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jeudi 5 mai 2022

"Guitare à lunettes"

Histoire d'y voir un peu plus "Claire" (FB).

Un jour de 1986, j'ai passé un bon moment ... à discuter avec le guitariste classique éclectique et chic, l'excellent Roland Dyens. Curieux précieux, farceur à l'humour ravageur, polyglotte célébrant la langue rigolote (calembours pas trop lourds, jeux de mots d'aimants, mot-valise qui ne se fait pas la malle, qui ne cultive pas le mal, qui fait kiffer et voyager). 

- Faudrait que vous composiez une musique de danse hein Dyens (danse indienne tss !).
- Peut-être l'ai-je déjà fait, avec le morceau qui se nOMme "Libra sonatine India".
- Ah ! oui, c'est vrai !!
Pourriez-vous me signer ce 33 tours consacré à Villa-lobos, je me régale à chaque écoute de ces préludes. Ils sont irresistibles.
Il m'écrit et signe !
Je reprend mon vinyle et je lis : tout à fait d'accord !



"C'est ma nature, mes amis savent très bien que pour moi, les mots et les notes sont importants. L'humour a toujours fait partie de ma vie, les jeux de mots aussi.
Mon père en faisait, j'ai été à bonne école là dessus, mes enfants en font aussi. J'aime créer des situations décalées et surréalistes."
Amarcord ((patoi rital : je me souviens) du temps où j'étais prof de guitare à plein temps. En ce temps là, à la question : Quel est votre guitariste préféré ?
Je citais souvent Roland Dyens !

Dans sa musique, il ne racontait pas de FA daise, les notes "Sols d'Ièze" où le "RE glisse", faisaient autant de titre de morceaux. Pendant ce temps là, de mon côté, j'écrivais des phrases avec des notes ! RE MI FA SOL LA SI DO RE (Rémi face au lassi doré, le lassi est une boisson indienne) !!!

Un SI, je quittais mon DO MI SI LA DO RE, (domicile adoré), pour aller voir des concerts déconcertants, avec mes élèves les plus disponibles et motivés !


Les lunettes bizarres vues sur la guitare de l'artiste jouaient un rôle. Dyens m'expliquait qu'il avait trouvé ce stratagème pour déstresser ses élèves les plus émotifs et afin de surprendre les spectateurs en début de concert. C'était une autre façon de voir les choses.
L'hilarité générale rendait de suite l'endroit chaleureux et bienveillant.
Il a bien fait d'en profiter, de rigoler, il est mort d'une tumeur au cerveau à l'âge de 61 ans.

Voilà comme on brise la glace avec classe ; les invités artistes approuvaient que ce soit les brésiliens Villa-lobos, Baden Powell, les époques du baroque au rock, passant de Black à Bach, les classiques Rodrigo, Sor, les jazzmen Monk, Dizzy Gillespie (son arrangement de "A night in Tunisia", clin d'oeil à son origine tunisienne ?), le gitan Django (en Romanie, Django signifie : "Je m'éveille !" après avoir plané, l'esthète dans les nuages), les chansons françaises et sa belle reprise de "Syracuse"...

Ecoutez voir l'histoire, voici le Mulla Nasr Eddin ! Continuons le voyage. Larguons les amarres et blagons y'en a marre !!

"Nasr Eddin est invité par le sultan Tamerlan. Ce soir là, le sultan demande à Nasreddin :
- As-tu des visions ?
- Pardi pardieu, j'en suis comblé à chaque instant, répont-il.
Eh bien, repris Tamerlan :
- Dis moi ce que tu es en train de voir et si tu ne vois rien alors je te ferais couper la tête sur le champ !
- Je vois des ailes de feux battre les cieux, je vois à la place du soleil, un trône de diamants porté par quatres lions d'or, je vois des ruisseaux de lait coulant intarissable des nues. Je vois ...
Quelles extraordinaires visions !!
Oh ! si riche derviche, comment fais-tu pour franchir l'apparence des choses, quels efforts à faire pour arriver à un tel point de sagesse !
- Il n'y a aucun effort à faire, la peur suffit ! Rétorque NasrEddin."

Bon vent ! bonne santé !!!

Yamasté !!

samedi 12 mars 2022

"Nasr Eddin dine de Poutine*"

"Ceux qui n'apprennent rien des faits désagréables de leur vie, forcent la conscience cosmique à les reproduire autant de fois que nécessaire, pour apprendre ce qu'enseigne le drame de ce qui est arrivé. Ce que tu nies te soumet, ce que tu acceptes te transforme."
Carl Gustav Jung
Le monde allant vers, le monde à l'envers !!!

 Lorsque tu t'aperçois que tu commences à marcher sur la tête, c'est qu'il est grand temps de te raconter des histoires de Nasr Eddin.


"Partout c'est la merde en fait", chantait Kent avec son groupe "Starshooter" (fin des années 70)
C'est vraiment un cas cas très spécial : voici un rêve de l'incroyable Nasreddin.

 "Nasr Eddin aborde l'imam dans la rue :
- Yasid, j'ai fait un rêve cette nuit, un rêve très édifiant : Nous nous tenions debout  face à face, toi tu étais enduit entièrement de miel et moi d'excréments.
-  Tu vois, Hodja, ce sont de tes péchers qu'Allah ou un de ses anges te couvrait tandis que moi ... Attends, attends ! l'interrompt le mollah, ce n'est pas fini.
Il se trouve qu'on se léchait l'un l'autre avec un grand plaisir !"



Cela me rappelle la fameuse affaire du "Voilà Le Viala qui va à vau-l'eau" !
"Astérix et péril" s'oppose au maire de .... Saint-denis, Jean-polix (trop poli pour être au net). Il trouve que la gestion de l'hygiène indigène laisse à désirer, et qu'on trouve chez les autochtones un peu trop de tout à l'égo dans le tout-à-l'égoût.
La station est mal conçue et réservée à quelques habitants seulement (les autochtones) !
On sait bien que tous les égouts sont dans la nature, c'est pour cette raison que s'impose une station d'épuration digne de ce nom, qui ne rajoute pas de polluants chimiques, de bruits intempestifs, d'odeurs nauséabondes, de surcoûts (entretiens, moteur à obsolescence programmée).
"L'As des astérix" (nouveaux venus dont certains habitent là depuis une vingtaine d'amnées) dénonce les risques financiers pour cette petite communautée de communes !





Le maire Jean-Polix surnommé "jean-polochon" (parce qu'il s'endort un peu trop sur ses lauriers) traîne des pieds.
Les Astérix encouragent l'installation de filtres naturels, tel le bambou, le roseau pour une alternative dépurative, purifiante qui transformera la merde dans les yeux en miel pour la qualité de vie !

Mais revenons donc au despote Poutine en plein délire dans la folie des grandeurs !
Otan suspend ton vol et tes avions car le robot slave nous menace de "Tchernobyl", de bombe nucléaire, de guerre chimique.
Il est fort probable qu'il entre en Europe avant les ukrainiens, il est fort possible qu'il soit bien embarassé par ces ukrainiens réfractaires lorsqu'il aura à sa botte un pays en colère qui boite.
Ce gouinfre gonflé, bouffeur d'etats, aux pensées nauséabondes, jusqu'oû ira t-il ?


Avec cette guerre routine Poutine qui patine en Ukraine permet à l'occident de répondre par une riposte financière (lire l'article précédent).
En fait, les russes vivent en Russie le soir et se retrouvent le lendemain matin en URSS* !

* :  "U.R.S.S"
Union Ratatinée des Saucissons secs.
Plaisanteries que l'on s'échangait entre potes à Aulnay sous bois du haut de nos 10 ans !
A cet âge on fait feu de tout bois, on joue sur les noms et ça donne des impros autour de Mr Kipèttro vitchi et Mme Kasstagueulenski !
Fauskifo, laissera-t-on le mot d'la fin à Poutine ?
"Tank y'a de la vie, y'a de l'espoir" ricane Poutine cynique et cinoque ! Je préfère quand même le laisser (le mot de la faim) au Mulla (maitre d'école coranique).
"Nasr Eddin a inventé, sur la place du marché, un commerce d'un genre nouveau. Il achète à un éléveur de poules de grandes quantités d'oeufs à quatre aktchés la douzaine puis il les revend pour trois à son propre étal.
Rapidement la nouvelle se répand et des chalands nombreux se pressent autour de lui pour profiter de l'aubaine ! Nasr Eddin , je vois que tu as une belle clientèle mais ne t'est-il pas venu à l'idée que tu es en train de te ruiner ? - Se ruiner fait partie des risques marchands, lui répond le Hodja. En revanche, ce qui est de l'essence même du commerce, c'est que les gens aient autant de plaisr à acheter que j'ai de plaisir à vendre."

Dédicace et câlin d'oeil pour L M !

 Yamasté !

*Titre de l'article : la poutine est un plat québecois (frites mélangées à du fromage cheddar en grains, nappées d'une sauce tomates, oignons, maïs, blé) !
A voir sur "marmiton.org"
Tandis que le Poutine est un plat qui se mange froid, glacé, mangé sur le "kidnappé" ukrainien pour avoir la frite dans ce monde qui s'effrite !
A noter que le blé vient des grandes terres d'Ukraine ! 

samedi 18 septembre 2021

"Bébel histoire"

L'échappée Bébel :
Son décès, ses succès, ses successeurs.
Pendant qu'il pète la porte du Paradis, qui va prendre sa place par ici ?
Voyons de possibles voyous :
Dulhéry : il est trop cérébral mais il excelle dans le théâtral.
Dupardieu : il ferait bien l'affaire mais bien qu'il soit dodu, le Du est un De !
Dujardin : que ce soit côté cour ou côté jardin, il s'en inspire (voir et revoir les "OSS 117") !
Dupontel le bébel mondo rigolo en plus déjanté !
Dujardin et Dupontel en DUo égale un Belmondo ?
Et si on rajoute deux frères Belmondo (Lionel et Stéphane, sans lien de parenté), jazzmen bordelais, ça fait Coa ?
Dusse Jean-claude, faut pas déconner quand même. Il a beau avoir des ouvertures ...






Bye bye Bébel, rebelle qui se faisait la belle toujours avec classe.
Je garderais de toi, l'image d'un cascadeur qui se casse "des petites choses : clavicules, chevilles, côtes ..." qui encaisse bien, qui casse beaucoup d'objets, sans jamais nous casser les pieds !
Acteur animal, naturel, sans produit chimique. Toc toc badaboum, quand notre coeur faisait boum boum, c'est que Bébel faisait du "vroum vroum" avec une bagnole qui miaule ou qu'il se prenait une sérieuse torgnole, lol !
Mais on était vite rassuré, on savait qu'il aurait toujours le dernier mot, poing final.
C'était un drôle de guignolo, voir de "guignololo" (lorsqu'il jouait dans un film italien avec Gina Lollobrigida ou quand il posait une main sur un des seins de Brigitte Bardot pour un essai concernant un film qu'il ne fera pas).
Quand il ne jouait pas (mais je crois qu'il jouait tout le temps), il pratiquait le football avec ses potes au poste de goal, la casquette sur la tête et la cibiche au bec !
Il était élégant, nonchalant !

"Je suis mort et vous le regretterez parce que j'étais marrant."
extrait du "Marginal" !




"Si vous n'aimez pas ... "
Ses mots étaient bruts de décoffrage, parfois grossiers, graveleux, mais jamais vulgaires. 
Boxeur au grand coeur, sur le ring, il frappait d'entrée comme un dingue tout en restant digne. Digne dingue donc, sonnez les "Martine", la casse encore et en corps il cassait :
les barrières, les clichés, son nez et son sourire mais il rattrapait tout cela avec :
son rire, son charisme, son charme, son insouciance, son insolence, sa décontraction, sa dégaine, sa gouaille, son côté rigolard et les dialogues d'Audiard, 
C'était une gueule, une tronche, une trogne, un caractère, un fort en gueule, un ronchon, un macho maso. Agacé, irrité, gare à sa pogne (le paparazzi moustique type qui lui piquait sa vie privée en savait quelque chose).
Avec son air goguenard et ses exploits aériens (debout sur un avion en vol ou sur la toiture d'un métro qui roule), il ne manquait pas d'air.
Il avait les oreilles en choux-fleur, ce qui est bien pratique lors de saut en parachute !
Le rictus de l'olobrius, sa bouche charnue, ourlée nous séduisait et nous faisait hurler ... de rire.
C'était jour de fête quand on voyait le visage bleutée de "Pierrot le fou" avec Anna Karina "j'sais pas quoi faire, kèske j'peux faire ?" qui s'embêtait et qui s'inquiétait !
C'était un être violent tranquille, aristo populo, un vrai oxymore incarné !





Carrière et carrure, caricature et cas rare !
Il avait le corps monté sur ressort, hyperlaxe, élastique et l'esprit bien relax, bien décontracté.
Ce plaisantin à la carcasse solide aimait bien la déconnade.
Un jour, dans un hôtel de luxe de Rio, il a déposé du talc dans le système de climatisation et "toc toc tac talc bogue big bug", blanchiment tout "zazie mute". Il surprenait et ensuite il prenait la fuite.
Attrape-moi si tu peux !
Il ne s'est jamais fait doubler ni pour ses acrobaties ni en auto. Il aimait se coltiner à la culture du risque et sculptait son corps avec le culturisme.
Il avait toujours près de lui ses "haltères-égo", cela lui faisait de gros biscotos.

Mes films préférés :
"A bout de souffle", "Pierrot le fou" (de Godard, "si vous n'aimez pas l'amer"), "Les voleurs" de Louis Malle (la priorité c'est le vol), "Un singe en hiver" (des sages enivrés, le Gabin et le gamin, ont le verbe haut et pas de verre d'eau, on suit leurs pérégrinations jusqu'à l'extinction des feux, Audiard en pleine forme), "Léon Morin prêtre" (il était une foi), "L'homme de Rio", "Les tribulations d'un chinois en Chine" de Philippe de Broca (On Rio z'éclats), "Cartouche" (fait mouche), "Les mariés de l'an deux" (j'aime ses rôles historiques et hystériques), "Le professionnel" (les pros sont inspirés, Weber, Lautner,
Julienne, Audiard, Morricone avec son morceau épuré "Chi mai" écrit pour un autre film et demandé par Bébel) et "Peur sur la ville" ... !




Le saviez-vous ?
Bébel vient de "Pépel".
A l'époque du conservatoire, certains de ses potes, Marielle et Crémer le surnommaient "Pépel" en référence à l'un des protagonistes du film de Jean Renoir "Les bas-fond" (1936), le cambrioleur Pépel Wasska, joué par Jean Gabin !
Ainsi, ils se moquaient de lui, ne supportant plus qu'il porte toujours le même pull.
Pépel est devenu Bébel, ultime transformation.
Quand à Mondo, cela viendrait du fait que l'aérien Bébel voyait le monde de haut, debout sur la carcasse supérieure d'un avion, pour être encore plus près des nuages !!!





"Amarcord" ("Je me souviens").
Septembre 1975, à seize ans, venant d'Aulnay-sous-bois (93), nous déménagions pour vivre à Paris dans un appart dans lequel je me suis vite senti à l'étroit.
J'étais déçu de quitter mes potes banlieusards et mon pavillon, alors je broyais du noir.
Heureusement, il y avait des cinés un peu partout, et un tout près de chez moi, alors j'ai été voir le dernier Bébel "Peur sur la ville" d'Henri Verneuil.
Dans ce film, l'acteur cascadeur prenait le métro d'une manière bien particulière, en plein air debout sur le toit, puis à l'entrée du métro souterrain il se couchait à plat ventre, bien plaqué, bien planqué.
Le problème, c'était de bien placer la tête car si tu la relevais au mauvais moment tu la perdais.
Bébel avait un avantage : son nez cassé écrasé de boxeur lui faisait gagner de précieux centimètres. Et bien un peu grâce au film (et aussi par la grâce de la musique, des concerts du "Musée de l'homme"), j'ai commencé à me sentir plus balaise et plus à l'aise dans cette ville si belle.





Sur cette photo, on me voit en train (non en métro) ... de venir au ciné Pathé Victor Hugo. Je n'aime pas arriver en retard ! Il n'y a plus guère de place au fond de la salle et on loupe le début.
Depuis que j'ai vu "Peur sur la ville" , je me sens pousser des ailes, j'imite Bébel !





Allez portez-vous bien et bon vent !

Caricaturiste : l'excellent Morchoisne qui travaillait dans "Pilote" !
Yamasté !!! 

dimanche 21 octobre 2018

"Hernie cas ... Arnica"


Hernie inguinale :
Mal populaire qui touche sept fois plus les hommes que les femmes.
Elle est fréquente, on comptabilise 150 000 opérés par an dans notre pays.
Me voilà à nouveau dans le lot (d'un côté), derechef, je récidive (de l'autre).
Le 13 décembre 1994, le chirurgien de la clinique d'Aulnay-sous-bois a œuvré pour me libérer d'une hernie à l'aine droite. Il en a profité pour m'installer un treillis protecteur.
A l'époque, c'était novateur mais comme le chirurgien découvrait cette technique, il restait prudent et du coup, le patient "taillait des haies" et restait une petite semaine à l'hopital.
Pour moi, ce temps passé là était dur, et la souffrance post-opératoire reste gravé dans ma mémoire (à cause des gaz et des trois incisions) !
Durée d'hospitalisation :
1994 : les six jours "lessivé" (de lapin) !
2018 : les six heures laissent rêveur !!
Quand on dit que "c'était mieux avant", je trouve qu'il ne faut pas pousser sur le passé !
En fait, au lieu de rabâcher cette formule, on pourrait dire : "c'était vieux avant".



Lundi 8 Octobre :
Rendez-vous avec Hélène, charmante et souriante chirurgienne à la peau d'ébène.
Date de l'opération : le "Ventre dit" 12 Octobre (en fait, "Et l'aine" me laisse le choix entre le 12 ou le 19).
La date du 12 étant plus proche, cela me laissera moins de temps pour cogiter, m'angoisser, tirer des plans terrifiants sur la moquette, avant que jeune comète l'irréparable pensée et que d'un ennui mortel, je chante "Anastasie l'ennui m'anesthésie" ("Tango de l'ennui" de François Béranger) !
Sourire ou souffrir ?
S'ouvrir ou mourir d'ennui ?
Ouvrir un livre ("Geai") de Christian Bobin et sourire à la vie !



Mardi 9 :
Bonjour tristesse !
Prise de sang pour l'opération plus une autre pour déterminer mon groupe sanguin et surtout pour me faire une nouvelle carte.
Et si, dans les labos d'analyses médicales,  on en profitait pour piquer le mauvais sang que l'humain se fait ?

Mercredi 10 :
Fin d'aprem : Séance de yoga avec monacale Monique, flore Evelyne, mama douce Mady, coquine Katie et taquine Jacqueline !
Mes élèves me souhaitent "bonne chance", l'une d'entre-elles me conseille de prendre de l'arnica en homéopathie !
Et puis elles me font plein de promesses d'envois de pensées positives pour Vendredi matin !

Le soir, les étranges lucarnes (François Busnel) nous montrent différents types de sagesse !
"La Grande Librairie" rit et parle de la vie spirituelle !
Je profite à fond des gens biens !!
Alexandre Jolien et ses jolis liens :
"La sagesse espiègle : c'est le bordel mais y'a pas de problème."
Pascal Quignard et son bazar bizarre si pré-cieux :
"La sexualité est à la base et au coeur de la vie spirituelle." 
Christian Bobin et son air de chérubin bambin :
"L'émerveillement, c'est le petit sauvage en nous qui nous sauve."
"La douceur, c'est notre vrai force."
"Bach, c'est mon médecin traitant."
Jeudi 11 :
Matin malin !


Seul devant mes tartines et mon café, je conte "le petit oiseau au grain de blé" (conte tunisien).
On a beau lui en faire voir de toutes les douleurs et le charcuter dans tous les sens, l'oiseau bricolo, a toujours le dernier mot.
J'aime beaucoup ce conte revigorant, il donne de l'espoir et met en joie.
Cet heureux oiseau est un joyeux joyau !
Il m'est "chair", je paye ses dons de médecin en petites coupures et je vous donne mon billet que demain tout se passera bien !!!

L'illustrateur de ce conte se nomme Michel Piquemal.
Namasté !!

jeudi 5 juillet 2018

"En marche-ride !"


"Les meneurs de moutons et de vaches ont tourné la difficulté en nommant celui-ci Grandrieu, c'est-à -dire Grand Ruisseau, comme le Malrieu est un mauvais (ou petit) ruisseau, et Rieutort-de-Randon un village où le ruisseau abuse de méandres ..."
Jean Rodier


Jeudi 21 : En Margeride.
Après les gens, voici les champs :
Assis dans le salon du chalet, je ferme les yeux et, sur mon écran frontal, je vois défiler mes rides et mes images de la Margeride !
Paysages passages, le temps passe et tel le batracien qui coasse, je suis dans les temps pour décrire le cocasse et la grâce de cette nature dont jamais on ne se lasse.
Les gens d'ici devraient être heureux, vivre en paix mais ils sont plutôt agités et belliqueux comme partout ailleurs dans le monde.




La Margeride avec ... ses marguerites, ses molènes, ses gentianes, ses pensées sauvages, ses colchiques, ses digitales, ses narcisses, ses jonquilles, ses lupins, ses violettes, ses anémones, ses consoudes, ses ancolies et ... sa mélancolie bien jolie !  

Ses forêts accueillantes ... à cueillettes (champignons, myrtilles, fraises des bois, mûres, framboises).
Ses forêts denses d'épicéa, ses clairières de petits pins sauvages rabougris pour se protéger du froid, qui n'aiment pas la concurrence des arbres plus grands qu'eux et qui colonisent les espaces vides ... ses "mélèzes" plus à l'aise, ses "hêtres" tourmentés, ses "sureaux" qui "tremble hêtre noyer" (merci Steve Waring pour cette belle association) ...



Ses sentiers renommés ... le GR4, celui où se rencontrent les "Jacquaires" et les "Stevenson".
Ses landes de bruyères, ses rochers de granit gris, ses croupes vallonnées, son téton de pinacés (visible de la route du Viala), ses "prés à genêts" (et à méditer), ses douces mousses, ses moches mouches, ses vaches et leurs bouses qui te refilent le blues (quand tu mets ton pied dedans), ses "pacages" (pâturages), ses parcelles labourées ou herbagées, ses chemins anciens, ses voies romaines, ses drailles (chemins de transhumance) ...

Ses pierres de prière, ses pieus vieux et ses voeux pieux, ses croix, ses fours, ses moulins, ses abreuvoirs, ses fontaines, ses hameaux typiques, ses murets, ses belles maisons sévères et strictes, ses demeures qui épousent la pente et celles qui occupent le replat, ses toitures en lauzes, ses burons, ses bâtisses délabrées, ses clairs ruisseaux, ses terres légèrement ondulées, ses prairies fraîches, ses petites cascades, ses rigoles qui décorent le sol ...

Ses "Boirelac" (lire le message précédent), son décor hivernal (du blues blanc idéal pour un polar bien noir), ses fils de fer barbelés qui relient au passé et qui dessinent le présent.
Ses rochers antiques (là depuis toujours), dont l'un est prêt à s'écrouler de rire si tu t'arrêtes dessous et raconte une anecdote rigolote sur le groupe de "roc n' roll" the Rolling Stones. Cet endroit se situe entre "Le Viala" et "La Malige" !


Aux croyants gourmands d'hosties correspond rochers élégants mais hostiles !
Le climat n'est pas fait pour les souffreteux, les faibles, les frileux et les fibromyalgiques.
En fait, il effraie et fait froid dans le dos. Les vents dominants sont ceux du Nord (froid et humide) et le "marin blanc" celui de l'est (chaud et sec). L'hiver peut durer de six à neuf mois !

Vendredi 22 : retour à Andernos.
Par l'autoroute avec ...
ses routes sans fossé, ses routines sans déroutes, ses péages automatisés, ses aires de repas sans Viviane, ses stations-services, sa vitesse, sa tristesse ...
Alors pour lutter contre la sinistrose, je pense à Tanguy le berger allemand joueur de ma soeur, je l'imagine photographié par Wegman :


Voici le chien artiste "Lionart de Vinci", hyper-actif na-tif du Lion, avec ses bracelets à l'épate, il est attifé comme l'as de pique et ressemble un peu à un caniche !


Ci-dessus, vous avez la chienne chrétienne "Jackie-Line" qui suit le chemin de St Jacques de Compostelle. Mais comme elle regarde trop derrière elle (passant son temps à ressasser le passé et ne gardant en mémoire que le côté "poubelle la vie"), elle fait le chemin à l'envers et s'éloigne ainsi de la sagesse promise !

Allez encore un peu de mamie d'Margeride ... "Pardi, mon pauvre, oh ! peuchère, quelle misère que ce manque d'écolos rigolos par chez nous !!!"

Le 4 Juillet :
A la téloche, une autre mémé, Line Renaud n'hésite pas à nous raconter une bonne blague grivoise :
"Deux spermatozoïdes discutent :
- C'est encore loin l'utérus, dit l'un, fatigué et l'autre lui répond :
- Oui, on n'est pas rendu, là on est au niveau des amygdales !"

Bonne route et bon vent !
Caresses et bises à l'oeil !!
Yamasté !!!

Crédits photos : les chiens tout fous et touffus sont de Wegman, les mouches cools sont de Muhr !

mercredi 27 juin 2018

"En Margeride"


"En amont, dans la haute plaine imbibée d’eau froide, la Rimeize erre entre sognes et pelouses hérissées de rocs, ouvre et ferme ses méandres, se mélange à d’invisibles ruisseaux au chant assourdi par les touffes de nard.
Au-dessus des renoncules d’eau en fleur qui ondulent dans le courant où se fragmente le soleil, montent et descendent les grandes mouches de mai. En quelques heures elles passent de l’état de larve aquatique à celui d’insecte dansant, s’accouplent, pondent et meurent, ailes écartées, sur les friselis de l’eau."
"En remontant les ruisseaux : sur l'Aubrac et la Margeride." de Jean Rodier

Entre le 17 et le 21 Juin, Le trio familial girondin a vécu en Lozère ("Les Bouviers" Station pleine nature) dans un chalet entouré de pins sylvestres.




Dimanche 17 : 
Quatorzeure trente, je sors de la voiture garée côté St Paul le froid, pour me protéger du vent glacial, je ne lésine pas et me couvre d'écharpe, de passe-montagne, de gants et d'une doudoune (nous nous trouvons à 1420 mètres d'altitude).
Arrivés au chalet n°21, nous sommes sauvés, l'endroit est chauffé, on peut se dévêtir et laisser le bon temps rouler.

Le soir, nous dînons à la fameuse "Auberge de la Baraque des Bouviers". C'est un lieu chaleureux, la charmante serveuse qui a du monde au balcon, n'a pas froid aux yeux et tout comme l'auberge, ne manque pas d'adresses. Placez vous face à l'auberge, partant du milieu, à droite, vous êtes à St Paul le froid, à gauche, vous vous situez à St Denis en margeride !
Lorsque vous entrez, à "Saint-Paulaire", vous êtes dans la zone populaire, celle du bar, puis vous quittez l'endroit pour vous retrouver à "Saint-Denice", plus riche en déco, c'est le coin "à resto" !
Les bouviers sont les cow-boys d'ici au pays des grands espaces si jolis ("où est-ce terne ?").
Dehors, les vaches s'éloignent de l'estaminet, pendant ce temps là, Alex mange son "tournedos" et la serveuse sert à nos oreilles du Rossini, nous sourions, c'est bon pour l'appétit !




Lundi 18 : Pin jouit en juin !
Alex, observateur botanique, nous fait part de son étonnante vision d'explosion de pollen de pin emporté par le vent.
Décidément, ici on voit double souvent, on vit parmi les pins sylvestres et en fond de décor, on a une forêt dense d'épicéa. Autre duo, en ce qui concerne la reproduction du "pin sauvage", celui-ci dispose de "chatons mâles" et de "châtonnes" !
Les chatons mâles sont oblongs, ces cônes ovoïdes sont longs de 3 à 6 cm.
On dit que lorsque les chatonnes chantonnent les gymnopédies de Satie, les "chatons-cônes" jouissent et projettent en l'air davantage de pollen (dénommé "Gymnosperme", notons par ailleurs que ce "pin sauvage" fait parti de la famille des "Pinacés"), mais je pense que jouer de la musique "ça vente" donnera le même résultat !




Mardi 19 : Tout va à vau l'eau ! déboires à Boirelac !!
Rions du rieu (ruisseau) et lions connaissance avec les gentilhommes vivants en ces lieux !
Notre rendez-vous avec un de mes cousins du coin tombe à l'eau !
A côté de la plaque, on ne connaissait pas l'existence de deux hameaux si proches portant le même patronyme : Boirelac !
Il y a celui de St Paul l'effroi et celui de St Denis qui sourit !
Nous remercions vivement les auvergnats sympas qui nous ont sauvé de ce mauvais pas, a l'entrée du "Boirelac Paul'eau", les trottoirs aux herbes hautes dissimulent les fossés. Gare au touriste qui veut se garer, il peut aisément devenir un toutriste avec une roue de son véhicule dans le vide.
Bonne vie à St Rémi (LA DO RE, "Sam me dit" : nous t'enverrons une bouteille de St Rémillion) !
St Luc le dépanneur a bien œuvré et manœuvré !
On a eu chaud, alors pour me changer les idées, je décide de dire vite à voix haute et de répéter ce virelangue :
"J'ai chaud chez ce cher Serge" ...
Tout ça à cause d'un mauvais départ de "St Paul Nord" associé à un excès de confiance au GPS qui ne sait même pas reconnaitre un Serge d'un Rémi et un Boirelac d'un Boirelac !!!
Dire que, la veille, Miss Funny parlait du danger que représentent les fossés cachés par de longues herbes pour les touristes séjournant à Andernos !


Mercredi 20 "Viviane et son Bonnet rouge" : rigolades et régalades en "Margeride" !
Repas pris en bonne compagnie dans un petit "boui-bruit" où le tohu-bohu de midi laisse place au silence de treize heures.
Viviane, l'amarante restoractrice de "la margeride" de St-Denis ne fait pas les choses à moitié, elle assure le "show devant" et pardi c'est le paradis des jolis mots fleuris et des fines réparties, service compris !
Avec enthousiasme et élégance, elle marrie clowneries et charcuteries et tous les affamés attablés sont
ravis !
Lorsque le coup de feu est passé et qu'on a fini de manger, on peut enfin s'entendre, plus besoin de s'égosiller,  on est rassasié, l'affaire est entendue et la peau du ventre tant tendu.

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui, la suite au prochain article.
D'ici là, bon vent !
Yamasté !

Crédits photos :
Site des Bouviers station pleine nature pour l'auberge et le chalet, en ce qui concerne le nuage de pollen, cela vient de "monanneeaucollege".

lundi 21 mai 2018

"Bons becs, amuse-bouche"

"Oublier, c'est se souvenir que tout est beau.
Qui a dit ça?
J'ai oublié."
Ribes

Cavanna émoi.
J'ai toujours aimé Cavanna, avec son humour coup de poing, ses colères contre la connerie et ses écrits pas ordinaires.
J'avais quinze ans lorsque j'ai commencé à le lire. Je m'en souviens bien, c'était en avril 1974, un peu avant les élections présidentielles et mon argent de poche venait d'être revu à la hausse. Alors, en plus de Pilote, le journal "qui s"amuse à réfléchir" sur ce monde intelligent et gentil, je décidais de lire le journal "bête et méchant" (Charlie-hebdo).
Les articles de Cavanna dans "Charlie-hebdo" sont vite devenus des rendez-vous incontournables.
Et le temps est passé, pendant quelques décennies, j'ai été comblé par le talent de ces artistes "bien fêteurs" : Cavanna, Cabu, Reiser, Gébé, Wolinski, Willem, Delfeil De Ton, Fred, Topor, Vuillemin, Choron, Berroyer, Tignous, Val, Marris, Charb, Luz, Jul, Riss ...

L'autre jour, revenant de médiathèque, Miss Funny me montre ce si joli livre chic et nostalgique :



Que de joies retrouvées grâce à ce duo là : Doisneau le parigo à la photo et Cavanna le rital aux textes de choix !
Le temps passe et laisse des traces. Ces traces sont autant d'empreintes, autant d'ancrages qui encouragent à prendre un chemin de vie menant à la poésie !

Un rital, késako ?
C'était à l'origine un réfugié italien, on a pris le R de réfugié et on a rajouté les premières lettres du mot italien et voilà d'où vient le mot "rital" !
Cavanna avait 35 ans de plus que moi. Ce qu'il a si joliment écrit, m'enlève les mots de la bouche. A l'école, j'avais pas la classe du rital (le second de la classe, pour ne pas endosser le rôle du "fayot") les doigts plein d'encre, en cours, j'étais abonné aux places du fond (celles des cancres, je me débrouillais pour être l'avant-dernier afin de ne pas porter le bonnet d'âne).
C'était les meilleures, y'avait pas photo !
Personne ne te voit et toi, tu vois tout le monde !
Ainsi assis, tu peux passer une partie de ton temps à observer et à rêvasser ... où alors à regarder les aiguilles de la pendule !


Sinon, avec Cavanna, on a une sensibilité proche, parfois exacerbée, des points de vue d'écolos rigolos, des repères géographiques qui se ressemblent, de par nos origines où nos vies sentimentales (ses origines ritales et mes origines ukrainiennes et l'inverse : une "storia d'liouboff", une histoire d'amour russe pour lui, lire les"Russkofs" et ma dolce vita con Donna Rigoletta).
On a rencontré tous les deux Miss Parkinson sans jamais lui dire : Ya vas lioubliou ! ("je vous adore").

 Bons bonbecs !
"Les bégots, c'est les bonbons rigolos qu'on achète dans la boutique à côté de l'école, des grosses fraises bien grosses bien chimiques qui te barbouillent la figure, les roudoudous dans la boite en bois que tu lèches jusqu'à ce que le bois te râpe la langue, les rouleaux de réglisse avec une perle en bonbon au milieu, les "respirfrais" qui sont de la poudre très bonne dans un petit sac avec une paille pour aspirer. Il y a aussi les carambars et les malabars."

Moi itou, c'est pas difficile à l'époque j'aimais tout : les cachous, les scoubidous et les roudoudous mais aussi les malabars, les carambars et les rochers Suchard, les caramels Kréma et le bonbec à la poudre de racine de réglisse anisée (coco boer) ou à la réglisse aromatisée à la violette : le Zan venant d'Uzès ...

Le saviez-vous ?
Le métier de blagueur "Carambar" existe et "Aïe aïe, Caramba" ! chaque "bonne" blague rapporte 80 euros. Vous êtes trop bon Mr Carambar !!!
A notre époque opaque qui se pique de super flow et de superflu, on ne fait plus rire pour déranger où pour faire réfléchir mais plutôt pour faire le malin avec son Carambar à la main :
"J'ai fait une blague "Super U" et ça a supermarché !"
Ou bien dans le genre sexy du Caranbarbant :
"Quel est le fruit le plus osé ?
La "banane à slip".
"Il aurait pu répondre aussi :la "banane-ananas", comme ça, il en "navet" deux pour le prix d'un", me souffle un comptable superUsé !
Dans le genre "deviminette" culottée, j'préfère la mignonette belge que voici :
"Savez-vous pourquoi les femmes belges portent leur string à l'envers ?
- Pour que leur chatte puisse jouer avec la ficelle !"




Comme dit si bien J.M Ribes :
"Il faut savoir distinguer le ricanant de l'humoriste."

Commentaire imaginaire de la la photo Doisneau qui suit.
"Plus tard, je serais blogger blagueur chez Carambar ou chanteur pas gnangnan de bonbons "Mistral gagnant" et je gagnerai à être connu, se dit l'enfant qui médite ...
- Et qui c'est qui paiera l'ardoise ? parce que là, ton addition, elle est pas juste. Moi, j'te vois plutôt conteur que compteur !! pense son voisin."




Bande destinée !
"Moi, ce que j'aime le plus c'est Superman et Tarzan, parce qu'ils peuvent faire tout ce qu'ils ont envie, ils ont de super pouvoirs.
Moi, à leur place, je perdais pas mon temps à courir après les bandits. Je profiterais de mes super pouvoirs pour me taper toutes les gonzesses.
Ah, la vache ! il y en a de drôlement mignonnes, dans les BD, des avec de longues jambes, longues longues, et des jupes fendues et des nichons bien pointus. Ça fait vachement rêver, les gonzesses, y'a rien qui fait rêver autant."



Star Zan a le mot de la faim :
"Qu'est-ce qu'il a de la veine Tarzan, de vivre rien qu'au milieu des bêtes, dans une forêt pleine de bananes, de noix de coco, d'ananas et de bonnes choses à manger que t'as juste à tendre la main pour les cueillir. "
Ami qui me lit, bon vent et bons becs (au Québec, un bec signifie un baiser) !!!
Caresses et bises à l'oeil !
Myamasté !

Crédit photo : Doisneau avait un oeil gourmand, rigolo et un oeil d'aigle, cela lui donnait un regard sur la vie bien à part.
Crédit croquis : le Chat de Geluck et une BD "Tarzan" d'après 1945 (ceci explique peut-être pourquoi Jane n'a pas vraiment les "nichons pointus" décrits par Cavanna qui lisait la version des années 20-30, celle du créateur Edgar Rice Burroughs).

vendredi 20 avril 2018

"Higelin l'enchanteur"


Décès de Jacques Higelin.
"Alertez les bébés", Higelin l'enchanteur est mort.
- Natif de la Balance, n'y avait il pas deux Higelin ?
- Pour sûr l'Arthur, l'un était provocateur, rocker moqueur et l'autre, nonchalant, poète prenant son temps ("Poil dans la main").
"La mort est le berceau de la vie."
1 D CD ... 2 Jacques Higel'1 (BBH 75) :




"Chaud chaud bizness show" !
Il avait plusieurs cordes à son art. Il s'amusait de tout et jouait avec son corps longiligne, souple, d'échalas, de chat déjà là dès le départ en fanfare de sa vie professionnelle (cascades, contorsions, expressions corporelles).
Non seulement il avait la souplesse d'un félin, mais en plus, il avait un chat dans la gorge qu'il n'hésitait pas à montrer en chantant à gorge déployée !
Bateleur batteur, équilibriste libre comme l'air, libertaire libre-penseur, un peu perché décalé ("tombé du ciel", "tête en l'air"), il excellait dans l'art de la scène.
Lorsque le chatoyant chat miaulait, éructait, criait ou chantonnait, susurrait, ronronnait sans gêne, on pouvait assister à un concert extatique et élastique (parfois, selon certains, ce temps scénique si unique pouvait s'étirer jusqu'à l'aube).
"Arrêtez de dire des conneries, faites-les !"
Je ne peux rien dire sur ses concerts fleuves et nocturnes puisque la seule fois où j'ai pu le voir, c'est au printemps 1975, lors d'un "concert Fnac" pour une durée de moins d'une heure en fin d'aprem.
Mes potes et moi découvrions l'olibrius félin Higelin en pantalon panthère, accompagné de Louis Bertignac (futur membre du groupe "Téléphone") à la guitare et des deux autres "B" (Bennaroch et Boissezon, batteur et bassiste, coauteurs de l'alboum "BBH 75").
"Boum !" quand le rocker fait "Boum", notre chœur d'ados en rando parisienne fait "Boum boum". D'emblée, sans Trénet, ce fou chantant traverse l'Atlantique et se laisse porter par l'énergie du blues répétitif de John Lee Hooker ("Boom boom") !
L'enchanteur nous ballade de "Paris-New-York" à "New-York-Paris", mais cela ne va pas assez vite pour elle alors "Mona Lisa klaxonne", c'est "l'Boxon", ousque tous les paumés vont ... faire de "l'Oesophage boogie, cardiac blues" ?
"Ma devise : la vie est dure, il manquerait plus qu'elle soit molle."



Dansons ... pantalon panthère, le félin en colère, virevolte, saute, bondit puis rebondit en cadence. Il est en même temps sauteur et cascadeur et nous sommes là tout près et prêts à voir le chat hanté  déjanté s'étaler sur son public conquis. Mais le chanteur chahuteur ne se veut ni casse-cou ni casse-pied, même si :
"Ceux qui ont peur de la mort, ont souvent peur de vivre. Ils respirent prudemment en attendant la fin."
L'animal qui s'anime bien, est il un tombeur, un sauteur, un "trampolineur" ou bien un spécialiste du dérapage contrôlé ?
Hop popop ! on reste "hoptimistes" et sans s'angoisser, on prend notre pied !
L'heure du chat amène de la chaleur, progressivement les artistes chauffent la salle en créant une ambiance punk rock (voix rauque d'Higelin, son crade des guitares).
Mais le "balance" assure et rassure, ça sature sans que ça tire sur les nerfs, c'est fort sans abîmer les tympans et au final, l'épatant rockeur d'Artie Shaw te réchauffe le coeur (Artie Shaw était un clarinettiste et chef d'orchestre de jazz swing, Higelin, mâcheur de "swing-gum", à cette époque joue rock et met la gomme).
Et puis le tempo ralentit, c'est le temps de fumer la clope qu'on a coincée sur le haut du manche de guitare, Higelin en profite pour déclarer sa flamme (de briquet) et sa flemme (slow blues) :
"Je suis amoureux d'une cigarette, toute la sainte journée, elle me colle au bec. Elle a la rondeur d'un sein qu'on suce ou qu'on tête ... Et Suzy, va donc me chercher un paquet de gris ... " !
A chaque chanson, le fantastique fantaisiste, fantasque et foutraque, vise juste ("Est ce que ma guitare est un fusil ?"), fait mouche ("Une mouche sur ma bouche") et nous, pardi, on reste bouche bée, c'est par ici le paradis à Paris !
Après ça, il ne nous reste plus qu'à acheter le "paradisque", ça tombe bien, on est à la Fnac Montparnasse. Chacun paye sa galette de vinyle contant des histoires de vies nulles et on repart dans nos pénates, à Aulnay, ville de banlieue (93) aux perdants magnifiques si bien décris par le grand frère Jacques !!!
En 75, Aulnay était une ville communiste, le jour printanier et piétonnier du premier mai, on manifestait en disant haut et fort "des sous, pas des sous-marins". Ensuite, après l'effort, était offert un concert de "Catherine Ribeiro plus Alpes", j'y étais et j'ai adoré !!
A l'aise dans mon 93, j'imaginais le groupe "BBH 93" composé de bob Bigny bébert Ballanger
(maire d'Aulnay) et jackie Higelin !

Et puis, il y a Higelautre ...
A suivre, d'ici là, portez vous bien.
Namasté !

Citations : Higelin.

Et le temps passe comme il sait si bien faire, en 2012 les Higelin refont le trajet aller-retour "Paris-New-York" à leur façon. Tiens, revoilà la Tour Montparnasse (dans les paroles et dans ma mémoire), il en a du en user des godasses avec ses "semelles de vent", cet as du cocasse et des chansons classes qui décrassent l'esprit et débarrassent la tête du stress ambiant !




lundi 29 mai 2017

"Raconte pas ta vie, ça casse pas des briques !"


"Je recycle mes souvenirs, ça roule Raoul !"
Les chroniques "Raconte pas ta vie" seront regroupées dans la rubrique "Mémoires" !
Ce sera une rubrique un peu foutraque qui cassera des briques, écrite par un vieux chnoque baroque parfois mélancolique, parfois comique.
Critique positif, anachronique alternatif à zizique thérapeutique avec en stock sa mémoire intacte prête pour les chics et authentiques séries chéries de :
"Raconte pas ta vie, ça casse pas des briques !"

"Novembre 1984" voici venir le "Meynierstrel" :
Autant qu'il m'en souvienne, j'ai toujours aimé être "en route" ou sur la route. En fait, j'ai vaincu ma timidité et j'ai joué au "jongleur" colporteur pendant 25 ans (au moyen-âge, le jongleur jonglait avec les contes, les instruments, les voix, son corps ...).
"Hier, j'étais intelligent et je voulais changer le monde.
Aujourd'hui, je suis sage et je me change moi-même."
Rûmi
Au début de ma vie professionnelle, en voiture ou à pied, j'allais chez les gens, ma guitare en main, pour leur enseigner l'art et la manière de faire danser les doigts sur les cordes de l'instrument !
Cela dans le but de "s'amusiquer" (mot-valise : jouer avec la musique, avec sa muse) les doigts dans le nez.
Je me sentais tel un griot à guitare allant de case en case porter la bonne nouvelle :
"Nos doigts et nos oreilles nous donnent de la joie, quelle merveille !"

Tiens, voilà Rûmi, le sage au saz qui fait kiffer la musique soufie et qui fait danser les derviches tourneurs !




"Sur la route de Beyrouth"
J'aimais bien mes cours du samedi matin, mon trajet "Aulnay-Paris" était souvent fluide et tranquille.
J'étais accueilli comme un roi dans les quartiers riches de Paris-ci la monnaie.
Le luxe de spacieux appartements était impressionnant. En version libanaise, cela donnait dans le genre chic exotique.
Chez ces mélomanes, on m'offrait un kawa tellement serré que je me retenais de pousser des cris d'orfraie les fois où on oubliait les délicieux nougats ou les sacrés si sucrés loukoums qui vont avec.
En cette compagnie pâtissière, ce café typique devenait exquis mais il restait si excitant que pendant le cours, mes doigts courraient à toute berzingue sur le manche.
Mais peut-être que la vitesse du jeu était-elle dûe à d'autres facteurs : les loukoums gras qui faisaient glisser mes doigts à vitesse T.G.V ou alors à cause d'une guitare rare aux bonnes vibrations, qui aurait appartenu à Django et qui maintenant traînait là, dans le salon oriental.
Je devais dépareiller avec mon aspect parfois dépenaillé et ma touche de farouche "Duduche en deudeuch" !
"Ou bien parais tel que tu es, ou bien sois tel que tu parais."
Rûmi
Calligraphie réussie avec des sens inédits ... 7 1 bon cygne !

Grâce à ma culture nomade, je ressemblais un peu à un gitan érudit féru de Rûmi, le poète soufi. J'ai aimé faire travailler mon élève Alexandre sur "Astrakan café" un morceau du joueur de oud libanais Anouar Brahem.
Encore un bon café, moins brutal et plus raffiné, celui-là, c'est du miel pour les oreilles !
Pas besoin de prendre ensuite un succulent "Loukoum Khalsoum", ce kawa là se soufi à lui-même et vous rapproche du nirvana !
L'été, Alexandre le passe au "Club Med". Le club, avec ses G.O et ses G.M chante son fameux "turlututube", l'incontournable "Nana Nirvanana" ("mousse ananas et semoul'café") et moi, dans quelques mois, je rencontrerai une lumineuse ex G.O qui deviendra la flamme de ma vie.

L'ami Rûmi évoque le "nirvanana" :
"La femme est le rayon de lumière divine."



Dessin de Barbe qui en connait un rayon !

"Rions rayon"
Déjà à l'époque loufoque "Fac de Droit de Nanterre" (1978-1981), je travaillais au mois d'août comme coursier d'agence bancaire et alors "à moi Paris déserété" et ses ballades dans de nombreux quartiers.
Je prenais mon panard à circuler peinard dans Paname sans voiture Panhard, jaguar ...
Chaque jour, je jouais le facteur du "Jour de fête" de Tati, sans son vélo turbot mais plutôt en mobylette tendance "Mon oncle" !

Le week-end en "Seine et Marne", sortant de la piscine municipale de Crécy-la Chapelle, après avoir nagé mes 40 longueurs de bassin, j'étais bien content de monter sur mon Solex et de grimper la pente sévère (si tu la prend à vélo sous le soleil estival de onze heures, elle te remet vite dans le bain et en nage).

L'ascension sciante du "Mont grolle" (qui culmine à 120 mètres de haut).
Au début, ça va, c'est pentu mais tu trouves ça drôle, tu sens que le moteur de ta mob n'est pas fichu !
Mais arrivé au virage du "tire-mollets" (le "Tourmalet" briard), ce n'est plus le solextraordinaire qui roule comme qui rigole,  mais plutôt le "solexténué" dont la cote d'amour dégringole. Celui-là, il faut l'aider en pédalant sans faire semblant sinon "adieu Berthe" tu l'as dans le baba et tu restes coi !
Arrivé chez toi, ravi, tu revit et tu meurs de faim !

Yann M !




vendredi 1 avril 2016

"Chacun sa route, chacun son chemin ... "


"Il faut rendre aux hommes une signification spirituelle, faire pleuvoir sur eux quelque chose qui ressemble à un chant grégorien."
Saint Exupéry

Suite de l'article sur le chemin de St Jacques. En bas de page, j'évoque mon époque "Offrons du grégorien à nos églises et profitons bien du miel sonore de nos abbayes" !


"Chemin de vie" :
Début juin 95, notre fils termine son cycle école publique maternelle "Nonneville" à Aulnay-sous-bois (93). Les mômes de sa classe vont changer de cycle et nous aussi (Dieu seul sait où l'on s'embarque, on vend notre barraque, on va vivre en appart, mais on se sent forts, barraqués, on peut changer de braquet et venir vivre dans une contrée plutôt "gironde").

Le 26 juin, Andernos : je ne sais plus à quel saint me vouer.
Avant le déménagement, je prenais mes dernières leçons de "Chant grégorien" avec la passionnante chanteuse Catherine Braslavsky !
Après deux ans de divines collaborations, me voilà bien armé pour chanter tout seul mes "Jubilate deo", "Cantate Domino", mes "Sanctus" avec ou sans "Ecce" !

Le 25 juillet : Les extrémistes islamistes (GIA) font exploser une bombe dans le RER B, c'est l'horreur (8 morts et 120 blessés).
Pendant que je marchais nonchalamment à la lisière des vaguelettes, un poste radio m'apprend qu'un attentat meurtrier a eu lieu près du café  où je me posais habituellement avant de me rendre à mon cours de chant sacré.
"Place Saint Michel", tout correspond, l'endroit, le moment (le jour et l'heure), j'aurai pu passer de vie à trépas dans ce troquet du "Départ" ... définitif. Transport peu commun, prendre "l'erreur B-Saint-Michel direction "Saint-Pierre".
Mais heureusement, ce jour là, j'étais ailleurs et "higher" comme disent les anglais.
Au lieu de ça, les pieds dans le sable mouillé et les yeux dilatés devant les si jolis seins d'une joyeuse créature, je me ballade en chantant gaiement l'un de mes chants grégoriens !
"Cantate domino", chanter l'univers, l'océan et la vie sur terre !
En tant qu'épicurien curieux, je ne me fais pas de bile, je jubile et je me nourris de ces vibrations célestes et autre ravissements terrestres.
Je maudis les tueurs de Saint-Michel et je me dis que j'ai bien de la chance d'être là, bien vivant et de flâner à "Saint-Eloi plage" !






Le temps passe, vient celui de la rentrée des classes. Fin de matinée, je vais chercher Alexis pour le déjeuner. L'école "Jules Ferry" est sacrément bien placée (en bord de mer, à cinq cent mètres de l'appartement), on y viens à pied par la plage.
Arrivé à l'école, pas de parents, je saisis la montre à gousset de mon pépé, saperlipopette ! je suis en avance. J'en profite pour entrer dans l'église Saint-Eloi située à côté de l'école. Je suis accueilli par le silence. Ce silence éloquent me murmure à l'oreille :
- Vas-y, chantes du grégorien pour faire vibrer d'extase les murs !
L'endroit est désert, j'hésite un instant et puis je m'enhardis, j'ose me lancer dans une interprétation fougueuse et fugueuse, "con vivace" et "molto barroco" du "Cantate Domino".
Je tente même une improvisation "voix de canard" et arabesques inspirées du Maghreb (délicieux ce "Maghreb de canard").
Les  murs me renvoient un peu de "réverb", ce lieu sombre s'allume, suis-je dans un rêve ou dans une rave ?
Saint-Exupéry n'est pas loin, il m'envoie un message aérien par le zéphir de 11 heure 29 :
- Eh ! l'allumeur de rêves berbères, le joueur de réverb beur, laissez là vos enchantements et revenez à la réalité, devinez qui va sortir ?
- Le bon numéro, Alexis l'inventeur de mots (je me souviens de "bumpy" pour parler d'un "dos-d'âne").
Le temps passe comme il passe tout le temps !
Ce plaisir vocal s'est renouvelé pendant quelques années et puis un jour de mauvais temps et de moral dans les chaussettes, je rentrais pour chanter et horreur malheur ! le silence avait quitté les lieux. A la place passait des C.D !
Passé décédé !
Les mois suivants, je suis revenu à Saint Eloi et à chaque fois, j'ai constaté l'indécence de cette absence de silence.
D'autres églises font de même et se banalisent ou se sécurisent (les portes se ferment et se cadenassent).


                                                            Eglise Saint-Eloi


"Chemin devis : pour le "blérinage" de Saint-Jacques n'oubliez pas de "Compostelle" billet ... de banque :
Le pèlerinage n'est plus la voie royale de la foi !
" ... Le chemin est seulement un des produits offerts à la consommation dans le grand bazar postmoderne. Les moines ... proposent des services adaptés au désir de chacun.
Aux touristes, ils proposent, à des prix élevés, des produits monastiques (cartes postales, fromages, confitures). Au 'Yoga groupe', ils réservent les chambres luxueuses du nouveau bâtiment.
Quant à ces pouilleux de pèlerins ... ceux qui viennent frapper à leur porte sont les plus démunis ou les plus radins ... Les moines, tradition oblige, assurent pour les pèlerins un service, mais  minimum."
J.C Rufin

Je m'aperçois que par rapport au sujet annoncé, j'ai du prendre un chemin de traverse. Ce n'est pas grave car :
"Chacun sa route, chacun son chemin ..."
Allez chanter du grégorien dans les églises, ça f'ra revenir le silence !!!
Bon chemin, bonne semaine.