jeudi 10 janvier 2019

"Six tons"

Après "Le son de Lançon" (message précédent), revenons sur Bach par le biais de citations !
Citer c'est excitant, surtout si c'est du Cioran :
"S'il y a quelqu'un qui doit tout à Bach, c'est bien Dieu."

Passe ton Bach d'abord, on verra ensuite !
Oui ben c'est tout vu, une fois que tu l'as en poche, il devient un de tes proches. Son monde est à toi, Cioran te le fait toucher du doigt :
"Si seulement Dieu avait fait notre monde aussi parfait que Bach a fait le sien divin."



"Avec Bach, la vie serait supportable, même dans un égout."
Les égouts et les douleurs, ça ne se dispute pas !
Tiens voilà Bobin qui ramène sa bobine :
"Vivre ainsi c'est ... le livre du clavier bien tempéré de Bach qui s'ouvre à l'envers et toutes les notes qui roulent comme des billes dans la chambre."
Que n'ai je ... l'avis de Kundéra ... ah ben tiens le voilà :
"Elle pense à l'époque de Bach où la musique ressemblait à une rose épanouie sur l'immense plaine neigeuse du silence."
"Motus Vivaldi :
Vivaldi sait s'habiller.
Réplique de Josette Bach à son mari J S Bach qui lui demandait s'il était beau dans son nouveau pourpoint."
 Desproges
Et pendant ce temps là, Chopin chopine du chef et donne des notes, un SI :
"Bach est un astronome qui découvre les meilleures étoiles. Beethoven se mesure à l'univers. Moi,  je ne cherche qu'à exprimer l'âme et le cœur de l'homme."
"Sans Bach Dieu serait un type de troisième ordre."
Cioran
Cioran est un atypique qui pique, pas de bar atin, pas de beaux bars au café Cioran.
On avale un aphorisme de Cioran comme on boit un alcool costaud : cul sec !
A peine bu, le concentré de la formule te monte à l'esprit !
Et là, soit tu bois bien et tout va bien, tu vois mieux, soit tu ne digères pas et ça te reste sur l'estomac.
C'est "aphorisme et péril", on peut trouver cela un peu fort de café mais délicieux ou affreux, triste et puéril !



Dans la rue, deux amis se croisent et discutent :
- En un mot, comment vas tu ? demande l'un.
- Bien, répond l'autre.
- Et en deux ?
- Pas bien !

En à peine vingt mots, Cioran nous enseigne, nous renseigne plus que les 700 pages de "L'être et le néant" de "Jean-Sol Partre" !

Pour finir, un dernier pour la route :
"Dans un monde sans mélancolie, les rossignols se mettraient à roter."
Bobin, Chopin, Desproges, Kundera, Vivaldi et Cioran : voilà, le compte est bon, six tons différents pour évoquer le talent de Bach, il faut au moins ça.
Virelangue (se répète rapidement plusieurs fois à la suite) :
Citons ces si exquis six sons, esquissons ces si excitants et si tentants tons, est-ce qui sont tous ainsi aussi sciants ?

Sont aussi casés dans cette chronique six citations du roumain ruminant (parfois un peu vache, parfois en faisant un peu taureau), tout cela est réglé comme du papier à musique de JS Bach.
La musique, c'est de la mathématique.
Pour réformer l'éducation pensons à remplacer les maths par du Bach (associé au jeu d'échec cela devrait suffire pour "luther" contre l'échec scolaire tralalalalaire) !

Allez ou le vent vous mène et s'il vous malmène, pour gommer la gène et redevenir zen, revenez à Bach le phénomène !




Comme dit le peintre Robert Combas :
"Bo..e A..ée sans haine."

Yamasté !

mardi 25 décembre 2018

"Le son de Lançon"

Attentat "Charlie", le journaliste Philippe Lançon blessé au bras et surtout au visage est l'un des rescapés du carnage. Il en raconte les faits et les effets dans un livre calme, témoignage sans rage qui décrit l'orage dans une belle douceur :
"Je n'ai aucune colère contre les frères K, je sais qu'ils sont les produits de ce monde ... tout homme qui tue est résumé par son acte et par les morts qui restent étendus autour de moi."

De la douceur contre la douleur :
"Je ne pouvais pas éliminer la violence qui m'avait été faite ... Ce que je pouvais faire en revanche, c'était apprendre à vivre avec, l'apprivoiser, en recherchant, comme disait Kafka, 'le plus de douceurs possibles'. L'hôpital était devenu mon jardin."


"Ecrire, est la meilleure manière de sortir de soi-même."

Et ce qu'il écrit est bouleversant, renversant et éprouvant. Son livre est un exorcisme ultrasensible.
Ses moyens de guérison, ses chemins vers d'autres horizons, il les a trouvés tout naturellement dans l'écriture (chroniques dans Charlie, Libé, ce livre), dans la lecture (Shakespeare, Kafka, Proust) et dans la musique (l'indispensable Bach).

"L'art de la fugue"
Place au "fugue-heurt" :  Philippe part dans l'art et Lançon dans le son !
"Hossein a installé le CD dans un lecteur. Tandis qu'on désinfectait et anesthésiait la cuisse droite, les premières notes, si lentes, du premier contrepoint sont passées entre les bonnets des infirmières pour entrer une à une, comme les gouttes d'un début de pluie, dans l'oreille. Ré, la, fa, ré, do dièse, ré, mi, fa, sol, fa, mi, ré. C'était une musique d'hiver, c'était l'hiver, ma vie était en hiver.
Le son du vieil enregistrement se déposait sur la salle et sur mon corps. J'ai senti les piqûres et me suis concentré sur la musique de cet homme, Bach, dont j'avais chaque jour un peu plus l'impression qu'il m'avait sauvé la vie.
Comme chez Kafka, la puissance rejoignait la modestie, mais ce n'était pas la culpabilité qui l'animait : c'était la confiance en un dieu qui donnait à ce caractère coléreux le génie et la paix. Hossein a approché le dermatome de la cuisse, j'ai fermé les yeux et cherché à entrer dans la fugue qui développait maintenant ses différentes lignes en obtenant ce miracle : plus c'était complexe, plus ça me simplifiait."

Dans nos vies, lorsque ça déconne, écoutons donc la "Chaconne".
"Dans l'après-midi, Gabriel, un ami violoniste, membre du Quatuor Thymos, vient jouer dans la chambre la Chaconne de Bach ... Gabriel suit la partition en remontant lentement jusqu'à la tête du lit ... Bach résonne presque sauvagement dans le silence de la chambre et du service ... Tous les sentiments, toutes les émotions défilent dans la Chaconne : Gabriel les communique tantôt un par un, tantôt ensemble ...
Pendant quelques minutes, j'ai l'impression que je n'ai survécu que pour être là."




"Variations Goldberg" recentrent et rassemblent.
Au bloc on n'écoute pas de rock mais plutôt du "Bach'oque" (prononcé à l'allemande "Baroque") qui traque l'angoisse et la troque contre de l'énergie vitale !
En plus, on ne choisit pas de l'oeuvrette d'opérette, de la zizique de pacotille ou de la muzak qui rend patraque mais plutôt de la haute qualité, du millésimé, du premium miam-miam, du grand luxe épatant avec ce chef-d'oeuvre :
"Je suis descendu au bloc avec le CD des Variations Goldberg, jouées par Wilhelm Kempff. Nathalie l'a mis et l'opération a commencé.
Je sentais ma lèvre partir vers la droite, j'avais l'impression qu'on me déformait le visage entier. La légèreté de l'interprétation de Kempff, sa clarté intérieure sans tragique, luttait contre la fixation des points de suture avec une efficacité que n'aurait pas eue, je crois, l'interprétation de Glenn Gould. Elle appliquait une gaze sur la chair et l'esprit."



Avec sa mâchoire et sa lèvre abîmées, le jeu de vire-langue suivant ... :
"Wilhelm Kempff cite Nietzsche" (à dire vite et plusieurs fois de suite) !
... ne devait pas faire rire "Lançon le son qu'il faut face au sot" !
De toute manière, comme disait Françoise Sagan :
"Les gens vraiment intelligents ne sont pas méchants."
Allez, passez le Bach d'abord et on verra ensuite. Bon vent !
Yamasté !!!

samedi 8 décembre 2018

"VIP RIP (vieil hippie reste en paix)"

"D'heure en heure,
l'apiculteur se meurt.
Il a eu son heure,
il a fait son beurre.
Api apiculteur !"
Bashung et Fauque


Cela a eu lieu cet automne :
Mort du journaliste Philippe Gildas (82 ans), le phare breton de "l''infotainment" (l'info présentée sans se prendre au sérieux) sur la chaîne "Canal plus".
"La vie passe et la mort c'est dégueulasse !", déclarait Gildas la classe !
Ses dernières volontés (citées de mémoire) :
"Quand je serai mort, je serais d'accord pour que l'on m'incinère, comme un nain connu. Puis on dispersera mes cendres un peu partout au hasard et en rigolant !
Formidable !"
Il était contre la retraite et contre la mort (qu'il trouvait inhumaine) !
Sur la chaîne Canal plus, il était incontournable, éloquent et d'un autre temps. Il n'avait pas besoin d'avoir la tchatche d'un coach en speech sur la pèche!
1987-1997, pendant une décennie déchaînée, il a permis à de nombreux talents de s'exprimer :
Les Nuls, les Deschiens, les Guignols, le Zapping, Groland, Karl Zéro, Poelvoorde, Bonaldi, Vandel, Chalumeau, Wizman, Berroyer, Algoud, Garcia, Gaccio, Coluche, Antoine De Caunes ...
On a ri tellement à tant de moments vraiment hilarants, à tant de "pignolades", de poilades, de gaffes, de baffes, de traits d'humour, de calembours, de moqueries, de parodies, d'idioties, de "pignouferies", de conneries, d'excentricités, de trucs osés et insensés, d'absurdités, de paillardises, de grosses bêtises et de hautes sottises que l'on ne peut que lui dire merci !



"Deux dames âgées discutent :
- Et votre mari, toujours mort ?"
Satané Stan Lee ! Comics tristes !!
Mort de Stan Lee, le père de Spiderman. Au paradis, le roi des super héros est appelé à régner. Là haut, tissera t-il sa toile ?
Il meurt à l'âge de 95 ans. Quand on a des super pouvoirs, on meurt super tard !
Ado, je lisais sa prose dans le magazine "Strange" !
A l'époque, dans un autre genre, j'allais aussi voir les films d'un super karatéka qui cassait des briques et brisait des os en faisant de petits cris d'animaux, il avait le même nom (prénom Bruce) !
Lui aussi travaillait dans les acrobaties et la justice, c'était un ovni qui gagnait à tous les "nunchakus".
Les héros des éditions Marvel , malgré leurs forces restaient humains (avec leurs faiblesses, complexes, détresses qui pouvaient laisser perplexe).
Il avaient pour noms :
Spiderman, Iron man, Xmen, Hulk, Thor, Black panther, Avengers, Daredevil, Captain America, Ant man, Doctor Strange, Captain Marvel, Silver Surfer, Stan the man ... non, ça c'est le surnom qu'il se donnait !




Le saviez-vous ? : on est tout petit. Terrien, t'es rien et si en plus t'es pas humain et pas concerné alors ...
Dans notre galaxie, il y a entre 100 et 150 milliards de planètes et dans l'univers, on trouve entre 100 et 150 milliards de galaxies !
... témoin que rien !

"Charlie lambeau"
Dommage qu'ils n'aient pas eu de super pouvoirs marveleux,  mes amis rigolos de "Charlie hebdo" !
Je suis en train de lire le passionnant et si émouvant livre de Philippe Lançon (rescapé de l'attentat du 7 Janvier 2015) : "Le lambeau".
Moins d'un an avant, mourrait Cavanna :
"Je n'ai raté aucune de ses dernières chroniques, de plus en plus brèves, où il contait avec rage et humour son Parkinson et son déclin.
Un jour, Charb me dit avec un sourire réjoui : "encore une chronique qui déménage. Il écrira jusqu'au bout, il ne va rien nous épargner et tu verras qu'il continuera encore au fond du trou, qu'il nous parlera de la vie des asticots."
A propos de trou, les scientifiques annoncent le retour du trou de la couche d'ozone, cette dernière s'était refaite une petite santé et va contribuer à nous exterminer.
Ce sont les asticots qui vont être content !


"Mulla Nasreddin toujours aussi paresseux, passe son temps à ne rien faire.
Un ami passe le voir et lui dit :
- Qu'est-ce que tu fais en ce moment ?
- Je cherche le moyen de ne pas mourir, répond le mulla !
- Et ça marche ?
- Jusqu'à maintenant, oui !!!"



Vers la fin du cacapitalisme ?
Contre les casseurs de manif "Gilles et John", "Macaron marron" oppose les "Brigades du Tigre" (police organisée par Clémenceau, dit "le tigre" en 1907) !!
Je suis pour l'écho logique pacifique et contre les causeurs de troubles, les casseurs, les censeurs auto-ritaires. Je suis mon petit bonhomme de chemin avec mon esprit de yogi gandhi kiri !

Voilà, pliez vous en deux, riez aux larmes (c'est bon pour les yeux), étirez vos zygomatiques, mourrez de rire puis prenez la posture de circonstance : Savasana (le "cadavre" est la posture de relaxation) car tout cela, c'est aussi du yoga !
Yamasté !!

Crédits dessin : 
Glen Baxter, Steve Ditko (Spider-man) et Cabu !

mardi 13 novembre 2018

"Mots de ventre"


Suite et fin de la trilogie "Hernie" !
Impressions en vrac, épisode "Post opération" !

"Mots de ventre" donnent mal à la tête !
Manque de sommeil, pleine lune et douleurs aigues me perturbent.
Je n'ai plus goût à rien, je me sens mal et ça, je le sens bien. Feu chroniqueur farceur n'a plus la force de faire le pas de côté.
Dehors, le soleil met en valeur les fleurs du jardin automnal et pendant ce temps là, je déprime et j'adapte ma gestuelle en fonction de mon inconfort abdominal.
Le seul yoga  raisonnable reste celui du son et celui du souffle (et encore, seulement s'il est pratiqué "molto moderato'). Le chi-kong et la méditation apaisent et réharmonisent !
Le yoga du rire n'est guère approprié.
Je suis plutôt à l'aise d'habitude question rigolade mais là, comme rire me fait souffrir, j'évite de me plier ou de me tordre de rire et pratique de préférence le sourire :



Alors je m'ennuie et l'ennui m'anesthésie ...
Et le temps passe car il n'a rien d'autre à faire, moi non plus alors j'écoute la radio (France-inter, "Maman les p'tits bateaux") qui me dit de quand date le début de l'anesthésie.
Un jour, en 1844, un dentiste se promène avec un ami dans un champs de foire, passant devant un stand, ils voient un forain faire rire les gens avec du gaz hilarant.
Intrigué, l'ami se prête au jeu des gaz et rit à gorge déployée, il plane, tombe de l'estrade et ne voit pas une planche cloutée qui lui tranche le mollet. Il devrait souffrir le martyre et pourtant il continue à rire.
Ce jour là, le dentiste (Horace Wells) découvre le principe de l'anesthésie (le gaz hilarant contenait du protoxyde d'azote, gaz qui endort).

... De plus, je ne peux même aller me balader en forêt, j'ai les jambes molles et le ventre sensible. Alors, j'ai l'esprit qui mouline.
Miss "Pète au casque" en profite, la maline m'assomme avec une massue mahousse.
Mahousse que gémit ma tête, dans quelle étagère ?
Je ne cherche même pas à réagir pourtant je suis capable moi aussi d'assommer ... les gens avec des histoires à dormir debout.
En fait, je ne recommande pas trop les opérations quand on est déjà parkinsonné.
C'est trop pour un seul homme. C'est une double peine. Dans cette ambiance, il n'est pas étonnant d'avoir "l'alarme à l'oeil" et de se sentir fatigué.

Cela me ramène à ma jeunesse.
Quand j'étais marmot, j'ai souffert un peu trop !
Mes parents, au lieu de s'envoyer en l'air, en sombrero de l'amour, boxaient catégorie "Poids lourds" en sombres héros de l'amer. Je cherchais chez eux le bonheur comme on cherche un bateau dans un aéroport !!
Résultat des courses : je somatisais à donf, je devenais ouf, bref, je me menais en bateau et avais le mal d'amer (ou d'aimer).




Oublions le passé et revenons au plaisant (et aux trépassés récents) !
Miss Funny, l'aidante aimante me "rambo".
Avec la bonté dans son coeur et la beauté de son corps, je me sens meilleur et plus fort.
Elle est for me, formi, formidable (comme chantait Aznavour), sa présence est comme une douce transe, qui donne envie de chanter à la manière de Rachid Taha, dans une parodie de "Douce France".
Ces deux artistes sont partis, il y a peu, sans Trenet pour l'un (Taha meurt à 59 ans) et en traînant un peu pour l'autre (Aznavour à 94 ans). Philippe Gildas vient de mourir, il avait 82 balais, "Canal plus" lui rend hommage : Aïe ! Ouyouyouille, je me bidonne et me plie en deux (de douleur) et cela point ne pardonne ! Diantre ! on veut ma perte, on désire me faire homicider de rire !!!

Côté corps : "çavati, çavatipa ?" !
Les conséquences de l'opération : cela me déstabilise, me dérègle, me dérange, m'agite. Ceci me fait de l'effroi dans le dos, du froid dans le foie et dans les reins ça craint.
J'ai les jambes flagadas et les bras raplaplas, les sparadraps waterproof et les savons anti-bactéries m'abîment la peau. L'aidant ça va mais les dents c'est pas la joie et j'ai le pénis triste et sensible ...
Tiens Michel Cimès sexprime à la télé (France 2 "Ça ne sortira pas d'ici") et nous "apostrophe" :
"Santé des dents : il faut bien m'astiquer !"
En corps heureux, j'ai bon appétit et je mange bien bio !
Manquerait plus que j'bouffe des polyphosphates et du glyphosate !
Plats pas nets empoisonnent la planète, faut choisir : ou Monsanto ou ma santé !




12 Novembre : RV avec LN (la chirurgienne) !
L HO O M1 LN (elle a chaud aux mains Hélène), elle me palpe, me demande de tousser, vérifie que tout va bien. Toux est "100 sous 6".
Pour la marche, ça marche, pour le vélo d'appartement, ça roule, pour le yoga, encore 15 jours d'abstinence, 7AC.
De retour à la maison, je me chante la chanson de Polnareff :
"LNA HO, O LHO LNA, L A OT CO, LC ABC, G CD !"

Elle a bien fait son travail, juste une incision au bon endroit et moi de mon côté, j'ai bien vite cicatrisé malgré mes nuits et l'ennui :

Nuits courtes allongent les douleurs !
L'ennui dans la nuit étire les heures !!

15 Novembre : comme tous les ans, après les prix littéraires, l'armistice, le bataclan et mon anniversaire, voilà le ...*
1 10 : C 1 20 9 !

Allez, bonne santé, portez vous bien. A 1 2 C 4 !
Namasté !!

Crédits dessin :
Geluck, Zem (site zen "Méditation France") et un dessin signé pris dans le site "Agoravox.fr".

Le vin neuf, c'est le Beaujolais nouveau.

vendredi 26 octobre 2018

"Hernie suite"


Vendredi 12 : hopopop op et ration.
Jour "J" (vais d'un bon pas) :
Cinq heures du mat, j'ai le réveil fastoche, j'ai même pas les pétoches.
Miss Parkinson est endormie, je suis le petit oiseau sans souci du conte de Jeudi (lire l'article précédent).

Sept heure, j'entre en clinique d'Arès, je mets mon habit de scène, mais j'ai tout mon temps : une heure pour enfiler une combinaison et une "charlotte" (pour les cheveux), cela devrait suffire !

Huit heure, le brancardier venant me chercher est un "branquignole" qui prend mon brancard pour une bagnole ... de course. Ce guignol slalome entre les obstacles et frôle d'autres lits à roulettes.
A priori, il se conduit mal mais finalement, comme il assure, le passager est rassuré et puis pour un temps, il est distrait et c'est tant mieux. On arrive sain et sauf dans le bloc pré-opératoire. On est pris en charge, on redevient enfant, bientôt, l'heure du dodo puis le temps de réduction du bobo !
Je me retrouve placé en position pratiquement assise devant une télé faisant défiler les beautés de la nature ! Je pense au conte du p'tit oiseau et je me régale des sourires réconfortants de mes élèves porteurs de pensées positives qui vont droit au coeur !



L'équipe pré-opératoire ne s'est pas levé du bon pied et n'a pas vraiment les yeux en face de vous :
On me sert du "Madame Meynier".
Au  moment de la piqûre, j'entends mon infirmière dire à une collègue : "on m'a rajouté du boulot, suis débordée, tu peux m'aider ?".
Chez certains, il manque un peu de sommeil : "moi le matin, y'm'faut un temps pour émerger, j'trouve pas les produits, minçalor".
Mais heureusement, je ne suis pas anxieux, en fait, je m'en bats la hanche !
L'infirmière débordée me fait la piquouse du sommeil.

L'anesthésiste me pose des questions :
- "Êtes vous allergique à certains médicaments ? Avez vous des réactions en prenant du doliprane ?"
- Dolly Pran, je ne connais pas !
- Ah bon !
De quelle côté la hernie ?
- à gauche !
Puis, il me dirige vers le bloc opératoire, m'installe sur le billard et me donne un masque à oxygène !
L'ambiance "homme flottant dans l'espace" prend place, je commence à planer. J'ai juste le temps de dire bonjour à ma chère chirurgienne et m'endors .....
... Allô Hélène ne coupez pas ... "Et l'aine" coupe, fait ce qu'elle a à faire ... et le temps passe comme il passe tout le temps !
... Voilà, l'affaire est dans le sac ou plutôt dans le "filet à provisions" (le treillis protecteur du précédent message) ...

Neuf heures et des broutilles, me voilà tout neuf, il n'est pas très tard et je suis dans le coltard ...


Dix heure, Miss Funny me tient la main, je me sens bien, elle me sourit, je suis au paradis !
"Et le temps passe comme ça, douceur de papier soie" (comme chantait Isabelle Mayeraud).
Et voilà que me prend l'envie de faire pipi mais comme je suis relié au "gouttagoutte", l'infirmière me conseille de me retenir ... Ça me fait penser à une chanson de Johnny, non pas "L'envie d'avoir envie", mais plutôt à "Retiens l'envie" !
Je ne me sens pas "alèse", je suis déculotté et cloué au lit dans une pièce ouverte, un lieu de transit, de passage, de retenue cela ne peut pas d'urée, je ne veux pas laisser ici mon empreinte tel le chien marquant son territoire.
Je ne m'appelle pas Mr Pissenlit.
Je pense à une phrase de l'écrivain Marc Dugain ;
"Ce n'est pas parce que l'on n'a rien à dire qu'il faut forcément le faire-savoir !"


Je demande à ma compagne de trouver un "pisse-tolet" !
Elle va à l'accueil, explique la situation et demande un urinal mais cela dérange Néferpipi, l'infirmière de "sévice", responsable de l'activité "faire pipi dans un pissetoilette" ! :
- Il faut d'abord remplir le formulaire questionnaire urinaire et je n'en ai plus, alors est-ce qu'il a vraiment envie ?
Et puis de toute façon, il faut un "laisser-pisser" et bien conserver le "récit-pisser" accompagné d'une fiche d'appréciation du lieu d'aisance (à noter de 0 à 10) !
A savoir : le clan de fonctionnaires nommés "pisse-copie" te fait une fleur (piss'til ?) si tu remplis le formulaire "pisse au tiers" (à entendre "passe à ton voisin dans le besoin ou à un ami avec une pressante envie").

Onze heure, c'est le moment réconfortant du café et biscuit bio servis avec le sourire de l'infirmière !

Douze heure, douceur, visite de ma chirurgienne. "Aile-aine" me tâte, me questionne et me dit que tout va bien, ma grosse hernie est partie, et bientôt, ce sera à mon tour de sortir.


Treize heures. on sort de la clinique, je suis à l'aise dans mes baskets mais pas assez balaise pour faire la fête. Je constate que la marée est basse :
- Ah ben bon tant pis ! je n'irai pas me baigner aujourd'hui !!

Treize heure dix : content d'être à la maison.
Le "séjour ambulatoire" c'est tout bon mais revenu à la maison, faut pas faire de faux-pas :
Ainsi, il est préférable de ne pas danser le Boogie-woogie,, chanter fort, chuter, pousser, tousser, se moucher, éternuer, rire aux éclats, se plier en deux, porter, s'en taper, se casser ...

Vingt heure : je me sens claqué et décalé !
Toute la journée, alors que nous sommes vendredi, je me suis crû un samedi.
A ce tarif là, c'est pas demain la veille que j'atteindrai l'état de "Samadhi" (être présent, méditer en sanskrit).
"Être en Samadhi" (dans la philo du yoga, c'est voir les choses telles qu'elles sont) !
Voilà, à bientôt, à Samadhi prochain !
A "Inde séjour", Namasté !!!

Crédit dessin :
Claude Serre, Claire Bretécher et Boutant !

dimanche 21 octobre 2018

"Hernie cas ... Arnica"


Hernie inguinale :
Mal populaire qui touche sept fois plus les hommes que les femmes.
Elle est fréquente, on comptabilise 150 000 opérés par an dans notre pays.
Me voilà à nouveau dans le lot (d'un côté), derechef, je récidive (de l'autre).
Le 13 décembre 1994, le chirurgien de la clinique d'Aulnay-sous-bois a œuvré pour me libérer d'une hernie à l'aine droite. Il en a profité pour m'installer un treillis protecteur.
A l'époque, c'était novateur mais comme le chirurgien découvrait cette technique, il restait prudent et du coup, le patient "taillait des haies" et restait une petite semaine à l'hopital.
Pour moi, ce temps passé là était dur, et la souffrance post-opératoire reste gravé dans ma mémoire (à cause des gaz et des trois incisions) !
Durée d'hospitalisation :
1994 : les six jours "lessivé" (de lapin) !
2018 : les six heures laissent rêveur !!
Quand on dit que "c'était mieux avant", je trouve qu'il ne faut pas pousser sur le passé !
En fait, au lieu de rabâcher cette formule, on pourrait dire : "c'était vieux avant".



Lundi 8 Octobre :
Rendez-vous avec Hélène, charmante et souriante chirurgienne à la peau d'ébène.
Date de l'opération : le "Ventre dit" 12 Octobre (en fait, "Et l'aine" me laisse le choix entre le 12 ou le 19).
La date du 12 étant plus proche, cela me laissera moins de temps pour cogiter, m'angoisser, tirer des plans terrifiants sur la moquette, avant que jeune comète l'irréparable pensée et que d'un ennui mortel, je chante "Anastasie l'ennui m'anesthésie" ("Tango de l'ennui" de François Béranger) !
Sourire ou souffrir ?
S'ouvrir ou mourir d'ennui ?
Ouvrir un livre ("Geai") de Christian Bobin et sourire à la vie !



Mardi 9 :
Bonjour tristesse !
Prise de sang pour l'opération plus une autre pour déterminer mon groupe sanguin et surtout pour me faire une nouvelle carte.
Et si, dans les labos d'analyses médicales,  on en profitait pour piquer le mauvais sang que l'humain se fait ?

Mercredi 10 :
Fin d'aprem : Séance de yoga avec monacale Monique, flore Evelyne, mama douce Mady, coquine Katie et taquine Jacqueline !
Mes élèves me souhaitent "bonne chance", l'une d'entre-elles me conseille de prendre de l'arnica en homéopathie !
Et puis elles me font plein de promesses d'envois de pensées positives pour Vendredi matin !

Le soir, les étranges lucarnes (François Busnel) nous montrent différents types de sagesse !
"La Grande Librairie" rit et parle de la vie spirituelle !
Je profite à fond des gens biens !!
Alexandre Jolien et ses jolis liens :
"La sagesse espiègle : c'est le bordel mais y'a pas de problème."
Pascal Quignard et son bazar bizarre si pré-cieux :
"La sexualité est à la base et au coeur de la vie spirituelle." 
Christian Bobin et son air de chérubin bambin :
"L'émerveillement, c'est le petit sauvage en nous qui nous sauve."
"La douceur, c'est notre vrai force."
"Bach, c'est mon médecin traitant."
Jeudi 11 :
Matin malin !


Seul devant mes tartines et mon café, je conte "le petit oiseau au grain de blé" (conte tunisien).
On a beau lui en faire voir de toutes les douleurs et le charcuter dans tous les sens, l'oiseau bricolo, a toujours le dernier mot.
J'aime beaucoup ce conte revigorant, il donne de l'espoir et met en joie.
Cet heureux oiseau est un joyeux joyau !
Il m'est "chair", je paye ses dons de médecin en petites coupures et je vous donne mon billet que demain tout se passera bien !!!

L'illustrateur de ce conte se nomme Michel Piquemal.
Namasté !!

jeudi 4 octobre 2018

"Vol au-dessus d'un nid de martinet"


"Casse-coucou, le martinet".
Tout foufou, c'est un oiseau agité, vif, rapide (c'est ainsi qu'on le nomme en anglais : Swift) qui bat tous les records de vitesse (avec des pointes à deux cent km à l'heure) et d'endurance (mille km par jour).
C'est un habitué du fast food (bec ouvert, il gobe les insectes très rapidement).
Face à ces excès, il lui faut de l'exercice, pas de problème : il vole presque tout le temps.
Il ne se pose pas ou peu, toujours en l'air, "Courte-pattes" ne se pose pas de question. S'il reste au raz des pâquerettes, il se sent bête car il a un mal de chien à décoller. souvent il s'envole à partir d'un endroit situé en hauteur en se laissant tomber.
Un martinet ne marche pas, son nom latin le confirme : Apus (sans pattes).




Apus époustouflant !!!
Donc toujours en vol, jamais au sol, c'est sa formule, en l'air, il sait tout faire :
Boire bec ouvert, en effleurant la surface d'un plan d'eau, s'accoupler, manger, se déplacer, s'orienter, faire l'acrobate avec ses potes et même dormir !
Lorsque Martin et Martine Martinet copulent, ça vole haut.
Ils vont jusqu'au septième ciel et là c'est bien plus fort que l'ordinaire orgasme, c'est l'extase et ça les fait planer bien au dessus des nuages !
Sans aucun doute, ils vivent vite, à fond et n'ont pas les pattes sur terre, sont ils heureux ? sont ils fous ? ...
... laissons planer ... le doute !




"Maître du vent et du sommeil" !
Le martinet dort en vol, bien haut (2000 m, voir 5000 m, à la limite de la stratosphère et donc de l'oxygène). Un hémisphère du cerveau dort et l'autre reste en veille (comme le dauphin qui ne dort que d'un oeil). D'autres animaux dorment peu : l'éléphant, la girafe, le cheval (deux heures par jour), mais ils dorment vraiment.
Ils ont la faculté de bloquer les articulations de leurs pattes. Celles-ci peuvent supporter des centaines de kilos sans fléchir et sans fatiguer les muscles.
Autre animal au repos original : la loutre de mer.
Elle s'allonge sur le dos, se laisse flotter et tient la patte d'une autre loutre (comme ça en groupe, elles se protègent des prédateurs et en outre, elles ne dérivent pas les unes des autres) !
Autre technique collective pour les suricates (les "sentinelles du désert"), ils s'entassent les uns sur les autres. La matriarche placée au sol et au centre est protégée. Ceux qui sont à l'extérieur, montent la garde !
La peur des prédateurs rend plus intelligent, il paraît que certains suricates peuvent lire Alphonse Allais sans traducteur.
Ils savent bien que "Par les bois du djinn où s'entassent de l'effroi" se lit :
"Parle et bois du gin ou cent tasses de lait froid" !





"Etymologique" !
Martinet pourrait venir de Martelet (petit marteau), sa silhouette en vol évoque un type de marteau. On retrouve cette idée dans un mot en patois qui le nomme "Martô". Ce toufou serait il marteau ?
Sinon en plus mignon, on trouve : "Rase-rivière", "Voilier du vent" ou "Passe-volant"!

Il a beau côtoyer la stratosphère et vivre toujours en l'air, il se nourrit d'insectes gavés de pesticides. Peu à peu, le Martinet empoisonné, pas net disparaît de la planète.

Bon, le vent se lève, je vais me coucher, c'est l'heure de la sieste.
Pour la posture de lit, je n'ai que l'embarras du choix : couché sur le dos dans un lit à eau ou en yogi parano en posture de flamant rose qui fait la posture de l'arbre (debout sur une jambe, ne dormant que d'un oeil) ... ou au lieu de faire les choses à moitié, choisir la sieste crapuleuse et faire des choses avec ma moitié comme la "bète à deux dos" (la "bète à dodo" me souffle une suricate souriante) !

Crédit dessins :
Merci à "La Hulotte" géniale revue écologique, crée en 1972 par un passionné de nature Pierre Déom.

Voilà, pour mieux comprendre la nature, chantez Déom ("des OM", traduit par Suricate) !
Namasté !!