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vendredi 13 février 2015

"Robert le kiné" n°3


"La musique est l'arme du futur."
Fela

Solid'hilarité kiné.
Une bande de kinés costauds et caustiques, du genre qui n'y vont pas de main morte (avec comme slogan : "Mieux vaut se prêter main forte que de prêter à confusion"), s'est réunie pour la défense de son avenir, avec le désir de profiter de l'élan de mains qui chantent.
Pour leur manif, les kinés se sont massés devant les grilles de la préfecture.
Pour montrer leur solide hilarité, ils ont chanté tous en coeur :
"Touch'ensemble, touch'ensemble" et "Un pour touche, touche pour un".
Dans cette manif festive, on a aussi entendu :
- "Trop de misère-papier pour notre métier, kiné plus ce qu'il était".
Le coeur sur la main, certains déçus ont affirmé haut et fort :
- "De nos jours, être kiné ce n'est pas une kinécure !"

Mon kiné-musicothérapeute m'enchante !
- Vous chantez, c'est que vous avez le moral, remarque une patiente.
- Détrompez-vous quand je chante, c'est que ça ne va pas, rétorque Robert mon kiné.
Les jours de pluie, ou de gris dans sa tête, Robert nous fait entendre le "Requiem" de Mozart. Pour ma part, je suis aux anges. Le "Requiem" j'aime ! Par contre, il y a ceux que ça dérange ("C'est l'heure de la messe ou quoi ?").
Quand Robert souffre de mélancolie, ça va, le fond musical reste joli.
Mais lorsqu'il est aigri, alors là, on a le droit au médiocre de la musique country. Pour un kiné esthète qui d'habitude apprécie ce qui sonne (je lui conseillerai bien d'écouter Gram Parsons, le toujours jeune Neil Young, la plantureuse Dolly Parton, la talentueuse et si lisse Emmylou Harris).



- Mon bon monsieur, il fût un temps où Robert le trouvère, nous passait fréquemment le "Carmina Burana" de Carl Orff !
- Et bien, voilà un kinési... qui n'hésite pas, carrément du Carl Orff, c'est à dire du médicament sonore. C'est excellent pour la santé!
- Pour sûr, j'vous raconte pas l'ambiance dans son cabinet d'kiné, pas besoin de L.dopa ou d'E.P.O pour vous faire pédaler à fond la caisse. Entre ça et "Le Sacre du printemps" de Stravinsky, vous aviez de quoi retrouver le tonus !



Et en bonus, du Verdi pour le moral, ça rendait les hommes motivés et la "Donna e mobile" !
- N'était-ce pas trop stimulant ?
- Non, parce que D.J Robert sait y faire, il joue de la platine comme il se joue de la routine. Après le passage de morceaux "pas sages", venait le temps des morceaux lents, c'est tout l'art du mixage. Il y avait une mixité de mix' excité et mix'cool.
- Et pour le moment de détente, vous aviez le droit à quoi ?
- Au nirvana ! Nous avions de quoi décoller du sol sans faire de bond sur le trampoline.
- Dites-moi donc le nom de ces "médi-calmants".
- D'abord, comme transition, du Miles Davis qui dévisse les plus vissé-polissés, les plus raides de corps et d'esprit, celui de son chef-d'oeuvre "Kind of blue" !
- Mais c'est du blues, bye baille la joie, on est bien loin de l'opéra de Verdi ou de Rossini.
- So What ! Sa "trompette la forme" lui sourit, alors Miles smiles aussi !




Ensuite, c'est Satie qui était responsable de la détente de nos nerfs. Avec lui, et son tempo lent, ça ne traînait pas, une série de "Gymnopédie" et hop ! au lit.
- Et bonjour la mélancolie des jours gris.
- D'abord il faut réhabiliter la mélancolie, ce n'est pas mauvais en soi. C'est la trop forte dose qui rend morose. Et puis après le temps gris, ce n'est pas fini, voici le retour du soleil qui éblouit : Pavarotti barbu, mais pas barbant, chante. Alors "Le Barbier de Séville" sévit et l'estropié de la vie, le "voit tout en gris" verdit (et reprend deux fois du "Tournedo-Rossini").
A l'époque, Miss Funny, telle "une plume au vent" venait me chercher aux accords de l'heureux Rossini. Pour moi, c'est le moment où la séance de kinémusicothérapie se termine, je me sens "bonne mine" et lance avec une voix regaillardie :
- "Salut Robert, bonne semaine et amuse toi bien !"
Cela fait rire Robert.
A l'époque (en 2010), l'indicatif du "Carrefour de Lodéon" finissait le travail, on rentrait chez nous en compagnie de "L'ouverture de William Tell" et la vie était "bell" et sonnait juste.

Bon on a tous kèke chose qui cloche :
- Ces douleurs là, c'est pas normal, d'où ça vient ? demande une patiente.
Le kiné reste muet.
- Ça doit être la vieillerie !, dit la dame qui voit la vie en arthrose.

Gare aux kinés solidaires revenant de manif, ils ne sentent plus leur force :




Brève de Médecin n° 5 :
"- Docteur, je n'en peux plus, je dors mal. Levée avec les poules, dehors quand y fait moins quatre et pourtant j'étouffe, je suffoque. Je crois que je fais de "l'apnée du soleil". Mais je comprend rien à tout ça, puisque ça me prend la nuit, quand le soleil n'y est pas.
- Est-ce que vous connaissez ce truc de yogis pour s'endormir facilement ? Ils appellent ça, je crois, la "Salutation au sommeil".
- Non, mais vous voyez tous ces boutons qui me défigurent, ça doit être de l'allergie au sommeil ... Euh ! non, au soleil.
- C'est sûrement un coup de votre soleil de nuit.
- Vous voulez dire de mon soleil d'ennui.
- Bon, je vois, ce n'est pas grave, je vais vous faire une ordonuance    
Contre l'ennui qui vous nuit, prenez par l'oreille trois "Gymnopédies" de Satie.
Si c'est le sommeil qui fait des siennes, avalez par l'autre oreille trois "Gnossiennes" du même docteur sonore !
En fait, vous rajeunissez pendant votre sommeil !
Bref, vous faites de "l'acnée du sommeil".
- Ça doit être la jeunerie !
Puisque mon mari me dit souvent que jeunerie pas au bon moment, mais toujours en décalé par rapport au gag !!!
- Mais c'est bien parfois d'être décalé. On entre en pays d'absurdie et comme dirait Desproges et Verdi réunis :
"Il n'est jamais trop tard pour Rigoletto."
Bon, il se fait tard, les rigolos, je vous dit :
A bientôt !

Crédit Dessin :
Jean Solé croque Dolly Parton, Geluck pas géné mais généreux, Serre en kiné musclé face à la vieillerie.

Je dis merci à Aldo Ciccolini pour tous les bons moments Piano Satie passés en sa compagnie. Il vient de passer l'arme à gauche !
Stéréophonie : Cet article commence par l'arme adroite célébrée par un gauchiste et finit par l'arme à gauche passée par un pianiste adroit. Il est rédigé par un yogi centré (ou à-peu-près, en tout cas pas "sang triste").

vendredi 28 février 2014

"Robert le Kiné 2 ...*"


Vu et entendu chez le kiné :
- Mais Robert, comment fait-on pour maigrir ? demande une dame enrobée dénudée.
- Moi, j'ai un truc ...
- Et c'est quoi ? Que j'essaie, moi !
- Oh ! Ben, c'est simple. Il suffit de vivre d'amour et d'eau fraîche !



Pendant que j'entends ça, je pédale sur le vélo immobile en pensant dans mon phare intérieur : moi qui suis maigre comme un clou de girofle, son truc qui fait "crac, boum, hue !", ça doit être le mien et de plus en plus. Chez moi, ça doit être une valeur en os. Me gausser, rire, fastoche ! Mais grossir, m'engraisser, c'est pas une mince affaire. Je ne sais comment faire. J'ai un moral costaud mais ça ne m'empêche pas d'avoir des périodes ou je m'aigris. Alors après, je me met au régime "religieuses chocolatées", mais je ne peux jamais dire que "je n'arrive plus à rentrer dans mes affaires !"



Quand je ne suis pas sur le vélo statique, je me muscle les bras avec l'instrument de torture étudié pour ça. Je m'ennuie mais heureusement, il y a le "Kiné-club" : On croit qu'on va chez le kiné, alors qu'en fait on va au kinéma. Une femme fait mollement du vélo en suivant un film sur son epad. Une fois le film fini, elle s'adresse à une dame assise sur le fauteuil "quadriceps" qui vous fait des cuisses de footballeur :
- Moi, j'hallucine ! J'fais du vélo-ciné. Je regarde des films tristes.
- Des "vélodrames" en quelque sorte.
- Oui, des comme vous dites, dit la cycliste hallucinée en baissant le ton.
- Quoi ... des comédies ? Moi je viens pour boukiné. Je lève ma jambe pour soulever un poids à chaque fin de page.
- Vous êtes à la page.
- A la plage aussi, l'autre jour, suis restée une demi heure posée sur un gros ballon de fitness à consulter mon ordi.
- Ben vous voyez moi, j'suis mince comme une petite ablette numérique que j'emporte toujours avec moi.
- Pour regarder des films tristes un peu partout. Ah ! Vous êtes un sacré numéro numérique. Voyez-vous, je ne suis peut-être pas mince et triste mais je suis ronde et joviale.
        
                                                          Devinette-test : Que voit-on
                                                          sur la photo ?

Bien, y'a d'l'eau dans le jazz ! Quittons en catimini l'engin casse-bras et les "Cathie Minie" (Cathie Mahousse et Minie Mouse) aux mimisérables performances musculaires. Après tant d'efforts, ces bavardes perchées, ont l'air décaties. Bon voilà, je me suis remis en selle et je pédale de plus belle un bon moment. Je ne vois (comme on dit en Suisse) pas le temps passer. Content, je me dépense sans compter. Mais, un peu plus tard, coup de pompe, Miss Parkinson triomphe. Voilà chose faite, semble-t'elle me dire. Moi qui me prenait pour une pointure, c'est un coup dur. Comme quoi il n'y a pas de chose sûre. Et à ce moment là, Robert passe :
- Ça va ?
- Ça va, ça vient ! Il y a des jours où l'on a la socquette légère et d'autres où l'on se traîne de gros godillots. Même que des fois, cela se passe le même jour.
Il y a aussi des fois où l'on pédale si longtemps devant une cabine qui laisse entrevoir une créature de rêve (d'une beauté à réveiller les morts), que l'ivresse dopaminique conjuguée à la muse chics (en "dessous") vous fait boire double. On voit deux "roberts", bien ronds !





Les Médecines traditionnelles ont raison de dire que le poison, c'est le mauvais dosage et que ce qui est important, c'est de connaître son terrain. Après, à nous de l'enrichir ou pas, à nous d'oser doser juste. Se coltiner soi-même, "moi-sonner" d'abord pour ensuite récolter les fruits de la note juste bien en accord avec nous-même. Construisons nos diapasons apaisants et guérisseurs.
La pratique du vélo d'appartement me fait le plus grand bien. Dessus, je reprend le "par-dessus" sur Miss P qui du coup, se prend une ... "veste", même si je peux parfois être déçu (voir  l'épisode "ci-déçu"). Avec lui, j'aime partir à la recherche de la dopamine manquante. J'aime à dire que puisque je suis là, autant en profiter, juste faire gaffe aux excès. Voilà pourquoi je bûche, je fais feu de tout bois, je fais jeu de toute joie. Même l'engin impectoraux m'intéresse. J'ai l'impression de me transformer en instrument à vent, j'aime sentir mon tronc-bonne à cou lisse qui tronc-sonne. J'appré-scie aussi le subtil, je porte aux nues les nuances. J'aime le son du cor au fond du hautbois. Pour terminer un dernier dessin de l'artiste Claude Serre (à quelque chose). Vive le vélo fonctionnel !!!




* A vous de choisir la fin du titre, par exemple : "Robert le kiné ...
2 mon coeur, 2 mes fesses, 2 médecins ..." Rayez l'émotion inutile ou inventez d'autres fins, puis envoyez tout çà dans un commentaire ou en courriel :
meynier.yann@gmail.com
Au plaisir de vous lire, caresses et bises à l'oeil !
A bientôt !




vendredi 2 août 2013

Robert le kiné


Perle ra-massée chez mon kiné :
Une femme pressée débarque et demande tout de go :
- Vous faites les enfants ?
- Seulement si la dame est jolie, répond Robert avec son air malicieux qui lui va comme un élégant.

Il y a un peu plus de trois ans, je suis arrivé chez lui dans un tel état de disgrâce (Miss Parkinson était aux commandes, elle me mangeait férocement et ça se voyait : j'étais amaigri et amoindri) que j'ai failli m'étaler comme du beurre sur son bureau. Après, on a discuté le bout de gras, il m'a pris en main et là, je me suis senti bien. J'étais à jeter, terne, pâlichon, édulcoré. Ses mains heureuses et sa présence chaleureuse m'ont redonné de l'éclat et des couleurs. Je ressortais de chez lui lessivé mais plus vivant, avec plus d'amour-propre. Ce qui ma foi (en moi) est fort agréable, surtout que l'on sait très bien que "L'Amour-propre ne le reste jamais bien longtemps"(comme le chante si bien Jean-Claude Vannier).
J'étais aux oubliettes, plus "juste", un déséquilibré. A nous deux, on m'a sorti de ma prison poison et repris de justesse :
- Tu continue toujours le Yoga ?
- Oui !
- Alors avec le Yoga et la Kiné, tu va t'en sortir !, me dit Robert.


                                                                      



Grâce au dessin de Claude Serre, tout s'éclaire ! Je pige le pourquoi de la question concernant la pratique du Yoga.

Et la séance de kiné pour qu'un "Parkinson" danse le Madison, ça ressemble à quoi ?
Par exemple, prenons le jeu de jambes. Le mien laisse à désirer, à cette époque j'ai le moral dans les chaussettes et deux pieds gauches. Ma volonté fait sa mijorette, alors mon kiné me fait faire la majorette. Les quatre membres récalcitrons voient jaune, ils travaillent de concert pour se plier aux demandes du maestro. Est-ce trop ? me dit-je, si ça continue je vais me casser d'ici ... en mille morceaux. Mais je sens que c'est bon : je tiens le coup et maintenant l'équilibre (assis sur un gros ballon de gym, il me pousse-tire, me bouscule, me contorsionne, bref cherche à me désarçonner et à me déstabiliser, mais je reste stable et résiste). Après la majorette, le ballon tempête, voici l'alouette et finalement je trouve tout ça chouette !
Mais quand je parle d'alouette, en fait je fais référence à la chanson. Non pas celle-ci*, moi qui suis petit poids plus que plume, j'aurai plutôt besoin de me remplumer. Donc tu m'as compris, ami lesteur (oh ! le beau lapsus que voilà), celle que j'évoque, c'est l'alouette "branchée", bondissante, sautillante, primesautière. Un mini trampoline suffit et tu te transformes en Zébulon dans son "manège déjanté". A partir de là, si tu n'fais pas des bonds jusqu'au  plafond, c'est le "manège en chantilly", tournicoti !, la régalade et la rigolade garanties. Par contre, faut pas abuser, faire le con, tournicoton !, sinon c'est la dégringolade, gare au tournicolis (deux en un : le tournis et le torticolis), voir même au torticolini (casse-cou qui s'étale comme une pâte, matou-vu qui s'la pète et qui de trop d'épâte s'éclate le visage sur le carrelage).
Pendant qu'on y est, on peut aussi rajouter le pas de cotête (c'est faire un pas de coté dans sa tête : arrêter de se prendre la tête et plutôt prendre du recul et constater que "ça marche"). Bien sûr, éviter l'heureux pas de côtelettes, on risque de se viander. Ensuite, enchaînez donc sur de véritables pas de côté (marche du crabe); évitez de penser au mot, de ruminer, sinon c'est la mâche du scrabble. Pour en finir avec la danse des pas, une "derrière" épreuve : la marche arrière en faisant "tut tut tut" (voix aiguë comme le camion de chantier qui recule).
Ah! Mais que m'arrive t-il ? Je suis en train de régresser (alors que certains viennent chez Robert pour "regraisser" : retrouver des articulations plus souples, mieux huilées), je redeviens enfant :
- Dites, Mr Robert, cela "fait tôt" tout de même que de commencer les séances à l'âge de dix ans !!!
Mais, ne voyez pas de mâle à mon propos, faites vous les enfants ?
- Seulement si son âme est jolie !, répond le beau "Bobby" avec un air ravi qui lui va comme un air d'opéra de Verdi.

Et pour terminer une brève de kiné trouvée sur l'honnête :

"Une jeune patiente, torticolis.
- Ça va mieux ?
- Quand je suis chaude, j'arrive mieux à bouger mon cul.... euh, mon cou, pardon !"

Les deux (im-)patientes des brèves de kiné sont-elles des "Divas divines" ? On ne sait pas, écoutons donc Jean-Claude Vannier :




*Non pas : "Alouette, gentille alouette, alouette, je te plumerai. Je te plumerai la tête ..."
Mais plutôt : "L'alouette est sur la branche. Fais un petit saut, l'alouette, l'alouette ..."
Mieux vaut un petit saut qu'un grand sot. Sur ce, je me "saut-voeux", à tire-d'aile et je vous "fait des becs" (des "bécots" sont devenus des "becs" au Québec).
Si vous ne savez pas quoi faire de votre été caniculaire, écoutez donc ce double C.D. Cela vous refraichira la tête (et pour certains, la mémoire).