jeudi 15 octobre 2020

"Jujube et Michael"

Faire à part ! 

Deux artistes altruistes sont morts récemment.
Deux humains à part, toujours partant pour défendre les bonnes causes.

Au pays des merveilles de Juliette, joueuse de luth final à Saint-Germain des près, il y a eu un jour, un joueur de silence ... silence qu'il enrobait de notes bleues avec sa trompette ! C'était les jours des "trouble-fêtes". 

"La véritable musique est le silence et toutes les notes ne font qu'encadrer ce silence."
Miles Davis





De temps en temps il devisait mais sinon il divisait la critique, ou alors franchement, mais pas souvent, il souriait ou il enregistrait (presque tout le temps) de bons albums, genre "Birth of the cool" (1950), "Miles Smiles" (1966) !!!
A part Gréco, la troublante fêtarde, il y a aussi un autre anti-conformiste qui vient de passer l'arme à gauche : Michael Lonsdale.

Faire-ailleurs !
Faut le faire ... partir ailleurs dans l'imaginaire, avec un Bunuel, cela peut donner des ailes !!!




Michael Lonsdale était un être paisible, sensible, habile à parler de la bible, romantique (son amour impossible avec Delphine Seyrig).
Il était charmant, avec cette voix tendre, caressante. Avec aussi cette lenteur, cette nonchalance et ce côté animal : au choix chat ou vieil ours !! 
Un don inné pour la comédie (plutôt dramatique à la Duras), ou surréaliste (Beckett, Bunuel : l'aubergiste dans "Le fantôme de la liberté"), jouant aussi bien le traître ou celui qui maltraite James Bond que l'homme de foi qui vit sa retraite fatale dans une communauté ("Des Dieux et des Hommes") ou le moine curieux du "Nom de la rose" !
Homme ouvert qui envers et contre tout, gardait son cap (de bonne espérance). Pour lui, il y avait "maldonne" dès lors qu'on oublie l'homme en nous :
"Au terme de notre vie, nous nous en irons en laissant tous les biens matériels derrière nous."
"Nous serons riches de ce que nous aurons donné."
"Donner tout ce qu'on peut, 
donner le meilleur de soi-même."

Il a su trouver sa foi,
nous a troublé avec sa voix !
A donné plus d'une fois
donné, don aide la voie !

Son regard bleuté sur la vie, sans fard et sans fadeur, sa voix posée et profonde l'ont mis à l'abri, des fadaises et des fariboles qui rendent lourd le fardeau "pas de bol" de l'humain "comptant pour rien" !





"Déshabillez-moi !"

"La moindre des courtoisies, c'est d'être positif."
"On devrait parler avec tout le monde, échanger, proposer ... Je suis une désespérée qui espère !"
"L'art est fédérateur, il calme, il fait pleurer, rire !"
"Je suis là pour vivre, faire l'amour n'a jamais fait de mal à personne."
"L' amitié est une belle forme d'aimer debout."
"La joie rend beau."
"Il y a le corps, l'instinct, la tête ... chanter c'est la totale !" 
"Ce monde manque de poésie et d'entrain."
Années 1949-1950, "Jujube" est en amour avec Miles Davis. Un soir, ils vont au resto, s'installent à une table, le patron s'approche de Gréco et lui fait savoir que les noirs sont interdits dans cet établissement.
Jujube crénom de nom jubile, elle dit au demeuré raciste :
"- Montrez-moi votre main !"
L'homme s'exécute et la chanteuse lui crache dans la main toute sa colère !!!
"La mort est une chose naturelle, pourquoi en faire toute une affaire ?"
On est pas si important que ça."
Le mot de la faim :
"Je mange les mots, je les désire et je les digère."
Illustrations :
La caricature de Gréco est de Morchoisne !
La photo de Lonsdale est extraite du "Fantôme de la liberté".

Bon vent, portez-vous bien.
Yamasté !!

jeudi 1 octobre 2020

"Posture de yoga n°10 : le triangle"

Trikonasana : posture du triangle.






Les planches anatomiques de Leslie Kaminoff ("Anatomie et mouvement") sont vraiment bien.

Il n'y a plus de saison, il n'y a plus d'harmonie, tout est déséquilibré.
Les pieds en l'air, on marche sur la tête !
Dans nos vies, on a trop et sur cette planète, on est trop. On s'étoffe, on s'étouffe.
Si l'on ne fait rien, on s'étrangle, c'est le moment de faire le triangle. 

"Les fleurs sont les premières gouttes de pluie de l'éternel." Bobin

Voici l'histoire de cette posture (lue dans "le chien tête en bas de clémentine Erpicum).
"Image de pureté, le lotus prend racine et s'épanouit partout même dans les eaux les plus polluées. Issu de l'obscurité, il s'épanouit en pleine lumière."



Assis sur une fleur de lotus, le Dieu Brahma aux quatre têtes, regardait dans toutes les directions.
C'était au temps bizarre où le monde était sans lumière. Brahma broyait du noir, il en avait marre de tout ce bazar !
Sur l'un des mille pétales du lotus se trouvait deux gouttes d'eau très pure.
La première ressemblait à une goutte de miel, celle-ci s'est un jour transformée en démon Madhu incarnant "Tamas", l'énergie de l'inertie.
Sa couleur est le noir (l'inertie, la paresse, l'ignorance).
La seconde était dure comme la pierre, elle deviendra le démon Khaitaba, incarnant "Rajas", la tendance dynamique, sa couleur est le rouge (la conquête, la passion, la violence).
Aussitôt incarnés, les démons se disputent en courant le long de la tige de Lotus. C'est là qu'ils découvrent Brahma écrivant les quatre Védas ou l'on trouve toute la sagesse du monde.
Les démons stoppent net leur bagarre et s'unissent pour voler les précieux documents, direction l'enfer.
"- Les bras m'en tombent, j'peux pas laisser le monde sans sagesse", constate Brahma ...


                (Saurez-vous retrouver dans cette "Trimurti" lequel des trois est Brahma ?)

... Il réveille Vishnou dans son sommeil cosmique ("Yoga Nidra").
"- Bonjour Vishnu, nous avons un gros problème : deux gamins démons ont volé toute la sagesse du monde, toi seul peux la récupérer !"
- OK boss, j'ai compris, tout le plaisir est pour moi.
Je me change (en clown cosmique : Agile Zavatar). Avec mon nouveau "look clown" avec une tête de cheval, je fais mon superman luttant contre le mal et les démons voleurs se font la malle !
Au fond de l'océan chante d'une voix mélodieuse le Dieu pacifiste et passéiste. Les démons sont captivés par le chant relaxant de "Vishnou la paix".
Il délaissent les livres sacrés afin de bien profiter du concert "insoliste". Pendant ce temps là, Agile Zavatar récupère les livres sacrés et redonne ses védas à Brahma.

- "A vot' service !" lui dit Achille Zavatar !
"Il est tard, faut que je rentre chez moi et que je retourne dans mon "Yoga Nidra" (yoga du sommeil) se dit Vishnou.
A partir de là, sur ce nouvel équilibre "Tamas-Rajas", Brahma peut continuer sereinement à créer le monde.

Quelques avatars !

Comme Vishnou ne peut pas intervenir directement, il envoie  des avatars à sa place.
Matsya le poisson, premier avatar, sauve le monde d'un déluge !
Le voici, le voila !!!




 
Le septième avatar porte le nom de Rama (très connu, on retrouve ses aventures dans l'excellent et fameux "Ramayama").
Certains sont plus connus que Brahma, tel  "Bleu noir" .... euh !.... (non, ça c'est la traduction en sanskrit) .... Krishna (c'est le huitième) est même plus populaire.
Le neuvième : Bouddha.
Le dixième  : à venir.
 A la fin des temps (on a encore le temps, surement d'ici 20 ou 30 ans), Vishnou deviendra le cheval exterminateur Kalki , qui d'un coup de pied réduira le monde en poudre ! 

Un jour, un démon expulse les Dieux puis dirige l'univers. Nrisimha, l'avatar à tête de lion va détruire le démon, après une course poursuite de plusieurs siècles !


Les Tri-konas : les trois angles du triangle sont signifiants.
Chit Sat Ananda :
Connaissance,  Existence, Félicité !!!
Les mains et les pieds représentent le ciel et la terre. En touchant un pied d'une main, tout en levant l'autre main et le regard vers le ciel, le yogi cherche à relier la matière et la spiritualité, à s'unir au cosmos. 
L'union n'est-elle pas à l'origine même du mot Yoga ?

Seize effets :
La colonne s'étire d'un coté puis de l'autre, cela crée un espace entre chaque vertèbre. La colonne respire. Cela améliore sa flexibilité.
En Kundalini Yoga on dit que depuis le bassin la sève s'élève, l'énergie vitale monte par la tige du lotus (la colonne vertébrale), ce prana arrivé au sommet de la tête a pour effet d'apaiser le mental agité !
Bas du dos soulagé, bassin plus léger.
Enracine, fascine, élève au rêve.
Renforce la ceinture abdominale.
Ouvre, étire les muscles latéraux du corps,
Calme le système nerveux,
Muscle les jambes.
Améliore le sens de l'équilibre, réaligne le squelette, réajuste la posture du corps,
Rend plus grand (physiquement et mentalement). Elle aligne la tête, les épaules et le haut du dos.
Améliore la digestion (constipation), la respiration, les maux de gorge ...



Une variante : La posture inversée du Triangle, uttitah asana ! 

Les trois qualités (gunas) : Tamas et Rajas (voir plus haut) et ...
Sattva ?
Si Sattva Sam Va ! Késako Sattva ?
- C'est Brahma, l'équilibre, la perfection et la couleur blanche.
le Triangle donne cette sensation de vivre les pieds sur terre, le coeur ouvert et la tête dans les étoiles.

Nous venons de l'univers, donc ces trois gunas sont en nous.
Chacune des trois qualités est nécessaire à notre équilibre mais il suffit que l'une d'elle prenne le dessus pour que l'harmonie soit menacée !
Pour bien faire la posture, après votre cours de yoga, n'hésitez pas, demandez conseil à votre pote le prof.
Yamasté !!   

mardi 15 septembre 2020

"Tweeter : bhaut-parleur"

Du moine au moineau !
"Un moineau parle :
Je suis une mie de pain dans la barbe du Christ ...
... Un rouge-gorge parle :
Je suis une tâche de vin sur la chemise du christ,
un éclat de son rire au retour du printemps." ...
Christian Bobin "Le très bas"

L'autre jour, en plein dîner, une famille curieuse de la rue des pinsons observe un oiseau inconnu, drôlement coloré avec de surcroît un trait jaune très joli sur chaque aile !
Amusant, ce volatile flottant dans le cosmos, flirtant avec le tournesol en ayant l'air de nous dire : prenez-en de la graine.
Comme d'habitude en de pareilles circonstances, l'assemblée des ignares bavards pose son regard sur l'érudit ravi et demande : quel est donc cet oiseau si beau ?
En règle générale, il donne la réponse puis se lance dans un exposé savant mais là, pour une fois, il reste coi.
Il décide de mener son enquête ("comme ça nous mourrons moins bête, mais nous mourrons quand même", dit-il, en imitant la voix de François Morel).
Le voici, le voilà (non pas Morel mais le Chardonneret élégant) :




Dans la catégorie petite taille, j'ai découvert, un collègue "poids plume" (15 grammes) pour l'accenteur mouchet et le troglodyte mignon. Il s'agit du chardonneret élégant.
Il aime se poser sur les chardons, de là vient son nom. Il est gracieux et il ondule dans les airs !

Au niveau du chant, il se situe entre les deux espèces cités.
L'accenteur mouchet, dit le "traîne-buisson" a un chant proche du troglodyte mais sans les trilles avec ses phrases courtes, aigues, répétées rapido donnant l'impression qu'il conte. Le  mignon troglodyte, fait sortir de son syrinx des sons puissants forcément comprimés vu sa taille.
Par chez nous, le chardonneret est plutôt discret, il chante et donne à entendre d'exquis gazouillis fluides avec ses "didelitt" et ses "sticlitt".
Ceux de Tunisie sont réputés mais sont privés de liberté !
A cause du trafic d'oiseaux, des "bracos crados", cette espèce est en voie de disparition !

... "Et tous et toutes ainsi pépient et chantent et viennent connaître la vérité de leur chant auprès de François d'Assise, près de l'homme-arbre, de l'homme-fleur, de l'homme-vent, de l'homme-terre."

"Tweet à St Tropez" : titouit, tea-tweet, do it, do it ....
J'expose mon nouveau vélo à assistance électrique dans mon jardin, du coup, il sert aussi de perchoir aux oiseaux. Lorsque c'est l'heure de l'apéro (juste après celle de l'opéra), les mésanges se mélangent, dansent puis épuisées, se posent.
Le rouge-gorge trouve qu'elles abusent, qu'elles s'imposent alors il fait le ménage.
Le manège se désagrège et déménage soit vers la piscine (simple soucoupe volante qui "va à vole-eau") pour s'ébrouer, soit vers les mobiles de jardin ou vers les si volubiles cosmos pour tester son équilibre !
Et tout ça en tweetant, en chantant.
Les réseaux zozios sont simples et rigolos si l'on fait travailler ses petites cellules grises.
Avec des mots-valises, on peut voyager loin !
Par exemple, on peut imaginer un "colibrius", drôle d'oiseau jouant du "roucoulélé", cette fameuse petite guitare hawaïenne imitant le chant des tourterelles !




Basho, poète, peintre et moine bouddhiste a été le premier à transformer le renga (né de joutes verbales souvent triviales, grivoises, genre de "haï-cul") médiéval en poésie subtile (le haïku, prononcé "haïkou").
Le portrait est signé kinkoku !

Conseils et haïkus de Basho :
"Limite-toi à la poésie,
ne perd pas de temps en propos futiles.
Si la conversation s'égare, somnole pour économiser ta force créatrice."
Dans les "Bhaut-Parleurs", ça gazouille, ça fouille et ça farfouille, ça piaille du haïkaï en pagaille !! :
"Sous la pluie d'été
raccourcissent,
les pattes du héron !"
"Dans la lande,
je dirige mon cheval,
vers le chant des oiseaux."
"L'âme du saule pleureur
devient celle du rossignol 
dans son sommeil."

Look book shoot plouc ! 
Depuis peu, je découvre le réseau social Face-Book.
Dans ce "livre du visage", on pourrait penser que ça manque de sagesse, de réflexion, mais on trouve de tout, de l'intéressant comme du pitoyable !

Chose promise, chose due, voici la suite Face-book !
Revenons donc à mon commentaire sur une photo de mon ami Dominique Bertrand (imaginer un escalier étroit, en colimaçon, dont les marches sont colorées, on dirait de la moquette kitsch).

Non, le dessin qui suit n'illustre pas vraiment mon propos. Mais il est bien intéressant quand même, il est signé par M.C Escher, spécialiste de l'illusion d'optique !!





Rappel de mon commentaire "Face-book" :

Esprit d'escalier,
mot-quête colorée,
manque de répartie,
répliques en repli.
"Lazy"

Ou ?

Esprit d'ascenseur
envoie de toutes les couleurs.
Esprit vif et farceur,
rebondit le "Cole Porter" !
"Jazzy"

Certains ont le cerveau lent (qui ne fonctionne que les jours de grands vents), d'autres l'esprit vif toujours actif !




"L'homme sensible comme moi, tout entier à ce qu'on lui objecte, perd la tête et ne se retrouve qu'au bas de l'escalier."
Diderot
L'expression trouve son origine dans cette phrase de Diderot.
Dans une discussion, il ne répondait pas toujours du tac au tac.
Au niveau du tempo, il était à côté de la plaque (les vifs et malins malintentionnés avaient le temps de se moquer de lui).
Au fait, le chat qui vient vers nous, il monte ou il descend ?
Il prend l'ascenseur ou l'escalier ?



Du (Claude) Moine au ... moineau, gare à toi, v'là l'chat Yves Montand qui descend ...
Gare à vous les frimeurs flamboyants, "les chats sauvages", "les Josettes noires", les "Jaunis à l'idée" ... 
Voici un virelangue, à dire à toute berzingue tout en articulant bien, sans pause, répéter x fois ...
 "Suite sweet tweets tristes, twist guide dick, choc tactique tacotac chic, tchatche cha cha cha tchat chat" ...

Twist Yoga danse :
Rotation du bassin puis des jambes avec flexion des genoux et torsion du tronc (Jacques) !
Bref, faire comme si on s'essuyait les fesses (book) avec une serviette de bain tout en écrasant une cigarette avec le pied ou plus simplement tortiller du cul en se tordant la cheville ou twitter sur Tweeter !!
Bon vent et à la revoyure.
Yamasté !!!

mardi 1 septembre 2020

"Chère Claire Bretécher"

Petit hommage à Claire Bretécher, décédée cette année.
C'était une femme décidée, libérée et décalée, indépendante, poilante et désopilante ...
Elle mettait à poil la société.



Le "super fête à Thouars" ("superfetatoire" vient du latin superfetare : ajouter) "Stufaissoir" avec un "rendève" déjà prévu est superflu !
En 1988, elle crée des personnages pour la série "Agrippine" : Moonlight Mollard, Persil Wagonet, Melfred Potetoze, Mélopée Legroin, Chlorine Bankent, Bergère Leprince, Caresse Benchemoul, Moderne Mesclin, Psyché Chia, Canaan Linchbenj qui parleraient ça comme (avec parfois un "che" sur la langue) de la mort de leur créatrice :
"Ca faich vraimench, bien loin de m'en peigner le cresson en full contrôle tantrique.
Asteure, ça me trousse velu !
Ca faiche, sans mythoner (mentir), il y a de quoi "prendre vapeur" (s'émouvoir), ça me troue (sidère), ça me "prend remous !"
Depuis cette mauvaise nouvelle, je suis vraiment friable !!
- Tu as compris ?
- De quoi tu taukebout ?
- Je m'esclave à te le dire et toi tu t'en peigne le cresson !

"Quand on fait de la BD, on mène une vie d'escargot."
Bretécher




A sa table à destin, Bretécher, croqueuse de personnages avachis ou agités, révèle les tics du moment, relève les travers de l'époque opaque.
Son trait graphique vif, inventif, innovant, insolent illustre parfaitement les adulescents lassants, les frustrés sentencieux, les ados torturés, les adultes butés ...
Son langage décalé, sa tournure d'esprit, son sens de la formule, ses néologismes jubilatoires ont donné de nombreux mots inventés, détournés.
Bretécher a crée un argot d'aujourd'hui, un jargon expressif. Elle a décortiqué le vocabulaire avec ses mots tordus et "tordants" !
On peut louer aussi ses raccourcis, son sens du dialogue. Elle se penche sur ce qui nous plait, elle panse nos plaies. Telle une "bobologue" du lexique, elle joue avec nos maux en créant des jeux de mots nouveaux, des néologismes facétieux.
Cette belle dame (sa moue moqueuse, son sourire ironique, son regard magnétique), à l'âme jolie, à la langue fleurie, "envoyait le pâté" !




Elle aimait écouter Terry Riley et Arvo Part, alors après avoir lu ce message allez donc retrouver votre chaine hifi et posez sur la platine le roi de la musique planante répétitive et celui de la musique minimaliste sacrée, et écoutez religieusement.
Cela crée des liens et ça fait du bien !!!
- C'est "Claire" !
"Il n'y a rien à dire d'elle que son nom, et son nom dit ce qu'elle est, ce qu'elle donne : Claire, Clairière, claire-voie, clairvoyant, éclair, éclaircie ..."
Chritian Bobin ("Le très-bas") décrivant la femme de Saint François d'Assise.


-"Quel antidépresseur manges-tu ces jours ci ?
- De la rigoloft. Une vraie daube. Zéro. Nul. Caca !
- Mais enfin, demande à ton psychiatre d'en changer.
- Impossible, les effets indésirables me font trop de bien."
"Agrippine déconfite"



Je me souviens de mes années BD, les "seventises" que j'ai dévoré comme des smartises ! Ses "gnan-gnan", ses "frustrés", te développaient le sens critique.
Sa "Cellulite" (un de ses personnages du moyen-âge) ne te faisais pas grossir mais te grandissait l'imaginaire et le vocabulaire.
J'ai aussi en mémoire un dialogue entre elle et Pivot dans son émission "Apostrophe" :
- "Pourquoi vous moquez-vous du féminisme ?
- "Parce qu'à un moment, j'en ai eu marre, les feministes sont devenues dogmatiques et ennuyeuses."
En 1972, elle crée avec ses potes de "Pilote" (Gotlib et Mandryka) "l'écho des savanes" (des "ça vanne ?").

"Ode à Claire Bretécher"

"L'eau claire de ses yeux
nous fait chanter.
Son nez fin et grâcieux,
nous fait rêver ...

Ses cheveux doux et blonds
nous éblouissent ...
Son sein joli et rond
est un poème ...

Alors pourquoi ? ... pourquoi ?
(Que Dieu nous perde)
Dessine t-elle si bien que ça ?
Elle nous emmerde !"

Gotlib

Mandrika est russe d'origine et il adore, lui aussi, inventer des mots (lire "les aventures potagères du Concombre masqué" :
"Badibulguer" : aller de ci de là, berduler, détruire, transformer ! 
"Berduler" : errer sans but (sans détruire, sans transformer).


Allez bon vent !
Salut les frustrés, les gnan-gnan !
"Bretzel liquide", "rendève" vers le 15.09 !
Yamasté !!

vendredi 14 août 2020

"Mémoire de Yoga n°39"


Suite de mémoire yogique :
Une corde émotionnelle.

Celle-ci doit conserver toute sa sensibilité tout en étant libre de l'identification, de l'attachement aux sensations et de toutes les dépendances.
La fixation émotionnelle excessive émousse la vraie sensibilité mais le détachement et la non-identification ne doivent jamais être confondus avec l'indifférence ou l'évasion. S'ils sont mal compris, ils peuvent dessécher le coeur.

Une corde mentale parfaitement souple, transparente et libre de l'attachement, de l'identification.
Elle doit cesser de vibrer exagérément pour son propre compte.
Ainsi, s'il vibre en harmonie avec ces trois cordes, le yogi est semblable à une harpe vivante.

Le musicien l'entend-il de cette oreille ? Voici le point de vue (ou plutôt d'ouïe) de l'artiste :

Nous naissons tous avec des possibilités, une palette de qualités et de défauts qui créent richesse, mais aussi complexité. Une harmonisation s'impose donc si nous voulons transformer ce foisonnement désordonné en trésor efficace.
Résoudre ses propres conflits est l'urgence de chaque vie, car tout conflit absorbe l'énergie, disperse et empêche l'épanouissement. Capter les forces vitales d'une partition et distribuer l'énergie sans déperdition, ni sur le plan mental, ni sur le plan des gestes physiques à accomplir pour une exécution aisée.
Tout gaspillage ou tout excès non seulement altère la qualité du son et condamne la beauté de l'interprétation, mais peut conduire aussi à des problèmes musculaires aigus.
En débarrassant l'égo des aspects négatifs contrariant l'évolution, l'être peut s'appuyer sur ce qu'il a de positif, trouver sa véritable personnalité enfin épurée de scories nuisibles à son développement.
Par une sensibilité aiguisée, les grands artistes captent plus que d'autres, sans doute, le monde extérieur et leur propre monde intérieur .
Ils peuvent d'autant plus s'effacer devant une partition qu"ils ont retrouvé leur personne, ils sont, ils existent.
La volonté de s'affirmer, vanité, orgueil n'ont plus de raisons d'être, car elles sont souvent des compensations à une faiblesse, un manque de confiance et de sécurisation. Ils n'ont plus rien à prouver, ni aux autres, ni à eux-mêmes pour se rassurer et sont donc plus disponibles.





"La musique est le véritable souffle de la vie. on mange pour ne pas mourir de faim,
On chante pour s'entendre vivre."
Yasmina Khadra
"Petite vitesse et grand doucement", dit le confus suisse observant De Chazal qui traversent un Prévert !
De nombreux êtres humains perdent leur vie à la gagner. Le temps c'est de l'argent.
Le temps passe et on passe dans le temps. On s'agite, vite vite on espère la sagesse mais même si l'on se dépasse, on n'arrive qu'à "sageagiter". On aspire à la lenteur mais le curseur nerveux reste placé bien haut.
On gaspille tant de qualités, les années s'accumulent, en même temps que les ennuis de santé.
Excédé, oxydé, vexé, laminé (en LA mineur), on se dépense trop, ainsi on épuise son capital "énergie".
Beaucoup d'entre nous, ressentent ce "gaspill'âge" !
C'est toujours la même chanson triste, exaspérante, nihiliste, désespérante que l'on écoute, la vie est trop courte, on s'écarte de nos chemins de vie et on oublie d'écouter notre petite musique intérieure !
"On a deux vies. La deuxième commence le jour où on réalise qu'on en a juste une."
Confucius 
"Tous les peureux sont bègues du regard."
Malcolm De Chazal
"Il suivait son idée. C'était une idée fixe et il était surpris de ne pas avancer."
Jacques Prévert
L'homme double voit trouble et on l'entend dire :
"Je ne suis pas schizophrène mais moi si !"

Namasté, bonne santé !

lundi 3 août 2020

"Mémoire de Yoga" n°38

Mémoire de Yoga rédigé en 1989.

Suite de la vie d'artiste.
Les musiciens ne sont pas durs de la feuille.
De la musique à la posture de l'arbre, il n'y a qu'un pas que nous allons franchir allègrement :
"La musique, que nous rangeons parmi les arts les plus raffinés, est en fait le plus ancien de tous, et le plus primitif quand à l'intention qui l'anime. Il tire sa source des pulsions et des rythmes essentiels de notre planète, des bruits du vent, de l'eau, de l'air et du feu. C'est des "éléments" que l'homme primitif a appris le rythme en entendant les percussions produites par la nature, le choc régulier des vagues sur le rivage ou le frôlement de la brise dans les branches."
J Galway


"J'ai laissé pendre ma guitare dans les branches. Le vent chante tout seul, écoutez sa chanson. Il dit :
je veux, moi, cela comme but."

Avant de devenir un bon joueur de "Bhagavad gita'art", s'attacher d'abord à être un bon harpiste.
Pour cela, laissons nous séduire par le charme de la parabole de la harpe, telle qu'elle est explicitée par Robert Linsen :
La parabole de la harpe, fréquemment évoquée par les grands maîtres de l'Inde, est à la fois pleine de profondeur et de poésie.
La signification de cette image doit être perçue par l'intuition et non par la pensée analytique. Le yogi y est comparé à une harpe vivante, formé de trois cordes (les gunas) :
Une corde physique, symbolisant le corps physique.
Celui-ci doit être harmonisé par le yoga permettant une prise de conscience et une maîtrise parfaite. La détente musculaire, nerveuse, psychique et la respiration complète, lente et profonde. L'harmonisation du corps implique également une hygiène alimentaire conforme aux lois de la nature, la redécouverte de la sagesse instinctive du corps dont les possibilités généralement inconnues, sont immenses, la simplification des besoins à tous les niveaux, dans tous les domaines, le respect naturel de la vie.








Rajout pour donner encore plus de goût au ragoût (01.08.2020) :

"Votre corps est une harpe pour votre âme, et il vous appartient d'en tirer une musique douce ou des sons confus."
Khalil Gibran


Je m'étais assis au pied d'un arbre, pour méditer et recevoir l'illumination bouddhiste.
Voilà que passe deux musiciens, ils se posent devant moi et jouent avec leur lyre !
Leur musique semble me dire :
"Lançons nous accords perdus dans une farandole, amusons nous avec des instruments à cordes ni trop tendus, ni trop molles !!!
Car d'un côté (pas assez de tension), cela manque de vibrations et de l'autre (trop tendu), ça casse ... pas des briques !"

"Une église gothique est un accélérateur d'énergie : chaque contrefort de soutien exerce une pression sur les pans de murs. Plus les murs prennent de la hauteur, plus ils s'écartent les uns des autres : ils voudraient basculer en arrière comme les quartiers d'une orange ouverte mais les arcs-boutants corrigent l'accrétion en les repoussant l'un vers l'autre. Les forces ainsi contrariées sont détournées vers le haut et fusent par les veines de l'édifice (colonnes et voussures) pour se rejoindre au sommet de l'oeuvre, jaillissant à la croisée des transepts dans le giclement de la flèche.
Une flèche est un geyser de sève minérale.
Les moellons de l'édifice entier, parcourus par les flux montants, sonnent comme le cristal si on les frappent de l'ongle : ils sont aussi tendus que les cordes d'une harpe.
Une cathédrale est un instrument de musique."
Sylvain Tesson "Notre-Dame de Paris" Ô reine de douleur.

Yamasté !


jeudi 16 juillet 2020

"Piste scrotum"


Hopopop hopital : ça va de mal en pis !
C'est pour cela que je m'y rends de temps en temps, afin de constater la triste réalité. Et puis c'est l'occasion de prendre soin de soi entre deux vagues du virulent virus en vogue.

L'hernie go !!!
Yann Meynier, spécialiste en hernies, diverses et avariées, du diverticule de la vessie à la hernie inguinale des deux cotés.


Les jours suivants le 01.07.2020 (jour de mon opération) :
Pour sentir l'air du temps, j'ai côtoyé des patients portant blues dans leur tête et surblouse comme habit et des soignants désabusés, dans une clinique préservée du corona virus, le temps d'un séjour de trois jours et demi.
Pour un temps plus long, on fait le même constat consternant : manque de moyens, de chaleur humaine, de communication, de temps, d'écoute (voir le film de Grand Corps Malade "Patients").

J'ai fréquenté (quatre fois) entre 1973 et 1974 (à 14,15 ans), la clinique du "Parc" (Aulnay sous bois). Embras-rassé, mon corps de pré-ado disait à mes parents, "je me casse" dès lors qu'ils en venaient aux mains avec en tête des pensées qui puent et en bouche des mots qui tuent. Qu'ils étaient sots avec leur "manège désenchanté" !
Sensibilité exacerbée, vilain petit canard, mouton noir, je décidais de transformer les sots en sauts (heureusement que le "sot à l'élastique" n'était pas à la mode).
A l'époque épique, je me prenais pour Zébulon "tournicoti tournicoton", j'ai fini par devenir bon dans l'art du bond et du rebond. Je pratiquais comme un champion olympique des sauts de tous genre (sauts en hauteur, en longueur, triple sauts ...).
Ces sauts me servaient pour le foot, afin d'éviter les tacles vicieux, je me transformais en gazelle (le "M'bapé" d'Aulnay) !


Et puis le dernier jour de l'année scolaire 1973, ma colère intérieure m'amène à jouer dans la cour bitumée du collège et à un moment damné, je me retrouve face au joueur le plus brutal de l'équipe adverse qui n'hésite pas, fonce tout droit, me bouscule, me déséquilibre, je tombe.
La chute est mauvaise : double fracture ouverte du bras gauche !!

Roi de l'esquive, du geste juste, de l'allure décontractée, David Carradine (série "Kung-fu") nous donnait alors des leçons de sagesse !
Mais il se trouve que nous somme tous plus ou moins remplis de contradictions. Carradine ne fait pas exception à la règle :
"Petit scarabée" est mort d'asphyxie érotique (un jeu masturbatoire) à l'âge de 72ans  !

Je termine la série fatale et aulnaysienne en 94 (hernie inguinale droite).





La clinique du Parc m'intriguait, elle était collée au Collège du Parc. j'imaginais que certains patients devaient bien nous observer pendant que l'on se défoulait dans la cour du collège !
Dans ma classe y'avait un crac du karaté et de la cabriole qui faisait le mariole avec son pote. A la récré, dans la cour, il devenait sérieux comme un pape (la récré c'est sacré) et là souvent l'impassible assurait l'impossible, le spectacle sans tacle, le branquignole Grand-guignol.

C'était les aventures d'un jeune "Buster qui étonne", en prenant la posture sur la tête hors sol.
Dans la cour, se trouvait un hangar à vélo. Celui qui voulait se muscler disposait de barres suspendues idéales pour s'étirer le dos. La barre devait être placée à plus de deux mètres de haut. Mais le père Keaton, c'est pas comme ça qu'il voyait les choses, c'était à l'envers qu'il voulait se grandir le dos.
Près d'un poteau, son compère lui faisait la courte échelle et le phénomène de foire agile comme un singe plaçait ses baskets sur la barre et restait là un moment.
Nous, on tremblait pour lui, on se faisait du souci, mais lui, restait immobile.
Ensuite, sans se faire de mouron, il revenait tout content, ravi, épanoui. J'imagine les patients faiblards voyant cette scène, qu'ils devaient trouver obscène :
- C'est trop injuste, moi qui arrive tout juste à faire trois pas.
- Moi qui n'arrive qu'à trottiner, voir ce que certains prennent comme risque, cela me dépasse.


2018 : Une hernie inguinale à gauche !
Déjà chroniquée en octobre 2018, en ambulatoire (opéré à huit heures, sorti à treize heures).


01.07.2020 : Voici la vessie (ses hernies), le scrotum et la prostate soignés avec tact !
En vrac : (moi itou nazebroque avec Miss Parkinson qui claironne, qui fanfaronne derrière mon dos) trois opérations bénignes mais qui peuvent se révéler vitales (car sinon tu ne te sens plus pisser, et les reins éreintés sont en danger d'insuffisance rénale).
En symbolique psychosomatique, un problème avec la vessie est lié à notre espace, notre place, notre territoire (tel le chat qui fixe ses limites en pissant).
En relation avec ce qui est important pour nous, nos "p'tites affaires" !
Et bien figurez vous qu'en ce moment, je suis dans un projet d'extension de la maison, pour récupérer de la place et pour que chacun trouve la sienne. Quelle synchronicité, quelle belle idée !




Le saviez-vous ?
Avoir la patate ... la patate au fond du filet c'est avoir la pêche ou être fatigué !

Le crémaster :
C'est le muscle du scrotum, il est suspenseur. S'il fait froid, le muscle se contracte et se colle au corps pour tenir le scrotum bien au chaud.
L'été le crémaster se détend, les testicules flottent et refroidissent !
La température des "témoins" (testicules) est plus élevée de deux degrés que le reste du corps.

Un test (icule) :
Un tapotement, une chiquenaude, une pichenette près de l'aine peut déclencher une contraction du crémaster faisant remuer un testicule de quelques millimètres.

Un conseil :
Hommes, ne portez pas de caleçon serré, cela étouffe les couilles, roubignoles, valseuses, roustons, bijoux de famille ... qui ne peuvent plus profiter de la régulation thermique du corps !





"Piste-scrotum" : Jeu de mot de Patrick Rambaud
"La durée de nos existences n'est rien comparée au temps où nous n'existons pas."
Dans "Le Maître"
"Des paroles de son cher Sénèque lui revenaient : Il faut toujours prendre les choses à la légère et les supporter avec une bonne humeur. Il est plus humain de rire de la vie que d'en pleurer.""Il neigeait"
"Buffalo Trump était un gosse de riche qui fut élu par des blancs pauvres, des frileux, des oubliés, des menacés, des méchants, des racistes de naissance."
"Emmanuel le magnifique." 
"Les gens compliquent tout pour avoir l'impression de vivre."
"La devise Liberté Egalité Fraternité,se vit remplacer par Rentabilité Sécurité Résultats."
Chronique du règne de Nicolas Ier.

Crédit illustration : un des rois de l'humour noir, l'excellent dessinateur Claude Serre !
Les citations sont de Rambaud (à lire : ses romans historiques et ses joyeuses parodies).
Bon vent et bonne santé !!
Namasté !!!"