vendredi 17 juillet 2015

"Partitions à part" n°2


"Il y a deux sortes de chefs d'orchestre : ceux qui ont la partition dans la tête et ceux qui ont la tête dans la partition."
Arturo Paganini

Partition : scions-nous sciemment la branche sur laquelle nous sommes assis ?
La Grèce , pays d'où vient le principe de démocratie, fera t-elle toujours partie de l'Europe dans les temps incertains à venir ?
L'Europe et la Grèce joueront-elle leur partition à part, en solo ?
Qu'en dit Gérard Biard de "Charlie hebdo" ?
Par rapport à la dette grecque, l'Allemagne et le F.M.I tiennent tête, font front et chantent en chœur leur refus.
"... un refus encore plus ferme, souligné trois fois au marqueur rouge. Pas question de s'éloigner des fondamentaux de l'orthodoxie libérale, qui dit que le marché dérégulé est grand et que la Finance est son prophète. Essayer d'autres recettes ne coûterait pourtant pas grand-chose. En tout cas, beaucoup moins que ce que nous a coûté jusqu'ici la poursuite effrénée d'un modèle économique qui va de crise en crise et dont le prix humain - et politique - ne cesse de croître."

Partitions à part :
Un qui avait des partitions d'oiseaux dans la tête, c'était Olivier Messiaen. Il connaissait leurs chants par cœur et il a vécu avec une femme qui avait un nom d'oiseau.
Yvonne Loriod l'accompagnait au boulot, en studio, en duo de pianos, en ballade "oiseaux", en alter-écho, avec micro et magnéto.
Lui, en forêt, ne pouvait pas résister à l'appel de la nature, à la belle compagnie de son amie jolie ... la grive musicienne.
Il avait toujours sur lui, un stylo, un carnet pour prendre notes, écrire une partition et ainsi décrire le chant du pinson à la perfection.
Il m'a donné le goût de ces ballades "un carnet" (sauf qu'au lieu d'un carnet à spirale, j'utilise ma mémoire).
Voici d'exquises petites esquisses de chant d'oiseau (le rouge-gorge, le merle noir, la grive musicienne, l'alouette) :




"La vie profonde compose une partition."
Michel Serres

"From a bird" de John Williams.
Sait-on qu'en dehors d'être l'un des maîtres de la musique de film ("Star Wars", "Indiana Jones" .... ), Williams est un guitariste classique de renom ?
Et de surcroît, il compose ou arrange (humm ! écoutez donc son arrangement de "Sakura") pour la guitare.
Il est tellement prolifique qu''on ne sait jamais si un CD sorti récemment est bien sa dernière création.
Ces quatre œuvres "From a bird" sont simples, mélodieuses, vives, vivantes et vivifiantes. Elles nous rapprochent un peu plus des oiseaux.
Visitez donc son site, Williams vous propose de télécharger ces pièces et d'en écouter des extraits. Voici le lien :

http://www.johnwilliamsguitarnotes.com/music/download-free-sheet-music.html


"Les vies humaines sont composées comme une partition musicale."
Milan Kundera

"Le rappel des oiseaux" de Rameau.
On reste dans la famille des cordes pinson ... euh ! pincées (le Piano, lui, est "à cordes frappées"). Rameau, musicien de roi, musicien adroit aussi bien dans les opéras que dans ses pièces pour clavecin. Les oiseaux l'inspirent (dans une autre composition, "La poule", si on écoute bien le clavecin, il caquète, enquête, répète, gratte et picore), il ne manque pas d'airs.
Dans ce monde chaotique, si l'on rajoute de la critique qui flingue, on s'intoxique, on devient dingue, l'ambiance est au "ça reste pire".
Par contre, si l'on ajoute de la critique qui propose de la vie plutôt que de la violence, ou de l'écoute de musique carrée, mandingue, voir carrément dingue, l'ambiance sera au "ça respire" !
Voilà pourquoi, de temps en temps, il faut assister au "Rappel des oiseaux" !







J'arrive en fin de liste de composition aviaire. Marc Escaryol, moqueur, évoque le style complexe du romantique Liszt. Je suis d'accord, parfois dans la musique de Liszt, cela manque de silence, tout comme la citation d'Escaryol manque de respiration, de temps de pause.
"Liszt : Compositeur ayant écrit des œuvres pour piano tellement difficiles à exécuter que certaines de ses partitions sont interdites aux moins de 18 ans."




"Le monde autour de moi se dissout, laissant ça et là des îlots de temps. Le monde est un cancer qui se dévore lui-même ... Je songe que lorsque le grand silence descendra sur tout et partout, la musique enfin triomphera. Quand dans la matrice du temps, tout ce sera à nouveau résorbé, le chaos régnera à nouveau, et le chaos, c'est la partition sur laquelle s'inscrit la réalité."
Henri Miller ("Tropique du cancer")


De la fenêtre, je vois Miss Funny, la mine réjouie, en train de peindre un panneau. L'air épanouie, elle se retourne et me dit :
"Avec cette musique, on se sent pousser des ailes, on peint comme qui rigole !"
A l'écoute des "Sauvages" de Rameau, on oublie ses soucis, le monde pourri et on se rappelle que la vie est belle.
Rameau colore la vie, avec lui, on remplace un monde fermé "Bolloré" par un univers ouvert et coloré !!!

Dans un autre article, je vous ai montré une vidéo sur la "Poule" de Rameau, en voici une variante plus "Metal-hic" !!




A bientôt !


vendredi 10 juillet 2015

"Mime au logis ... mésange passe"


"On reconnaît un oiseau en écoutant son chant,
on reconnaît un homme en écoutant ce qu'il dit."
Proverbe chinois

Editho piaf :
L'accro-pôle (financier) s'envole, les aigris pestent !
Les grecs endettés jusqu'au cou, disent "non" à l'Europe des démocrates hypocrites qui leur envoie, non pas des bouées, mais des boulets de secours afin qu'ils ne se noient point.
"Vous avez intérêt à rembourser" et à "ne pas rebrousser chemin", exigent les lourds et balourds prêteurs sangsues mais pas censés. Si les pays de l'Europe ne sont qu'intérêts particuliers qui décollent, les grecs, eux, sont atterrés.
Mais même altérés, ils ont soif d'idéal, rêvent de trêve, d'envol et de légèreté. Bref ! Ils ont le cœur lourd, la pépie pressante et cherchent à se "déshaltérer" !
C'est l'été, mais il fait froid dans le fond de nos cœurs, chantent-ils.
Ça caille, il n'y aura pas de toutristes cette année pour aller voir "l'acropôle nord" !
Pourquoi aller se peler d'effroi dans un pays en crise de foi en l'Europe ? se demande le quidam.
La Grèce refroidie, l'Europe fait sa caille !

Mimologie ...
On fait dire à la caille pour imiter son chant (enfin plutôt son cri) :
"Paye tes dettes, paye tes dettes !"

A propos d'oseille, notons que son nom complet, "la caille des blés", peut à l'oreille, passer facilement de "déblaie" (du balais) à "du blé".
Le vent qui souffle là-bas est froid, encore heureux qu'il ne pleuve pas. Le pic vert n'annoncera pas la pluie qui rend morose :
"Ipiu, ipiu", "ipieu", (il pleut) !!!




Mimologisme : pour mieux reconnaître le chant des oiseaux, on les fait parler.
Ici, c'est canicule, on est moins enclins à se bouger les fesses, on peut prendre ... du recul !
Dans les fesses-tivals, les artistes peuvent raconter des blagues de cul culottées et déculottées ou alors, faire du mimologisme, tel celui des tourterelles :
Le mâle :
"Veux-tu qu j'te trrrrrrrrrrousses ?"
La femelle :
"Trrrrrousse, trrrrousse !"

Plutôt que de voir noir, voir grivois, ou alors choisir la voie romantique et se prendre pour le merle noir qui séduit la femelle, non seulement par son chant flûté, mais aussi par ses mots :
"Oh la la que tu es jolie !"

Si l'on entend la huppe fasciée qui chante son "Oupoupoup" et qui rajoute à la fin "bidou" tout en remuant du popotin, c'est qu'on a affaire à une huppe fessier qui se nomme Marilyn !!!
Si elle est plus petite, qu'elle est tête en l'air et qu'elle "gazouille", c'est que c'est une linotte.
Si elle porte des lunettes, on a alors affaire à une linotte myope !
C'est justement ce que se dit le coucou qui veut en faire son affaire et qui du coup, coucoule et annonce :
"Coucou ... veut ti ... rer un ... beau coup !!!"




Heureusement qu'il ne vit pas avec la mésange charbonnière qui passe son temps à chanter ses courtes phrases rythmiques :
"T'étais où ?", "t'étais où ?" !!
Ou bien :
"Où es-tu ?", "Où es-tu ?" !!

Aparté particulier : au moment où je termine de taper cette dernière phrase, j'entends le son amplifié d'un oiseau que je connais. J'en reconnais la sonorité, mais là, c'est plus son cri de danger qu'elle émet. Serait-ce la ... ?
Je sors de mon cagibis-ordi qui donne sur l'atelier "Yoga et Musique" et je vois, posée sur le haut de la fenêtre ouverte, à moins d'un mètre de moi, une ... mésange charbonnière.
Oui, exactement celle qui fait :
"Qui es-tu ?", "Qui es-tu ?".

On s'observe pendant un long et bon moment !
Pour être bien sûr que je ne rêve pas, je demande à Miss Funny de monter voir l'étonnant duo. Elle confirme que mes yeux voient bien clair. Pinsons-nous, nous ne rêvons pas. C'est extra !
Bel exemple de synchronicité !





La grive musicienne et philosophe, se chante des questions métaphysiques (qu'elle a tendance à répéter) :
"Qui suis-je ?", "qui suis-je ?"
"Où vais-je ?", "Où vais-je ?"

La nuit porte conseil, "dicton". Voyons ce que dit la chouette dans ce langage populaire imagé :
"J'couche dehooooors" !!!

Bon, d'accord, comme on fait son nid, on se couche !




Le Rouge-gorge :
Celui là, il a mauvais caractère. Avec les autres oiseaux, il est souvent agressif. Pourtant son chant est tendre, mélancolique et mélodieux. Il dit :
"Tout, tout, tout doucement."

Une légende dit qu'à la mort du Christ, deux oiseaux s'approchent de son corps. La fauvette retire une épine de son front. Le sang perle, le rouge-gorge l'essuie de sa poitrine. Depuis, le rouge-gorge a toujours sa tâche divine ...

Quelle aubaine ! Nous vivons dans une forêt urbaine, rue des Pinsons.
Les Pinsons, j'en entends de temps en temps. Il paraît qu'ils disent :
"Sème, sème, sème,
tu gagneras bien ta petite vie !"

La voilà, la sagesse antique (et pas en toc) :
Que tout le monde sème !!!




Voilà, je n'ai écrit que des choses vraies aujourd'hui. Parfois, dans certains articles, je laisse aller mon imagination.
Mais là, pas de fiction, tout existe : les mimologismes et l'aparté mésange (cela m'apprendra à mettre des points de suspension à tout bout de "chant") !

L'exquis "Qui est-tu ?"
Ah ! Ce "Qui es-tu ?" résonne en moi avec tant de quiétude !!!
Ah ! Mésange sans gêne et sereine, reviens quand tu veux dans mon atelier zen !

Je m'aperçois après relecture, qu'en tapant le mimologisme de la mésange, je me suis trompé. Sur mon carnet de notes, j'avais écrit tout petit, façon "pattes de mouche" (encore un coup de Miss P) "Qui es tu?" et j'ai tapé "Où es-tu ?" sur le blog. Ah ! comme dit Jodo :
"L'inconscient sait tout."
Ça n'en est que plus beau !

A bientôt !


vendredi 3 juillet 2015

"Animaleries sonores"


"Ce sont les animaux qui ont fait connaître
la musique aux hommes."
Démocrite

- C'est bien de commencer ton article par un penseur grec. A un moment de crise financière où les pauvres grecs pansent leurs plaies par manque d'esprit solidaire et surtout à cause de l'appétit gargantuesque de ceux qui ne pensent qu'à l'argent.
- Voilà pourquoi je cite Démocrite.

L'art est appelé araignée.
Prenons un couple d'arachnide, le mâle, Gaspard Régnier, se prend dans la toile de sa femme Laura Régnier. C'est la tuile, car s'il ne réagit pas rapidement, son amante va le dévorer vite fait. Mais, voilà que Gaspard deviens artiste, il tape de la patte sur la toile, d'une manière régulière, cela fait comme une pulsation musicale. En fait, il envoie un message à sa compagne :
"Coucou c'est moi, je rentre du boulot."
Cela calme la dame.
Ensuite Gaspard cherche à la séduire, alors il joue de la harpe avec la toile et elle lui répond en jouant à son tour sur les fils les plus courts.
Et pourquoi tout cela me direz-vous ?
Parce que les araignées sont tellement mirots, qu'elles utilisent les sons comme lorgnons. Les fils les plus courts donnent des sons plus aigus, cela indique l'endroit ou se trouve la femelle. C'est un code entre araignées.




Utilisant ce même principe "plus court égale plus aigu et plus grave, plus long", le termite entré dans une vieille poutre, croque dans le bois, écoute, si le son est grave, c'est que la poutre est longue. Alors l'insecte appelle les copains pour le festin !




Les oiseaux : nos profs d'amusique !
Ils nous ont ravis, puis convaincus, c'est peut-être pour ça qu'on leur a choisi de jolis verbes pour leur chant. Écoutez plutôt :
Un Aigle passe et "trompette".
Un canard faisant trempette, l'entend. Il se dit que ça fait belles lurettes qu'on aurait dû changer le verbe chantant du rapace.
Il verrait bien : l'aigle bugle.
Lui, il nasille. Avec ses "coin-coin", il est loin-loin d'avoir un son clair et net de clarinette !
Son cri laisse coi, il part dans les coins sans acoustique, du coup il ne provoque pas d'écho ! Et personne ne peut dire pourquoi !!!
L'aigle volant plus haut qu'elle, l'alouette se désole et "grisole", puis s'isole, s'en va à tire-d'aile et "tire-lire". Sinon, trouvant cette dure lutte injuste, elle "turlutte" juste !
Cela met en rogne la cigogne qui craque et puis "craquette".
La pie "jacasse". Elle trouve l'oiseau à spatules, ridicule et bétasse.
La bécasse, quand elle ne passe pas à l'as (à cause de la chasse dégueulasse, hélas), "croule".
La tourterelle rieuse trouve ça ridicoule et la colombe "roucoule".
Le coucou, lui, trouve ça cool et "coucoule". Il caracole en tête des oiseaux volages et qui se haussent du col.
Les nuits de pleine lune, ça pullule de chouette-hulottes qui "hululent" !
Pendant ce temps là, ailleurs, le hibou "houboule", mais jamais ne titube lorsqu'il "tutube" la nuit tombée !
Le rossignol, assigné à jouer son rôle d'enchanteur lyrique, "chante", "trille", part en vrille et "gringotte". Après plusieurs heures de concert, il grignote.
Il casse la graine, prend un ver et peut repartir ... pour un nouveau concert !

Et pendant ce temps là, le chat guette. Il capte les sons avec ses oreilles "radar" (chaque oreille dispose de 32 muscles). Pour l'homme, c'est la langue qui est la plus musclée. Voilà pourquoi il existe tant de malentendus entre les humains.

Lorsque les anglais découvrent  l'Australie et les kangourous, ils entendent les indigènes vivant avec ces drôles d'animaux sauteurs. En leur compagnie, ils emploient les mots " kan, gu, ru". Les britanniques se disent que cela doit être le nom de la bête. C'est bien bète parce qu'en dialecte indigène, cela signifie :
"Je ne comprends pas."




L'huître a un cerveau plus petit que ses yeux. Je comprends enfin pourquoi je n'aime pas les huîtres. La vie est belle, le monde pourri. J'ai comme l'impression qu'on vit dans un monde d'huîtres à l'esprit riquiqui. L'homme-huître préfère en mettre plein la vue plutôt que d'utiliser son cerveau !

Je saute du coq (qui chante) à l'âne (qui braie), l'Europe prend t-elle les grecs pour des kangourous ?
Si c'est le cas, dans cette situation explosive, qui sautera ?
Les banques branques, les branquignols aux belles bagnoles ou bien le S.D.F qui se réfugie dans la gnôle ?



Tiens, le merle vient se poser sur mon épaule gauche et me parle d'Epicure qui nous invite à faire comme les animaux et les enfants :
Chercher le plaisir et fuir tout ce qui peut nous nuire !

Si notre monde immonde faisait un "SI", sûrement que le merle moqueur nous donnerait le "LA" afin que l'on sage-juste et que l'on soit juste !
Tiens, le rossignol vient se poser sur mon épaule droite et m'enchante avec ses jolies notes qui vont clore cet article avec ce message inachevé :

REMI FASOL LASI DORE et au SOL SIRE de son DOMISILADORE ...
(Rémi face au lacis doré et au sol ciré de son domicile adoré ...)

P.S : Merci à André Manouchian pour son excellente émission musicale (sur France-inter, le matin de dix à onze heures), à Jean-Pierre F pour ses documents parfois insolites et à Jean Solé pour ses "Animaleries" !

Allez, soyez animal musical, vous verrez la vie sera moins dure.
A la revoyure !



vendredi 26 juin 2015

Instrumentarium : "Tambours battants"


"Si tu vois un tambour battre rapidement,
sache qu'il va s'arrêter."
Proverbe marocain

Beaux parleurs : les "Talking drums".
Revenons au Tama (lire le message précédent).
Ses peaux sont accordées et tendues par un laçage de cordes. Le son peut ainsi être harmonisé finement, à tel point que l'on dit du tambour, qu'il parle.
Placé sous l'aisselle, il est frappé avec une baguette recourbée. La pression sur les cordes va provoquer des sons complexes proches de certaines langues africaines.
Polyglotte, il peut s'exprimer dans différentes langues !




Le langage tambouriné du tambour à fente.
Ce tambour favorise la communication entre les villages. Il diffuse des messages au loin. Son jeu respecte des règles précises.
Ordre, syntaxe, rythme, intensité et silence permettent de bien déchiffrer le message.
Si le message est d'ordre sexuel, l'envoi du désir en "heureux commandé", se fait dans la joie et l'annégresse ... euh ! l'allégresse (désolé pour la "coquinne" coquille ... hum ! coquine ... décidément).
Ce tambour à fente n'évoque pas que le plaisir "défendu", outre son aspect jovial, il a surtout un rôle social. Il organise la vie des gens, il fait partie des rituels.
Il existe un répertoire de signes tambourinés.
Par exemple, revenons à nos deux amoureux joyeux.
L'homme est parti faire les courses dans le lac du coin. Son cabas en bandoulière et son Tama sous le bras, il tape d'une manière hésitante, d'abord trois coups, puis cinq.
Au village sa dulcinée comprend illico le texto envoyé par son Roméo :
"Devine d'où j't'appelle ?" (désolé, je m'trompe d'époque).
"J'prends du crabe ou du poisson ?"
Elle répond en tapant cinq coups sur son tambour à fente.

Décodons donc :
Au lac de "Ouah! y'a du goût", supermarché local, le crabe égale trois coups et le poisson, cinq. La manière de taper indique le questionnement. Sachant cela, saurez vous me dire ce que ce couple mangera ce jour là ?
Au Cameroun, certains tambours à fente sont dotés d'une bouche avec sur chaque lèvre, un coin épais et un autre mince et au milieu un "entre-deux". Cela permet de disposer d'une sonorité et d'un vocabulaire plus riche. La version moderne du "Slit-drum" (voir la vidéo du début de chapitre), en a repris le principe.
A une époque, il existait, dit-on, un ministère des P.T.T qui était responsable des "Phrases Tam Tam".
Alors, le tambour à fente, serait-il l'ancêtre du portable ?




L'appel du tambour !
Les tambours ont des pouvoirs mais chacun a le sien propre. Si certains sont gais (le Tama, le Tambour à fente permettent de se fendre la tronche), d'autres font peur. Il faut lire et relire l'étonnant livre de Mickey Hart "Voyage dans la magie des rythmes" :
"Prenez les gongs. Un bon gong a d'extraordinaires pouvoirs synesthétiques. Frappez-en un assez fort, et il rugira comme un grand chat. Certains de mes gongs ont des tigres en eux. Et vous pouvez être mort de peur, la première fois qu'un tel son vous atteint. Mais ils ont aussi des moines en eux. Mes gongs m'emmènent dans un forêt plein d'animaux, avec des étangs brillants, et des moines encapuchonnés."

                                                                 "Attribut de Shiva", Musée Asiatica"
"Le Damaru est un tambour rituel tibétain en forme de sablier. Techniquement, c'est un tambour à battant, c'est-à-dire qu'en en joue pas avec une main, ni avec une baguette, mais qu'on le secoue. Deux cordes à nœud viennent fouetter les deux membranes, dans un sens puis dans l'autre, produisant un son à mi-chemin entre le bourdonnement et un battement. Les Damarus les plus caractéristiques du genre sont faits avec des crânes humains. ... C'est un tambour qui a un très très grand pouvoir. Le pouvoir de réveiller les morts.

C'est bien simple, moi quand je me promène tout seul la nuit dans Andernos city, si un gang de voyous armés vient me chercher des noises ou des "noisettes" (s'ils sont peu nombreux et seulement armés de couteaux), je les toise et leur tiens tête, je sors de ma poche mon damaru et aussitôt je vois mes zygotos costauds effrayés déguerpir illico presto. C'est à ce moment là que je dit haut et fort ma célèbre phrase :
"Ah ! Vous faites moins les malins, plus personne ne crâne maintenant (... fermement mon damaru sacré dans la main) !!!"

J'ai rédigé et tapé cet article "tambour battant" en écoutant "Les Tambours du Bronx", "Les tambours du Burundi" et la B.O de "Djabote", l'épatant docu sur Doudou N'Diaye Rose !
Allez parler aux tambours aimés, allez tambouriner et tambour rimer !!!
A la prochaine, pour de nouvelles "savantures".





vendredi 19 juin 2015

Instrumentarium (n°3) : "Les Tambours parleurs"


"La cloche sonne,
le son quitte la cloche,
fraîcheur."
Buson



Le Tama : Le tambour qui parle ... wolof, mandingue, yoruba ...
C'est un tambour qui parle d'amour avec humour.
Il a sa place dans un instrumentarium thérapeutique. Non pas parce qu'il soulage de la constipation (c'est le tambour "d'aisselle", unique en son genre), mais l'action sur la tension et la pression des cordes va nous détendre sans coup férir et nous faire sortir de la dépression en nous faisant rire !
Dans le "Tama-sutra", il est dit qu'il peut arriver à faire sourire la bouche d'en bas des femmes.
Au Nigéria, il prend le nom de "Dumdum" ("celui qui fait danser les "doudounes").

Michel et le tambour qui parle ...
Il existe d'autres tambours qui parlent, laissons la musicothérapeute Edith Lecourt, nous parler de sa rencontre avec Michel (enfant de neuf ans très inhibé et souffrant d'énurésie) :
"... Au cours du premier rendez-vous, Michel parle peu ... Je comprend qu'il n'est pas spécialement attiré par la musique. Nous écoutons ensemble quelques morceaux, il réagit un peu à une musique de rythme africain.
A ma demande, il fait un dessin et il choisit de se dessiner (mais seul le haut du corps apparaît, ce qui donne l'impression qu'il est comme coupé en deux).
A la séance suivante, je l'invite à explorer les instruments de musique. Michel montre là son inhibition. Il prend très peu d'initiatives, semble tout attendre de moi, reste dans une attitude très dépendante.




A la troisième séance, je lui propose un dialogue sonore sur un grand tambour, une conga (voir ci-dessus) ... Nous sommes assis, l'un en face de l'autre, avec la conga entre nous. Je lui dit que nous pourrions essayer de se parler avec les sons du tambour. Michel, d'abord hésitant, se prend au jeu.
Il devient même bavard !
Il hausse le volume sonore et se lance dans un grand dialogue, avec des passages très assurés.
A la fin de cette improvisation (qui a duré une quinzaine de minutes), je lui demande ce que l'on s'est dit.
Je suis alors surprise de la rapidité et de l'assurance de sa réponse : Michel reproduit ainsi tout un dialogue, ses questions, mes réponses, et le tout avec une assurance inaccoutumée ...
"Je t'ai dit :
- Tais-toi, arrêtes de faire du bruit, va donc faire tes devoirs, enlève tes chaussures, tu n'as pas fait ton lit, tu pourrais quand même répondre, range tes affaires, pourquoi as-tu fait ça ? ...
Et tu m'as répondu :
- Je comprends."



Cela me rappelle le jeune Aurélien (enfant psychotique du même âge), en séance "Musicothérapie" dans mon YAM (YogAtelierMusical). Lui aussi, réagissait et se transformait.
C'était le roi du refus, du "refus-jeu", se planquant derrière son systématique "T'arrêtes-toi !" lorsque je lui proposais un nouveau jeu sonore.
Mais quand je l'invitais à jouer du tambour amérindien "Pow-wow" (voir photo), il n'était plus le même, il se transformait en "Aurélien l'indien" !
Il devenait alors un intarissable chanteur. Ensuite, lorsque nous discutions sur le ressenti du moment passé avec le tambour, il se révélait être un inépuisable bavard.
Pour finir, on remerciait le "Pow-wow qui fait parler tous les esprits" (qu'ils soient simples, complexes, petits, grands, égarés ou éthérés) !



                                                                                     Dessin : Erwan Le Gal
                                             


Retour sur le Tama.
Tout comme le "Pow-wow" à peaux d'veau, le Tama a deux peaux, l'une est frappée, l'autre est là pour la résonance. Autre ressemblance : ils disposent de lacets. Cela fait de ces instruments-médecin, des objets dont on ne peut plus se passer.
Ils font rire ou danser, comment voulez-vous qu'on s'en lasse, de ces tambours puissants et irrésistibles qui donnent envie de s'enlacer ?

Sous le baobab et sous les étoiles ...
Le Tama : le tambour à paroles, un tambour qui parle parce qu'il accompagne les paroles de celui qui raconte des histoires.
Léger, pratique, ce rigolo bavard va comme un gant au griot buvard élégant !
Le Tama porte et rapporte les nouvelles parmi les hommes.
Ce sablier à double peau et à lacet, permet aux gens de ne pas s'oublier, de ne pas se perdre d'ouïe.
Les Tamas témoins parlent, passent le témoin, se répondent, dialoguent. Ils ont une bouche et deux oreilles. Ils ponctuent, accentuent, mettent l'accent, font sonner ce dont parlent les hommes !
Ils content le temps qui passe ...
Que ça soit le Pow-wow ou le Tama, ils ont beaucoup contés pour moi (contes africains : "La parole", "Le cœur du baobab" ou amérindiens : "Siyotanka" ).



"Croquant un kaki,
la cloche résonne,
Hôryûji."
Shiki
Allez je vous dit "Hôryûji" !!
- Mais ça veut rien dire, hôryûji, c'est le nom du fameux temple d'une ville japonaise (Nara) connue par ses nombreux temples bouddhistes.
Par contre, tu peux dire "Sayonara", "Au revoir" ou faire parler le tambour en wolof (Sénégal) :
"Ba suba ak jam" !

Après la photo du kodo, ce tambour qui annonce la fin du zazen (méditation), on termine en :
Zazou zen, zouave zoulou faisant joujou sans gêne avec la zizique "juju" !!!




Rythmé et décontracté, c'est le roi de l'amusique juju (prononcez joujou) : King Sunny Ade.  
                                                                                                                                             



vendredi 12 juin 2015

"Prothèse Zen"

"Le coup claque comme un col du fémur dans une salle de bain de général en retraite."
Frédéric Dard



Après "La grande vague" d'Hokusaï", le grand "vague à l'âme" ... erre !
Ce blog, étant un peu mon journal intime pour tous, je vais vous parler de ma mère.
A 85 balais, elle va déménager. Elle se démène et ne se ménage guère. Ces derniers temps, on l'entendait dire qu'elle était épuisée, vidée.
On lui disait :
- Te fatigues pas, vas au plus simple. Ne t'acharnes pas, laisse tomber, laisse béton, te casses pas.
Elle n'a pas dû suivre nos conseils, puisque dimanche matin, jour de son vide-maison, elle s'est pris les pieds dans un carton.
Elle a trébuché, s'est cassée la margoulette et le col du fémur, dur dur !
- Saperlipopette, c'est vraiment trop bête ! a-t-elle dû se dire.
Immobilisée sur le sol en tomette, le visage rouge tomate, elle sent que c'est le jour de sa fête. Dans sa tête, ça s'agite, ça cogite.
Défaite, elle trouve malgré tout, le moyen de se dire et d'en rire :
"Je chavire le jour où je vire des objets pour une journée vide-maison. Quel charivari !
En attendant, je dérouille et  crise sur le gâteau, vivant seule, personne ne peut venir à ma rescousse. La vie ne me fait pas de cadeau, rivée au sol, K.O couchée, comment vais-je faire pour me relever ?
Si ça se trouve, je vais rester sur le carreau.
Heureusement, sur mon transistor d'époque, j'entends la chanson d'Arno, dédicacée par mon fils. Alors, "Stop ou encore" ?"




Au chevaleresque voisin qui a sauvé ma mère, je dis un grand "mère-ci" !

Ce n'est pas toujours bon d'être trop à cheval sur ses principes, surtout pour le natif naïf du Sagittaire à terre.
Avec l'âge, il lui serait bénéfique de chanter un autre air que celui de s'agiter. Il s'agit plutôt de se calmer, de réduire ses activités, d'arrêter de cavaler à droite, à gauche, bref de devenir sage !
"Le cheval doit être sur la hanche, c'est à dire hausser les épaules et baisser la hanche en marchant."
Buffon
"Potin pipeul"
Et ami Sagittaire, tape toi sur les cuisses de Jupiter, en sachant que la starlette de la variète anglo-saxonne, j'ai nommé la "Mother monster" (son surnom), la fumeuse Lady gaga, souffre depuis deux ans d'inflammations à la hanche et qu'elle soulage ses douleurs par la pratique du "sauna à infra-rouge" !
Avec tout le bizness du buzz qu'elle organise, on sait maintenant, qu'en plus d'avoir le feu au cul (et l'effroi au Q.I), elle a aussi le feu à la hanche !

Bon, plutôt que de donner de la place à l'appât rance gaga, je reprendrai bien un peu de Bouddha.
"Si vous rencontrez un Bouddha sur la route, tuez-le !"
Lin Tsi



"L'esprit du vide"
Lin Tsi n'avait pas sa langue dans sa poche, mais ce moine zen du IXème siècle savait aussi se taire.
Mais que veut il dire dans sa phrase si radicale ?
Pour lui, il n'y a pas de vérités, rien n'est sacré.
Être zen, c'est être indépendant.
Il ne faut pas être attaché aux enseignants, aux idées, aux mots.
Il ne faut pas croire quelqu'un sur parole.
Il nous dit :
- La vie est comme un laboratoire, expérimentez. Quand on vous parle d'une bonne formule, ne l'acceptez pas automatiquement, testez la dans votre vie. Si cela marche, utilisez là. Sinon, jetez là et tuez le Bouddha !
Ce bouddha là, de pacotille, est une contrefaçon qui rend con, un produit toxique, un rusé virus !
"Gnomes tondus", adeptes, ne vous attachez pas à mes paroles.
Soyez votre propre maître !
"Nains rasés", adeptes, il n'y a pas de travail, pas d'effort, dans la loi du Bouddha. Le tout est de se tenir dans l'ordinaire et sans affaires.
"L'homme authentique est sans encombrements."
Se dépouiller de ce qui nous encombre, de ce qui ne nous sert à rien, se vider du superflu. Se vider en soi et à l'extérieur de soi.Tout cela c'est méditer !

Allez, portez vous bien, bon vent !
Soyez légers comme une douce brise et calme comme une mer d'huile.
Caresses et bises à l'oeil !








vendredi 5 juin 2015

"Trois fois rien, c'est tout"


"L'expérience de la beauté atténue le stress, renforce l'espoir ...
Traquez la beauté comme un enfant traque des coquillages sur une plage généreuse.
Ouvrez vous aux choses en dehors du cadre du joli et du sympa.
Acceptez de vous faire surprendre.
Percevez la beauté là où vous ne l'attendez pas.
Même le souffle est beau.
Respirer est beauté, laissez la beauté vous respirer."
Rick Hanson "Le pouvoir des petits riens."

A Andernos, température en hausse, je me trompe et j'rature. J'vous jure, les temps sont durs, fait trop chaud pour la littérature !
La canicule nous bouscule, nous gêne. Fait un temps à ne rien faire, tout effort est vain, ne soyons pas ridicules, restons zen !




Diantre ! Dans quel état j'erre, dans quel dossier posé sur quelle étagère ai-je pu mettre l'article d'un expert en gestion du temps ?
J'sais plus où j'l'ai classé. J'vais pas perdre mon temps à le chercher. Mieux vaut solliciter la mémoire ...
Alors voilà, c'est un prof qui remplit un seau de gros cailloux.
- Le seau est-il plein, demande t-il à ses élèves ?
- Oui, répond le sot.
L'enseignant vide un sac de petits graviers dans le seau.
- Est-il rempli ?
- Peut-être, répond le sot averti.
Le prof verse du sable dans le seau et répète sa question, les élèves zélés disent ensemble :
- Non !
L'enseignant vide une bouteille d'eau dans le seau jusqu'à ce que le liquide affleure à ses bords.
- Cette démonstration a pour seul objectif de vous rappeler que si vous ne placez pas vos gros cailloux en premier, vous n'arriverez jamais, ensuite, à les faire rentrer.

Quels sont les gros cailloux de notre vie ?
Autrement dit, quelles sont les choses vraiment importantes pour nous ?
C'est à chacun de s'assurer que ses gros cailloux, bijoux sacrés, trouvent leur place prioritaire dans son emploi du temps.
Si l'on met en valeur nos petits cailloux sans importance, ils vont finir par se retrouver dans nos godasses et ils nous gêneront pour marcher. Certains diront alors que dans leur vie, rien ne marche.
Voilà c'était le premier rien !




Et voici le second rien.
Être grand dans les petites choses :
Puisque j'évoquai une gêne dans la marche, parlons maintenant du zen pour que ça marche. Vous allez voir, c'est trois fois rien. Voici le "kaizen".

Kaizen, késako, keskecé ?
"Kai" signifie "changement", "Zen" veut dire "bon". Donc "Kaizen" nous régale d'un "bon changement".
Le Kaizen, c'est un processus d'améliorations concrètes, simples, "bon marché" (pour bien marcher).
L'humain du genre "ouin-ouin", se regarde le nombril pour ne pas voir son problème en face. Du coup, il pleure devant l'ampleur de la tâche à accomplir.
Si le problème est de faire un régime, il fait le choix du régime draconien. Résultat des courses : ça ne marche pas ou pas longtemps.
Le ouin-ouin, béni oui-oui des "kilos yoyo", trouve tout à fait logique de faire son malheur lui-même.
Nous sommes tous concernés et consternés, hésitant entre nos faux-pas et nos "faut pas" !
Le kaizen, c'est la stratégie du petit pas. On fait un petit effort régulièrement et comme ça on peut arriver assez fin (ce qui est le but en cas de régime).
Tenez pour illustrer mon propos, voici quelques exemples :

Surpoids : allégez d'un rien les repas, chaque jour et voilà l'heureux pas bénéfique, ça marche !
Désorganisé : rangez une chose chaque jour pour voir la vie en rose !
Vocabulaire en jachère : faites une liste de mots (un mot nouveau par jour), peuchère ! Ça coûte rien de s'enrichir la culture.
Yoga : découvrez une nouvelle posture par jour et vous finirez par devenir une pointure.
Écrire un livre : Une page par jour, vous m'en direz des nouvelles !




Un livre à lire plutôt deux fois qu'une (existe en poche). Il y a beaucoup de propositions à expérimenter. Je ne vous ai donné qu'un aperçu, un petit rien !

Pour ma part, je l'utilise lorsque Miss Parkinson débloque et qu'elle me bloque, me fige, me cloue sur place. Le kaizen m'aide, peu à peu, à petit pas, à retrouver la marche à suivre. Il me sort de ce mauvais pas interdit. Alors, le sourire aux lèvres, je mets mes petits pas dans les grands et je me dis intérieurement :
"Un petit pas pour l'humanité,
un grand pas pour Yann Meynier."

Le troisième rien, c'est le ... silence (à méditer).

Allez, caresses et bises à l'œil !

Revoilà la si talentueuse Rokia Traoré, qui, à force de le répéter à fini par vraiment être Zen. La durée de la chanson l'atteste, passant de trois minutes à huit, essentiellement par la grâce de son tempo lent !