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mardi 15 août 2023

"Décédés décalés"


Ce Dimanche, on nous a annoncé le décès de "l'ex fan des sixties", DCD SAC et du discret DCD FAC !  

Anti-conformistes, voici deux artistes qui meurent le même jour (le 16.07.2023) mais pas au même âge (76 ans pour Birkin et 83 ans pour Tachan) :

Pas de bol pour Tachan, au niveau des médias, son décès est éclipsé par le succès incensé de "l'ex égérie chérie de l'exagéré, parfois de génie, parfois exaspérant serge G " Jane B ! 

- "Tu verras qu'à mon mort, ils passeront en boucle "Je t'aime .... moi non plus" disait Jane avé l'accent british !"

- Moi de même, Tu verras que ce jour là, on passera mon unique chanson tube sur la sexualité des vieux ("Fais une pipe à pépé avant qu'il ne la casse") rajoute Henri Tachan !

Il mettait l'accent sur le vivant, vibrant en douces poésies, ainsi, il célébrait la vie.

Elle gardait son accent si plaisant, ce qui a fait une partie de son succès. Elle a utilisé sa notoriété afin de défendre de bonnes causes.

Revenons à Tachan, écoutons son chant, touchant et attachant deans "Les z'hommes" !

Font leur pipi contre les mursQuelquefois même sur leurs chaussuresPisser debout ça les rassureLes z'hommesZ'ont leur p'tit jet horizontalLeur p'tit siphon leurs deux baballesPeuvent jouer à la bataille navaleLes z'hommes
Z'ont leur p'tit sceptre dans leur culotteLeur p'tit périscope sous la flotteZ'ont le bâton ou la carotteLes z'hommesEt au nom de ce bout d'bidocheQui leur pendouille sous la brioche"Ils font des guerres ils font des miochesLes z'hommes"

A signaler qu'un autre artiste est mort, il y a peu (à l'âge de 71ans ; le rome antique et tourmenté auvergnat, J-L Murat).

Bougon ou taizeux, "langue de bel amer", de vie ou de vipére, contreversé ou consensuel, bon comme le cidre ou bien mortel comme la mise en bière, plutôt vie lente que violente, ange déçu au visage endormi, donnant l'air de sortir de son lit, blaguant ou râlant, raillant ou criant, artiste à l'air triste, ravi devant les si chics colchiques de son auvergne natal. Il était poétique, prolifique et mélancolique !


Elle chantait dans "Di doo dah" :

"Les autres filles ont de gros nichons et moi je suis aussi plate qu'un garcon, que c'est con !" (Gainsbourg)

"Le sein est une pomme dans une poire ou pointe un grain de raisin." (Malcolm de Chazal)


Di doo da trad : Di (pomme), doo (poire), dah (raisin) !!! 


:::


"Fais une pipe à pépé avant qu'il ne la casse. une p'tite langue à mémé avant qu'elle ne trépasse et surtout, pas de cris d'horreur, d'indignation, ils sont comme toi les vieux, ils ont le cul sous le chignon !"

"Tachan n'aime pas ceux qui tuent pour faire joujou."

"Tachan n'aime pas ceux qui tuent pour faire carrière, Tachan n'aime pas ceux qui n'aiment pas ses petits amis, les petits renards, les gros chiens." Cavanna

Mes CD préférés : Le n° 3 de l'intégrale (1974-1978 avec son portrait croqué par Cabu en couverture !

Les chansons évoquées dans ce blog y sont, on y trouve aussi des merveilles telles :"Lamour et l'amitié", "la chasse", "La foi", "Laurel et Hardy", "Ni gauche, ni centre, ni droite" ...

Et pour Birkin : le CD ( réalisé JC Vannier et Serge Gainsbourg "Melody Nelson" plus les CD Live des best of de ses chansons Gainsbourg (arrangées à l'oriental ou avec la philarmonique de Paris).

Et les chansons de Murat : je connais moins mais j'apprécis "Au mont sans soucis", "Foule romaine", "Le cri du papillon" ....

Namasté !!



vendredi 4 novembre 2022

"Teulé Sempé"

Décés Teulé et Sempé : deux de mes potes poètes, paisibles et pacifistes, pas intrusifs, pas agressifs qui "Teulé-Sempé" (te laissent en paix) tant que tu respectes le genre humain, animal ou végétal sinon gare au courroux puis à la moquerie anti-connerie de ces deux zigomars mot-coeur. 

Sans Sempé, prolifère la médiocrité.
Sans en avoir l'air, gentiment farceur, ce galopin avait l'oeil pétillant. Son dessin délicat, "sa douce ironie" resteront intemporels.

Il savait si bien croquer les humains, de préférence le fringué friqué, le nanti qui t'anéanti, le cadre sup au front plissé qui pense à la mort, la grenouille de bénitier dame agenouillée qui tuttoie le messie et s'apitoie sur son sort. A la fois profond et léger, il était bon et sensé Sempé :

"Je n'ai pas la volonté de méditer car je suis un paresseux."




Quelle tuile pour Teulé !
Grand bonhomme sympathique qui a si bien décrit la vie des poètes et les faits d'hiver moyenneigeux faisant froid dans le dos.
Dans les romans de ce gourmand élégant, on mangeait beaucoup et les protagonistes se bouffaient entre eux. Il aimait nous faire cotoyer les tarés, les ratés, les ratatouilles, les andouilles ! 
Il est mort d'une intoxication alimentaire provoquant un arrêt cardiaque.
Ce pote épatant, ce gars généreux était heureux de raconter des horreurs, des erreurs de la nature !!!
Ce gamin malin était doué pour réunir enthousiasme et miasme, mélancolie et grande folie.
Ce grand curieux est mort à 69 ans !

"Le bruit est pour le fat.
La plainte est pour le sot."
"Que de misère sur terre, tout ça pour finir dessous."




Un homme déposait des fleurs sur la tombe de sa femme. Un chinois arrive et pose un bol de riz sur la tombe d'à côté. Il se dirige vers lui et demande, l'air moqueur :
- Vous pensez vraiment que le mort viendra manger votre bol de riz ?
- Bien sur, il le fera quand le votre viendra sentir vos fleurs."

Ne pas juger, juste essayer de comprendre, la curiosité est un divin défaut. Vive la différence !! Pépère pervers le respect s'perd !!!


"La mort tombe dans la vie comme une pierre dans un étang : d'abord affolements dans les buissons, battements d'ailes et fuites en tout sens. Ensuite grands cercles sur l'eau de plus en plus larges. Enfin le calme à nouveau ...
... mais pas du tout le même qu'auparavant; pas du tout le même silence, un silence, comment dire, assourdissant !"
Christian Bobin
"J'étais entre la vie et la mort, j'ai longtemps hésité."
Raymond Devos ("Révons de mots")

Claire Vallée ferme son  resto végétarien "végan" d'Arès !
Pierre Dac fait un commentaire :

"Ici repose Dame Go qui vivait en végétarienne,
La pauvre n'a vraiment pas eu de veines !
Sur sa tombe il y a "Ci-git Go!"
Pierre Dac
"Ci-git Allais sans retour !
Alphonse Allais

Allez, bon vent !
Yamasté !!!

lundi 18 juillet 2022

"Le paysagiste sonore Vangelis est mort"'

Un ange passe,
un Vangelis trépasse !
L'herbe pousse
Une demoiselle se trémousse !

Mezze mezzo
Lorsque l'on vit avec Miss Parki.
On a tendance à vivre dans les gris, on voit la vie en morose et on broie du noir.
On a bien des raisons d'être inquiet. Mais si tu nourris un blog qui blague, qui t'offre une garantie anti-bug, anti toc anti toxique, anti bling bling, tu sens l'inquiétude te quitter.





 Lu dans l'excelent Charlie-Hebdo : 
Le mouvement anti-avortement plus agressif que jamais.
"Look Lucky Luke :
Un américain de huit ans joue avec l'arme de son père et tue un bébé de un an.
Il risque désormais la peine de mort pour avortement tardif !"
"Femmes libérées"
Conformément à la constitution américaine, une fillette de dix ans s'est vu refuser un avortement après un viol. Conformément à la constitution américaine, elle a le droit d'acheter un flingue pour le faire elle-même dans neuf mois."


 
"Bufallo Bill" :
"Des policiers américains tuent de soixantes balles un homme noir désarmé.
L'Amérique n'est plus ce qu'elle était :
Pour Martin Luther King, une seule balle avait suffi !"
"Thalassa :
Selon l'Unesco, la ville de Marseille sera touchée par un tsunami d'ici trente ans.
Les marseillais ont enfin une date pour le ramassage de leurs poubelles."



Nasr Eddin peste contre la pandémie :

"La peste était en route pour Bagdad quand elle rencontre Nasr Eddin qui lui demande où elle va ? Elle lui répond :
- A Bagdad pour tuer 10 000 personnes. Plus tard, elle croise de nouveau Nasr Eddin. Trés en colère, ce dernier lui dit :
- Tu m'as menti.
Tu as dit que tu tuerai 10 000 personnes et tu en as tué 100 000.
- Je n'ai pas menti. J'en ai tué 10 000, les autres sont mortes de peur !"



Sont DCD cette année de forts bons mélodistes grecs : Papadiamondis (Eddie Mitchell) et Papathanasiou (Vangelis) !!!

Etre à part, pas parano, plutôt Papageno (dans "La flûte enchantée" de Mozart). Se poser ... des réponses, proposer des idées, exposer un point de vue, explorer la sagesse. S'opposer avec la "relaxe attitude", appuyer doucement sur la détente et laisser venir à soi la musique planante (mais pas que) de Vangelis !!!

Mon CD préféré : "China" (et sa pochette visible ci-dessus) !

Voici une courte liste (en vrac) de mes préférences :

"Hell and heaven".
"La petite fille de la mer".
"Le singe bleu"
"To the unknown man"
"Alpha"
"Pulstar"
"Chung kuo"
"Tao of love"
"Chariot de feu"
"Hymne"
"Blade runner" (main theme)
"Antartica"
"Missing"
"L'enfant"
"1942"


Crédit "illustre-action" :
On voyage dans le temps avec du "Reiser" ("voyageur" en allemand) des années 70 !!!

Allez où le vent vous mène !
"Yamasté"

samedi 18 septembre 2021

"Bébel histoire"

L'échappée Bébel :
Son décès, ses succès, ses successeurs.
Pendant qu'il pète la porte du Paradis, qui va prendre sa place par ici ?
Voyons de possibles voyous :
Dulhéry : il est trop cérébral mais il excelle dans le théâtral.
Dupardieu : il ferait bien l'affaire mais bien qu'il soit dodu, le Du est un De !
Dujardin : que ce soit côté cour ou côté jardin, il s'en inspire (voir et revoir les "OSS 117") !
Dupontel le bébel mondo rigolo en plus déjanté !
Dujardin et Dupontel en DUo égale un Belmondo ?
Et si on rajoute deux frères Belmondo (Lionel et Stéphane, sans lien de parenté), jazzmen bordelais, ça fait Coa ?
Dusse Jean-claude, faut pas déconner quand même. Il a beau avoir des ouvertures ...






Bye bye Bébel, rebelle qui se faisait la belle toujours avec classe.
Je garderais de toi, l'image d'un cascadeur qui se casse "des petites choses : clavicules, chevilles, côtes ..." qui encaisse bien, qui casse beaucoup d'objets, sans jamais nous casser les pieds !
Acteur animal, naturel, sans produit chimique. Toc toc badaboum, quand notre coeur faisait boum boum, c'est que Bébel faisait du "vroum vroum" avec une bagnole qui miaule ou qu'il se prenait une sérieuse torgnole, lol !
Mais on était vite rassuré, on savait qu'il aurait toujours le dernier mot, poing final.
C'était un drôle de guignolo, voir de "guignololo" (lorsqu'il jouait dans un film italien avec Gina Lollobrigida ou quand il posait une main sur un des seins de Brigitte Bardot pour un essai concernant un film qu'il ne fera pas).
Quand il ne jouait pas (mais je crois qu'il jouait tout le temps), il pratiquait le football avec ses potes au poste de goal, la casquette sur la tête et la cibiche au bec !
Il était élégant, nonchalant !

"Je suis mort et vous le regretterez parce que j'étais marrant."
extrait du "Marginal" !




"Si vous n'aimez pas ... "
Ses mots étaient bruts de décoffrage, parfois grossiers, graveleux, mais jamais vulgaires. 
Boxeur au grand coeur, sur le ring, il frappait d'entrée comme un dingue tout en restant digne. Digne dingue donc, sonnez les "Martine", la casse encore et en corps il cassait :
les barrières, les clichés, son nez et son sourire mais il rattrapait tout cela avec :
son rire, son charisme, son charme, son insouciance, son insolence, sa décontraction, sa dégaine, sa gouaille, son côté rigolard et les dialogues d'Audiard, 
C'était une gueule, une tronche, une trogne, un caractère, un fort en gueule, un ronchon, un macho maso. Agacé, irrité, gare à sa pogne (le paparazzi moustique type qui lui piquait sa vie privée en savait quelque chose).
Avec son air goguenard et ses exploits aériens (debout sur un avion en vol ou sur la toiture d'un métro qui roule), il ne manquait pas d'air.
Il avait les oreilles en choux-fleur, ce qui est bien pratique lors de saut en parachute !
Le rictus de l'olobrius, sa bouche charnue, ourlée nous séduisait et nous faisait hurler ... de rire.
C'était jour de fête quand on voyait le visage bleutée de "Pierrot le fou" avec Anna Karina "j'sais pas quoi faire, kèske j'peux faire ?" qui s'embêtait et qui s'inquiétait !
C'était un être violent tranquille, aristo populo, un vrai oxymore incarné !





Carrière et carrure, caricature et cas rare !
Il avait le corps monté sur ressort, hyperlaxe, élastique et l'esprit bien relax, bien décontracté.
Ce plaisantin à la carcasse solide aimait bien la déconnade.
Un jour, dans un hôtel de luxe de Rio, il a déposé du talc dans le système de climatisation et "toc toc tac talc bogue big bug", blanchiment tout "zazie mute". Il surprenait et ensuite il prenait la fuite.
Attrape-moi si tu peux !
Il ne s'est jamais fait doubler ni pour ses acrobaties ni en auto. Il aimait se coltiner à la culture du risque et sculptait son corps avec le culturisme.
Il avait toujours près de lui ses "haltères-égo", cela lui faisait de gros biscotos.

Mes films préférés :
"A bout de souffle", "Pierrot le fou" (de Godard, "si vous n'aimez pas l'amer"), "Les voleurs" de Louis Malle (la priorité c'est le vol), "Un singe en hiver" (des sages enivrés, le Gabin et le gamin, ont le verbe haut et pas de verre d'eau, on suit leurs pérégrinations jusqu'à l'extinction des feux, Audiard en pleine forme), "Léon Morin prêtre" (il était une foi), "L'homme de Rio", "Les tribulations d'un chinois en Chine" de Philippe de Broca (On Rio z'éclats), "Cartouche" (fait mouche), "Les mariés de l'an deux" (j'aime ses rôles historiques et hystériques), "Le professionnel" (les pros sont inspirés, Weber, Lautner,
Julienne, Audiard, Morricone avec son morceau épuré "Chi mai" écrit pour un autre film et demandé par Bébel) et "Peur sur la ville" ... !




Le saviez-vous ?
Bébel vient de "Pépel".
A l'époque du conservatoire, certains de ses potes, Marielle et Crémer le surnommaient "Pépel" en référence à l'un des protagonistes du film de Jean Renoir "Les bas-fond" (1936), le cambrioleur Pépel Wasska, joué par Jean Gabin !
Ainsi, ils se moquaient de lui, ne supportant plus qu'il porte toujours le même pull.
Pépel est devenu Bébel, ultime transformation.
Quand à Mondo, cela viendrait du fait que l'aérien Bébel voyait le monde de haut, debout sur la carcasse supérieure d'un avion, pour être encore plus près des nuages !!!





"Amarcord" ("Je me souviens").
Septembre 1975, à seize ans, venant d'Aulnay-sous-bois (93), nous déménagions pour vivre à Paris dans un appart dans lequel je me suis vite senti à l'étroit.
J'étais déçu de quitter mes potes banlieusards et mon pavillon, alors je broyais du noir.
Heureusement, il y avait des cinés un peu partout, et un tout près de chez moi, alors j'ai été voir le dernier Bébel "Peur sur la ville" d'Henri Verneuil.
Dans ce film, l'acteur cascadeur prenait le métro d'une manière bien particulière, en plein air debout sur le toit, puis à l'entrée du métro souterrain il se couchait à plat ventre, bien plaqué, bien planqué.
Le problème, c'était de bien placer la tête car si tu la relevais au mauvais moment tu la perdais.
Bébel avait un avantage : son nez cassé écrasé de boxeur lui faisait gagner de précieux centimètres. Et bien un peu grâce au film (et aussi par la grâce de la musique, des concerts du "Musée de l'homme"), j'ai commencé à me sentir plus balaise et plus à l'aise dans cette ville si belle.





Sur cette photo, on me voit en train (non en métro) ... de venir au ciné Pathé Victor Hugo. Je n'aime pas arriver en retard ! Il n'y a plus guère de place au fond de la salle et on loupe le début.
Depuis que j'ai vu "Peur sur la ville" , je me sens pousser des ailes, j'imite Bébel !





Allez portez-vous bien et bon vent !

Caricaturiste : l'excellent Morchoisne qui travaillait dans "Pilote" !
Yamasté !!! 

jeudi 17 décembre 2020

"La Teste station (balnéaire)"

"Les français enferment quelques fous dans une maison pour persuader que ceux qui sont dehors ne le sont pas."
Montesquieu

De la bile en bilan,
Peut s'entendre : de l'habile emballant !
La vie ruse, le virus aussi !

"On peut braver les lois humaines mais non résister aux lois de la nature."
Jules Verne
Première partie : la mort rôde.
Notre monde immonde, crade, en rade, s'érode, s'use, s'effondre, s'écroule et c'est pas cool !
L'homme médusé râle, il ne s'amuse plus au petit jeu truqué qu'on veut lui faire jouer les yeux bandés comme dirait le chanteur Capdevielle.

Charles Elie "abattu à plate-Couture" !
Le 19 Novembre, Covid et Macron nous ont fait raté le concert de Charlélie Couture. Au printemps, il disait :

"Dire que je me croyais assez solide, assez en forme pour lui rire au nez !
Ce virus est sournois. Heureusement qu'il y a eu ce confinement."

On reste "Cent voix" aurait fait comprendre le comédien Roger Carel qui voix double sans loucher et qui a si souvent (et avec quel talent) prêté sa voix.
Il est parti comme on dit, d'autres aussi ont tiré leur révérence, en voici une liste subjective ;
Anne Sylvestre, Juliette Gréco, Tonie Marschall, Alain Rey, Jean-louis Dabadie, Guy Bedos, Michel Piccoli, Sean Connery, Kirk Douglas, Terry Jones (des Monthy Python), les saxophonistes Lee Konitz et Manu Dibango, les bédéistes Uderzo et Claire Brétécher, l'écrivain Sépulvéda, John Le carre, les musiciens Christophe, Idir, Joan-Pau Verdier et Mory Kanté ...

Même façon de procéder, voici une liste d'évènements qui ont marqué les zhumains :
30.01.2020 : Wuhan et le virus mortel.
15.03 : Confinement gêne et râle !
24.05 : Fin de ce premier confinement.
24.10 : Couvre-feu !
28.11 : Deuxième confinement.
11.12 : le nombre de décès-virus en France est de 57657.
17.12 : Macron est testé positif au covid.



Arès-tation service : Hopital Sophie Wallerstein.
- Et toi, comment as-tu vécu cette période ?
- J'ai beaucoup souffert et au début, j'ai peu su y faire. J'ai cru être condamné à la prison à domicile à cause de mon si j't'aime urinaire (j'avais déjà les nerfs fragiles à cause de Miss Parkinson).
Je m'en faisais tout un monde, alors que c'était tout incontinent.
La crise à pisser de rire s'est installée fin mars.
J'ai fait des examens, j'ai consulté un urologue au nom félin, bien raisonnable, dans l'air de son temps, un peu agité, son conseil est simple :
- Je vous opère de telle façon et ainsi vous éviterez les sondes au quotidien.
Rendez-vous le 1.07, au petit matin, j'arrive en avance et on me dit vite en tenue, vous êtes en retard, vous êtes cerné, avez vous votre laisser-pisser ?
Ca commence bien !
- Dans mon petit carnet à spirale, j'ai noté mon désarroi et les choses bancales.
A bas les "pisse-droit", les relations, les avantages, les privilèges de toute sortes !
Vive les révolutions, les fourberies de c'scalpin et ses mots-lierre, les bourdes, les courbes, les arabesques pittoresques ...
Les aristocrates à la lanterne croient aux messies, mais comme on dit en Helvétie : faut pas prendre les vessies pour des lents ternes !

"Résister, c'est rêver qu'un autre monde est possible et contribuer à le bâtir."
Ignacio Ramonet

Je ne me sens guère con-cerné par le confinement mais par contre je réagis moins bien face à la boureaucrassie.
Allez parler mots, une façon d'échapper aux maux !

Les "pisse-copie" !
Là où je me sens con-sterné, c'est l'attestation, le formulaire autoritaire. C'est juste mon inconscient qui freine.
"La Teste station" :
L'autre nuit, j'ai fait un rêve symbolique :
Je suis perdu dans une gare du Bassin d'Arcachon, je la traverse et me retrouve sur une plage de galets, j'y vois des gringalets faisant du gringue à de craquantes gasconnes cognant des galets ou dégustant des galettes qui rendent gaga.
Et  bien je ne suis pas sorti de la berge, la plage est pentue et casse-goule et les galets glissants brûlent les pieds ! La gare traversée est celle de "La Teste station" .... balnéaire !
Bref tout cela, c'est pisse-écho logique, ça ne durera pas.
Cela tient de l'effet-mer.
C'est flou, c'est vague, on est fou, on divague !!
Voici venu le temps du réveil !!

Suite au prochain numéro : les changements positifs.
Yamasté !!

jeudi 15 octobre 2020

"Jujube et Michael"

Faire à part ! 

Deux artistes altruistes sont morts récemment.
Deux humains à part, toujours partant pour défendre les bonnes causes.

Au pays des merveilles de Juliette, joueuse de luth final à Saint-Germain des près, il y a eu un jour, un joueur de silence ... silence qu'il enrobait de notes bleues avec sa trompette ! C'était les jours des "trouble-fêtes". 

"La véritable musique est le silence et toutes les notes ne font qu'encadrer ce silence."
Miles Davis





De temps en temps il devisait mais sinon il divisait la critique, ou alors franchement, mais pas souvent, il souriait ou il enregistrait (presque tout le temps) de bons albums, genre "Birth of the cool" (1950), "Miles Smiles" (1966) !!!
A part Gréco, la troublante fêtarde, il y a aussi un autre anti-conformiste qui vient de passer l'arme à gauche : Michael Lonsdale.

Faire-ailleurs !
Faut le faire ... partir ailleurs dans l'imaginaire, avec un Bunuel, cela peut donner des ailes !!!




Michael Lonsdale était un être paisible, sensible, habile à parler de la bible, romantique (son amour impossible avec Delphine Seyrig).
Il était charmant, avec cette voix tendre, caressante. Avec aussi cette lenteur, cette nonchalance et ce côté animal : au choix chat ou vieil ours !! 
Un don inné pour la comédie (plutôt dramatique à la Duras), ou surréaliste (Beckett, Bunuel : l'aubergiste dans "Le fantôme de la liberté"), jouant aussi bien le traître ou celui qui maltraite James Bond que l'homme de foi qui vit sa retraite fatale dans une communauté ("Des Dieux et des Hommes") ou le moine curieux du "Nom de la rose" !
Homme ouvert qui envers et contre tout, gardait son cap (de bonne espérance). Pour lui, il y avait "maldonne" dès lors qu'on oublie l'homme en nous :
"Au terme de notre vie, nous nous en irons en laissant tous les biens matériels derrière nous."
"Nous serons riches de ce que nous aurons donné."
"Donner tout ce qu'on peut, 
donner le meilleur de soi-même."

Il a su trouver sa foi,
nous a troublé avec sa voix !
A donné plus d'une fois
donné, don aide la voie !

Son regard bleuté sur la vie, sans fard et sans fadeur, sa voix posée et profonde l'ont mis à l'abri, des fadaises et des fariboles qui rendent lourd le fardeau "pas de bol" de l'humain "comptant pour rien" !





"Déshabillez-moi !"

"La moindre des courtoisies, c'est d'être positif."
"On devrait parler avec tout le monde, échanger, proposer ... Je suis une désespérée qui espère !"
"L'art est fédérateur, il calme, il fait pleurer, rire !"
"Je suis là pour vivre, faire l'amour n'a jamais fait de mal à personne."
"L' amitié est une belle forme d'aimer debout."
"La joie rend beau."
"Il y a le corps, l'instinct, la tête ... chanter c'est la totale !" 
"Ce monde manque de poésie et d'entrain."
Années 1949-1950, "Jujube" est en amour avec Miles Davis. Un soir, ils vont au resto, s'installent à une table, le patron s'approche de Gréco et lui fait savoir que les noirs sont interdits dans cet établissement.
Jujube crénom de nom jubile, elle dit au demeuré raciste :
"- Montrez-moi votre main !"
L'homme s'exécute et la chanteuse lui crache dans la main toute sa colère !!!
"La mort est une chose naturelle, pourquoi en faire toute une affaire ?"
On est pas si important que ça."
Le mot de la faim :
"Je mange les mots, je les désire et je les digère."
Illustrations :
La caricature de Gréco est de Morchoisne !
La photo de Lonsdale est extraite du "Fantôme de la liberté".

Bon vent, portez-vous bien.
Yamasté !!

mardi 1 septembre 2020

"Chère Claire Bretécher"

Petit hommage à Claire Bretécher, décédée cette année.
C'était une femme décidée, libérée et décalée, indépendante, poilante et désopilante ...
Elle mettait à poil la société.



Le "super fête à Thouars" ("superfetatoire" vient du latin superfetare : ajouter) "Stufaissoir" avec un "rendève" déjà prévu est superflu !
En 1988, elle crée des personnages pour la série "Agrippine" : Moonlight Mollard, Persil Wagonet, Melfred Potetoze, Mélopée Legroin, Chlorine Bankent, Bergère Leprince, Caresse Benchemoul, Moderne Mesclin, Psyché Chia, Canaan Linchbenj qui parleraient ça comme (avec parfois un "che" sur la langue) de la mort de leur créatrice :
"Ca faich vraimench, bien loin de m'en peigner le cresson en full contrôle tantrique.
Asteure, ça me trousse velu !
Ca faiche, sans mythoner (mentir), il y a de quoi "prendre vapeur" (s'émouvoir), ça me troue (sidère), ça me "prend remous !"
Depuis cette mauvaise nouvelle, je suis vraiment friable !!
- Tu as compris ?
- De quoi tu taukebout ?
- Je m'esclave à te le dire et toi tu t'en peigne le cresson !

"Quand on fait de la BD, on mène une vie d'escargot."
Bretécher




A sa table à destin, Bretécher, croqueuse de personnages avachis ou agités, révèle les tics du moment, relève les travers de l'époque opaque.
Son trait graphique vif, inventif, innovant, insolent illustre parfaitement les adulescents lassants, les frustrés sentencieux, les ados torturés, les adultes butés ...
Son langage décalé, sa tournure d'esprit, son sens de la formule, ses néologismes jubilatoires ont donné de nombreux mots inventés, détournés.
Bretécher a crée un argot d'aujourd'hui, un jargon expressif. Elle a décortiqué le vocabulaire avec ses mots tordus et "tordants" !
On peut louer aussi ses raccourcis, son sens du dialogue. Elle se penche sur ce qui nous plait, elle panse nos plaies. Telle une "bobologue" du lexique, elle joue avec nos maux en créant des jeux de mots nouveaux, des néologismes facétieux.
Cette belle dame (sa moue moqueuse, son sourire ironique, son regard magnétique), à l'âme jolie, à la langue fleurie, "envoyait le pâté" !




Elle aimait écouter Terry Riley et Arvo Part, alors après avoir lu ce message allez donc retrouver votre chaine hifi et posez sur la platine le roi de la musique planante répétitive et celui de la musique minimaliste sacrée, et écoutez religieusement.
Cela crée des liens et ça fait du bien !!!
- C'est "Claire" !
"Il n'y a rien à dire d'elle que son nom, et son nom dit ce qu'elle est, ce qu'elle donne : Claire, Clairière, claire-voie, clairvoyant, éclair, éclaircie ..."
Chritian Bobin ("Le très-bas") décrivant la femme de Saint François d'Assise.


-"Quel antidépresseur manges-tu ces jours ci ?
- De la rigoloft. Une vraie daube. Zéro. Nul. Caca !
- Mais enfin, demande à ton psychiatre d'en changer.
- Impossible, les effets indésirables me font trop de bien."
"Agrippine déconfite"



Je me souviens de mes années BD, les "seventises" que j'ai dévoré comme des smartises ! Ses "gnan-gnan", ses "frustrés", te développaient le sens critique.
Sa "Cellulite" (un de ses personnages du moyen-âge) ne te faisais pas grossir mais te grandissait l'imaginaire et le vocabulaire.
J'ai aussi en mémoire un dialogue entre elle et Pivot dans son émission "Apostrophe" :
- "Pourquoi vous moquez-vous du féminisme ?
- "Parce qu'à un moment, j'en ai eu marre, les feministes sont devenues dogmatiques et ennuyeuses."
En 1972, elle crée avec ses potes de "Pilote" (Gotlib et Mandryka) "l'écho des savanes" (des "ça vanne ?").

"Ode à Claire Bretécher"

"L'eau claire de ses yeux
nous fait chanter.
Son nez fin et grâcieux,
nous fait rêver ...

Ses cheveux doux et blonds
nous éblouissent ...
Son sein joli et rond
est un poème ...

Alors pourquoi ? ... pourquoi ?
(Que Dieu nous perde)
Dessine t-elle si bien que ça ?
Elle nous emmerde !"

Gotlib

Mandrika est russe d'origine et il adore, lui aussi, inventer des mots (lire "les aventures potagères du Concombre masqué" :
"Badibulguer" : aller de ci de là, berduler, détruire, transformer ! 
"Berduler" : errer sans but (sans détruire, sans transformer).


Allez bon vent !
Salut les frustrés, les gnan-gnan !
"Bretzel liquide", "rendève" vers le 15.09 !
Yamasté !!

jeudi 30 janvier 2020

"Peter : the doctors gave me no chance"

"Le rire est un exutoire et je ne comprend pas qu'on dise qu'il ne faut pas rire de ce qui fait mal. Ça fait moins mal quand on a ri."
Pierre Desproges
Un jour de printemps 2019, j'écris ceci :
Comment rester confiant devant un cancer foudroyant ?
Que faire face à une monstrueuse tumeur tueuse, une réalité généralisée qui métastase à tout va ?

Tu avais tout pour toi, une gueule de cinéma, de l'humour. Tu étais jovial, sociable, chaleureux, curieux et tant d'autres choses encore ... Tu aimais le sport : vélo, ski, natation.
Tu écoutais "Ça ne peut pas faire de mal" sur "France-inter (des extraits de livres sont lus par Guillaume Gallienne et ses invités lecteurs).
Le générique est classieux, c'est un admirable mouvement lent du concerto en sol pour mandoline de Vivaldi.
Tu es parti et pour l'instant, à chaque fois que je joue ce Vivaldi sur ma guitare, j'ai la larme à l'œil !




Expressions.
Baigner dans son jus : être comme un poisson dans l'eau.
Être dans son jus : comme neuf, dans son état d'origine.
Être dans le jus : être dans le coltar (avoir la gueule de bois), on macère dans son jus (l'alcool).

Dans l'eau de là ... bas (une rivière, l'océan), ça roule ça coule et où que tu sois, je t'imagine à l'aise, "dans ton jus", comme sur ton vélo. Tu dirais : "Ah ! c'est excellent."

Et ici, sur terre, l'amie Katie me raconte cette histoire naïve :
"Deux tomates traversent l'autoroute, la première passée de l'autre coté se retourne et dit à l'autre : Ça va Juju ?
Juju ne répond rien car elle est complètement à plat. Elle en écrase et macère dans son jus (à moins qu'elle ne soit morte) !

Glen Baxter ramène sa fraise ou plutôt son orange !
Même les agrumes orangés s'écrasent devant le chemin de fer qui va à un train d'enfer :
"Fruits en danger de mort : l'orange."



Amarcord (je me souviens) :
De ton visage joyeux à l'écoute des voix graves des moines tibétains de Guyto (musique sacrée avec ses "surprenantes" interventions de cymbales venant vérifier que tu ne dors pas).
Amarcord qu'au salon de la "maison où rêvent les arbres" , le baobab, l'arbre à conte, s'était invité et que tes pouces se régalaient à jouer avec les lamelles du "Piano à pouce".
Ce duo rigolo "baobaba" que nous formions le temps d'une impro, était branché sur le même tempo, le même propos !
Amarcord que je t'expliquais comment les luthiers d'Afrique fabriquaient l'instrument ("les lamelles en métal sont des rayons de roue de vélo aplaties").
Je te conseillais les piano à pouces du luthier Jean-philippe Minchin qui récupère des boites de sardines, y perce un petit trou et voilà un effet "wah-wah" peu onéreux.
Mais comme le temps passe vite, à cette époque tu étais loin de penser qu'il ne te resterait que peu de temps à vivre !
Aucun de nous deux n'est (ou n'étais) un homme moderne terne :



Pour les restants :
C'est pour ceux qui restent que l'affaire se gâte.
La tristesse te gratte puis te démange, l'absence d'un proche aimé dérange.
Pour les parents qui "perdent" leur enfant, ce n'est pas dans la logique des choses, cela doit les marquer pour le reste de leur vie.
L'oubli est comme une seconde mort, alors il vaut mieux redonner vie au disparu, en pensant simplement aux bons moments partagés, en les visualisant, sans tristesse, sans cultiver le pathos. On peut aussi vivre avec lui des moments inédits de vie d'aujourd'hui. Comment aurait-il réagi face à tel événement ?
Il suffit d'un peu d'imagination, de mémoire et d'empathie.
En puisant dans nos réserves de joie, on peut faire le choix, parfois, de sourire pour moins souffrir.
Ne devenons pas des morts vivants !
Écrivons sur le sujet avec des mots vivifiants !

L'appartement de Pierre est vide, ses parents sont fourbus, la vie continue !
Ces dernières années, il a vécu là, près de Lille, à "La madeleine", cette madeleine amère ("l'amas de peines"), ses parents ne pourront pas l'oublier.
Elle restera gravée au plus profond d'eux-même, cette fin de vie si difficile de leur fils unique.


Les morts sont désarmants, les morts sont des aidants.
Comme le dit si bien Christophe André :
"Dans la vie, il n'y a que deux grandes certitudes : Je vais mourir un jour, c'est moche et c'est triste. Pour le moment, je suis vivant, c'est joyeux et merveilleux !"
Acceptons l'une, savourons l'autre.


Crédits illustrations ... :
Geluck avec son chat intelligent, Glen Baxter avec son "orange no chance" (c'est de sa faute, elle est toujours pressée), Pierre Desproges le "non chat lent" et Claude Serre avec son torero qui en fait taureau.

... sonores :
Les moines de Gyuto en tenue orange et rouge tomate, tout en relief comme les monts tibetains, et leurs voix rauques (chant harmonique sacré : plusieurs voix à la foi) qui traversent tout (les "voix ferrées" et les "autres routes" aussi).
Les symboles et les cymbales mènent le bal, les voix qui guérissent font en sorte que tu te sentes moins mal. La sonorité grave des voix éloigne le mal, le "charme à Monique" agit, ses harmoniques niquent les maux, plus aigues, elles harmonisent le rapport Yin-Yang, Mars et Vénus s'accordent, la santé revient (de loin) :
"C'est grave Docteur ?
- Non, c'est aigu !"
Comme dirait Glen Baxter à "Peter Singlou" :
- "The doctors gave me no chance".

Tu allais toujours par monts et par vaux. Au Paradis, profites-en pour bien réécouter ces moines aux voix graves et profondes, calmantes et revigorantes.



Yamasté !
Bon vent, bon chant !!

mardi 14 janvier 2020

"L'âme-hors de Pierre"

"Je voulais parler de la mort, mais la vie a fait irruption comme d'habitude."
Virginia Wolf
Voilà c'est fini, Pierre est parti !
Déjà, il nous manque. L'émotion ne manque pas, elle, mais les mots, si. Aussi vais-je laisser les écrivains les dire à ma place.
D'abord Victor avec qui je suis d'accord et puis avec l'Emil qui met en plein dans le mille !
"Les mots manquent aux émotions."
Hugo
"La peur est une mort de chaque instant."
Cioran  
Dans nos hôpitaux, on n'écoute pas souvent la musique de Mozart (notamment "La flûte en santé").
Pour les mots et pour Mozart rien ne vaut Eric Emmanuel Schmitt dans "Ma vie avec Mozart" :
"... on agonise autour de moi ... Si au moins ces décès étaient prompts.
Au lieu de cela, les médecins, impuissants à enrayer l'érosion des défenses humanitaires, ne parviennent qu'à ralentir la maladie. Conclusion ? Ils allongent les agonies. Les patients sont condamnés à s'affaiblir, maigrir, perdre leurs cheveux, leurs muscles, leur vitalité, leurs capacités intellectuelles ; ils se voient infliger cette honte supplémentaire d'endurer une sénilité accélérée en attendant l'issue définitive. Que de temps laissé au découragement, à l'angoisse ..."
 "Je suis las, Mozart, si las. Les couloirs d'hôpitaux n'ont plus de secrets pour moi, j'en sais les rites, les horaires, les odeurs, les bruits feutrés, le peuple infatigable des infirmières en galoches, les médecins fugitifs au front barré par les soucis, les chariots chromés avec leur bimbeloterie de médicaments inefficaces, les râles qui parfois s'échappent des chambres, les familles plombées qui stationnent devant la porte en craignant le malade ; je frissonne un moment ou le jour glisse dans la nuit, quand l'angoisse va saisir les patients et qu'il faudrait se trouver auprès de chacun pour lui tenir la main, le bercer, lui raconter une histoire."



Désolé pour l'ambiance anxiogène, je propose que l'on fasse le choix de la joie, je serai plus à l'aise.

Le saviez-vous ?
Pierre se casse, cela me fait penser à ces jeux de main malins d'autrefois :
Celui de "Pierre, papier, ciseaux" (feuille recouvre le puits, ciseaux coupent la feuille, pierre casse la paire de ciseaux ..) ou à ce jeu d'origine italienne (comme toi Pierre) de la "morra" ou de "la mourre" ou encore "chifumi" (deux joueurs se montrent simultanément un certain nombre de doigts tout en annonçant le nombre total de doigts montrés).
Si par exemple, un joueur A montre trois doigts et dit : 5 et si le joueur B montre deux doigts et dit 6, c'est A qui gagne (3 plus 2 égale 5).
Les chinois jouant au "chifumi" vont jusqu'à rajouter une maxime de circonstance :
Six : "6 pieds de terre suffisent au plus grand homme." ou "6 jeunesse savait, 6 vieillesse pouvait."
Deux : "2 avis valent mieux qu'1".




Crédit dessin : Serre et Geluck !
Yamasté !

samedi 29 juin 2019

"Philosophie : Serres nous à voir !"


"Tous les dragons de notre vie sont peut-être des princesses qui attendent de nous voir beaux et courageux;"
Rilke
Au lieu de prendre une pose selfy, choisir plutôt de poser son regard sur les belles choses. Serres nous surveille du coin de l'oeil  :
 "Dites, qui peut reconnaître que la couleur rose de l'aurore caresse comme des doigts, qui, sauf un aveugle clairvoyant."


"Aujourd'hui, on prend un parapluie parce que la télé a dit qu'il allait pleuvoir. Autrefois, on aurait regardé le ciel."
Changer de point de vue.
La pluie tombe et fait des claquettes, c'est comme ça, on n'y peut rien. Par contre, on peut choisir un autre angle de vision. Par exemple, prendre celui de la météo perso (état de mon moral : ensoleillé ou nuageux). C'est simple et imagé, c'est ça qui nous plaît !
Aujourd'hui, on prend des antidépresseurs parce que la déprime pointe le bout de son nez. Au lieu de regarder son nombril en pleurnichant, mieux vaut se régaler les yeux et la tête en visionnant un DVD des "Marx Brothers", pantins en patins qui laissent pantois ("Les Marx Brothers au Grand Magasin"). C'est désopilant !
L'oeil qui pleure de rire, des scènes à se rouler par terre, c'est l'effet "Marx rollers" !



"Rien n'existe sans le rythme."
Lorsque ses excellentes citations, me reviennent en tête, j'entends sa voix chantante, bienfaisante, rocailleuse et chaleureuse.
Sa confiance, son regard éclairé, sa présence, son écoute concentrée, tout cela apaise et met à l'aise.
"La musique n'est pas un savoir mais un puits d'où sortent toutes les inventions possibles. Aussi la philo."
"Je crois qu'un lac, un saphir, qu'une pierre vulgaire, une portion de ciel, un sérac bleuâtre, que la mer aux sourires innombrables, le soleil jaune, le visage chromatique des constellations, la robe striée d'un jaguar, le vol vif d'un colibri, que le corps nu de Vénus me voient tout autant et parfois mieux que je ne sais les voir. Car ils reçoivent, stockent, traitent, émettent de la lumière, brillent comme des yeux."


"Tintin c'est le Jules Verne des sciences humaines."
"L'intelligence, c'est l'imprévisible."
Pimpant "perlinpainpain" !
"Si vous avez un pain, et si moi j'ai un euro, si je vous achète le pain, j'aurai le pain et vous aurez un euro ...
Mais si vous avez un sonnet de Verlaine, ou le théorème de Pythagore, et que moi je n'ai rien, et si vous me les enseignez, à la fin de cet échange là, j'aurai le sonnet et le théorème et vous les aurez gardés.
Dans le premier cas, il y a un équilibre, c'est la marchandise, dans le second, il y a un accroissement, c'est la culture."


Vous voyez, c'est toujours un affaire de regard.
L'esthète de l'art (sans oeillères) est toujours plus intéressant que l'esthète à claques !

"Le jamais vu"
Serres était pour la paix et contre le pessimisme.
Des chiffres à l'appui :
"75 ans de paix en France. Ce n'est jamais arrivé dans notre histoire.
80 ans d'espérance de vie. Ce n'est jamais arrivé dans l'histoire !"

Au clic épatant et au chic type !
"Un renseignement, une citation pouvaient coûter des journées de voyage et des heures de recherche.
Chic, aujourd'hui, un centième de seconde pour le même résultat !"
Dans cette époque épique opaque, la société est désenchantée et désadaptée ! Faisons le pas de côté !
C'est tout vu : mettons en place la proposition de Gébé :
"On arrête tout, on réfléchit et c'est pas triste."
Voilà, à bientôt, à la revoyure !!


Crédits illustrations :
La photo de Maurice Baquet protégeant son violoncelle est de Robert Doisneau, les dessins avec Tintin sont de Geluck et le "nez à la fenêtre" est de Gébé.
Yamasté !

samedi 15 juin 2019

"Philo Serres atout"

De la fenêtre de ma chambre, je me régale de cet heureux spectacle de bambous qui dansent sous l'influence d'un vent à décorner les boeufs.
Pendant ce temps là, à Paris, un autre vent souffle pendant le tournois de Tennis de Roland Garros.
Le joueur de baballe qui mène le bal d'une façon magistrale (mais sans être original), c'est "Rafale Nadal" !
J'avoue avoir comme préférence la danse végétale !
  
"Être gourmand c'est trouver l'exceptionnel dans le quotidien."
Michel Serres




Mort du philosophe.
88 ans, c'est un bel âge pour aller voir l'autre côté du miroir.
Enfant, pendant la guerre, Serres aidant se fait du mauvais sang et souvent serre les dents ! Alors les chants guerriers faut pas lui en parler :
"Ces paroles ignobles de la "Marseillaise" où l'on parle du sang impur des ennemis, qui est un mot d'un racisme tel qu'on devrait avoir honte de l'enseigner aux enfants."
"Allons enfants de la batterie, le jour de foire est arrivé ..."
C'était un académicien étonnant, pacifiste (refusant de porter l'épée "d'agagadémicien"), un conteur agenais pas gêné d'utiliser son accent, un bon vivant bien vibrant, un troublant trublion à la voix chantante, un "comédien" épatant, à l'esprit espiègle, amoureux des sciences, des saveurs, manieur de mots, génial touche-à-tout, le regard ouvert sur le monde et mélomane !
"Le vieux proverbe militaire dit vrai :
Nul ne va jamais plus vite que la musique.
Et Woodstock précède Facebook."


"Musique, délivre-nous de la douleur.
Musique, délivre la joie de nos émotions."
C'est bon à savoir :
"Le savoir rend heureux, le savoir rend libre."
"Nous dépendons de ce qui dépend de nous."
L'homme pou rit !
"L'homme est un pou pour l'homme."
C'est troupeau pour être vrai !
"Nous pensons désormais par troupes et troupeaux."
- La vie superficielle ou "super si fiel" ne fait pas de jolies musiques, me souffle mon "alter-écho" !
- L'écoute du silence invite à être en paix et c'est ainsi que ... :
"La vie profonde compose une partition."


- Môme, déjà, je pratiquais la "philo-Serres atout" !
- Comment cela, ami du yoga ?
- Avant de devenir prof de yoga, j'allais souvent nager en piscine.
Heureux un poisson dans l'eau, je pratiquais mes 40 longueurs de bassin de 25 mètres comme qui rigole !

"C'est pas la mer à boire !"
En 79, près de Grasse dans les Alpes-maritime, un pompier (mari d'une cousine) m'invite à traverser le lac local. Vu du bord, les pieds dans l'eau, la distance me parait raisonnable.
J'accepte de le suivre.
Pour l'aller, "l'allié Daniel", pimpant pompier parait glisser sur l'eau, je garde une certaine distance. J'arrive un peu fatigué sur l'autre rive. Mon guide me propose de prendre une pause.
J'ai faim, on est loin d'Andernos et ici on ne trouve même pas de salicornes pour se rassasier. En plus, à l'époque, je ne connais pas cette ville du Bassin d'Arcachon.
Du temps passe et nous voilà reparti pour une interminable traversée, le trajet retour me parait beaucoup plus long. A mi-chemin, je fais la planche et je me marre en me remémorant cette histoire de mer :
"Un type traverse la Manche à la nage.
Arrivant devant les falaises de Douvres, il se dit :
- Je commence à être fatigué, je vais faire demi-tour !!"
En 82, sur une plage aquitaine, j'ai découvert la vague qui divague et qui parfois peut t'emmener au loin (Portugal). J'ai eu la chance de me trouver dans une baïne coquine mais au bout du rouleau.
L'océan était calme, je me suis mis à remonter le courant kidnappeur avec une régularité de métronome et je m'en suis sorti. M'enfin ! comme dit Michel Serres :
"Nul ne sais nager avant d'avoir traverser seul, un fleuve large et impétueux ou un détroit, un bras de mer agité. Il n'y a que le sol dans une piscine, territoire pour piétons en foule."



Serres n'aimait ni le "c'était mieux avant !" ni l'esprit de sérieux !
"Chères petites poucettes, alors ... c'est tellement mieux aujourd'hui :
La paix, la longévité, la paix, la sécu, la paix, l'hygiène et les soins palliatifs, la paix, ni service militaire ni peine de mort, la paix, le travail allégé, la paix, la communication partagée ..."
"L'esprit de sérieux, vous le savez, c'est le commencement de la sottise, à l'inverse, le rire est le commencement de l'esprit."
Allez, je me fais la belle (de Louis Chédid) :
"J'préfère mourir en buvant la tasse
que de finir à Alcatraz.
Pour qui ne connait que la brasse,
New-York, c'est pas la porte en face ...
Et je chante en faisant la planche,
au milieu de l'Océan immense ...
Je ne suis fait la belle ..."
La suite à venir dans la prochaine chronique.
Crédits dessins :
La caricature est de Thierry Coquelet, dessins détournés et le Chat sont l'oeuvre de Geluck.

Chers amis, bon vent !
Caresses et bises à l'oeil !!
Yamasté !


samedi 8 décembre 2018

"VIP RIP (vieil hippie reste en paix)"

"D'heure en heure,
l'apiculteur se meurt.
Il a eu son heure,
il a fait son beurre.
Api apiculteur !"
Bashung et Fauque


Cela a eu lieu cet automne :
Mort du journaliste Philippe Gildas (82 ans), le phare breton de "l''infotainment" (l'info présentée sans se prendre au sérieux) sur la chaîne "Canal plus".
"La vie passe et la mort c'est dégueulasse !", déclarait Gildas la classe !
Ses dernières volontés (citées de mémoire) :
"Quand je serai mort, je serais d'accord pour que l'on m'incinère, comme un nain connu. Puis on dispersera mes cendres un peu partout au hasard et en rigolant !
Formidable !"
Il était contre la retraite et contre la mort (qu'il trouvait inhumaine) !
Sur la chaîne Canal plus, il était incontournable, éloquent et d'un autre temps. Il n'avait pas besoin d'avoir la tchatche d'un coach en speech sur la pèche!
1987-1997, pendant une décennie déchaînée, il a permis à de nombreux talents de s'exprimer :
Les Nuls, les Deschiens, les Guignols, le Zapping, Groland, Karl Zéro, Poelvoorde, Bonaldi, Vandel, Chalumeau, Wizman, Berroyer, Algoud, Garcia, Gaccio, Coluche, Antoine De Caunes ...
On a ri tellement à tant de moments vraiment hilarants, à tant de "pignolades", de poilades, de gaffes, de baffes, de traits d'humour, de calembours, de moqueries, de parodies, d'idioties, de "pignouferies", de conneries, d'excentricités, de trucs osés et insensés, d'absurdités, de paillardises, de grosses bêtises et de hautes sottises que l'on ne peut que lui dire merci !



"Deux dames âgées discutent :
- Et votre mari, toujours mort ?"
Satané Stan Lee ! Comics tristes !!
Mort de Stan Lee, le père de Spiderman. Au paradis, le roi des super héros est appelé à régner. Là haut, tissera t-il sa toile ?
Il meurt à l'âge de 95 ans. Quand on a des super pouvoirs, on meurt super tard !
Ado, je lisais sa prose dans le magazine "Strange" !
A l'époque, dans un autre genre, j'allais aussi voir les films d'un super karatéka qui cassait des briques et brisait des os en faisant de petits cris d'animaux, il avait le même nom (prénom Bruce) !
Lui aussi travaillait dans les acrobaties et la justice, c'était un ovni qui gagnait à tous les "nunchakus".
Les héros des éditions Marvel , malgré leurs forces restaient humains (avec leurs faiblesses, complexes, détresses qui pouvaient laisser perplexe).
Il avaient pour noms :
Spiderman, Iron man, Xmen, Hulk, Thor, Black panther, Avengers, Daredevil, Captain America, Ant man, Doctor Strange, Captain Marvel, Silver Surfer, Stan the man ... non, ça c'est le surnom qu'il se donnait !




Le saviez-vous ? : on est tout petit. Terrien, t'es rien et si en plus t'es pas humain et pas concerné alors ...
Dans notre galaxie, il y a entre 100 et 150 milliards de planètes et dans l'univers, on trouve entre 100 et 150 milliards de galaxies !
... témoin que rien !

"Charlie lambeau"
Dommage qu'ils n'aient pas eu de super pouvoirs marveleux,  mes amis rigolos de "Charlie hebdo" !
Je suis en train de lire le passionnant et si émouvant livre de Philippe Lançon (rescapé de l'attentat du 7 Janvier 2015) : "Le lambeau".
Moins d'un an avant, mourrait Cavanna :
"Je n'ai raté aucune de ses dernières chroniques, de plus en plus brèves, où il contait avec rage et humour son Parkinson et son déclin.
Un jour, Charb me dit avec un sourire réjoui : "encore une chronique qui déménage. Il écrira jusqu'au bout, il ne va rien nous épargner et tu verras qu'il continuera encore au fond du trou, qu'il nous parlera de la vie des asticots."
A propos de trou, les scientifiques annoncent le retour du trou de la couche d'ozone, cette dernière s'était refaite une petite santé et va contribuer à nous exterminer.
Ce sont les asticots qui vont être content !


"Mulla Nasreddin toujours aussi paresseux, passe son temps à ne rien faire.
Un ami passe le voir et lui dit :
- Qu'est-ce que tu fais en ce moment ?
- Je cherche le moyen de ne pas mourir, répond le mulla !
- Et ça marche ?
- Jusqu'à maintenant, oui !!!"



Vers la fin du cacapitalisme ?
Contre les casseurs de manif "Gilles et John", "Macaron marron" oppose les "Brigades du Tigre" (police organisée par Clémenceau, dit "le tigre" en 1907) !!
Je suis pour l'écho logique pacifique et contre les causeurs de troubles, les casseurs, les censeurs auto-ritaires. Je suis mon petit bonhomme de chemin avec mon esprit de yogi gandhi kiri !

Voilà, pliez vous en deux, riez aux larmes (c'est bon pour les yeux), étirez vos zygomatiques, mourrez de rire puis prenez la posture de circonstance : Savasana (le "cadavre" est la posture de relaxation) car tout cela, c'est aussi du yoga !
Yamasté !!

Crédits dessin : 
Glen Baxter, Steve Ditko (Spider-man) et Cabu !