mardi 31 décembre 2019

"Triste-riant Bobin"

"Les livres agissent même quand ils sont fermés."
"Christian Bobin !"
Invité télé de la Grande Librairie, il nous a fait du bien Bobin. Et une fois l'émission terminée, on n'avait plus qu'une envie, c'était de la revoir !
- "Tous à vos cassettes, n'oubliez pas de remBobiner !"

Rajoutes-en dans la joute.
L'un des passe-temps préféré de l'écrivain consiste à associer deux choses contraires, tout ce qui rend la conversation joyeuse et batailleuse le ravit.
"Le noir donne de la lumière."
C'est le roi de la formule jubilatoire et libératrice :
"Je préfère mettre l'accent sur les grâces de la vie."
Synchronicité !
Intéressant de rapprocher ce dernier livre de Bobin sur son ami Pierre Soulages "Pierre," avec son intrigante virgule et le calvaire de Pierre (un être cher), suivi par sa famille.
Nous sommes tous les jours en émoi, à suivre les délires d'un macabre feuilleton dont le titre pourrait être "Pierre." (point final : "il ne passera pas l'année", dit le docteur). Cet aphorisme de Bobin nous parle :
"Les gens qui savent ne sont pas toujours les gens qui sauvent !"


"Les gens hyper-sensibles sont en train de s'effacer."

Ses livres nous aident "à réenflammer nos vies" !
L'auteur cherche à t'étonner et écrit en tâtonnant :
"J'écris avec une main d'aveugle, à tâtons."
Pourquoi écrit-il ?
"En écrivant, j'essaye de respirer, j'essaye d'être vivant !"
"Écrire pour être moins malheureux !"
"Le livre est un petit monastère qui nous relie."
"Écrire, c'est dessiner une porte sur un mur infranchissable, et puis l'ouvrir."


"Les médecins sont comme les adultes quand ils parlent aux enfants, ils vous parlent pour que vous n'entendiez pas, ce qui fait que vous entendez trop."
"La joie va toujours avec la frayeur, les livres vont toujours avec le deuil."
La parade des paradoxes !
"A quoi reconnaît-on les gens fatigués ?
A ce qu'ils font des choses sans arrêt.
... c'est pour fuir la fatigue qu'ils font toutes ces choses et c'est en la fuyant qu'ils s'y soumettent."

Des gens qui le fatiguent, ce sont les experts, les spécialistes ("je n'aime pas la cuisine des cuisiniers, la poésie des poètes ...").
"La protection, ça protège tellement que ça protège même de la vie."
Un regard à part : ça marche !
"Quand je veux voir le bout du monde, je regarde le bout de mes souliers."
L'amour c'est bien mais c'est un peu fatigant, mieux vaut préférer l'amitié :
"L'amitié apaise l'amour."



"Distrayant beau bain" : bambin flanqué de son innocence, va se flaquer afin de prendre un bon bain de jouvence !
"... La joie dont je parle ici ressemble au sautillement, bref, suspendu, d'une enfant dans des flaques d'eau. Passagère, elle nous traverse le cœur par intermittence.
Pourtant, étrangement, elle est plus nous que tout autre chose. L'enfant qui sautille convertit la petite malédiction de la pluie en jubilation, en jeu.
Cette joie transforme toute malédiction en gaieté. C'est quelque chose vers lequel nous pouvons tendre, un soleil à venir." 



Au lieu de devenir flasques à Villeneuve d'Ascq, de prendre des claques à Bergerac,
laissez donc le bon temps rouler, ensoleillez vos vies, évitez de crier, créez !
Et écrivez.
Ne sombrez pas dans l'obscurité ou alors allumez votre petite lanterne en relisant Bobin  :
"Le noir donne de la lumière."



Voici des vitraux de l'abbatiale Sainte-Foy (à Conques). Du Soulages cool orange qui point ne dérange et qui traverse les âges. Je préfère son style "brou de noix" à ses ambiances "brut de noir" !
Soulages est accro au noir (comme Klein se droguait au bleu).
Soulages voit tout en noir et a cent ans tandis que Yves Klein qui voyait tout en bleu est mort jeune (34 ans). Si ça se trouve Soulages se soulage dans la peinture et ainsi, il n'a pas d'idées noires !
Peut-être qu'Yves Klein a pris trop de marrons dans la tronche (vous voyez le tableau) et que son corps rempli de bleus n'en croyait pas ses yeux d'avoir aussi tous ces bleus à l'âme. Toutes ces pensées "mort-rose" ont dû usé le coeur grenadine d'un "Yveux calins" en manque d'amour (qui meurt l'année de son mariage). M'enfin, j'raconte tout ça sans connaître la vie et l'avis de ces deux peintres monochromes. Revenons donc à nos moutons ... ou plutôt à ...

Un peu de légèreté dans ces moments pesants :


Samedi 28.12 début d'après-midi. La scène ne manque pas de piquants :
Tiens, dans le jardin, un hérisson passe ... puis repasse, se pose et se met à nous parler :
"Je venais juste vous dire bonjour mais ... j'ai une mauvaise nouvelle, d'ici peu Pierre. partira !"
Samedi 28.12, début de soirée (19 heures) Pierre. déjà un pied dans la tombe, succombe.

P.S : le livre "Pierre." se ferme. Je viens de terminer l'article et Pierre s'en va !

Et je recite Bobin :
"Les livres agissent même quand ils sont fermés."
Qu'ils se nomment "Pierre," ou "Pierre."
Rappelons que Pierre, Soulages est centenaire (il est né le 24.12.1919).
Par contre, Pierre. soulagé n'avait que 47 ans.

Crédit dessin : Geluck.
Bonne lecture, bon vent !
Yamasté !

dimanche 15 décembre 2019

"Sa vie ... avec Mozart"

A lire en écoutant le CD ou en l'écoutant "religieusement" à part dans un bon fauteuil !
J'ai lu avec plaisir "Ma vie avec Mozart" d'Eric-Emmanuel Schmitt.
Laissons l'auteur analyser quelques oeuvres de ce poli-son de génie :

"Ave verum corpus" (Salut à toi vrai corps") !
Et le "prix Noël de philosophie" est attribué à E.E Schmitt :
"Insistant, mélodieux, d'une douceur inexorable, tu me contraignais pourtant à un examen critique. Pourquoi fêtes-tu Noël ? me demandais-tu. Pourquoi dépenses-tu tant d'argent ? ...
je compensais en cadeaux les intentions que je n'avais pas eues ... Au lieu de rayonner de générosité, je m'achetais une tranquillité d'âme."
"Concerto pour clarinette" :
Avec Mozart, c'est pas du pipeau, tout est vraiment clair et net !
L'adagio du concerto est bien beau et E.E Schmitt est lyrique :
"La clarinette, bercée par les cordes, murmurait une mélodie tendre qui exhalait, avec ses mouvements descendants, une sorte de tristesse sereine ... Le morceau continua ...
Quoique douce, délicate, la clarinette refusait de fléchir, de céder à la déprime, elle remontait, elle chantait, elle s'épanouissait. Le chagrin se transfigurait, de ton sentiment tu faisais une oeuvre. La tristesse s'était muée en beauté."
Cette musique guérissante te transforme. Elle est faite pour soigner tes affects. Voici un bon médicalmant qui s'avale par les oreilles !


"Une petite musique d'ennuis" ... très intéressante, lumineuse !
"Comment pouvais tu écrire cette musique légère, aérienne, fluide, aisée, avec un corps qui gémissait, des gencives qui te faisaient souffrir ? ... épuisé par les voyages et l'excès d'activité, tu avais consacré des mois, voire des années, à lutter contre des infections, des problèmes digestifs, des difficultés rénales ... "


"La flûte en chantier"
"La flûte enchantée, c'est le pouvoir de la musique sur les esprits, un pouvoir salvateur, pacifiant, régénérant."
Tamino risque la mort, il est poursuivi par un monstre (un dragon serpent). Il tombe et s'évanouit.
Lorsqu'il se réveille, il se retrouve face à trois charmantes dames chantantes qui lui offrent une flûte magique afin d'avancer sans soucis dans la forêt obscure et profonde.
"Prince, accepte ce présent,
notre Reine te l'envoie.
Cette flûte enchantée te protégera,
elle te soutiendra dans la détresse.
Elle te donnera un grand pouvoir,
celui de modifier les passions humaines :
le mélancolique deviendra tout joyeux,
le solitaire tombera amoureux.
Cette simple flûte a plus de prix
que l'or et les couronnes,
car elle accroît la joie
et le bonheur des hommes."

La musique de Mozart se joue avec les mains et avec l'humain !
Mozart gamin était sérieux comme un pape puis en vieillissant est devenu plus espiègle !
"Maintenant viens et joue de ta flûte,
elle nous guidera sur la terrible route.
Nous marchons par la magie de la musique
sans peur à travers les ténèbres et la mort."

Laissons l'auteur conclure :
"Bienfait de t'écouter : la vie est toujours entourée par la mort mais n'en a plus le goût."


Voilà, lorsque l'on souffre de tout les maux et que dans notre tête c'est le bazar, c'est qu'il est grand temps d'aller écouter Mozart !!
Bonne écoute !
Je pense qu'on doit pouvoir trouver du Mozart dans un smartphone :


Merci Geluck !
Bon vent à tous !!
Yamasté !!!

vendredi 29 novembre 2019

"Posture de yoga n°7 bis : Balasana"

"Le chien tête en bas" (de Clémentine Erpicum, illustré par CAat) nous conte 45 histoires d'asanas !
Voici celle de "Balasana", la posture de l'enfant.
Pourquoi le 7 bis du titre ?
Parce que c'est un éclairage complémentaire qui fait suite à une chronique (écrite il y a trois ans) sur cet excellent asana relaxant.
"Avant chaque début, il y a une fin. Des nuages noirs obscurcissent le ciel, des pluies féroces martèlent le sol, les sept rivières déferlent et les quatre océans débordent."




Voilà, le décor est planté ! C'est la fin d'une ère.
Ce jour là, seul le sage Markandeya a assisté à ce déluge cosmique.
Le vieil homme marche, arpente la Terre marécageuse et découvre une feuille flottant à la surface de l'eau !
"... Et sur ce radeau de fortune, un petit gosse suçait son gros orteil !
Pleinement absorbé à cette tâche, il semblait ignorer le chaos alentour.
L'enfant, affichait une sérénité pour le moins déconcertante au vue des circonstances."
Le sage s'approche, l'enfant ouvre la bouche et aspire le sage !
Le sage se promène dans le ventre juvénile, reconnaît les arbres, les rivières, les oiseaux, les rues, les villes, tout ce qui a été englouti par le déluge !
Il marche pendant 100 ans pour sortir de ce corps sans même y arriver ...
"Soudain, l'enfant expira et le sage se retrouva dehors, j'espère que tu t'es bien reposé, lui chuchota l'enfant ...
Il attendait l'éveil de Brahma pour redonner vie à l'univers.
L'enfant, savait que les choses ne meurent jamais : elles disparaissent en un instant, pour reparaître quand il est temps."




"Quand un enfant de femme et d'homme adresse la parole à un arbre, l'arbre lui répond et l'enfant l'entend."
Jacques Prévert
"Ce qu'un oiseau chante, l'enfant le jase. C'est le même hymne ..."
Victor Hugo



En hindi, bala signifie enfant. La posture a les mêmes qualités enfantines : la spontanéité et la simplicité !
Dans la philosophie orientale, le sage se conduit comme un enfant (lire les "hautes sottises de Mulla Nasreddin").
Agissant sans arrière-pensée, sans intention, le "sagenfant" est bien présent.
C'est avec cet esprit là que le yogi peut se laisser aller au relâchement et rester concentré !
Posture sécurisante : on replie son corps pour trouver refuge en soi !
C'est un moment de répit-repos, de pause-pose entre deux postures "délicates".
"Quelque soit l'ampleur du déluge alentour, Balasana offre la possibilité de se reposer en soi !"
Bonne paresse, bonne détente, bonnes caresses, bonne entente !
La posture "anatomique" vient du livre "Anatomie et mouvement" de Leslie Kaminoff.

 Yamasté !

vendredi 15 novembre 2019

"Yoga : de l'esprit"

Quelques ré-flexions sur les postures, gestes et attitudes.



La main est en relation directe avec l'énergie : la paume est réceptrice et les doigts émetteurs. En rassemblant un doigt avec un autre, l'énergie qui leur correspond est installée dans telle ou telle partie du corps et du mental.

Jnana mudra : ouvert sur l'univers !
Ce geste crée un circuit subtil qui concentre le prana (l'énergie vitale) dans notre corps.
Index posé sur le Pouce :
Il relie l'humain à l'univers, les trois autres doigts sont tenus éloignés de l'orgueil (majeur), de l'attachement aux passions (annulaire) et de la puissance de l'illusion (auriculaire).
Le corps, le coeur et l'esprit sont tonifiés. C'est le mudra de la sagesse et de la connaissance.
"Jnana mudra" est un geste symbolique qui nous rend plus lucide !
On se connait, on se connecte !
Notre vie est entre nos mains, on se sent plus humain dans la main, plus solide et solidaire en pratiquant ce yoga des doigts !
On parle avec les mains, on stimule nos défenses "humainitaires" (celles des "doigts de l'homme") !
Les nadis (canaux d'énergie) sont plus nombreux à la surface des pieds et des mains. Aux cinq doigts correspondent cinq éléments :
Agni le feu est en relation avec le pouce,
Vayu l'air avec l'index,
Akasha l'éther avec le majeur,
Prithivi la terre avec l'annulaire,
Jala l'eau avec l'auriculaire.
Le feu (la pouce) s'associe avec l'air (l'index), cela forme un cercle qui concentre le prana.



Namasté : "je salue le soleil qui est en nous" !
L'atmanjali mudra est à la fois un geste de salutation, de déférence, de bienveillance et un "au revoir", un "bienvenu", un "merci".
Joindre les mains devant la poitrine (chakra du coeur) aide au recueillement et apporte de l'harmonie, de l'équilibre, du calme, de la paix (en nous et dans le monde). Ce mudra harmonise la coordination des hémisphères cérébraux.
Les deux mains sont jointes, cela boucle le circuit énergétique. Les hindous disent que l'énergie s'échappe par les mains.
Réunies, elles vont permettre la concentration spirituelle et énergétique !
Le geste Namasté dirigé vers le haut s'adresse aux Dieux, orienté vers les yeux, c'est pour le guru, le swami,  vers le coeur, ce geste s'adresse aux amis !

Gourou : du coeur à l'ouvrage.
Gou : l'ombre, rou : lumière !
Le doux gourou est celui qui vous fait passer de l'ombre à la lumière !
Le loup gourou c'est tout le contraire.
Avec lui, les séances guillotines, tranchantes,  à couper le souffle, vous coupent de la réalité et comme dit Geluck :
"L'intérêt de la guillotine, c'est que si le condamné est innocent, il devient automatiquement coupable ... coupable en deux !"



Se mettre en bonne posture :
La sauterelle.
Pour le yogi, la colonne vertébrale est l'axe de l'univers. C'est aussi une montagne sacrée.
Au sommet de notre colonne réside le paradis où sont assises toutes les divinités.
De nombreux problèmes de dos sont dus à un déséquilibre dans la musculature profonde de chaque coté de la colonne, cela finit par créer des problèmes d'asymétrie.
Cette posture renforce la "gouttière spinale" et redonne de la symétrie.
Les flexions arrières sont extraverties, elles libèrent les émotions.
Elles musclent le dos, elles sont là pour nous dissuader de courber l'échine.


C'est tordant !
Les torsions augmentent la force lombaire, libèrent de l'énergie dans la colonne, massent le ventre, nettoient les disques inter-vertébraux.
Les torsions allongent et relâchent les abdominaux, les dorsaux, les "obliques" et sollicitent les tissus qui entourent la colonne.
Cela entretient la mobilité et la souplesse du dos. Ces postures font du bien au système nerveux. La détente s'installe profondément !




"Pince et vous, vous ne dormez pas" !
Les pinces ont un effet calmant, elles tonifient le ventre, étirent la colonne vertébrale.
Le bas du ventre est le centre vital de l'être tout entier (corps, mental et âme).
Elles stimulent le foie, les reins, la rate, les intestins

"Allant vers ... la renversante posture à l'envers".
Elle allonge la vie, allège les jambes, revitalise l'organisme, retarde les méfaits du vieillissement.
Elle vidange les vaisseaux lymphatiques, calme le système nerveux et diminue la négativité mentale.


Crédits illustrations :
Les "mudras" viennent du net (Pinterest), le dessin "pince" de pigmentropie.fr, la photo "chandelle" de "facebook" et la sauterelle de "istockphoto".

Bon yoga !
Namasté !

mardi 29 octobre 2019

"Yoga de la langue"

"Yin Yang,
chante le gong.
ding dong,
sonne la langue".



Donner sa langue au chakra !
En tant que chanteur d'harmoniques, yogide sonore, joueur de guimbarde, de didgeridoo, je m'amuse volontiers à "yoguer" avec ma langue mais j'ai découvert qu'il existait des "yogas méconnus de la langue" (ceci grâce au lumineux prof de yoga Mathieu et son éclairante revue "Infos Yoga").
"Lorsque le yoga a été importé vers l'Occident, avec le succès que l'on sait, nous avons exercé sur lui une censure certaine. Beaucoup d'éléments, pourtant essentiels, n'ont pas été admis.
Les pratiques du yoga de la langue en font partie.
Il conviendrait aujourd'hui de les accueillir enfin, d'abord parce qu'elle font pleinement partie du yoga, ensuite parce que ces exercices font un bien fou et surtout parce que cela nous permet de sortir de nos conditionnements, ce qui est finalement le but principal du yoga.
Donc n'oubliez pas de tirer la langue."
La langue est un organe intérieur susceptible de passer à l'extérieur par simple décision personnelle, sans intervention médicale.
Autrefois, il était fort civil de "prendre langue" avec quelqu'un. Diantre ! il s'agissait de prendre des nouvelles en interrogeant les gens autour de soi.


Revoici la fameuse photo d'Einstein tirant la langue le jour de ses 72 ans.
Comme le fait remarquer Mathieu : "les Rolling Stones, qui sont encore plus vieux, utilisent une langue tirée comme logo" ...



... Le message est clair : si vous souhaitez vivre vieux avec la vitalité intellectuelle d'un Einstein et l'endurance des Rolling Stones, il vous faut tirer très régulièrement votre langue. Le yoga enseigne effectivement, que plus vous tirez votre langue, plus vous allongez votre vie."

Rouler un "platin", en filet la langue !!
Pour une langue volubile, il est important d'avoir le filet et le plat de la langue en parfait état.
Le plat de la langue permet de "platiner".
Dans les surprises-parties (au Québec, on dit "fêtes-surprises") d'antan, on mettait un disque sur la platine pour créer une ambiance favorable au "french kiss" (à Montréal, on "frenche") puis après le slow, autour d'un verre, on "emballait" (avec ou sans filet).
De nos jours, on continue : on platine, bref on fait du plat !
Gare au faux pas pour ceux qui ont la langue bien pendue (ne pas se prendre les pieds dedans).
Gaffe au "faux plat" pour les fanfarons baratineurs aux langues dorées (mensongères), pelues (flatteuses) ou serpentines (méchantes) !

Après la langue qui fourche, voici la langue fourchette !
"Yogastronomie".
La gastronomie est intimement liée au yoga car :
"Les épices sont utilisées en ayurveda (médecine traditionnelle de l'inde) comme traitement préventif.
Le yoga dénombre six saveurs ... Les six saveurs gustatives de base sont le sucré madhura, l'acide amla, le salé lavana, le piquant tikta, l'amer katu, l'astringent kashaya. Les combinaisons de ces saveurs sont au nombre de 720.
En yoga, où l'on dénombre 72000 nadis, 72 est un chiffre récurant. Le yoga de la langue va alors consister à distinguer ces six saveurs ainsi que les 720 combinaisons afin de déterminer la combinaison qui vous correspond. Cette combinaison va apporter une harmonie dans votre tempérament ayurvédique."



"Mes mots technique"
Ci-dessus, un "dessin calligraphique" de Mahmoud Tammam, le dessinateur qui illustre sa langue afin qu'elle soit plus facile à apprendre.
Le lapin (rabbit) est bien présent : en bas, à droite, on distingue le mot lapin écrit en arabe et plus haut le lapin en dessin, cela fait son effet, on s'en souviendra, la prochaine fois quand on l'écrira.



Yoga de la langue : Kali graphie !
Kali a été une des sept langues d'Agni (le dieu du feu) et elle est la déesse du temps et de la mort. De surcroît, c'est la shakti (l'énergie créatrice et la compagne) de Shiva.
Sa langue a la forme d'un triangle pointé vers le bas (qui représente aussi son sexe).
La langue pointée vers le haut (kéchari mudra) est liée à Shiva méditant. Le yogi invoque, selon la position de sa langue, soit Shiva, soit Kali !



Le sanskrit "chante écrit" !
En récitant les 48 sons de l'alphabet sanskrit, on met en valeur un dieu ou une déesse.
Le sanskrit est prononcé exactement comme il est écrit. Il doit être scandé à voix haute. En faisant ainsi, l'air et l'art de rien on pratique le yoga de la langue.
"En combinant ces 48 phonèmes, se forme une infinité de mantras dont la répétition va permettre de personnaliser ce yoga de la langue. Un mantra efficace doit être en syntonie avec vous, les oscillations de sa vibration dues aux mouvements de la langue doivent correspondre parfaitement à votre propre fréquence."



Crédits illustrations :
Deux dessins de Geluck, trois "animots" de Tammam plus ...

... des anecdotes :
"Logo loto"
Le logo-langue a été dessiné en 1970 par un jeune étudiant au "Royal College of Art" (London).
Suite à une demande du manager des Rolling stones, l'institution artistique a choisi un jeune étudiant de vingt ans nommé John Pasches.
Pour Pasches, ce "Tongue and lips" est devenu un véritable patch "anti-misère à vie, bouche de Jagger ravi" (dont il s'est inspiré).
Ce logo se trouve dans le disque "Sticky fingers", la pochette est "Dandy Warhol".

"T'as le bonsoir d'Albert Einstein" :
Le jour de ses 72 ans, après toute une journée organisée en son honneur, le savant de génie est fatigué.
Il est tard, des photographes sans scrupules cherchent à lui tirer le portrait.
Alors, il leur tire la langue !

Expressions françaises sur la langue : lues dans "Au vrai chic anatomique" de Frédéric Pagès.

"Laissez les bons temps rouler !" (Louisiane)
"Attendez que le curé se mouche !" (prenez votre temps, Québec)
"Bon vent !" (bon voyage, au revoir)

Yamasté !!!!

mardi 15 octobre 2019

"Posture de yoga n°8 : Le Lion"

J'ai lu à "la plage" : "Le chien tête en bas".
Cet été, je ne suis pas allé souvent à la plage.
Par contre, je suis resté en bonne compagnie yogique, bien au frais dans ma maison écho-logique, avec un livre passionnant sur les postures et leurs histoires mythologiques, leurs symbolismes, à ranger entre le "Mahesh" ("Yoga et symbolisme") et "Les saisons du Yoga" (Barbara Litzler).
Ce livre est édité, bien entendu, par les éditions "La plage" (ouaf, ouaf !).
Se promener dans les bouquins écrits par des gens bien ou se balader à la plage en respirant bien à fond les embruns, sont pour moi deux bons plaisirs de la vie !

A la page consacrée à la posture du lion, que trouve t'on ?




Le Lion est une drôle de posture sonore, idéale pour le yogi espiègle et introverti.
Bouche grande ouverte et langue au menton, on expire en produisant le son "AAARRRHHHH !", fort et clair. Bref, on rugit comme un lion, on envoie un "son qui nettoie les poumons et la gorge de tous les mots et de tous les pleurs retenus".
Le lion communique par toute une gamme de sons : le grognement, le sifflement, la toux, le miaulement, le feulement et le rugissement. Lorsque le lion rugit, on peut l'entendre à une distance de huit km !
"Le yoga nous apprend à soigner ce qui n'est pas nécessaire de supporter et de supporter ce qui ne peut pas être soigné."
B.K.S Iyengar
Le corps vu comme un instrument de musique (magique) !
Comme d'habitude le son devient soin dès lors que l'on d'en sert.
Si l'on prend soin de soi avec du son, qu'on soit flagada ou pas, tel un diapason, il nous aidera à nous accorder dans la joie et tout le tralala, tagada son soin, comme dirait le clown médecin !
Qu'il soit soufflé ou chanté, le son du lion stimule le chakra de la gorge ("Vishuddha"), le centre d'énergie de l'expression et de la communication.
Par cette posture, on dit sa vérité d'une façon claire et bien articulée !
En ouvrant en grand la bouche et en étirant la langue au maximum, la langue est stimulée, les amygdales sont fortifiées et le système lymphatique élimine plus facilement les toxines.
Tirer la langue ainsi amène un massage de la gorge, de la thyroide, du pharynx, du larynx, des glandes salivaires, des trompes d'Eustache (amélioration de l'audition).
Ce massage de la gorge expulse le sang impur en stagnation pour qu'il revienne purifier les reins.
En ouvrant grand les yeux, nous pratiquons le "drishti" ("regarder"), on "drishte" en haut, entre les sourcils ou sur le bout du nez.
Cela facilite la concentration, l'introspection et calme l'esprit.
Le son libérateur vient du ventre.
En faisant un bond dans le temps, voici Einstein, ce vieux lion, s'entraînant à bien faire la posture !




Jeu d'yeux, jeu divin ! Pour une meilleure santé oculaire.
La posture du Lion renforce le nerf optique et facilite l'élocution. Elle nous permet d'avoir l'oeil sur notre santé et de mieux écouter ce que notre corps nous dit !
Qu'on se le dise : la santé à l'oeil, non seulement ça ne coûte pas les yeux de la tête mais en plus, on ne tire pas la langue pour la conserver !!

Notre "lion intérieur" et ses défauts.
La posture nous aide à dompter notre force rugissante et notre part de violence intérieure. Elle nous apprend à desserrer nos griffes et à remplacer nos "prises de tête" par des "fichons nous la paix" ...


Histoire de .... démons et merveilles !!
Le roi des démons Hiranyakashipu a vécu longtemps dans la discipline corporelle et spirituelle.
Bhrama, le dieu créateur, pour le récompenser, lui offre trois voeux.
Le démon a son idée, il veut devenir invincible, ses trois voeux demandent l'immortalité (exemple : il ne peut mourir ni la nuit, ni le jour).
Une fois estampillé indestructible, il persécute les hommes, les Dieux et surtout son fils :
"Comment peux tu vénérer un Dieu de Bagatelle, invisible (Vishnou) et détester ton père immortel et invincible ?"
hurle t-il à son enfant.
Le Dieu Vishnou a l'oreille sensible alors il réagit illico-presto et fait apparaître un de ses avatars : un homme à tête de lion Narasimha qu'il place entre le roi et son fils.
C'est au crépuscule que les griffes de l'homme-lion ont taillé en pièces le roi démon !
Prahlada, son fils reste fidèle à l'enseignement de "Vishnou la paix" et règne le temps d'une vie d'homme, avec justice et humilité !

Shiva à la chasse perd sa place !
Dans certaines familles, la cohabitation est délicate. Prenons celle de Shiva, chacun a son véhicule céleste pour se rendre d'un monde à un autre.
Shiva, portant un serpent autour du cou, utilise le taureau, sa compagne Durga se déplace en lion. Quant à leurs fils : Ganesha utilise le rat et Kartikkeya, le paon !
 Alors évidement, le lion veut s'attaquer au taureau (mais il obéit à Durga), le serpent veut sauter sur le rat (mais il écoute Shiva), le rat veut sauter sur le paon (mais il obéit à Ganesha), le paon veut tuer le serpent (mais il écoute Kartikkeya) !!!!
Et malgré cette ambiance orageuse, Shiva reste calme !



Le Lion lien social.
J'aime bien cette posture, il en existe de nombreuses variantes (de la plus simple : assis en tailleur, à la plus difficile : sur les genoux en position du lotus).
Elle crée une ambiance souriante.
Elle nous permet de braver les interdits (tirer la langue), de se tenir à l'oeil et de montrer que l'on peut avoir la langue bien pendue sans jacasser et casser les oreilles !




Et pourquoi pas ? : la posture du "Chat-Lion" !
On peut faire la posture du chat-lion, qui consiste à combiner la posture du chat (dos creux-tête levée) avec celle du Lion rugissant (à huit km à la ronde).




Les temps sont durs, camarades, ne restons pas en rade, ne demeurons pas crades, fades, restons solaires, solides et solidaires !!!
Bon vent !

Crédits illustrations :
Les photos du chat et d'Einstein viennent du blog "yoga passion", la posture anatomique a été prise dans "Yoga : Anatomie et mouvement" de Leslie Kaminoff. Et bien sûr, des extraits du précis et précieux livre cité sont là pour le plaisir des yeux et celui de la "comprenette" !

Prochain article sur le "yoga de la langue" !
Yamasté !

mercredi 2 octobre 2019

"Méditractions"


                                                                   (zen-Pixabay)       
                                                                

Beau Bach (prononcez Bar) !
Matin brumeux, j'écoute un agréable concerto "brande-bourre-joie", interprété par des grives perchées sur des branches branlantes de brande. Elles ont grave le groove, chantent de jolies mélodies et font bon usage du silence.
Il est de bonne heure, côté fleur, les "belles de nuit" ne vont pas tarder à s'ouvrir. Et moi, je ferme les yeux et ouvre mon esprit pour y voir plus clair. C'est le moment de méditer !

Flash-Bach (prononcé Bac) :
Réveil à l'aube, dans mon lit, tel le lézard encore un peu endormi, je stimule mes articulations.
Les étirements bienveillants vont bientôt me rendre bien vaillant.
"Apanasana", la posture des vents libère mon ventre, associée au "demi-pont", elle fait du bien à mon bassin, ma colonne et mes reins. Mon corps assoupi s'assouplit.

Levé du lit :
Je prend de la hauteur avec la posture de la montagne, je me "tire-bouchonne" dans la "Danse de Shiva", je "m'étire au flanc" en prenant celle du triangle et j'en pince pour la pince.
L'envie d'un bon petit déjeuner me gagne. Je le prépare, je n'oublie pas les baies de yogi (Goji et Canneberge : si tu es occis, prends des gojis, si dans l'effroi tu gamberges, des canneberges).
Dehors, il fait doux et moi je fais l'hindou sur la terrasse ... et l'idiot rigolo car ma caboche est cabossée, il faut dire que mon moral en a pris un sacré coup ces derniers temps (fatal hopital pour un bel homme à la belle âme qui ne l'a pas rendu). La pause méditation s'impose ! ...
Choses promises, choses dues, voici la suite des pensées de Christophe André.
La méditation soulage du temps qui passe et de l'angoisse de la mort :
"Plus on se sent relié à la nature, moins on a peur de la mort."
"L'habituation de la peur érode son pouvoir.
Faisant une retraite dans un monastère et un stage pour devenir plus sage, au petit matin, le maître des lieux pieux dit :
"Cette nuit, 50 000 humains sont morts pendant que nous dormions et nous, nous sommes vivants !
Quelle chance !"

"Il existe deux grandes certitudes :
Je vais mourir un jour !
et
Pour le moment, je suis vivant !!"
"Tout est étonnant, la présence de notre souffle par exemple !
Notre présence sur cette planète, pourquoi suis-je là, moi ?"
Savoir savourer !
La méditation comme source de ravissements contemplatifs !
Humain, afin de m'éviter, je roule sur les autoroutes de l'action, je me prend la tête et la remplit de soucis.
Bonhomme, afin de m'inventer, je prend les chemins contemplatifs pour méditer en pleine conscience sur les sentiers de la lenteur et de la flânerie poétique !
Dans la vie, il y a des actes vertueux qu'on a fait et qu'on a refait et puis il y en a d'autres d'aussi bonne qualité qu'on a fait et qu'on a "pas refait" ("parfait", c'est très bien aussi) !
Dans la méditation, il n'y a rien à faire mais tout à défaire.
"C'est par distraction qu'on entre pas au Paradis de notre vivant."
Bobin
"L'idée de Terre ne la rend pas ronde.
L'idée de chien n'aboit pas."
Spinoza





Les émotions négatives, "qu'enfer" ?
Ne pas les réprimer, les réprimander, ne pas faire le flic sinon gare au flip, au flop ...
Mais plutôt les regarder en face, les traverser (sans les regarder de travers), chevaucher le dragon, ramollir les émotions dures, court circuiter les mots, éviter la subjectivité, la surenchère, faire de la "climatisation émotionnelle" ...

Les émotions positives, qu'en faire ?
Les savourer, les mémoriser, en profiter, les graver en soi, les recevoir, les ranger dans une malle aux trésors, les recueillir, les accepter, les écouter, les amplifier, se fabriquer un "récepteur de bonnes ondes", faire une "liste d'orpailleur" (de pépites d'or) ...




Les émotions !
Ce sont des sources d'information mais aussi des sources de confusion.
Méditer c'est observer ses pensées et les regarder passer sans les suivre ...
Méditer, c'est se pencher sur ses pensées sans s'épancher sur ses penchants, c'est noter ce qui se passe en soi, c'est coucher les pensées par écrit, (cela les désamorce, le journal intime a un pouvoir guérisseur), c'est prendre le temps du calme, c'est cesser d'alimenter le feu des pensées, c'est leur lâcher la bride (les laisser passer comme on laisse passer les nuages, ne pas les empêcher de partir) ....
"Défilé de pensées nous empêche d'écouter de la musique."
" ... comme on baisse le son de la radio, ne pas éteindre le poste."
Parce que penser c'est bon, penser c'est créer, penser c'est choisir.



"Plus le tumulte des pensées est fort, plus il faut s'ancrer."
Pour ne plus bavarder autant mentalement, évitons de "buvarder" (boire ses paroles et se faire un sang d'encre*) !
Allez pour finir, laissons la parole à Cioran :
"Quand je passe des jours à lire des livres sur le développement personnel, l'envie me prend de sortir dans la rue et de casser la figure au premier venu."
Crédits illustrations :
Dessins : l'indispensable Geluck.
Deux mots de "99 mot-en-dessin pour améliorer son orthographe" !
Le chien Droopy (iblagues.com)

* : Au 18 eme siècle, pour les médecins, l'humeur avait un lien direct avec le sang. Le mauvais sang noir comme l'encre était associé à la sensation d'inquiétude, d'angoisse !

Yamasté !