents lassants, les frustrés sentencieux, les ados torturés, les adultes butés ...
Son langage décalé, sa tournure d'esprit, son sens de la formule, ses néologismes jubilatoires ont donné de nombreux mots inventés, détournés.
Bretécher a crée un argot d'aujourd'hui, un jargon expressif. Elle a décortiqué le vocabulaire avec ses mots tordus et "tordants" !
On peut louer aussi ses raccourcis, son sens du dialogue. Elle se penche sur ce qui nous plait, elle panse nos plaies. Telle une "bobologue" du lexique, elle joue avec nos maux en créant des jeux de mots nouveaux, des néologismes facétieux.
Cette belle dame (sa moue moqueuse, son sourire ironique, son regard magnétique), à l'âme jolie, à la langue fleurie, "envoyait le pâté" !




Elle aimait écouter Terry Riley et Arvo Part, alors après avoir lu ce message allez donc retrouver votre chaine hifi et posez sur la platine le roi de la musique planante répétitive et celui de la musique minimaliste sacrée, et écoutez religieusement.
Cela crée des liens et ça fait du bien !!!
- C'est "Claire" !
"Il n'y a rien à dire d'elle que son nom, et son nom dit ce qu'elle est, ce qu'elle donne : Claire, Clairière, claire-voie, clairvoyant, éclair, éclaircie ..."
Chritian Bobin ("Le très-bas") décrivant la femme de Saint François d'Assise.


-"Quel antidépresseur manges-tu ces jours ci ?
- De la rigoloft. Une vraie daube. Zéro. Nul. Caca !
- Mais enfin, demande à ton psychiatre d'en changer.
- Impossible, les effets indésirables me font trop de bien."
"Agrippine déconfite"



Je me souviens de mes années BD, les "seventises" que j'ai dévoré comme des smartises ! Ses "gnan-gnan", ses "frustrés", te développaient le sens critique.
Sa "Cellulite" (un de ses personnages du moyen-âge) ne te faisais pas grossir mais te grandissait l'imaginaire et le vocabulaire.
J'ai aussi en mémoire un dialogue entre elle et Pivot dans son émission "Apostrophe" :
- "Pourquoi vous moquez-vous du féminisme ?
- "Parce qu'à un moment, j'en ai eu marre, les feministes sont devenues dogmatiques et ennuyeuses."
En 1972, elle crée avec ses potes de "Pilote" (Gotlib et Mandryka) "l'écho des savanes" (des "ça vanne ?").

"Ode à Claire Bretécher"

"L'eau claire de ses yeux
nous fait chanter.
Son nez fin et grâcieux,
nous fait rêver ...

Ses cheveux doux et blonds
nous éblouissent ...
Son sein joli et rond
est un poème ...

Alors pourquoi ? ... pourquoi ?
(Que Dieu nous perde)
Dessine t-elle si bien que ça ?
Elle nous emmerde !"

Gotlib

Mandrika est russe d'origine et il adore, lui aussi, inventer des mots (lire "les aventures potagères du Concombre masqué" :
"Badibulguer" : aller de ci de là, berduler, détruire, transformer ! 
"Berduler" : errer sans but (sans détruire, sans transformer).


Allez bon vent !
Salut les frustrés, les gnan-gnan !
"Bretzel liquide", "rendève" vers le 15.09 !
Yamasté !!

samedi 14 mars 2020

"Romanix"

J'ai lu "Romanesque, la folle aventure de la langue française" de Lorant Deutsch.
Avec l'enthousiasme qu'on lui connait, Deutsch nous invite à plonger dans les "zanimots" et dans les "zoos troubles" de notre langue pour y voir plus clair. Voici quelques anecdotes glanées ici ou là !
Gare aux virgules (et aux têtes de "Ne") !
Un roi peu romanesque envoie un message à un bourreau bourru :
"Pendez-pas gracié"
Le bourreau comprend :
"Pendez, pas gracié !"




BBR et DD o KFé !
- Cette histoire de bourreau bourru et de roi maladroit, c'est chair payée la diction ! dit DD l'érudit.
- Hé Dédé, pourquoi kinia deux D à addition ? demande BBR.
- C'est à cause de son origine latine : "adderer" (ajouter) qu'on met 2 D dit DD !
- C'est pour ça qu'on met deux D à addiction ?
- Oui ! en tout cas nous, on est de vrais addicts au caoua.
- Et d'où c'est qu'ça vient le mot café ?
- Le mot café vient de Turquie, caoua est l'argot arabe de café et tous les deux viennent de qahwa dont l'origine est éthiopienne (région de kaffa, berceau du caféier).
- Nous, les piliers de bar, c'est le kaffa et le calva qu'on kiffe et qu'on siffle.
Mais on ne fait pas que boire, on raconte nos déboires ou des bobards, on fait du baratin, on baragouine ...
- ... Baragouiner vient de barbaros (étranger qui bredouille la langue).
- On dit aussi que ça vient du breton : bara (pain) et gwin (vin) !
- Oui, quand le breton avait un verre dans le nez, il distribuait des pains, souvent en vain, il "bara-gwin-nez" des obscénités pâtissières du genre :
"t'as même pas de couilles niaman" (kouign amann : gâteau breton) !
- Foutaises et fariboles t'es qu'un mariole, un guignol, dit BBR Ké breton !!
- Mariole, encore un mot baladeur !
Ah ! celui-là, on peut dire qu'il aura voyagé dans le temps.
Au 14ème siècle, "Mariole" est un impertinent sobriquet de Marie.
Au 15ème, c'est une petite image de la vierge.
Au 16ème, il se confond avec l'italien "mariolo" (escroc), le mariole devient une personne peu recommandable.
Au 19ème, un jour ... :
"Napoleon passe ses troupes en revue, à l'improviste. L'officier Dominique Gay Mariole n'a pas le temps de prendre son fusil. Il prend ce qu'il a sous la main : un canon et dit "J'ai présenté les armes à l'empereur de Russie avec un fusil. Mais à mon empereur, c'est avec un canon que je les présente".

Depuis, "Faire le mariole", c'est faire le malin pour attirer l'attention sur soi.
Comme par exemple, le chat de Geluck!



Mais laissons là nos deux bavards de bar BBR le "saoul-chêne breton" et DD le "guignolais kirsh" et continuons à voyager avec les mots.

La diagonale du fou :
Le jeu d'échec vient de l'inde. A l'origine, la pièce qui se déplaçait en diagonale, c'était l'éléphant ( "fil" en arabe).
En France, "fil" est devenu "fol" puis "fou".
"Aux échecs et peut-être dans la vie, les fous sont souvent les plus proches du roi."
L Deutsch
Des tours et des détours :
Le rokh en arabe signifie le chariot, il ressemble phonétiquement au mot toc (qui en ancien français désignait la tour). Peu à peu, le mot "tour" a remplacé le mot "rokh" (le roque est un déplacement spécial du roi et d'une des deux tours dans le jeu d'échec) !

Le participe déplacé.
Le participe passé du verbe avoir s'accorde en genre et en nombre avec le "c.o.d" lorsque celui-ci est placé avant.
Cela, c'est la faute à Marot qui l'a ramené d'Italie (les ritals l'ont abandonné par la suite).
Petit rappel de principe pour ne pas rater le coche* :
"Elles ont mangé des pâtes. Les pâtes qu'elles ont mangées."

A la saint glinglin !
Tout se déglingue, des saints qui ont pour nom glinglin, ça n'existe pas !
Donc saint doit s'entendre comme du vieux français, par exemple "seing" (cloche) et la cloche fait glinglin, onomatopée burlesque née du tudesque (germanique) "klingen" (sonner) !
On se revoit à la Seing glinglin !





Sacré sucre !
Il vient de Syrie, on le nomme "canna mellis" (roseau de miel). En arabe, il devient "sukkar" puis "zucchero" en Italie, passant les alpes, il prend le nom de sucre.
Autrefois, le sucre était un médoc :
On l'utilisait en sirop contre les maladies pulmonaires ou en dragées pour faciliter la digestion.
"Aujourd'hui, c'est l'un des plus grands dangers pour notre santé !!!" écrit Deutsch.
Maintenant, les jeunes générations sont droguées au sucre.

La "meufa monpote" !
Restons avec la jeunesse, celle des cités a beaucoup utilisé le verlan et le tronqué. C'est ainsi que le mot bibliothèque a fondu au fil des années : il est devenu biblio puis bibli et ensuite bib !
Avec la flemme de bouche, ces fameux infâmes ont ridiculisé le mot femme. On l'a d'abord transformé en meufa (verlan), puis par dégoût des fins de mots en voyelle, est devenu meuf !
Le trucage et le tronquage sont des outrages d'un autre âge.
A noter que le mot femme vient de fame (moyen-âge : de bonne renommée), fameux ce remède de bonne fame !


* Coche : au 17ème siècle, le coche c'était le "métro d'eau (dans ton caoua)" de l'époque, le moyen de transport fluvial en vogue avec des horaires précis. L'embarcation n'était pas toujours sécurisante, c'était parfois toute une aventure, un événement particulier qui pouvait vous faire vivre des moments originaux donc il ne fallait pas rater le coche.
De nos jours, on sécurise tout, on surprotège, on est bien loin du "vive l'imprévu". La formule a changé, on aurait plutôt tendance à dire :
"Il ne faut pas rater le coach !!!"

P.S : Vu l'actualité (la pandémie de virus au nom de bière), je pose la question suivante :
Quel est le plus dangereux pour notre santé : l'alcool, le sucre, le coche ou le virus ?

Bonnes lectures, bonnes méditations !
Bon karma, bon kawa !
"Yamasthé" (vert) !

mercredi 6 septembre 2017

"Au bordel amer"

"La vie est un flipper, j'évite les bumpers.
Du tilt j'ai peur, comme les grands joueurs.
MC Solaar ("Protège-tibia")

Au bord de la mer !
L'autre jour, une élève de yoga nous appelle pour nous dire qu'elle va faire une pause yoga et compagnie (déplacements) à cause des dégâts du tibia et de tout ce qui s'ensuit (bloquée au lit).
Cet été, Jacqueline Conta, se promène au bord des vagues sur la plage océane dite du grand-crohot, lorsque soudain une planchiste sans scrupule et sans frein la percute et lui brise la guibolle.
Après son coup d'éclat, elle s'en va sans moufter et sans se préoccuper du sort de sa victime.
- Sympa et pas sain, dis-je, la triste planchiste, cette baba speed briseuse de corps, a choisi d'un comme un accord avec elle-même de ne pas faire de vague et de prendre la poudre d'escampette enfin, d'Espelette ...
- Comme on pourrait dire dans les Pyrénées ... rajoute l'espiègle élève.
Cela me fait penser à une anecdote du temps où j'étais prof. Je demande à un élève de me citer les deux os de la jambe et il me répond "le tibia et les Pyrénées" !
- Pas mal, pour la blague, mais le fémur n'est-il pas le troisième os de la jambe ?
- Et bien non puisque :
"La jambe populaire ne coïncide pas avec la jambe médicale. Elle prend au pied et grimpe jusqu'à la hanche, alors que la jambe garantie P.N.A* s'arrête au genou ...
Le commun des mortels appelle donc jambe ce que la médecine appelle membre inférieur.
Cette annexion populaire du genou et de la cuisse à la jambe est d'autant plus hardie que nos flûtes devraient, en bonne étymologie, se confondre avec nos tibias, qui étaient des flûtes chez les romains."




- Flûte, le populo nous joue du pipeau, qu'on le jette à l'eau dans un banc de requins planchistes !
On vient à l'océan pour se dégourdir les gambettes, et des gamins crétins, requins sagouins bouffeurs d'os nous les brisent !
Faut-il venir à la plage avec des protèges-tibias, genouillères, coudières, godasses et casque de l'armée puis prendre un rapide bain de pied en surveillant bien les planches scieuses et vicieuses ?
- Autant venir en armure ou en scaphandre !




- Why not (de musique, diriez-vous) ! maintenant que je suis devenue voyageuse immobile, routarde littéraire, je lis au lit, je voyage dans mon corps sous ma couette et c'est chouette !
Je fais mon yoga dans ma tête (je visualise bien chaque posture), alors, sans effort, mon esprit s'éclaircit et mon corps meurtri, enraidi, enlaidi devient plus fluide, souple et joli !
C'est une pause salutaire dans mon monde intérieur agité qui m'enquiquine dès lors que je gamberge trop sur l'avenir de ma gambette.
- On a beau dire, le yoga hindou est moins duraille que certains médecins :
"J'ai expliqué à mon médecin que je m'étais cassé la jambes à deux endroits différents. Il m'a interdit d'y retourner."
Henri Young

Tiens, vous qui savez presque tout, pourriez vous me dire s'il y a un rapport entre jambe et gambe ?
- Oui et c'est un rapport séquelle et musical, on a affaire à un naze-baroque "viol de gambe", comme aurait pu dire le Marin Marais !
Une partie de jambe a l'air ...
- Minable, cessez donc vos galipettes littéraires.
- Soit, toujours est-il que :
"La jambe est une de nos plus belle conquête. Nous l'avons empruntée au cheval dont le "paturon" se disait "gamba" en bas latin !"
- Et que la gambette :
"C'est la jambe en folie, qui danse ou fait l'amour en défiant les lois de la pesanteur et des bonnes mœurs.
Gambettes et guibolles servent évidemment à gambader, à gambiller, à gigoter et même à regimber ("faire des ruades")."
... Une partie de jambe a l'air défaite ... Saviez-vous que gambader consistait jadis à "sauter de joie" (pour certains gars, avec des filles de joie à la jambe légère) et que fringuer signifiait aussi "faire des parties de jambes en l'air" !
Vous voilà instruite chère élève yogini.
- Je dirais même plus, me voilà instruite de Schubert.
- (Silence), c'est un début, "peut mieux faire". Par exemple :
Mon prof est un romantique musicien, bon et généreux, l'autre jour, je l'ai entendu siffler "l'altruiste" de Schubert !!!
Mais c'est aussi un triste cuistre !
"Une danseuse qui lève la jambe sera toujours préférable à un caissier qui lève le pied."
Pierre Dac

* P.N.A : dico des docteurs.

Crédits dessins : l'épatant Glen Baxter !
Le livre indispensable pour se cultiver en rigolant, c'est le fameux "Au vrai chic anatomique" de Frédéric Pagès

Yamasté !

samedi 11 février 2017

"Tête de lit-note"


Jouer de l'âmusique et jouer avec la musique des mots d'ici et d'ailleurs, why note ?
Assouplir la langue, déguster des mots, ce yoga du son et du visage est bon pour l'hellocution et le cerveau.
Le son est une nourriture. Le bébé le sait, lui que l'on appelle "nourrisson" !
Le pain au son se conserve plusieurs semaines et il ne nous mène pas à la baguette industrielle qui ne dure qu'un jour.
Le chant du pinson est du pain béni (les oiseaux sont les messagers des dieux) pour les oreilles averties.


En relisant de vieux carnets de notes, j'ai redécouvert des mots incongrus, surprenants, épatants. Ces mots vibrants sous la langue, glanés ici ou là, vont nous faire voyager dans quelques endroits "buccaux-liques" et géographiques.
Alors en route avec ces étonnants voyageurs musiciens.
Allez en piste, mots artistes, mots "typés onomatopées" qui m'ont tapé dans l'œil et dans l'oreille.
Pratiquons l'art de la "délicaresse", voici quelques mots charmants et nonchalants qui se dégustent comme un bon vin :
"Mon mot préféré, c'est le mot 'tendre', c'est à la fois un verbe (tendre vers) et un adjectif (elle est tendre)."
Michel Serres
Commençons donc en douceur.
Les caresses et le ronron du chat sont félins pour l'autre, alors ronronnons donc !
RONRONNER :
Le prononcer, c'est recréer le son décrit par le mot.
Yoga du son : imiter le ronron en aspiration, c'est pratiquer un auto-massage de la voûte palatine. Pour retrouver le même son à l'expiration, ça se gâte.
Le son s'oriente nettement vers le ronflement. L'enchantement disparaît. On peut limiter les dégâts avec le son roucoulant produit par la langue vibrante. Mais comment faire autrement ?
Vous qui savez, écrivez moi. Pour ma part, je donne ma langue au chat !
A pas de velours, feutrés, le chat discret et secret s'en va. Un autre s'installe et se régale de mots riches en sons. drôles de mots qui s'accolent comme qui rigole !




Avec ce mot-ci, la bouche tranquille prend son pied. Cela fait chaud au cœur et ailleurs. Lorsqu'on rentre chez soi après avoir marché dans le froid russe, on est content d'enfiler sa paire de :
TAPOTCHKI : pantoufle.
Mot onomatopée, le tip-top des pieds emmitouflés glissant sur le parquet lustré.
Dans le salon "DANCE-FLOOR" ou dans la cave aménagée : "CELLAR-DOOR" (mot préféré de E.A Poe et J.R Tolkien), "GIDLY UP" (mot anglais qui donne la pêche, traduit par "Allez !"), tu te laisses aller à la danse glissante.
Moi qui parfois "TAPOT" (avancer à petit pas), je n'irais pas sur ce terrain trop glissant.
Bien calé dans une "chaise à bascule", je préfère chanter "A petit pas petit pas petibus, si t'es fatigué, t'as qu'à prendre l'autobus" !
Au lieu de faire mon "Pierre au ski", je me vois plutôt en train de manger des "PIEROCHKIS" en charmante compagnie, celle qui "EYES CANDY" (fait plaisir à voir), Miss Funny "FANCY" (personne séduisante).




Et ensuite, "BENEZE" (bénèze, patois poitevin "à l'aise", mot balaise qui calme celui qui balise), assis sur mon "ROCKING-CHAIR", "LAZY", je profiterai de la douce musique du mot "DONVOLARE" (italien : paresseux où se balancer, on en sent le balancement en le disant), ou celle d'une musique sacrée sucrée "MELLIFLUOUS" (son agréable, pour gourmand, véritable "élix'ear candy", c'est tout bon de le dire, ce "miel" pour les oreilles est une merveille, sauf si l'on est sourd comme un pot de "MELLIFLUOUS").
La nuit est tombée, le temps est passé, la saison a changée, je sors et vois un "petit hérisson" russe en posture "YOGIK". Farouche, dès qu'il me voit, il s'en va à petits pas, il "TAPOT".
Dommage "YOGIK", je serai vite devenu ton pote, toi dont le nom qui ne manque pas de piquant, te va comme une "TAPOTCHKI"  ... oups ! ... un gant.
Je m'offre un dernier "caprice", un dernier "plaisir", celui de dire le mot italien qui fait du bien.
C'est "SFIZIO", il enchante ma bouche, ma langue frétille sur les "qu'on sonne" S et F puis vibre sur le Z. C'est ce qui se nomme "VIAGGIATORE per sfizio" ! C'est à dire : voyager pour le plaisir !



Voilà, on termine avec cette photo du fameux duo de frérots rigolos et helvètes Plonk et Replonk.
Crédit dessin : un autre fameux, le belge Geluck !
De quoi réjouir le chaton lecteur, amateur du Chat de Geluck, des Plonk et des "Pierogis" exquis !
Allora, Ciao !!!

vendredi 8 janvier 2016

"Salut, tristesse !"



"Prenez garde à la tristesse, c'est un vice."
Flaubert

Après les rayons de joie du soleil de la semaine dernière, voici les gouttes de tristesse de la pluie d'aujourd'hui.
Les "étranges lucarnes" nous donnent à voir des docus "Charlie" plus émouvants les uns que les autres, réactions lacrymales, il me faut des éponges pour sécher mes larmes. Mais voilà que passe un dessin de l'un de ces génies "amis pour la vie" et le rire salutaire fait taire ma tristesse.
Je pense aux traits, aux crayonnés de Cabu, Wolin, Tignous, Honoré, Charb et je sens qu'ils gomment mon malaise.
C'était une bande de gamins (conscients de l'être) aux mains d'or assassinée par des crétins aux mains d'ordures.
Ces "anartistes" anti-barbares, ces esthètes rigolards anti-connards de "Charlie" viennent quand ils veulent dans ma tête !
C'est parfois ma fête, Cavanna me soutient contre les attaques de cette "salope de Miss Parkinson" et m'engueule dès que je fais trop de jeux de mots. Il me cite la formule incomplète de Victor Hugo :
- "Le calembour est la fiente de l'esprit ..."
Que je complète :
- ... qui vole"
- Ah ouais, tiens t'as raison. Passons !




... A autre chose ... de triste :
Jean-Marie Pelt, le botaniste écolo et rigolo vient de mourir.
Il savait raconter l'aventure des plantes comme personne.
Le "moine aux simples" était un drôle d'oiseau. Ce "médicament humain" était un être éclairé, éclairant, lumineux, visionnaire. Il avait de la sève dans les yeux.
Voici quelques brèves entendues sur France-Inter ("Co2, mon amour") :
"Nous vivons dans un monde "Aspro effervescent" qui se délite gentiment."
"Même les réassureurs des assurances sont inquiets, c'est tout dire."
"La décroissance écologique va avec la croissance économique."
Pelt
Le temps file à grande allure et nous appuyons sur l'accélérateur ("l'excéslérateur" devrais je dire). Au lieu de devenir des camés de la vitesse, il vaudrait mieux se calmer en vitesse et prendre le temps de ne pas aller trop vite, apprendre le tempo de la nature (et de sa nature) est vital !




Soyons auteurs de nos vies, prenons de la hauteur puis regardons de là-haut l'eau de Lafontaine couler et le temps s'écouler :
"Sur les ailes du temps, la tristesse s'envole."
Ailé aller haut, au delà mais pas trop, puis heureux, descendre au raz des pâquerettes, s'asseoir par terre et écouter d'où notre peine vient. Pour la lucidité, choisir sciemment Cioran :
"La tristesse : un appétit qu'aucun malheur ne rassasie."
"Réfutation du suicide : n'est-il pas inélégant d'abandonner un monde qui s'est mis si volontiers au service de notre tristesse ?"
ou bien Woody Allen :
"La vie est une suite de problèmes mais le pire, c'est qu'elle s'arrête."
Etymot logique :
Haleine vient du vieux français "Alener" qui signifie respirer (quant à Allen, il vient de New-York).
Faut-il courir à sa perte ou courir à perdre Allen ?
Faut-il courir la galipote (être ensorcelé) ou courir le guilledou (la galipette) ?
Faut-il écrire des billets doux pour courir la galipote et le guilledou ?
Le nec plus ultra pour l'hystérique obsédé ne serait-il pas de faire d'expertes galipettes avec une galipote pute ?

Expression : "Courir à perdre haleine".
C'est courir très vite jusqu'à en perdre le souffle. C'est courir à toutes jambes, ventre à terre, à fond de train.

"Rire à perdre haleine".
C'est s'éclater de rire.
C'est être écroulé de rire, astap (per le cul par terre).
C'est rire à gorge déployée, à ventre déboutonné, à s'en décrocher la mâchoire.
C'est rire aux anges, comme un fou, comme un dératé, comme un bossu, comme une baleine ... à bosse !
- Arrête cétacé, c'est trop, j'en ai mal au ventre et aux zygomatiques, je suis tordu de rire, je ris aux larmes ...
- Bien, je vais en profiter pour revenir au thème.
Khalil Gibran associe lui aussi vanne et larme :
"Votre joie est votre tristesse démasquée, et votre rire fuse du même puits que vos larmes remplissent."
- "Hesse" ainsi que les hommes vivent ?
"Je connais bien le sentiment de tristesse qu'inspire la précarité de toute chose, je l'éprouve à chaque fois qu'une fleur se fane. Mais il s'agit là d'une tristesse sans désespoir."
Hermann Hesse

Crédits dessin : Couverture du dernier Charlie-hebdo signée Riss.
Photo : Denis Cheissoux (France-inter) chez Jean-marie Pelt.

Ciao !


vendredi 11 octobre 2013

"Les fils du vent"




"Té avès bartolo"*
Vu au cinéma "Le Rex" d'Andernos, ce bon documentaire de Bruno Le Jean, sur la vie agitée de gitans guitaristes, bluesmen de "Gitanie", dont la musique tient tête à toutes les misères qu'on leur fait subir sur cette terre. On va vivre, le temps du film, au tempo de "Ninine"Garcia (petit par la taille mais grand par le talent), "Tchavolo" Schmitt (l'ancien, le poète), Angelo Debarre (l'intello), et "Romano" (le costaud au coeur d'artichaut). Sur la photo, ils sont réunis (de gauche à droite) :


Biberonnéné au son de la guitare manouche, mioche grandi en plein air, dans une espèce de jungle gitane qui jongle "Django jingle", comment fait le jeune pour apprendre la musique dans laquelle il baigne ?
Et bien, c'est simple, il la prend, il la chope. Il s'en empare puis il s'en pare tel un trophée ("vous voyez ces accords là, j'ai été les chercher avec mes oreilles et mes doigts"). Les pères ne pourront pas dire qu'ils en ont "trop fait", en ce qui concerne l'éducation musicale de leur "marre-mots" qui préfèrent parler avec des notes. En fait, les pères ne leur apprennent rien verbalement, testant ainsi leur emballement, leur motivation. Ils font la fête à la musique, et les marmots se débrouillent, se décarcassent tout seul, pour tout piger intuitivement, au "feeling".
C'est un peu comme pour les musiques traditionnelles du Monde, l'apprentissage est oral, il n'y a pas de partition. On apprend par imprégnation. Cela me rappelle les cours que j'ai suivi avec un maître de musique iranienne : Hassan Tabar. Il n'était pas bavard, c'est le moins qu'on puisse dire. Pendant une heure, c'est à peine si j'entendais le son de sa voix. Par contre, du coup, je profitais à fond du son du santür (version iranienne du cithare, voisin du cymbalum roumain). Il montrait, je répétais et répétais jusqu'au moment où il n'y avait plus besoin. Puis, il me faisait découvrir une nouvelle phrase mélodique et je refaisait le perroquet jusqu'à ... ce que tout soit en place. Et là, c'était le nirvana, la grâce ! Dans le documentaire, l'anecdote sur l'étude, c'est Ninine qui s'y colle :
"On imitait les parents, moi je prenais la position de l'accord avec mes doigts et je courrais jusqu'à ma guitare pour les placer aux bons endroits sur le manche. Je les reproduisais et les corrigeais à l'oreille."
Pour ces artistes, éduquer un enfant, c'est lui mettre une guitare dans les mains pour qu'elle lui apprenne à vivre au milieu des autres. Face aux accords faussés et dissonants de la vie, ils recherchent l'harmonie. Leurs guitares sonnent plus justes que les mots. Leur guitare, ces amoureux en parlent si bien :

"Elle me nourrira quand je serai bien plus vieux. Ma guitare, c'est ma canne de vieillesse !" Tchavolo
Ou alors, version Romano :

"Ma guitare, c'est ma deuxième femme !"

Crédit dessin : L'excellent Cabu, qui a tout compris et qui dit l'essentiel avec un simple dessin.

M'enfin, tout ça c'est à cause de Django :

"S'il n'y avait pas eu Django, il n'y aurait pas autant de guitaristes." Angelo Debarre
Django, l'insaisissable : Après l'incendie de sa roulotte :

"Les docteurs lui avaient dit qu'il ne pourrait plus jamais jouer de la guitare. Alors Django a réinventé sa main. Plus tu le regardes, moins tu comprends comment il pouvait jouer. Il jouait avec deux, trois doigts et c'est comme si il avait trois mains." Tchavolo
Django, lui-même, était surpris et étonné de son jeu et de sa musique. Lorsqu'on lui faisait écouter un de ses enregistrements, On pouvait l'entendre dire :
- Oh ! Ma mère, mon dieu, qui est-ce qui joue ça ?
- C'est vous bien sûr !
- Oh ! Non, c'est pas vrai, c'est pas possible !


Ce n'est pas évident de trouver des vidéos de Django en concert. On l'a très peu filmé, et c'est navrant ! Pas étonnant de le sentir surpris quand il s'écoute. Il se serait vu en train de jouer comme un dieu, il aurait sûrement été moins dubitatif. Dans ce document, il partage la vedette avec de grandes pointures du jazz. Idem, dans cet épatant film d'animation de Sylvain Chomet : "Les triplettes de Belleville", et son "câlin d'œil" moqueur.



*"Té avès bartolo" : Bonjour ! Ou plus précisément : "Que tu viennes chanceux (ou heureux)".
A savoir : Le terme "Tsigane" rassemble les Roms, les Manouches et les Gitans. Le mot "Tsigane", se dit aussi "Égyptien", qui vient du grec "Sigyptès". Ce dernier a donné Gitans, Gypsy (anglais) et Gitano (espagnol).

Voilà, tous les chemins mènent au Roms. N'en déplaise à certains, à qui je dis la "Pensée du Jour" :
"Chèl Roma, chèl droma" (cent Roms, cent routes).
Je fais remarquer au pas sages, que ceux qui veulent vivre sans Roms, vivent peut-être déjà sans route (faisant, tel le hamster, du surplace).
Voici le mot de la fin, des gadjos* rigolos (gagdjos aux canes*Django) aux niglos* Django joueurs de "canne de vieillesse" :
"Ja devlèssa, latcho drom" (Au revoir, bonne route).

*Canes : oreilles.
Niglo : Hérisson (symbole tzigane).
Gadjo : celui qui n'est pas gitan.



vendredi 26 juillet 2013

"Duke Uke et Coq en stock."


                                                                                                                                                  "Passons du coq à l'âne qui a des poux, puis de la puce au Uke."


"Un Pou, une Puce,
assis sur un canapé,
jouaient aux cartes,
la Puce perdait..."

Non, je n'ai perdu ni la raison, ni le fil de cette série de messages consacrés à ce trop discret Ukulélé.
- Eh! "Pierrot Lunaire", victime de ton imaginaire débridé, tu deviens "Pierrot le Fou, Fiérot le Pou".
- Jolie contrepètrie !
Il y a longtemps, le Pou se disait Poul (d'où le mot pouilleux).  Poul, c'était aussi l'ancien nom du Coq, le mâle de la poule et le père du poulet. Ainsi, "Fier comme un pou" égale "Fier comme un coq". En fait, on devrait plutôt dire : comme un poulet, où comme un coquelet laid, fringuant et arrogant. Élégant et galant, non! Il faut aussi savoir que Coq vient de "Gal" (du latin Gallus), et "Gallus" signifie "Gaulois". Par la grâce d'un jeu de mot latin, l'emblème français, sans affinité particulière avec le "gallinacé", est un coq ! On ne dira jamais assez  la force du calembour. Si ça se trouve, c'est grâce à cette farce que la chanteuse France Gall a eu un tel succès avec sa chanson à sous-entendu salace (classe, classieux ! rajouterait Gainbourg) :"Annie aime les sucettes ...Et pour quelques penny". On ne dira jamais assez la farce du Gainsbourg ! Un psychanaliste lacanien laconique dirait tout de go(lois) :
- Quelle drôle d'idée de choisir ce pseudo "France Gall", où plutôt "France Coq" quand on sait que le mot anglais "Cock' signifie "Penny", euh ! non, je veux dire "Pénis"(en argot).
Vous me dites que le raisonnement est capilotracté (tiré par les cheveux), et je vous rétorquerai que c'est là où nichent les poux. Et je sens que vous en êtes fort marri !

"La Puce en colère
attrapa le pou,
le jeta par terre,
lui tordit le cou ..."

Au cercle des poètes disparus, on les entend de loin dis-cutter. Les avis sont tranchés et on se coupe la parole :
- Dis donc, le Pierrot élégant, tu pourrais arrêter de faire le fier wikipédant.
- Ah ! Vous faites moins les malins. Un si bel exposé, ça vous en bouche un coin, ça vous rabat le coquet !
- Le mot est joli, mais il est faux. Il faut dire : coquelet.
- Ah! Mais non, vous n'y entendez rien. Le mot juste, c'est : coquelicot.
- N'importe quoi coquins, dites plutôt : quinquet.
- Voyons voyous, soyez corrects, dit une correctrice, je rappelle que le quinquet, c'est l'oeil. Vous sautez du "coquelécot à l'âne-alphabète". Si vous désirez paraître intelligents, dites-donc : "Rabattre le caquet".
- Oh! là, la coquette, le caquet qu'est-ce que c"est ?
-  Au quinzième siècle, le caquet désignait une discution dérangeante. Mais, en fait, le caquet c'est le gloussement de la poule quand elle va pondre. Rabattre le caquet,  c'est faire cesser le bavardage intempestif. C'est remettre quelqu'un a sa place et le faire taire. Maintenant, "Allumez vos Quinquets" (regardez attentivement), visualisez la fin du dix-huitième siècle, Mr Quinquet est le seul à vendre la lampe à huile qu'on vient de finaliser et de sécuriser (avant, c'était la lampe "Bienvenue les incendies"). Plus tard, l'oeil ("la lumière de l'âme"), devient en argot (non pas en ergot, clin d'oeil à la poule) le Quinquet. Et si vous ne voyez pas ce je veux dire, portez donc de "faux quinquets" ( les lunettes). Ailleurs, on dit cela autrement. Plus au nord (en Hollande), on parle de "Regarder comme un chat perché dans un arbre" et plus au sud (Catalogne espagnole), on dit "Manger des yeux".


                                                                   


 Quand à moi, j'imagine Luis Bunuel tel un louphoque prenant son dîner à l'oeil dans un resto chic en charmante compagnie de Marylou. Elle lui tiendrait bien allumés les Quinquets en jouant du Ukulélé en tenue de vahinéné. Les yeux de Bunuel feraient leur Yoyogaga, quand à lui(s), il finirait sa soirée rond comme une pelle non roulée à la belle et les yeux avertis tels Tex Avery, exhorbitétés. Chez lui, là, dans le confort du lit, ils joueraient ensemble et à la fois, de la "Bête à deux dos" et du Ukulélé. Le lent-demain, la tête dans le choux-de-boxe, ils se retaperaient en répétant ce virelangue :

 "Lucky L'Uke, Ukulili look, Uke Aîdi Aîda, sings : UkeDuke, song of Uke Ellington into Uke-box."

Ainsi, ils continueront à jouer avec les langues. Et c'est comme ça que les langues se délieront et que les puces à l'oreille retrouveront leur sens originel. Et c'est pour ça qu'on a pu entendre certaines langues dire que Marylou  sans luis, parfois, chatouille sa gratte.
- Oh !.... Jolie contrepètrie, dixit mon ami Jean-mimi.
Elle ne joue ni du Ukulélé, ni de la "gratte" (argot de musico : guitare), mais du sexe à pile. "Hot-tension", personnes sensibles (genre Frigide Barjot ou kinapavuleloup), fermez bien vos quinquets, vos oreilles et jouez "Annie aime ses socquettes" (version Chant Grégorien) au Ukulélé en tenue d'rêve sous une robe de "bure-ka".



                                                                    Tex Avery : "Le loup et le chaperon rouge".


"Ah ! Madame la Puce,
qu'avez-vous fait là ?
j'ai commis un crime,
un assassinat ... Pom, pom, pom, pom !"
("Un Pou, une Puce" : chanson traditionnelle incontournable en Eveil Musical ou en Conterie Musicale.)
                                                       

vendredi 15 mars 2013

Lexique chic musique


Merci à l'Education Nationale pour sa fiche pédagogique. Cliquer pour agrandir.                                                                    
               
7 o "Baryton" concert et qu'on boit du lexique comme du p'tit lait.

Chose promise... (suite de l'article précédent), je vous dois quelques explications de mots. Voici de quoi briller en société, en attendant le gigot* d'agneau :

  • "Quart de ton" : petit intervalle typique de la musique arabe.
  • "Taqsim" : improvisation sur un Maquam.
  • "Maquam" : vous l'aviez peut-être deviné, c'est une gamme.
  • "Guitoune" (Qitun): Tente de toile.
  • "Châabi" : genre musical algérien (ou marocain mais cela désigne un autre type de musique) né à Alger, dans la légendaire "Casbah", au début du vingtième siècle. Musique populaire venant de la musique arabo-andalouse.
  • "Ramdam" (Ramadân) : bruit de fête pendant le Ramadan.
                                                                           
D'après une légende (relatée par André Chouraqui), le mot "Musique" viendrait de Moïse, qui en frappant un rocher de son bâton, fait jaillir douze jets d'eau. La voix céleste dit :
- Ya moussa esqui !
Traduction : non pas "y'a d'la mousse, c'est exquis!", mais "Ô Moîse, donne à boire!"
 Ce qui par contraction donnera "Moussiqui", puis "Moussaka" (non, je rigole), plutôt "Moussiquiya" : Musique !
Ce sont les douze jets d'eau qui auraient inspiré les douze maquams ("c'est maquam !" dit le drogué de musique mélomaniaque) de la musique arabe. De là, la "Nouba", suite interprétée à tour de rôle, sans tambour ni trompette, sans Ramdam, mais jamais sans Oud et Derbouka (tambour à peau de poisson poli-son ou d'agneau gigotant*).
Faire la nouba, faire le zouave, faire le fanfaron, c'est aussi faire du ramdam, du ventre dansant, même sur internet, pour ne pas dire faire du buzz, on parle de ramdam. Et peut-être qu'un jour prochain, on dira : faire du barouf de ouf! Et si l'expression était reprise aujourd'hui même, je pourrais faire le fanfaron et je fêterais ça en faisant un baroud de oud !
Que l'on se joigne (ou se soigne) à la fanfare ou à la sarabande, on aura des accointances avec la langue arabe. Cela sans le savoir, à l'insu de notre plein grès, un peu comme Monsieur Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir. Il existe plus de mots français d'origine arabe que de mots français d'origine gauloise.
Voilà! C'est ma façon de tirer la langue aux bonimenteurs qui parlent de pureté. Vive le melting-pot et les meeting-poète! Et merci à l'expo Dazibao pour les infos sur le vocabulaire.

                                                                                
Nasreddin, le sage fou, est un vieil ami (a vécu au treizième siècle) que j'ai contribué à faire connaître, en tant que conteur. Voici une de ses histoires :

"Mulla Nasreddin pense qu'il lui serait profitable d'apprendre quelque chose de nouveau. Il va trouver un maître de musique.
- Combien prends-tu pour enseigner le oud (luth)!
- Trois pièces d'argent le premier mois, ensuite une seule par mois.
- Parfait! dit Nasreddin, je commencerai le deuxième mois."

Voilà, il n'y a que le premier pas qui coûte.

"Ya Rayah"(Le voyageur) par Dahmane El Harrachi.
                                                                            
Et voici la version de Rachid Taha :

                                                                           
Deux versions également aimables (à lire à la façon Philippe Meyer), mais Mostafa Harfi et moi-même, nous accordons une légère préférence à l'original (Dahmane El Harrachi). Par contre, du côté vidéo, y'a pas photo, le pauvre El Harrachi est mal servi! Et vous, quel est votre "ravi"?