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mardi 1 juin 2021

"Mémoire de yoga n°44"

Le yogide dit souvent :
- Accorder son corps, lui accorder toute son attention afin de disposer de la juste tension.
- Muscle que l'on force entraîne faiblesse.
- S'efforcer sans se forcer.
- Articulation qui n'articule pas, s'use.
- Le corps, il faut en sentir le rythme et le tempo !
- Quand on l'ausculte, le corps exulte !
- Quand on le sculpte, il devient culte !
- S'accorder .... une pause, prendre son temps.

Deux mots clés du yoga sont trop souvent moqués par des profs qui pratiquent "l'annonce lumineuse" (chercher à éblouir sans vouloir éclairer) !
Ces mots sont "Sahaja" (spontané et naturel) et "Ahimsa" (pacifique, paisible) !
Le yogide, par sa pratique personnelle, voit sa sensibilité se développer, s'affiner.
Il sent les vibrations de sa séance, il l'improvise, il compose avec les éléments !
Comme dans la musique de l'Inde, les "ragas" sont improvisés à partir d'un mode (une gamme en phase avec la nature, avec une saison ou une heure de la journée), la séance de "yogamme" reflète la réalité du moment !

Faut-il vous préciser qu'en aucun cas, il n'est question de diffuser de la musique pendant une séance. Comment, dans ces conditions, être à l'écoute de soi-même ?

"Propos du musicien :
Rechercher des sons aussi riches que des mots
afin que la musique puisse nous parler."
Y.M

- Monsieur Meynier, peut-on vivre mieux grâce à la musique yogique ?
- Oui, même vivre plus ou plutôt, disons de bien vivre le moment présent tout simplement.
On ne vit intensément que dans des moments surprenants. Sans cela, on va et vient, on lave sa voiture, on se tient au courant d'une oreille distraite, bref, on ne vit pas pleinement son présent, sa réalité.
La musique, le yoga sont faits pour nous remuer, nous sortir du quotidien. Rire aussi, ça permet de se distraire de soi, c'est une façon de vivre dans la joie.

"Le rire est le meilleur professeur de piano. Faire rire les touches est le summum de l'art pianistique."
Malcolm de Chazal 
Yamasté !!




Esprit d'escalier.
Normalement, un déménageur ça a des méninges, est-ce que ménager ses méninges c'est efficace ?semble dire l'escalier. Va falloir la jouer serrée, "piano piano", cette affaire là, si on veut que ça passe sinon bonjour la casse !

Voilà, c'est fini, c'était le dernier article de la rubrique "Mémoire de yoga", formule digitale du mémoire de fin de formation de Yoga (rédigé durant l'année scolaire 1988-1989 et soutenu en septembre 1989) !
Sur toute cette série, je n'ai pas inclus les illustrations d'origine mais j'ai rajouté des commentaires, histoire d'actualiser ce mémoire de plus de trente ans d'âge.
La couleur violette représente jadis, le noir, c'est pour aujourd'hui !
Je pense que de rire, sourire, jouer avec les mots, est important, car cela évite de jouer le "fier à bras", de faire du prosélytisme !

Namasté !!!

samedi 15 mai 2021

"Mémoire de yoga n°43"

"YOGIDARISTE"

Je cherche à donner vie à des potentiels artistiques.
J'enseigne la guitare.
J'enseigne le yoga.
De ces deux expériences est né ce concept :
- Yogidariste, c'est ce que je répond lorsque l'on me pose la question : Quel est votre métier Monsieur Meynier ?
- Yogidariste est un néologisme qui associe deux autres néologismes : Yogide et Guidariste !

Le guidariste est, comme son nom l'indique, un guide guitare. Il apprend à l'élève comment se prendre en mains, il montre du doigt ce qu'il ne faut surtout pas faire. Il l'encourage à trouver sa voie.
Le guide Yoga apprend à l'élève comment s'élever spirituellement, sans se mettre le doigt dans l'oeil !

"Si le guitariste se ronge les ongles, il s'en mord les doigts ensuite."
Y.M

Tôt ou tard , on arrive à maîtriser la guitare. Pour l'homme élégant, la maîtrise de cet instrument enchanteur est à sa "portée", c'est "dans ses cordes".

"Le yogi considère son corps physique comme un instrument pour effectuer le voyage vers la perfection."
Vivekananda

Le yogide est un "chef d'corps-chestre".
Dans le corps-chestre, chaque corps est un instrument particulier, on y trouve toutes sortes d'instruments à cordes : violon, violoncelle,  guitare, sitar ...Mais aussi des percussions (internes : les battements du coeur, extérieures : le rythme de la séance impulsé par le yogide)... et des instruments à vent (importance de la respiration, postures qui chassent les vents) !
Chaque posture est une note de musique. Le chef d'corps-chestre fait jouer au choeur, les notes d'une mélodie. Le yogide choisit de préférence de jolies mélodies qui effacent les sales maladies.
Le yogide veille à ce que le rythme soit toujours respecté car c'est un élément fondamental de l'harmonie.
Le yogide est conducteur d'énergie musicale.
Lors d'une séance de yoga, tous les participants sont "transportés" vers un ailleurs meilleur.
Le yogide conduit aussi des poids lourds et les amènent à se diriger vers la "soutenable légèreté de l'être".
Le yogide est là pour aider le pratiquant à se débarrasser de ses lourdeurs d'esprit et de corps.
Il doit lui permettre d'oublier ses complexes, ses soucis, pour se découvrir une intelligence spirituelle et corporelle.
Le yogide apprend aux élèves à s'accorder avec eux-même et avec les autres.
Il donne à l'humain des outils pour lui permettre de se débarrasser de tous les soucis accumulés.
Il sait que dans la médecine chinoise, le corps est assimilé à un instrument à cordes.
"Le musicien touche par instant la chair de sa vie."
Isaac Stern (violoniste virtuose)

 


Jouer de la musique pour vivre mieux, pour manger, pour distraire, pour instruire, pour le karma, pour arriver à faire quelque chose de ses dix doigts, pour passer du "nourri son" au "poli-son" !

Jouer avec la musique pour mieux se connaitre, pour stimuler le cerveau (toutes les zones cérébrales sont sollicitées et nous font vibrer lorsque l'on pratique le yoga du son et la musique yogique), pour être juste, présent, soi-même (afin d'être juste présent à soi-même) !!!

illustration : Serre.

Bon vent !
"Yamasté"

lundi 1 mars 2021

"Mémoire de yoga n°42"

Les musiciens végétariens ne sont pas durs de la feuille. De la musique à la posture de l'arbre, il n'y a qu'un pas que nous allons franchir allègrement :
"La musique, que nous rangeons parmi les arts les plus raffinés, est en fait le plus ancien de tous et le plus primitif quant à l'intention qui l'anime. Il tire sa source des pulsions et des rythmes essentiels de notre planète, des bruits du vent et de l'eau, de l'air et du feu.
C'est des éléments que l'homme primitif a appris le rythme en entendant les percussions produites par la nature, le choc régulier des vagues sur le rivage ou le frôlement de la brise dans les branches."
James Galway

Après le flûtiste, voici les poètes :
"J'ai laissé pendre ma guitare dans les branches. Le vent chante tout seul, écoutez sa chanson. Il dit :
Je veux, moi, vent, moi le vent sans maison me reposer en toi guitare aux belles hanches et toi tu nageras comme un poisson au ventre blanc de ce ruisseau de sons."
Lanza del Vasto ("Le chiffre des choses").

"Quand on dessine une branche d'arbre, on doit entendre le vent souffler."
Kawabata







Nous avons plusieurs cordes de guitare à notre arc de Shiva, allons à la rencontre  de J. Urshalmi, professeur et guitariste iranien.
Il nous parle de relaxation dans  le cadre de cours de guitare :
 "Il n'y a pas de relaxation sans respiration, sans une bonne posture du corps, sans une tenue de l'instrument qui s'adapte au corps (et non l'inverse) .
Un élément vient à manquer et tout se fausse.
Être relâché, ce n'est pas être mou. C'est être dans la condition de fournir au moment voulu la puissance demandée par la musique à travers soi.
C'est pouvoir doser l'effort musculaire qui se traduit par une contraction, certes, mais une contraction aussi brève que nécessaire.
Apprendre la relaxation, c'est apprendre à ses muscles à se contracter et à se relâcher dans un temps donné, le plus souvent très court.
Un apprentissage consciencieux se doit d'être très vigilant quant à l'effort minimum."

La pédagogie est l'art de libérer l'élève de ce qui le gêne pour être lui-même, de l'aider à trouver (ou retrouver) le courant de ses aptitudes physiologiques naturelles (et émotives), puis de le rendre à la musique, à sa musique.

"L'égoisme met les sens en aparté, comme un orchestre ou chaque musicien jouerait pour soi."
Malcolm de Chazal
Namasté !

"A chacun sa route, à chacun son chemin,
A chacun ses doutes, à chacun son chagrin,
à ceux qui sont "out", je dédie ce refrain" :
à U-Roy et à Tonton David."

Tonton David est mort à 53 ans d'un AVC !, les amateurs de reggae, de raggamuffin et de dance-hall (variantes du reggae) sont tristes. Pour ceux qui ne le connaissait pas, il avait collaboré à la BO du film "Un indien dans la ville"  ... passe à ton voisin, en trio avec Manu Katché et Geoffray Oryema (triste ) !

U-Roy meurt à 78 ans, fameux DJ jamaican chanteur engagé (de la génération de Marley) se faisait appelé"Daddy U roy" mais c'était aussi le grand-père du dub, du rap, du dance-hall et voir même de la jungle, de l'électro et du trip-hop (avec Lee Perry, ils traficotaient tous les morceaux instrumentaux en faisant le plein de "basslines" et chambres d'écho), le "Godfather" meurt d"un arrêt du coeur !

Et pendant ce temps là, la "French touch","l'électro-cardiogramme" ne sème plus, les Daft punk se séparent, marre de porter le casque en plus du masque !

"Get lucky", "One more time" !



mardi 16 février 2021

"Mémoire de yoga n°41"

 

Conseils d'un musicien pédagogue !

Jouez uniquement ce que vous aimez et ayez du goût :

- Le goût de l'effort :
Tout faire pour réaliser son idéal sonore, non pas pour la réussite à tout prix, mais parce que dans la vie, rien ne s'obtient sans plaisir ni don de soi. J'utilise le mot plaisir et non pas le mot travail car comme dit Gurdjieff :
"Il ne faut pas travailler mais avoir du plaisir."

- Le goût du travail bien fait :
Etre l'artisan de sa réussite, ce n'est pas pour la gloire ou par vanité, mais parce que le bien-être de tous procède au travail (plaisir) de chacun.

- Le goût du beau, du bon :
Parce que la recherche du beau suscite la beauté, la diffuse, la crée.
Faire d'un don du bon !

- Le goût de ce qui grandit.
Ce n'est pas celui de l'ambition humaine ou dominatrice, mais parce que ...  :
"Toute âme qui s'élève, élève le monde."
Gandhi

Eviter les mauvaises habitudes et guetter les bonnes car, comme dit le proverbe chinois :
"L'habitude commence comme une toile d'araignée et se termine comme un câble d'acier."

C'est cette première impression insaisissable et presque intangible de quelque chose de positif et qui, vous le savez, débouchera sur des moyens solides qui vous permettrons de surmonter les difficultés.
Il ne faut jamais relâcher l'effort dès que l'on résout un problème.
Cet élément de foi dans le travail-plaisir poursuivi sur une longue période est un des efforts les plus importants permettant de résoudre les problèmes !
Accordons nos violons et laissons parler le violoniste virtuose Yehudi Menuhin :

"Mon principe fondamental quand je joue est à la fois simple et universel : c'est la recherche de l'équilibre.
On peut approcher du bon équilibre en prenant conscience qu'aucune partie du corps ne bouge sans qu'il n'y ait une réaction correspondante ou une compensation dans une autre partie du corps, au même titre que la chute des feuilles mortes modifie l'équilibre de la terre. L'objectif est de parvenir à une perception des déplacements et des équilibres les plus fins."

Menuhin, on ne pouvais pas dire que le succès lui montait à la tête !



Sentir-voir :
"On apprend à voir avec son corps. Comment sait-on que l'archet atterrit sur la corde de Sol ?
Est-ce parce que les os, les muscles et les nerfs de mon bras prennent une certaine forme ? Ou bien est-ce que je guide l'archet avec mes yeux ?
Je SAIS. Il en est de même des notes que je joue.
Mes doigts s'habituent aux distances. Mon oreille confirme que je joue la note juste, mais ce sont mes doigts, jouant naturellement et aisément, sans tension ni pression sur les distances qui trouvent la note juste. Il faut arriver à jouer du violon d'instinct, mais il faut au préalable une préparation approfondie. C'est un peu comme le vent soufflant au travers des branches, c'est la position des feuilles, chacune selon un angle qui lui est propre, qui donnent au vent sa voix particulière." Gandhi




- Pourquoi vient tu sitar ? demande Yehudi !
- Parce que j'ai du bon tabla dans ma tablatière ! dit Riri sur tapis, aux Tablas sans bla bla !
- Violons de nos propres ailes, dit Ravi !





"Sois le changement que tu veux voir dans le monde."
"Je ne m'intéresse qu'aux qualités des gens, j'ai moi-même des défauts alors comment me permettre de juger ceux des autres ?"
Gandhi
"Dans la vie, le destin compose les chansons et c'est nous qui menons la danse selon le tempo choisi."
Mazouz Hacène
"Qu'importe que je chante comme un âne tant qu'on m'appellera rossignol."
Merci aux intervenants notamment à Gandhi !
Avoir du goût , avoir du "goûrdjieff" !!!

Namasté !

vendredi 14 août 2020

"Mémoire de Yoga n°39"


Suite de mémoire yogique :
Une corde émotionnelle.

Celle-ci doit conserver toute sa sensibilité tout en étant libre de l'identification, de l'attachement aux sensations et de toutes les dépendances.
La fixation émotionnelle excessive émousse la vraie sensibilité mais le détachement et la non-identification ne doivent jamais être confondus avec l'indifférence ou l'évasion. S'ils sont mal compris, ils peuvent dessécher le coeur.

Une corde mentale parfaitement souple, transparente et libre de l'attachement, de l'identification.
Elle doit cesser de vibrer exagérément pour son propre compte.
Ainsi, s'il vibre en harmonie avec ces trois cordes, le yogi est semblable à une harpe vivante.

Le musicien l'entend-il de cette oreille ? Voici le point de vue (ou plutôt d'ouïe) de l'artiste :

Nous naissons tous avec des possibilités, une palette de qualités et de défauts qui créent richesse, mais aussi complexité. Une harmonisation s'impose donc si nous voulons transformer ce foisonnement désordonné en trésor efficace.
Résoudre ses propres conflits est l'urgence de chaque vie, car tout conflit absorbe l'énergie, disperse et empêche l'épanouissement. Capter les forces vitales d'une partition et distribuer l'énergie sans déperdition, ni sur le plan mental, ni sur le plan des gestes physiques à accomplir pour une exécution aisée.
Tout gaspillage ou tout excès non seulement altère la qualité du son et condamne la beauté de l'interprétation, mais peut conduire aussi à des problèmes musculaires aigus.
En débarrassant l'égo des aspects négatifs contrariant l'évolution, l'être peut s'appuyer sur ce qu'il a de positif, trouver sa véritable personnalité enfin épurée de scories nuisibles à son développement.
Par une sensibilité aiguisée, les grands artistes captent plus que d'autres, sans doute, le monde extérieur et leur propre monde intérieur .
Ils peuvent d'autant plus s'effacer devant une partition qu"ils ont retrouvé leur personne, ils sont, ils existent.
La volonté de s'affirmer, vanité, orgueil n'ont plus de raisons d'être, car elles sont souvent des compensations à une faiblesse, un manque de confiance et de sécurisation. Ils n'ont plus rien à prouver, ni aux autres, ni à eux-mêmes pour se rassurer et sont donc plus disponibles.





"La musique est le véritable souffle de la vie. on mange pour ne pas mourir de faim,
On chante pour s'entendre vivre."
Yasmina Khadra
"Petite vitesse et grand doucement", dit le confus suisse observant De Chazal qui traversent un Prévert !
De nombreux êtres humains perdent leur vie à la gagner. Le temps c'est de l'argent.
Le temps passe et on passe dans le temps. On s'agite, vite vite on espère la sagesse mais même si l'on se dépasse, on n'arrive qu'à "sageagiter". On aspire à la lenteur mais le curseur nerveux reste placé bien haut.
On gaspille tant de qualités, les années s'accumulent, en même temps que les ennuis de santé.
Excédé, oxydé, vexé, laminé (en LA mineur), on se dépense trop, ainsi on épuise son capital "énergie".
Beaucoup d'entre nous, ressentent ce "gaspill'âge" !
C'est toujours la même chanson triste, exaspérante, nihiliste, désespérante que l'on écoute, la vie est trop courte, on s'écarte de nos chemins de vie et on oublie d'écouter notre petite musique intérieure !
"On a deux vies. La deuxième commence le jour où on réalise qu'on en a juste une."
Confucius 
"Tous les peureux sont bègues du regard."
Malcolm De Chazal
"Il suivait son idée. C'était une idée fixe et il était surpris de ne pas avancer."
Jacques Prévert
L'homme double voit trouble et on l'entend dire :
"Je ne suis pas schizophrène mais moi si !"

Namasté, bonne santé !

lundi 3 août 2020

"Mémoire de Yoga" n°38

Mémoire de Yoga rédigé en 1989.

Suite de la vie d'artiste.
Les musiciens ne sont pas durs de la feuille.
De la musique à la posture de l'arbre, il n'y a qu'un pas que nous allons franchir allègrement :
"La musique, que nous rangeons parmi les arts les plus raffinés, est en fait le plus ancien de tous, et le plus primitif quand à l'intention qui l'anime. Il tire sa source des pulsions et des rythmes essentiels de notre planète, des bruits du vent, de l'eau, de l'air et du feu. C'est des "éléments" que l'homme primitif a appris le rythme en entendant les percussions produites par la nature, le choc régulier des vagues sur le rivage ou le frôlement de la brise dans les branches."
J Galway


"J'ai laissé pendre ma guitare dans les branches. Le vent chante tout seul, écoutez sa chanson. Il dit :
je veux, moi, cela comme but."

Avant de devenir un bon joueur de "Bhagavad gita'art", s'attacher d'abord à être un bon harpiste.
Pour cela, laissons nous séduire par le charme de la parabole de la harpe, telle qu'elle est explicitée par Robert Linsen :
La parabole de la harpe, fréquemment évoquée par les grands maîtres de l'Inde, est à la fois pleine de profondeur et de poésie.
La signification de cette image doit être perçue par l'intuition et non par la pensée analytique. Le yogi y est comparé à une harpe vivante, formé de trois cordes (les gunas) :
Une corde physique, symbolisant le corps physique.
Celui-ci doit être harmonisé par le yoga permettant une prise de conscience et une maîtrise parfaite. La détente musculaire, nerveuse, psychique et la respiration complète, lente et profonde. L'harmonisation du corps implique également une hygiène alimentaire conforme aux lois de la nature, la redécouverte de la sagesse instinctive du corps dont les possibilités généralement inconnues, sont immenses, la simplification des besoins à tous les niveaux, dans tous les domaines, le respect naturel de la vie.








Rajout pour donner encore plus de goût au ragoût (01.08.2020) :

"Votre corps est une harpe pour votre âme, et il vous appartient d'en tirer une musique douce ou des sons confus."
Khalil Gibran


Je m'étais assis au pied d'un arbre, pour méditer et recevoir l'illumination bouddhiste.
Voilà que passe deux musiciens, ils se posent devant moi et jouent avec leur lyre !
Leur musique semble me dire :
"Lançons nous accords perdus dans une farandole, amusons nous avec des instruments à cordes ni trop tendus, ni trop molles !!!
Car d'un côté (pas assez de tension), cela manque de vibrations et de l'autre (trop tendu), ça casse ... pas des briques !"

"Une église gothique est un accélérateur d'énergie : chaque contrefort de soutien exerce une pression sur les pans de murs. Plus les murs prennent de la hauteur, plus ils s'écartent les uns des autres : ils voudraient basculer en arrière comme les quartiers d'une orange ouverte mais les arcs-boutants corrigent l'accrétion en les repoussant l'un vers l'autre. Les forces ainsi contrariées sont détournées vers le haut et fusent par les veines de l'édifice (colonnes et voussures) pour se rejoindre au sommet de l'oeuvre, jaillissant à la croisée des transepts dans le giclement de la flèche.
Une flèche est un geyser de sève minérale.
Les moellons de l'édifice entier, parcourus par les flux montants, sonnent comme le cristal si on les frappent de l'ongle : ils sont aussi tendus que les cordes d'une harpe.
Une cathédrale est un instrument de musique."
Sylvain Tesson "Notre-Dame de Paris" Ô reine de douleur.

Yamasté !


dimanche 1 mars 2020

"Mémoire de Yoga n° 37"

La vie d'artiste !
Conseils d'un musicien :
Jouez ce que vous aimez et donnez du goût.

Celui qui a le goût de l'effort "s'honore".
Faire tout "sons possibles" ... dans la joie et sans compter son temps, parce que dans la vie, rien ne s'obtient sans plaisir ni don de soi. J'utilise le mot plaisir et non pas le mot travail car, comme dit Gurdjieff :
"Il ne faut pas travailler mais avoir du plaisir."

Le goût du travail bien fait.
Etre artisan de sa réussite, ce n'est pas pour la gloire ou par vanité, mais parce que le bien-être de tous implique le "travail-plaisir" de chacun.

Le goût du beau et du bon.
La recherche du beau suscite la beauté, la diffuse, la crée.
Etre gastronome de sa vie (lui donner du goût), être fin gourmet : peu et de bonne qualité nourrit mais non le contraire.

Le goût de tout ce qui grandit.
Ce n'est pas celui de l'ambition inhumaine ou dominatrice, mais celui de ... "Toute âme qui s'élève, élève le monde."
Eviter les mauvaises habitudes, repérer les bonnes et même, sans juger s'en méfier car, comme dit le proverbe chinois :
"L'habitude commence comme une toile d'araignée et se termine comme un câble d'acier."
Accordons nos violons et laissons parler le violoniste "équilibriste" Yehudi Menuhin :
"Mon principe fondamental  quand je joue est à la fois simple et universel : c'est la recherche de l'équilibre.
On peut approcher du bon équilibre  en prenant conscience qu'aucune partie du corps ne bouge  sans qu'il n'y ait une réaction correspondante ou une compensation dans une autre partie du corps, au même titre que la moindre chute de feuilles mortes modifie l'équilibre de la terre.
L'objectif est de parvenir à une perception des déplacements et des équilibres les plus fins."

Sentir-voir !
"On apprend à voir avec son corps.
Comment sait-on que l'archet atterrit sur la corde de sol ?
Est-ce parce que les os, les muscles et les nerfs de mon bras prennent une certaine forme ?
Ou bien est-ce que je guide l'archet avec mes yeux ?
Je SAIS, il en est de même des notes que je joue. Mes doigts s'habituent aux distances. Mon oreille confirme que je joue la note juste, mais ce sont mes doigts jouant naturellement et aisément, sans tension et pression sur les distances qui trouvent la note juste.
Il faut arriver à jouer du violon à l'instinct, mais il faut au préalable une préparation approfondie.
C'est un peu comme le vent soufflant à travers les branches. C'est la position des feuilles,chacune selon un angle qui lui est propre, qui donne au vent sa voix particulière."  




L'effort le gastronome, donneur d'envie et de goût.
Curieux le chasseur de sons !
Sage le conteur qui ne compte pas seize heures.
Equilibré, le yogi au violon non-violent.

"Toute âme qui s'élève, élève le monde."
Je n'ai pas cité "l'hauteur" parce que selon les sources, on attribue cette pensée à La Rochefoucauld, à Elisabeth Leseur ou à Gandhi.

Yehudi Menuhin : le violoniste yogi !
Musicien de grand talent, yogi épatant et élégant, surprenant et renversant (avant un concert, au lieu de se mettre la rate au court-bouillon, il prenait plaisir à se mettre la tête à l'envers et .... les pieds en l'air).

P.S :
Je n'ai jamais vraiment réécrit le mémoire de yoga de 1987 mais là si (propos pas assez clairs à mon avis, comme quoi le temps passant, on s'améliore et c'est tant mieux), ma non troppo.
Comme le bon vin, on vieillit bien lorsqu'on développe ses tanins talents, la saveur de son savoir, sa palette de couleurs qui colorise la vie.
Les bienfaits de l'âge on en voit la couleur, alors merci au thé vert, au chocolat noir, au vin rouge, autant d'antioxydants qui nous permettent de ne pas en voir de toutes les "couleurs douleurs" !

"On ne peut pas s'empêcher de vieillir mais on peut s'empêcher de devenir vieux."
Matisse

Yamasté !

mercredi 31 juillet 2019

"Mémoire de Yoga n°36"


"Le cas Harpe Diem"

... Le  musicien l'entend-il de cette oreille ? 
Voici son point de vue:
Nous naissons tous avec des possibilités, une palette de qualités et de défauts qui créent richesse mais aussi complexité. Une harmonisation s'impose donc si nous voulons transformer ce foisonnement désordonné en trésor efficace.
Résoudre ses propres conflits est l'urgence de chaque vie, car tout conflit absorbe l'énergie, disperse et empêche l'épanouissement. Capter les forces vitales d'une partition et distribuer l'énergie sans déperdition, ni sur le plan mental, ni sur le plan des gestes physiques à accomplir pour une exécution aisée.
Tout gaspillage ou tout excès, non seulement altère la qualité du son et condamne la beauté de l'interprétation, mais peut conduire aussi à des problèmes musculaires aigus.
En débarrassant l'égo des aspects négatifs contrariant l'évolution, l'être peut s'appuyer sur ce qu'il a de positif, trouver sa véritable personnalité enfin épurée de scories nuisibles à son développement.
Par une sensibilité aiguisée, les grands artistes captent plus que d'autres sans doute le monde extérieur et leur propre monde intérieur.
Ils peuvent d'autant plus s'effacer devant une partition qu'ils ont retrouvé leur personne, ils sont, ils existent.
La volonté de s'affirmer, vanité, orgueil n'ont plus de raison d'être, car elles sont souvent des compensations à une faiblesse, un manque de confiance et de sécurisation.
Ils n'ont plus rien à prouver, ni aux autres, ni à eux-mêmes pour se rassurer et sont plus disponibles.

Le musicien est un homme élégant.
Le musicien est un homme de goût.






Dessin de Sempé :
Le premier violon est en retard, sourires des trois autres musiciens. Que signifient ces mimiques faciales ?
Laissons aller notre imagination et allons dans notre "ford intérieur" afin de nous transporter dans les pensées heureuses du trio.
Marcel au violoncelle se dit que la demoiselle est légère comme une libellule, que si elle continue ainsi, elle va s'envoler comme une bulle mais que comme d'habitude la belle libellule à lubie jouera Ravel comme personne.
Léon, à l'alto, est ravi de jouer du Ravel en compagnie de Gisèle qui le devine et se sent pousser des ailes.
Enfin, la fine Joséphine impatiente et espiègle, pense que la Gisèle joyeuse un peu enrobée, va bientôt jouer "l'Allez-gros moderato" et que ce ne sera pas trop tôt !
Le poétique et touchant Sempé dessine les musiciens pour qu'ils jouent la musique qu'il veut entendre. Dans sa recherche pour l'harmonie, l'exceptionnel Ravel va révéler les qualités de chacun. Cet outil musical pour calmer le "je" est (d'après le choix de Sempé) :
Le "Quatuor de Ravel allegro moderato" !

Allez, bon vent !
Yamasté !!

dimanche 21 juillet 2019

"Mémoire de yoga n°35"


"La voie du Hinayana"

"- Qu'y a t-il, Sôna ? Etais-tu auparavant, avant ton départ de la maison, habile à toucher du luth ?
- Oui, Seigneur.
- Qu'en penses-tu donc, Sôna ? Si sur ton luth les cordes sont trop tendues, est-ce qu'alors le luth donnera le ton juste et sera prêt à être touché ?
- Il n'en sera rien, Seigneur.
- Et qu'en penses-tu, Sôna ? Si sur ton luth les cordes sont trop détendues, est-ce qu'alors le luth donnera le ton juste et sera prêt à être touché ?
- Il n'en sera rien, Seigneur.
- Comment donc, Sôna ? Si sur ton luth, les cordes ne sont ni trop tendues, ni non plus trop détendues, si elles gardent la juste mesure, est-ce qu'alors le luth donnera le ton juste et sera prêt à être touché ?
- Oui, Seigneur.
- Et bien, de même ô Sôna, les forces de l'âme, trop tendues, tombent dans l'excès, trop détendues, dans la mollesse. Ainsi donc ô Sôna, réalise en toi l'équilibre de tes forces, tends sans relâche à l'équilibre de tes facultés spirituelles et propose toi cela comme but."

Avant de devenir un bon joueur de "Bhagavad Gita art", cherchons à être d'abord un bon harpiste. Laissons nous séduire par le charme de la parabole de la harpe, telle qu'elle est explicitée par Robert Linssen. La parabole de la harpe, fréquemment évoquée par les anciens maîtres de l'Inde, est à la fois pleine de profondeur et de poésie.
La signification de cette image doit être perçue par l'intuition et non par la pensée analytique. Le yogi y est comparé à une harpe vivante, formée de trois cordes (les "gunas") :

Une corde physique, symbolisant le corps.
Celui-ci doit être harmonisé par le yoga permettant une prise de conscience et une maîtrise parfaite, la détente musculaire, nerveuse, psychique, et la respiration complète lente et profonde.
L'harmonisation du corps implique également une hygiène alimentaire conforme aux lois de la nature, la redécouverte de la sagesse instinctive du corps dont les possibilités, généralement inconnues, sont immenses, la simplification des besoins à tous les niveaux, dans tous les domaines,  le respect des rythmes naturels de la vie.

Une corde émotionnelle :
Celle-ci doit conserver toute sa sensibilité tout en étant libre de l'identification, de l'attachement aux sensations et de toutes les dépendances.
La fixation émotionnelle excessive émousse la vraie sensibilité. Mais le détachement et la non-identification ne doivent jamais être confondus avec l'indifférence ou l'évasion. S'ils sont mal compris, ils peuvent assécher le coeur. 

Une corde mentale parfaitement souple, transparente et libre de l'attachement, de l'identification.
Elle doit cesser de vibrer exagérément pour son propre compte.

Ainsi, s'il vibre en harmonie avec ses trois cordes, le yogi est semblable à une harpe vivante.






A défaut  d'être un harpiste marxiste tendance Harpo (le frère muet des Marx Brothers), je pratique la harpe celtique façon Gaston en faisant des gaffes, des bévues, des sottises.
Je joue comme ça vient, de ma petite harpe Camac. Je suis pas prêt à jouer de la grande harpe Camac, trop comac pour moi, mais plus adaptée aux musicos costauds en costard cravate.

Le gaffophone de Gaston est puissant. Lorsqu'il en joue :
Les "murs-murs" qui ont des oreilles trop sensibles défaillent, ceux qui font la sourde oreille se fendent en deux, les "porte-mentaux" craquent physiquement. Les murs en harmonie, sont dans la vibration et l'extase, ils prennent un bon bain de sons sains.
Chez le désaccordé Mr Gaspard Sapin, ça sent le gaz et le sapin, chez l'autre (celui qui s'accorde), ça gaze !

Le dessin est de Franquin, pour écouter et goûter pleinement aux plaisirs du "gaffophone", il est peut-être recommandé d'être un peu dur de la feuille !!!
Les inventions de Lagaffe ne sont pas toujours au point.
Bhagavad Gita : Poème philosophique sacré de l'Inde. Le terme signifie "Chant du bienheureux".


"C'est le désir et sa compagne la colère, enfants de rajas qui souillent tout, qui dévorent toutSache que c'est là le plus grand ennemi de l'âme."

Yamasté !!

jeudi 28 mars 2019

"Mémoire de yoga n°34"

"OM sweet OM suite"

La nasalisation est un phénomène très important. En effet, lorsqu'on nasalise un son, en abaissant le voile du palais, on fait passer une partie importante de la colonne d'air pulsée par les poumons en direction des résonateurs supérieurs, les fosses nasales.
La muqueuse qui les tapisse est richement innervée par deux systèmes antagonistes : l'ortho-sympathique et le para-sympathique qui régissent et contrôlent l'ensemble des fonctions vitales de l'homme.
Le premier accélère le cœur et ralentit les mouvements du tube digestif. Le second, au contraire, est inhibiteur cardiaque et vaso-dilatateur. C'est lui qui détend les muscles, ralentit la respiration et abaisse la tension artérielle.

De lui dépend également la bonne qualité du sommeil. Or, le son nasalisé va faire entrer en vibration les points réflexes de la muqueuse endo-nasale correspondant à ces deux systèmes, créant ainsi dans cette zone réflexogène des stimulis particulièrement puissants si les vibrations sont bien en place.
L'homme peut ainsi se réharmoniser, régulariser certains dysfonctionnements neuro-physiologiques et retrouver, par ce moyen, équilibre et santé.

OM vibrant ainsi entre les deux sourcils agit aussi sur la glande pinéale située à cet endroit précis.
En envoyant des sons sur la peau pour tenter de distinguer des zones de sensibilité nettement distinctes, le Docteur Tomatis a trouvé la pince (pouce/index) main droite et la zone frontale située entre les deux yeux. Or, il se trouve que le Mudra qui symbolise le OM fait justement joindre le pouce avec l'index.

Le son racine ("bija") qui est en relation avec la glande pinéale (où est également placé "Ajna Chakra") est toujours OM.
La glande pinéale qui ressemble à une pomme de pin, d'où son nom, secrète les hormones suivantes : la sérotonine (action sur le sommeil), et les endorphines qui sont analgésiques. La répétition prolongée de OM débarrasse nos cellules des toxines qui ont pu s'y accumuler. On peut se concentrer sur les chakras (centres énergétiques) en chantant OM sur différents tons.
En fixant la concentration sur le Muladhara chakra (situé au niveau de l'anus), on chante OM sur le ton le plus bas. Ensuite, en remontant le long de la moelle épinière vers l'emplacement de chaque centre successif, le ton monte chaque fois un  peu plus haut. Le son OM devient peut à peu imperceptible.
Une autre méthode utilise une gamme musicale indienne pour situer les centres psychiques. Il y a une relation entre la gamme et les chakras :

SA (DO) : Mulhadara
RI (DO dièse) : Swadistara
GA (MI) : Manipura
MA (FA) : Anahata
PA (SOL) : Vishuddha
DA (LA bémol) : Ajna
NI (SI) : Sahasrara.

Les vibrations ont construit l'univers. Le son OM a organisé le chaos, le cosmos, l'ordre et la beauté; en le chantant, on remet de l'ordre dans le chaos, on restructure son corps, son être.
Terminons par l'un des Yoga sutras de Patanjali :
- Tatah pratyak-cetanadhigamo'py antraraya-bhavas ca.
"Par la répétition de OM, on gagne l'introspection illuminée, et l'élimination de tout obstacle".

Par la méditation sur OM, la réalisation du Soi est possible. C'est parce que la vibration du OM élimine les obstacles du chemin et mène à la réalisation du Soi qui existe au fond de chaque être.
AOOOOOOMMMMM, AUM.
La force de ce son, bien modulé, est incroyable : le A part de la gorge, le O descend profondément dans le bas ventre pour se terminer par le M, qui vibre dans le crâne.
L'espace sidéral produit une musique spontanée que les radio-téléscopes captent. Chaque particule atomique, chaque étoile joue sa note. On dit que toutes les notes réunies forment un gigantesque OM.






Tout est dit, je n'ai rien à rajouter alors je me tais, fin de cette "OM suite OM" !
Je préfère me retirer dans un endroit silencieux et chanter des "OM sweet OM" pour calmer mon mental agité.
Il vaut mieux se calmer que se camer, chanter que se shooter, s'enchanter le corps et le mental en compagnie de Vishnou (la paix) que de s'abîmer en sniffeur de Vishnouf  (poudre aux yeux utilisée pour prendre la poudre d'escampette) !
Bon vent !
Namasté !!

mercredi 20 mars 2019

'Mémoire de yoga n°33"


Mantra : OM.

"La voix est l'instrument de l'âme. L'harmonie du OM transforme l'homme en divin."
Allama Prabhu

OM :Tasya Vacakah Pranavah (le Divin se manifeste dans le mot "OM").
"Yoga Sutra" de Patanjali.

OM, le mot sacré des Hindous, est l'un des plus vieux mots connus. Dans l'ancien Sumer, il y a plus de 5000 ans, OM était utilisé comme un mot secret par les mystiques et les prêtres sumériens.
Quand les tribus indo-aryennes migrèrent à l'est, du Sumer jusqu'en Inde du Nord, elles emportèrent avec elles le mot secret et précieux : OM.
Dans les plus vieilles écritures indiennes connues, OM a toujours tenu une place proéminente. Presque tous les mantras commencent et se terminent avec OM. OM est également utilisé seul, comme un mantra et est considéré comme le plus puissant.
OM est le son primordial dont tous les sons et toutes forces émanent. Toute la création tourne dans une vibration incessante de OM dont elle demeure inséparable.

Ecoutez la nature et vous y trouverez plein de OM.
Le Yonx (instrument de musique préhistorique) imite le vrombrissement du OM.
Les réacteurs des avions l'évoquent également, de même que les chants des montagnards (basques, "yodel" autrichien ...), les bols chantants tibétains (qui délivrent deux sons de quarte augmentée, intervalle qui a pour faculté symbolique de détruire ce qui est indésirable), le chaudron de la nuit de la Saint-Jean fêtée en France tous les 27 Juin, les gros coquillages, la mer, les meuglements de la vache (le son OM est symboliquement lié à la vache).

AUM, comme on l'écrit parfois, avec ses trois lettres, couvre ces trois états :
A - le plan physique, le divin, l'état de veille,
U - le plan mental, le guru, l'état de rêve,
M - le plan au-delà de l'intellect, l'adepte, l'état de sommeil profond.
Il s'écrit ainsi en sanscrit :







Le point placé en haut, appelé "bindu" représente un 4ème état qui en fait transcende les 3 autres.
Lorsqu'on chante le OM, on vénère l'univers (le Divin), le Divin dans le guru et en soi à travers l'univers.
Il correspond à "SAT-CHIT-ANANDA" :
Existence-Connaissance-Béatitude.
Le son AUM a des équivalences phonétiques : ONG, HUNG, HUM (contrepartie Yin du OM qui est lui-même Yang). Lorsque l'on chante le OM, apparaît en même temps le HUM.
L'association des voyelles A et U s'entend AO. AUM se chante AOM, les voyelles U et O sont des équivalents phonétiques.
Dans le OM, le O représente la perfection, la forme parfaite du cercle. Tout dans la nature a une forme de O (courbe) ou de M (ligne droite). Le M exprime l'énergie qui crée la matière (la shakti).
Le Om est un O nasalisé.
La nasalisation est graphiquement représentée par un point : le "bindu". Le "bindu" c'est la "goutte" d'énergie phonique qui résume et achève le mantra.
Bindu est la fusion de Shiva/Shakti, il se résout lui-même en "Nada", la résonance, son non-frappé, inaudible, subtil, résorption du mantra dans l'archétype divin du son.







Ce  bindu posé sur le front par les hindous (a l'endroit du sixième chakra "Ajna" : le siège de la sagesse latente), c'est la "goutte" qui fait déborder le jazz, elle représente la fête, la bonne fortune et la conscience. C'est un point de concentration pendant la méditation.

Le OM vibrant fait swinger nos petites cellules et cela depuis le "Big bang" jazzy.
Ce "murmure de l'univers", lorsqu'on le répète, nous met en harmonie avec tout ce qui vit et vibre dans l'univers !
Observons la représentation graphique du haut du OM : on voit un demi-cercle et un point.
Le Dieu Ganesh est associé au mot OM, Ganesh est le dieu qui efface les obstacles. Dans cette partie supérieure, son visage se dessine (d'une manière symbolique) !
En sanskrit, le bindu est le signe qui représente un phonème de nasalisation. Lorsque l'on voit un point placé au dessus d'une syllabe, cela signifie qu'il faut la nasaliser.
La "goutte essentielle" de Ganesh est nez-cessaire pour nous permettre de réussir à trouver un sens à notre vie ou pour nous aider à nous changer et à accoucher d'un nouveau nez !
Namasté !!

mercredi 7 mars 2018

"Mémoire de yoga n°32"


Les mantras, suite.

... On doit noter que, sur les sujets particulièrement entraînés, on obtient les mêmes résultats par la représentation mentale : le son n'est pas effectif mais imaginaire.
Tout le processus s'enclenche sans vibration externe, mais se prolonge dans le milieu interne de la même façon : l'image mentale du son suffit à provoquer la position d'écoute, d'où l'ouverture thoracique, le retentissement de la respiration épanouie et le détachement progressif de la fonction mentale vers l'écoute, vers la réception extérieure des vibrations ambiantes.
Un cercle vertueux (car "vicieux" dans un sens positif) comme on aimerait en rencontrer plus souvent.
"Si vous jetez une pierre dans un lac aux eaux calmes, des rides se forment à la surface en décrivant un cercle. Le cercle s'étend plus ou moins largement suivant le poids de la pierre. De même les ondes émises par le son, suivant leur amplitude, produisent un effet plus ou moins important sur le corps physique et affectent les trois gunas (qualités) qui sont de nature sattvique (pur), rajasique (actif) ou tamasique (inerte). Lorsqu'on récite les mantras, toutes les activités de l'esprit, comme les pensées, les sentiments ... se concentrent sur un point unique. La disparition de l'activité de l'esprit est comparable à un lac aux eaux calmes et tranquilles, sans rides à la surface". Swami Vivekananda.

Le mantra nous transforme.
Il purifie l'individu grâce aux transformations profondes qu'il réalise en lui mais curieusement, il est lui-même purifié par la pratique et par l'adhésion profonde de l'être.
La répétition constante concentre son énergie phonique et rend le mantra de plus en plus puissant.
Les mantras créent ce qu'ils disent.
Le verbe peut rendre réel. C'est ce que l'on nomme verbe performatif (énoncé qui constitue simultanément l'acte auquel il se réfère).
Par exemple, dans "Je vous autorise à partir", le "je vous autorise" est l'autorisation même. Ainsi du mantra : il ne désigne pas, il n'exprime pas, il met en action et fait advenir.
Dans la mythologie hindoue, les Astras désignent des armes, celles dont les Dieux sont dotés : tels la massue de Yama, le disque de Vischnu.
Ces armes sont associées à des mantras et le plus souvent, ce sont eux qui en éveillent la force latente. Même de simples brins d'herbe, dynamisés par des formules mantriques, vont se transformer dans le Mahabharata en armes de jet, grâce auxquelles Rama va pouvoir tuer une corneille menaçante.




"Om nanas Shivaya" ! Tina Turner a un jour, dans sa vie de lionne chantante, pris un virage bien  costaud.
La Turner d'avant a tourné la page, puis elle a tourné sa langue sept fois dans sa bouche et a entamé une nouvelle période de vie, plus paisible celle-là.
Le résultat s'entend, bien plaisant, dans ces chants sacrés.

Nina Hagen a un jour, dans sa vie de panthère en colère, rencontré la voix du yoga. Comme elle était très agitée et souvent énervée, elle a mis du temps à trouver l'apaisement !
Je ne sais pas de quand date la vidéo (à voir ci-dessous).
Apparemment, elle se situe à mi-chemin entre sa période "punky reggae", avec ses fameuses "vocalises orgasmiques" et aujourd'hui.
La Nina Hagen, excessive et sans gêne, est-elle devenue la "nonne troppo" Hagen plus saine et plus zen ?

Tina-Nina, les deux Miss Tic, à la voix "rauque n' roll", formeront-elles un duo chantant des reprises énergiques de "Om namah Shivaya" ou de 'Jaya Shiva shankara" ?

Tina a mis sa fougue et son âme dans le mantra de paix "Sarvesham" ?
Nina  nous a concocté un mash-up à base de Shiva !
Alors Nina ou Tina ?
Que chacun fasse son choix !
Namasté !!



mardi 27 février 2018

"Mémoire de yoga n°31"

Suite du mémoire Yoga.

"Le terme mantra dérive de MANA (penser) et de TRAI (protéger); le mantra est donc ce qui nous protège des aberrations de la pensée".
Mahesh

MANTRA-YOGA

Dès les temps védiques, une grande valeur était attribuée aux sons védiques. Les textes indiens nous parlent du Shabda.
Par Shabda, on peut entendre : vibration indifférenciée, milieu subtil d'où surgissent tous les phénomènes, et où finissent par se perdre tous les objets de la pensée. Chaque objet naîtrait d'un son, d'une vibration particulière.
Comme les chants liturgiques, les mantras (onomatopées ou symboles religieux) font partie de la gamme des sons rechargeant le cerveau.
Toutes les formules sacrées, chants, incantations ne seraient donc que des procédés de recharge, d'excitation pour une certaine mise en condition cérébrale.
Le cerveau se nourrit des sons, mais toutes les vibrations ne sont pas efficaces. Un fait très important vient se greffer sur le processus de transmission au cerveau, c'est l'influence de la vibration, suivant sa qualité, sur le fonctionnement du nerf pneumogastrique.
Nous savons que celui-ci est par excellence, le véhicule des messages viscéraux. Il est le chemin de toutes les angoisses, la caisse de résonance des sensations obscures. C'est le nerf du doute et du "mal au ventre".


Lorsque cet arbre de transmission interne se trouve nappé de charges positives, tout se passe comme si des opacités internes se trouvaient isolées, puis effacées, pour le plus grand soulagement de l'organisme. On doit remarquer la perfection de la réaction en chaîne :
bombardement de l'oreille par des messages positifs, recharge du cerveau, signaux d'apaisement du nerf pneumogastrique, relâchement des crispations internes, détente externe avec redressement du corps.
Cette transformation de la position, à son tour, joue favorablement, car elle détermine une meilleure position d'écoute : tête haute, thorax dégagé, et aussi meilleure transmission le long du pneumogastrique, un fonctionnement idéal de l'ensemble du para-sympathique (faisant partie du système neuro-végétatif qui a pour fonction d'activer les organes), d'où, à nouveau, une amélioration de la sensibilité d'écoute.
Celle-ci ira même jusqu'à pouvoir s'étendre complètement à toute la surface de la peau, comme l'ont prouvé des expériences cliniques et des relevés micro en main, en divers endroits du corps, chez les nada-yogis (yogis du son).





Om, suite Om !

L'âme est son !
Chanter des mantras nous aide à mieux vivre dans notre "demeure corporelle" et nous permet de faire plus facilement le lien "corps-esprit" ("maison-raison").
Le mantra nous ouvre le coeur comme s'ouvrent les fleurs au soleil.

Il dissout l'anxiété.
Il occupe l'esprit d'une bonne façon, il dépollue le mental et fait le ménage dans les méninges. Tout ce qui nous préoccupe, nous gêne et qui nous résiste, nous regimbe, il en fait son affaire : la gêne qui ne génère que de la peine, le mantra la transforme en joie, en foi en soi, en envie de vie saine et zen !
Ainsi, il calme l'esprit, augmente l'énergie et la concentration aussi. Pour les gens qui ont du mal à se concentrer, le chant des mantras peut être un outil efficace, une autre façon de méditer.
Om shanti, gentil om, belle d'âme oiselle, que la paix soit avec vous !

Namasté !!

jeudi 11 janvier 2018

"Mémoire de Yoga n°30"


La musique de l'Inde (suite).
... La pensée indienne reconnaît en chaque note une énergie cosmique qui lui est propre. Pendant l'Alap, le musicien s'exerce à prendre conscience des notes du mode (Mode = Raga : humeur, couleur, passion).
Au bout d'un moment, l'échelle du mode devient une image mentale : c'est la perception du raga. A cet instant, les intervalles prennent une extrême précision, une signification émotionnelle définie. Il devient presque impossible au musicien de détonner, de jouer ou chanter une note qui ne fasse pas partie du mode. Ses auditeurs sont également saisis par le sentiment du raga.
Selon des règles de composition précises, le musicien commence alors à errer sur l'échelle du mode, l'entourant d'arabesques, de motifs mélodiques, mais sans jamais écarter sa concentration mentale de l'échelle du mode. C'est pourquoi toute mélodie fixe est impossible, car elle crée une diversion dans la concentration sur le mode, qui nuit à  la précision et au sens des intervalles.
La technique d'improvisation dans le raga a pour effet de recentrer l'individu. La qualité de la méditation musicale du musicien se révèle dans la manière de développer son improvisation et d'amener ainsi son auditoire à travers un dédale d'images sonores à une évidence du sens général, dans lequel chacun se meut au fond de lui-même comme dans un monde connu et portant sans cesse renouvelé.

L'improvisation, source créatrice, devient alors le vecteur spirituel nécessaire à toute découverte et connaissance de soi-même.
Chaque raga est associé à une heure du jour ou de la nuit à laquelle son chant est approprié, et quelques-uns correspondent à des saisons particulières ou provoquent des effets magiques précis.
C'est justement à cause de cet élément de magie et de l'association des ragas avec le rituel rythmique des jours et des saisons, que la netteté des lignes n'en doit pas être voilée par la modulation; ce que l'on exprime en disant que "chanter hors du raga", c'est rompre les membres des anges musicaux.
On raconte une légende caractéristique sur le prophète Narada, alors qu'il apprenait encore la musique. Il croyait y être passé maître, mais la Toute-sagesse, Vischnou, pour abaisser son orgueil, lui découvrit dans le monde des Dieux un vaste édifice où gisaient des hommes et des femmes pleurant leurs bras et leurs jambes brisés.
C'était les ragas et les raginis, et il dirent qu'un certain Sage du nom de Narada, musicien ignorant et exécutant maladroit, les avaient chantés de travers, aussi leurs traits étaient-ils déformés et leurs membres mutilés, et tant qu'ils ne seraient pas chantés comme il faut, il n'y avait point de guérison pour eux.
Alors, Narada s'humilia et, s'agenouillant devant Vischnou, implora la grâce d'apprendre l'art de la musique de façon plus parfaite et, avec le temps, il devint le grand prêtre musicien des Dieux.
Aux modes sont souvent associés des poèmes, cela donne ceci :
"Lalita, jeune et belle, porte un collier de 7 sortes de fleurs. Ses yeux sont allongés comme les pétales du lotus. Vêtue encore comme pour un rendez-vous d'amour, elle soupire à l'aurore, vaincue par le destin."
"Lalita" (mode des premières heures du jour).






Ci dessus : Raga Lalita.
A partir du quinzième siècle, des artistes ont illustré ces poèmes par des séries de peintures intitulées "Ragamala" ("guirlande de raga"), représentant les différents ragas et leurs aspects.

Eh oui Louis, joue et jouie des jolies joies du jeu de l'ouie !
En fait, c'est toujours la même chanson, le même refrain, l'identique rengaine et le similaire raga qui reviennent : trouver le geste juste !
Devenir simple, souple, sincère, avoir un but de joueur de luth et rechercher l'harmonie, rassembler des notes qui s'aiment, qui s'entendent bien, éviter de réunir des notes qui sèment la discorde (et pas seulement chez les joueurs de luth à dix cordes).
Raga santé :
Y'a des ragas pour tout, pour les tracas, les bobos des babas gagas, les actes cra-cra des baba-yaga (ogresses dévoreuses d'enfants), les défis des profs de yoga dont la dopa est bouffée par une baba-yoga rabat-joie ...

P.S : ces derniers temps, j'ai publié moins souvent (trois fois par mois au lieu de quatre), c'est de la faute à ma fainéantise. Je ne joue pas assez de raga "Madhuvanti", le raga ayurvédique qui convient à un gars comme moi.
Namasté et bonne santé pour toute l'année !




Tiens, voilà Madhuvanti, mon médoc anti-parkinson qui m'sonne :
- Il est 18 heures, c'est le moment de jouer mon raga.
- J'y vais de ce pas, paisible, bien déterminé à ne pas me chercher des poux mais plutôt motivé à trouver la paix !



dimanche 31 décembre 2017

"Mémoire de Yoga n°29"


Suite de mon "Mémoire de Yoga" (1988)

Musique de l'Inde
L'histoire de la musique classique de l'Inde prend sa source dans la récitation des védas (4.000 ans avant J.C.). Ces hymnes, ou récitatifs, qui sont parties intégrantes du rituel védique, sont chantés dans un premier temps sur une seule note, puis sur deux, trois, quatre notes pour, en fin de compte, couvrir une gamme de cinq à sept notes.
De tout temps, l'Inde a mis l'accent sur la possibilité de l'élévation de l'âme par la pratique de la musique, reconnaissant par là que celle-ci est un don divin.

Structure :
Le premier élément qui caractérise la musique indienne est la tonique fixe, c'est à dire la note de base, constante, vers laquelle toute mélodie revient, comme pour se reposer en elle.
Elle est la notion de principe unique, ou le AUM indien, première vibration génératrice de vie.
La tonique constamment entendue, a pour rôle d'établir un niveau sonore constant qui permet de percevoir avec précision les intervalles.
Pour écouter la musique indienne, notre oreille doit s'habituer d'abord à écouter la tonique, à l'assimiler comme un climat sonore qui va servir de référence constante.

Il nous faut ensuite, par rapport à cette base, percevoir chaque élément mélodique indépendamment dans son rapport avec la tonique et non pas en suivant la succession mélodique.
La structure de la musique indienne est similaire à celle du langage. En fait, le langage parlé et le langage musical sont les deux aspects d'un même phénomène de communication.
La musique indienne étant demeurée beaucoup plus proche dans sa structure des formes du langage parlé, il ne faut pas nous étonner si son caractère nous apparaît comme monodique.
Si complexes que soient les structures de la phrase qui sert à transmettre une idée ou un sentiment, les éléments en restent successifs. Le dialogue ne consiste pas à parler en même temps.
La tonique est le lien entre le silence et le son. Le langage musical indien parle avant tout au cœur et à l'âme et est directement lié au silence intérieur avec lequel chaque homme doit se trouver en harmonie.

Le deuxième élément d'importance qui rattache la musique indienne à la méditation est le prélude ou "Alap", par lequel commence chaque morceau musical ("Raga").
Dans ce prélude, chaque note de la gamme est présentée l'une après l'autre dans son rapport avec la notre mère. Chacune est ornée d'une sorte de broderie sonore jusqu'à ce qu'elle meure d'elle même. Chaque son est modulé en fonction de sa propre mort, et dans cette assimilation du silence, le langage musical se situe en dehors de toute notion du temps.
C'est dans cette partie du Raga que l'on comprend le mieux la différence entre une certaine musique occidentale qui s'appuie sur une forte intensité sonore d'une part, et d'autre part sur la combinaison de plusieurs éléments structurels, tels que le contrepoint (deux phrases musicales ayant chacune un rythme différent et complémentaire), l'harmonie (l'art d'enchaîner les accords), la mélodie , le rythme, et la musique indienne qui, rendant au silence une place prépondérante, met l'accent sur la valeur du son pour lui-même.




Voici un chapitre bien "tonique" sur le raga énergétique !
En Inde, on parle comme on fait de la musique et on fait de la musique en parlant.
On s'harmonise avec les vertus sonores des mots. Prenons le mot Jay (prononcé "djaille"), il signifie "victoire" (sur ce qui nous gène dans notre vie).
Cette syllabe est un véritable concentré d'énergie. En terre indienne où que j'ailles, je l'entends car il est partout : dans les mantras on aime le répéter (comme dans "Jay jay jay Hanuman" : victorieux dieu singe donneur de force physique), les vendeurs de tchaï (boisson aux épices, qui tonifie) sont nombreux dans les villes ...
A l'écoute, les paroles échangées et les ragas joués ressemblent parfois à des comptines (un exotique "Jay du bon tabla") ..." !
A noter que pour nous les mots finissant en "aïe !" sont souvent violents et douloureux. Ainsi, côté énergie, ça tombe mal, ici c'est plutôt ... duraille, ça déraille, ça défaille, entre racaille qui braille et flicaille épouvantail, ça bataille !
En France la communication n'est pâté rible, on prend l'autre pour cible. C'est un pays de conflits de connards et de confits de canards dans lequel on aime jouer au jeu de l'oie du plus fort !
Mais on y trouve aussi des gens plus reluisants lisant dans le silence, loin des conflits et préférant travailler leur matière grise plutôt que leur matière grasse !

"Le silence est d'or, la parole est d'argent"
Le silence est dehors, la parole est dedans.
Dans nos têtes, ça discute, ça cogite, on ménage pas nos méninges alors forcément, le silence est en dehors de nous.

Quel manque de savoir-faire, on fait tout à l'envers alors forcément , c'est l'enfer et l'enfermement !
M'enfin, heureusement, il nous reste les ragas.
La nuit, si vous peinez à vous endormir, jouez ou écoutez un raga nocturne qui vous calmera l'esprit et répondra à cette désarmante question :
Sommeil, pourquoi viens tu sitar ?

Allez bye baille ! je vous laisse avec Geluck et son chat (ces deux rigolos belges font danser les mots). Le chat est sur son 31, prêt à finir l'année ...




Bla-bla à gogo quand gorge a bobo :
"Ton thé t'a t'il ôté ta toux ?
Oui, mon thé m'a ôté ma toux !"

- Tu veux dire "ma toux" comme chat ... dans la gorge ?
- Thé trop bête avec ton "miteux matou maté", sans réfléchir et sans fléchir, contentes toi de répéter, en tutu kaki, ce goûteux virelangue à haute voix et à tempo vif !
Namasté !!!

dimanche 30 avril 2017

"Mémoire de yoga n°28"

"Relaxation musicale, suite et fin"

Dans le "Sangita-Makaranda", on apprend qu'il y a deux formes de sons : Anahata, "non frappé" et Ahata, "frappé", le premier étant une vibration de l'éther (l'élément le plus subtil), qui ne peut être perçu des hommes mais dont dérive toute chose.
Il correspond à des rapports numériques permanents qui sont à l'origine de toutes les structures du monde.
Le silence peut-il être entendu?
Oui, si nous parvenons à étendre le champs de notre conscience à l'univers.

"L'essence du son est à la fois sentie dans le mouvement et dans le silence, elle passe de l'existant à l'inexistant. Lorsqu'il n'y a pas de son, il est dit que l'on n'entend pas, mais cela ne signifie pas que l'on n'est pas prêt à entendre. En vérité, en l'absence de son, l'oreille est davantage en alerte, mais lorsqu'il y a son, la qualité de l'écoute est moindre".
"Naam or word" - Kirpal Singh

La contemplation aide, peu à peu, à la relaxation des muscles et de l'esprit. Le corps tout entier, alors, s'ouvre et se fait oreille. Lorsque le yogi indien arrive à la libération de tous ses sens, il entend l'anahata, le son "non frappé".
Alors la perfection est atteinte. Les hiéroglyphes secrets de l'univers sont révélés. Le nombre devient audible et coule en l'homme,  qu'il emplit de musique et de lumière.

"Quand on se bouche les oreille à l'aide des pouces, on entend le son de l'espace qui est à l'intérieur du cœur et son apparence revêt 7 formes : le son d'une rivière, d'une clochette, d'un gobelet de cuivre, d'une roue de char, du cri d'une grenouille, comme celui de la pluie ou celui d'une parole dans un endroit abrité.
Après avoir dépassé ce son qui a des caractéristiques distinctes, il va se perdre dans le Brahma non manifesté, dans le son suprême. Là, revêtu de caractère non distinct, sans individualisation distincte, il est comme des fleurs aux saveurs diverses qui produisent le même miel."
Maitri Upanishad.

"Sur une note juste, l'homme est plus en sécurité que sur un navire de haut bord."
Giraudoux





Je prends note et je solli-cite Chateaubriand :
"La poésie, c'est le chant intérieur."
En yoga, chaque posture est une note dont la fréquence et les vibrations enchantent le corps.
Le chant, c'est le yoga de la bouche !

Namasté !