dimanche 22 juillet 2018

"Foot-bal"


"Football : opium de l'électeur. On se shoote comme on peut."
Jacques Mailhot

L'équipe de transe a remporté le mondial du ballon rond !

"Entrez dans la danse !"
Pour ce mondial, le supporteur français a fait la fête au foot mais seulement à partir des huitièmes de finale. Avant, comme son équipe n'assurait pas le show, il n'était pas chaud pour regarder des "matchs nuls" sans chouettes shoots de foot !
"Chaque jour en Amazonie, on déboise l'équivalent de soixante terrains de football.
C'est un peu idiot, il n'y aura jamais assez de joueurs."
Geluck
Sur place en Russie, l'aficionado était en petit nombre et puis la sympathique équipe bien échauffée s'est mise à bien jouer et le supporteur est entré dans la danse.

La dessinatrice de "Charlie-hebdo" Coco va droit au but :



"Y'a pas de grands, y'a pas de petits : la bonne longueur pour les jambes, c'est quand les pieds touchent bien par terre."
Coluche
Et puis les petits jeunes, Pavard (22 ans) et Mbappé (19 ans) ont libéré l'équipe en marquant de beaux buts. A partir de là, l'ouragan Uruguay a eu le souffle coupé, l'Argentine a vu son Messi et son équipe partir à la ramasse. Quand aux costauds "diables rouges" belges, ils nous ont souhaité "Geluck" pour la suite.
Pour la finale, les excellents croates ont très bien joué mais finalement ils ont perdu (4 à 2) ! Coup dur pour ce petit pays de quatre millions d'habitants.
Après match, je pense toujours au triste perdant, pardi, ce n'est pas le paradis, il n'a pas la "tête dans les étoiles", lui !
"Au football seul le ballon n'est pas payé, c'est pourtant lui qui prend le plus de coups."
Vincent Roca
Comme le souligne Riss dans "Charlie-hebdo", le football ressemble à une pièce de Guignol, le gendarme s'approche de Guignol avec un bâton et les enfants crient :
- "Attention Guignol !"
Traduit en langage fan de foot, cela donne :
- "Attention Mbappé ! derrière toi, à ta droite, y'a un croate enragé."

Ballon bâton, chiffon baston ! C'est trop d'la balle !
Un chiffon font font les petites marionnettes qui ne veulent que du pain et des jeux !
Et pendant ce temps là, le cinéaste ukrainien emprisonné Oleg Sentsov fait la grève de la faim et se meurt. La politique de la Russie sent le roussi mais Poutine a bonne mine.
Le spectateur râleur basique a une drôle de logique car il applique le principe suivant :
"Je est un autre", non je m'égare ... voyons voir ... je pense que ce qui vient convient:
"Ils ont perdu et nous avons gagné !"
Pendant le match, l'angoisse marque des points et on sent venir cette remarque :
"C'est pas gagné, on est perdu !"
Quelle époque épique opaque !
"Les hémorragies cérébrales sont moins fréquentes chez les joueurs de football, les cerveaux aussi !"
Desproges
Nous vivons dans l'ère des accros aux gnons et à la bête compète. Boxe et boxon, voici venu le temps de l'homme de "macron mignon" : loup relou, fourbe et shooté, relooké et surbooké !!!
"Jouer au football est simple. Mais jouer simple est la chose la plus difficile au monde."
Johan Cruyff
Et si on jouait tout simplement, sans attendre de "merci" (sans "remercier" le vieux Messi de 32 ans, il ne va quand même pas prendre sa retraite à 33 ans, ça serait trop "christ"), sans récompenses financières immenses, sans trophée, sans triompher, sans défi laid, sans injures ou mots guerriers ("on les a cassés, bombardés, écrasés, battus et eux se sont inclinés, sont abattus ... ").
A mon avis, la récompense, c'est de pouvoir jouer dans la joie, un joli match d'esthète du ballon rond, sans animosité et sans pression. C'est ainsi que disparaissent les tensions psychologiques qui bloquent les joueurs, les dépriment, les limitent à la tactique défensive.

Jouer le jeu mais pas l'enjeu, cela protège les tibias, enlève les tracas, élève l'âme de l'Homme.
Jouir du jeu gratuit, s'amuser et prendre plaisir, jouer pour la beauté du jeu, pour de rire comme quand on était môme, sans but.
Vivre pleinement le principe gagnant-gagnant et lire la revue "So foot", écouter l'émission de Philippe Colin sur France-Inter ou regarder les documentaires de Vikash Dhorasoo, voilà de quoi se muscler l'esprit de colibri sans-souci et de profiter de l'ambiance "des keep ... cool" !

Namasté !!!
Je laisse à Geluck (le dessinateur diablotin rouge) le soin de conclure ce message !



jeudi 5 juillet 2018

"En marche-ride !"


"Les meneurs de moutons et de vaches ont tourné la difficulté en nommant celui-ci Grandrieu, c'est-à -dire Grand Ruisseau, comme le Malrieu est un mauvais (ou petit) ruisseau, et Rieutort-de-Randon un village où le ruisseau abuse de méandres ..."
Jean Rodier


Jeudi 21 : En Margeride.
Après les gens, voici les champs :
Assis dans le salon du chalet, je ferme les yeux et, sur mon écran frontal, je vois défiler mes rides et mes images de la Margeride !
Paysages passages, le temps passe et tel le batracien qui coasse, je suis dans les temps pour décrire le cocasse et la grâce de cette nature dont jamais on ne se lasse.
Les gens d'ici devraient être heureux, vivre en paix mais ils sont plutôt agités et belliqueux comme partout ailleurs dans le monde.




La Margeride avec ... ses marguerites, ses molènes, ses gentianes, ses pensées sauvages, ses colchiques, ses digitales, ses narcisses, ses jonquilles, ses lupins, ses violettes, ses anémones, ses consoudes, ses ancolies et ... sa mélancolie bien jolie !  

Ses forêts accueillantes ... à cueillettes (champignons, myrtilles, fraises des bois, mûres, framboises).
Ses forêts denses d'épicéa, ses clairières de petits pins sauvages rabougris pour se protéger du froid, qui n'aiment pas la concurrence des arbres plus grands qu'eux et qui colonisent les espaces vides ... ses "mélèzes" plus à l'aise, ses "hêtres" tourmentés, ses "sureaux" qui "tremble hêtre noyer" (merci Steve Waring pour cette belle association) ...



Ses sentiers renommés ... le GR4, celui où se rencontrent les "Jacquaires" et les "Stevenson".
Ses landes de bruyères, ses rochers de granit gris, ses croupes vallonnées, son téton de pinacés (visible de la route du Viala), ses "prés à genêts" (et à méditer), ses douces mousses, ses moches mouches, ses vaches et leurs bouses qui te refilent le blues (quand tu mets ton pied dedans), ses "pacages" (pâturages), ses parcelles labourées ou herbagées, ses chemins anciens, ses voies romaines, ses drailles (chemins de transhumance) ...

Ses pierres de prière, ses pieus vieux et ses voeux pieux, ses croix, ses fours, ses moulins, ses abreuvoirs, ses fontaines, ses hameaux typiques, ses murets, ses belles maisons sévères et strictes, ses demeures qui épousent la pente et celles qui occupent le replat, ses toitures en lauzes, ses burons, ses bâtisses délabrées, ses clairs ruisseaux, ses terres légèrement ondulées, ses prairies fraîches, ses petites cascades, ses rigoles qui décorent le sol ...

Ses "Boirelac" (lire le message précédent), son décor hivernal (du blues blanc idéal pour un polar bien noir), ses fils de fer barbelés qui relient au passé et qui dessinent le présent.
Ses rochers antiques (là depuis toujours), dont l'un est prêt à s'écrouler de rire si tu t'arrêtes dessous et raconte une anecdote rigolote sur le groupe de "roc n' roll" the Rolling Stones. Cet endroit se situe entre "Le Viala" et "La Malige" !


Aux croyants gourmands d'hosties correspond rochers élégants mais hostiles !
Le climat n'est pas fait pour les souffreteux, les faibles, les frileux et les fibromyalgiques.
En fait, il effraie et fait froid dans le dos. Les vents dominants sont ceux du Nord (froid et humide) et le "marin blanc" celui de l'est (chaud et sec). L'hiver peut durer de six à neuf mois !

Vendredi 22 : retour à Andernos.
Par l'autoroute avec ...
ses routes sans fossé, ses routines sans déroutes, ses péages automatisés, ses aires de repas sans Viviane, ses stations-services, sa vitesse, sa tristesse ...
Alors pour lutter contre la sinistrose, je pense à Tanguy le berger allemand joueur de ma soeur, je l'imagine photographié par Wegman :


Voici le chien artiste "Lionart de Vinci", hyper-actif na-tif du Lion, avec ses bracelets à l'épate, il est attifé comme l'as de pique et ressemble un peu à un caniche !


Ci-dessus, vous avez la chienne chrétienne "Jackie-Line" qui suit le chemin de St Jacques de Compostelle. Mais comme elle regarde trop derrière elle (passant son temps à ressasser le passé et ne gardant en mémoire que le côté "poubelle la vie"), elle fait le chemin à l'envers et s'éloigne ainsi de la sagesse promise !

Allez encore un peu de mamie d'Margeride ... "Pardi, mon pauvre, oh ! peuchère, quelle misère que ce manque d'écolos rigolos par chez nous !!!"

Le 4 Juillet :
A la téloche, une autre mémé, Line Renaud n'hésite pas à nous raconter une bonne blague grivoise :
"Deux spermatozoïdes discutent :
- C'est encore loin l'utérus, dit l'un, fatigué et l'autre lui répond :
- Oui, on n'est pas rendu, là on est au niveau des amygdales !"

Bonne route et bon vent !
Caresses et bises à l'oeil !!
Yamasté !!!

Crédits photos : les chiens tout fous et touffus sont de Wegman, les mouches cools sont de Muhr !

mercredi 27 juin 2018

"En Margeride"


"En amont, dans la haute plaine imbibée d’eau froide, la Rimeize erre entre sognes et pelouses hérissées de rocs, ouvre et ferme ses méandres, se mélange à d’invisibles ruisseaux au chant assourdi par les touffes de nard.
Au-dessus des renoncules d’eau en fleur qui ondulent dans le courant où se fragmente le soleil, montent et descendent les grandes mouches de mai. En quelques heures elles passent de l’état de larve aquatique à celui d’insecte dansant, s’accouplent, pondent et meurent, ailes écartées, sur les friselis de l’eau."
"En remontant les ruisseaux : sur l'Aubrac et la Margeride." de Jean Rodier

Entre le 17 et le 21 Juin, Le trio familial girondin a vécu en Lozère ("Les Bouviers" Station pleine nature) dans un chalet entouré de pins sylvestres.




Dimanche 17 : 
Quatorzeure trente, je sors de la voiture garée côté St Paul le froid, pour me protéger du vent glacial, je ne lésine pas et me couvre d'écharpe, de passe-montagne, de gants et d'une doudoune (nous nous trouvons à 1420 mètres d'altitude).
Arrivés au chalet n°21, nous sommes sauvés, l'endroit est chauffé, on peut se dévêtir et laisser le bon temps rouler.

Le soir, nous dînons à la fameuse "Auberge de la Baraque des Bouviers". C'est un lieu chaleureux, la charmante serveuse qui a du monde au balcon, n'a pas froid aux yeux et tout comme l'auberge, ne manque pas d'adresses. Placez vous face à l'auberge, partant du milieu, à droite, vous êtes à St Paul le froid, à gauche, vous vous situez à St Denis en margeride !
Lorsque vous entrez, à "Saint-Paulaire", vous êtes dans la zone populaire, celle du bar, puis vous quittez l'endroit pour vous retrouver à "Saint-Denice", plus riche en déco, c'est le coin "à resto" !
Les bouviers sont les cow-boys d'ici au pays des grands espaces si jolis ("où est-ce terne ?").
Dehors, les vaches s'éloignent de l'estaminet, pendant ce temps là, Alex mange son "tournedos" et la serveuse sert à nos oreilles du Rossini, nous sourions, c'est bon pour l'appétit !




Lundi 18 : Pin jouit en juin !
Alex, observateur botanique, nous fait part de son étonnante vision d'explosion de pollen de pin emporté par le vent.
Décidément, ici on voit double souvent, on vit parmi les pins sylvestres et en fond de décor, on a une forêt dense d'épicéa. Autre duo, en ce qui concerne la reproduction du "pin sauvage", celui-ci dispose de "chatons mâles" et de "châtonnes" !
Les chatons mâles sont oblongs, ces cônes ovoïdes sont longs de 3 à 6 cm.
On dit que lorsque les chatonnes chantonnent les gymnopédies de Satie, les "chatons-cônes" jouissent et projettent en l'air davantage de pollen (dénommé "Gymnosperme", notons par ailleurs que ce "pin sauvage" fait parti de la famille des "Pinacés"), mais je pense que jouer de la musique "ça vente" donnera le même résultat !




Mardi 19 : Tout va à vau l'eau ! déboires à Boirelac !!
Rions du rieu (ruisseau) et lions connaissance avec les gentilhommes vivants en ces lieux !
Notre rendez-vous avec un de mes cousins du coin tombe à l'eau !
A côté de la plaque, on ne connaissait pas l'existence de deux hameaux si proches portant le même patronyme : Boirelac !
Il y a celui de St Paul l'effroi et celui de St Denis qui sourit !
Nous remercions vivement les auvergnats sympas qui nous ont sauvé de ce mauvais pas, a l'entrée du "Boirelac Paul'eau", les trottoirs aux herbes hautes dissimulent les fossés. Gare au touriste qui veut se garer, il peut aisément devenir un toutriste avec une roue de son véhicule dans le vide.
Bonne vie à St Rémi (LA DO RE, "Sam me dit" : nous t'enverrons une bouteille de St Rémillion) !
St Luc le dépanneur a bien œuvré et manœuvré !
On a eu chaud, alors pour me changer les idées, je décide de dire vite à voix haute et de répéter ce virelangue :
"J'ai chaud chez ce cher Serge" ...
Tout ça à cause d'un mauvais départ de "St Paul Nord" associé à un excès de confiance au GPS qui ne sait même pas reconnaitre un Serge d'un Rémi et un Boirelac d'un Boirelac !!!
Dire que, la veille, Miss Funny parlait du danger que représentent les fossés cachés par de longues herbes pour les touristes séjournant à Andernos !


Mercredi 20 "Viviane et son Bonnet rouge" : rigolades et régalades en "Margeride" !
Repas pris en bonne compagnie dans un petit "boui-bruit" où le tohu-bohu de midi laisse place au silence de treize heures.
Viviane, l'amarante restoractrice de "la margeride" de St-Denis ne fait pas les choses à moitié, elle assure le "show devant" et pardi c'est le paradis des jolis mots fleuris et des fines réparties, service compris !
Avec enthousiasme et élégance, elle marrie clowneries et charcuteries et tous les affamés attablés sont
ravis !
Lorsque le coup de feu est passé et qu'on a fini de manger, on peut enfin s'entendre, plus besoin de s'égosiller,  on est rassasié, l'affaire est entendue et la peau du ventre tant tendu.

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui, la suite au prochain article.
D'ici là, bon vent !
Yamasté !

Crédits photos :
Site des Bouviers station pleine nature pour l'auberge et le chalet, en ce qui concerne le nuage de pollen, cela vient de "monanneeaucollege".

vendredi 8 juin 2018

"Eschscholzia della musica"


"Le chêne
Sa mine indifférente
Devant les cerisiers fleuris."
Haïku de Bashô

L'école d'amusique n°3 :
Ecole virtuelle qui s'évertue à inventer une échologie acoustique positive.
Une "échologia" de la musique, on s'en sert pour faire quoi ?
On l'utilise pour jouer avec sa musique intérieure, s'apaiser, se poser, s'écouter, se causer, s'accorder, s'harmoniser, s'arranger ....  pour trouver à l'instinct d'extatiques "instants de musique", pour jouer et jouïr de la musique même si l'on est "handicapé" (vieux, anxieux, complexé ou blessé, malade), pour créer des paysages sonores et faire :

De la musique douce comme une fleur.
"L'eschscholzia musicale" de mes rêves s'épanouit ici en toute liberté, en belle écoute et en bonne entente.
A mon avis, cette eschscholzia vibrante et souriante ne peut qu'amplifier les effets de la L.Dopa dans le remplacement de la dopamine manquante chez les personnes "Parkinsonnées" par ce déficit.
Pour contrer la perverse stratégie de Miss Parkinson, il vaut mieux être un "engagé poétique".
Dès lors,, il est vivement recommandé de calmer le je et de jouer la joie !
"Dans le champ de colza
Les oiseaux font mine
De contempler les fleurs."
Bashô
Miss R et sévices (ses vices) :
Miss R P (prononcé à l'anglaise) t'effraie et te f'rais faire n'importe quoi. Elle se drogue avec ta dopamine et te fait chanter .... faux ! toi tu payes l'addiction de la vieille harpie. Tel un Harpo Marx,  tu viens chercher la "note bleue" magique en jouant de la harpe celtique dans la  musicothérapeutique et yogique "eschscholzia".
Une fois que tu l'a trouvée, cette note juste et jubilatoire colore ton esprit en bleu "essenciel".
Alors, tu penses au rouge-gorge qui à l'heure bleue (juste avant l'aube) te chante sa douce musique agréable à l'oreille comme les pétales orangés de l'eschscholzia le sont pour l'œil.



Cette école de musique alternative aime diffuser des huiles essentielles pendant les cours : du pin landais pour les joueurs de "Tin-whistle" (flûte irlandaise), du niaouli pour le système respiratoire des flûtistes nordiques soufflants à plein poumons dans des flûtes harmoniques coudées accordées en La grave, du santal pour jouer indien, de l'eschscholzia pour la tampura ...

Les vertus de ce "native poppy" :
On le retrouve dans la musette de santé de l'amérindien, il l'utilisait contre les migraines, les douleurs.
On se pose, on en boit en tisane et tout s'apaise.
Dés lors, rien ne s'oppose à la joie de jouer une musique qui nous plaise !
Cet hypnotique naturel a de bonnes propriétés somnifères :
Il favorise l'endormissement, lutte contre l'insomnie, nous débarrasse des cauchemars, apaise la nervosité et diminue l'anxiété.
Rien qu'à regarder celles de mon jardin, je me sens bien, relaxé et serein !!!




- La fleur s'ouvre au soleil et derechef lorsqu'elle te voit pratiquer la "Salutation au soleil", si tu es à poil, ses pétales rougissent, à ce moment là, on peut la confondre avec le coquelicot ...
- Oui c'est ça, et après le coquelicot se met à chanter "Le pouvoir des fleurs" de Souchon Voulzy !
Là, j'crois qu't'as un peu trop forcé sur la tisane de pavot californien !!
Et d'où vient ce nom à coucher dehors de cette "école-Shiva" ?
- D'un botaniste explorateur allemand, Adelbert Von Chamisso qui découvre cette plante en Californie au début du 19ème siècle. Il lui donne le nom d'un ancien pote botaniste Johan Friedrich Von Eschscholtz !
... Et ensuite, le coquelicot chantant parodie Bashô:
"Le chêne,
sa mine réjouie
devant l'eschscholzia fleuri."

... le coquelicot Bashô trouve que la vie est belle et que c'est tant mieux !
"A un piment
Ajoutez des ailes :
Un libelullu rouge !"

Mr l'Hubert-lulu  Kisordeloeuf, vous avez fait des coquilles, veuillez les corriger.
Désolé Maitre Bashô, je suis confus !
"A un piment
Ajoutez des ailes :
Une libellule rouge !"

Les haïkus de Bashô sont des outils de méditation. Ses minis poèmes nous rappellent que le bonheur se trouve dans la fantaisie et la simplicité.

Yamasté !!

Crédit partition : trouvée dans le site "musiqueaucollège".

lundi 21 mai 2018

"Bons becs, amuse-bouche"

"Oublier, c'est se souvenir que tout est beau.
Qui a dit ça?
J'ai oublié."
Ribes

Cavanna émoi.
J'ai toujours aimé Cavanna, avec son humour coup de poing, ses colères contre la connerie et ses écrits pas ordinaires.
J'avais quinze ans lorsque j'ai commencé à le lire. Je m'en souviens bien, c'était en avril 1974, un peu avant les élections présidentielles et mon argent de poche venait d'être revu à la hausse. Alors, en plus de Pilote, le journal "qui s"amuse à réfléchir" sur ce monde intelligent et gentil, je décidais de lire le journal "bête et méchant" (Charlie-hebdo).
Les articles de Cavanna dans "Charlie-hebdo" sont vite devenus des rendez-vous incontournables.
Et le temps est passé, pendant quelques décennies, j'ai été comblé par le talent de ces artistes "bien fêteurs" : Cavanna, Cabu, Reiser, Gébé, Wolinski, Willem, Delfeil De Ton, Fred, Topor, Vuillemin, Choron, Berroyer, Tignous, Val, Marris, Charb, Luz, Jul, Riss ...

L'autre jour, revenant de médiathèque, Miss Funny me montre ce si joli livre chic et nostalgique :



Que de joies retrouvées grâce à ce duo là : Doisneau le parigo à la photo et Cavanna le rital aux textes de choix !
Le temps passe et laisse des traces. Ces traces sont autant d'empreintes, autant d'ancrages qui encouragent à prendre un chemin de vie menant à la poésie !

Un rital, késako ?
C'était à l'origine un réfugié italien, on a pris le R de réfugié et on a rajouté les premières lettres du mot italien et voilà d'où vient le mot "rital" !
Cavanna avait 35 ans de plus que moi. Ce qu'il a si joliment écrit, m'enlève les mots de la bouche. A l'école, j'avais pas la classe du rital (le second de la classe, pour ne pas endosser le rôle du "fayot") les doigts plein d'encre, en cours, j'étais abonné aux places du fond (celles des cancres, je me débrouillais pour être l'avant-dernier afin de ne pas porter le bonnet d'âne).
C'était les meilleures, y'avait pas photo !
Personne ne te voit et toi, tu vois tout le monde !
Ainsi assis, tu peux passer une partie de ton temps à observer et à rêvasser ... où alors à regarder les aiguilles de la pendule !


Sinon, avec Cavanna, on a une sensibilité proche, parfois exacerbée, des points de vue d'écolos rigolos, des repères géographiques qui se ressemblent, de par nos origines où nos vies sentimentales (ses origines ritales et mes origines ukrainiennes et l'inverse : une "storia d'liouboff", une histoire d'amour russe pour lui, lire les"Russkofs" et ma dolce vita con Donna Rigoletta).
On a rencontré tous les deux Miss Parkinson sans jamais lui dire : Ya vas lioubliou ! ("je vous adore").

 Bons bonbecs !
"Les bégots, c'est les bonbons rigolos qu'on achète dans la boutique à côté de l'école, des grosses fraises bien grosses bien chimiques qui te barbouillent la figure, les roudoudous dans la boite en bois que tu lèches jusqu'à ce que le bois te râpe la langue, les rouleaux de réglisse avec une perle en bonbon au milieu, les "respirfrais" qui sont de la poudre très bonne dans un petit sac avec une paille pour aspirer. Il y a aussi les carambars et les malabars."

Moi itou, c'est pas difficile à l'époque j'aimais tout : les cachous, les scoubidous et les roudoudous mais aussi les malabars, les carambars et les rochers Suchard, les caramels Kréma et le bonbec à la poudre de racine de réglisse anisée (coco boer) ou à la réglisse aromatisée à la violette : le Zan venant d'Uzès ...

Le saviez-vous ?
Le métier de blagueur "Carambar" existe et "Aïe aïe, Caramba" ! chaque "bonne" blague rapporte 80 euros. Vous êtes trop bon Mr Carambar !!!
A notre époque opaque qui se pique de super flow et de superflu, on ne fait plus rire pour déranger où pour faire réfléchir mais plutôt pour faire le malin avec son Carambar à la main :
"J'ai fait une blague "Super U" et ça a supermarché !"
Ou bien dans le genre sexy du Caranbarbant :
"Quel est le fruit le plus osé ?
La "banane à slip".
"Il aurait pu répondre aussi :la "banane-ananas", comme ça, il en "navet" deux pour le prix d'un", me souffle un comptable superUsé !
Dans le genre "deviminette" culottée, j'préfère la mignonette belge que voici :
"Savez-vous pourquoi les femmes belges portent leur string à l'envers ?
- Pour que leur chatte puisse jouer avec la ficelle !"




Comme dit si bien J.M Ribes :
"Il faut savoir distinguer le ricanant de l'humoriste."

Commentaire imaginaire de la la photo Doisneau qui suit.
"Plus tard, je serais blogger blagueur chez Carambar ou chanteur pas gnangnan de bonbons "Mistral gagnant" et je gagnerai à être connu, se dit l'enfant qui médite ...
- Et qui c'est qui paiera l'ardoise ? parce que là, ton addition, elle est pas juste. Moi, j'te vois plutôt conteur que compteur !! pense son voisin."




Bande destinée !
"Moi, ce que j'aime le plus c'est Superman et Tarzan, parce qu'ils peuvent faire tout ce qu'ils ont envie, ils ont de super pouvoirs.
Moi, à leur place, je perdais pas mon temps à courir après les bandits. Je profiterais de mes super pouvoirs pour me taper toutes les gonzesses.
Ah, la vache ! il y en a de drôlement mignonnes, dans les BD, des avec de longues jambes, longues longues, et des jupes fendues et des nichons bien pointus. Ça fait vachement rêver, les gonzesses, y'a rien qui fait rêver autant."



Star Zan a le mot de la faim :
"Qu'est-ce qu'il a de la veine Tarzan, de vivre rien qu'au milieu des bêtes, dans une forêt pleine de bananes, de noix de coco, d'ananas et de bonnes choses à manger que t'as juste à tendre la main pour les cueillir. "
Ami qui me lit, bon vent et bons becs (au Québec, un bec signifie un baiser) !!!
Caresses et bises à l'oeil !
Myamasté !

Crédit photo : Doisneau avait un oeil gourmand, rigolo et un oeil d'aigle, cela lui donnait un regard sur la vie bien à part.
Crédit croquis : le Chat de Geluck et une BD "Tarzan" d'après 1945 (ceci explique peut-être pourquoi Jane n'a pas vraiment les "nichons pointus" décrits par Cavanna qui lisait la version des années 20-30, celle du créateur Edgar Rice Burroughs).

mardi 1 mai 2018

"Higelin le baladin"

"Lorsque j'ouvre l'oreille, j'ouvre mon cœur, mon corps, mon esprit et mon âme."
Higelin, le sage !
Après l'extravagant qui voit grand et qui ne manque pas d'airs dans sa tête, voici l'oeuvrier découvreur et ouvreur de fenêtre :
"Ouvrir des fenêtres, écarter des carcans, c'est le plus beau rôle de l'artiste."
Fermez la porte et ouvrez vos esgourdes :
"J'écoutais du jazz dans ma chambre. Mes parents entraient et me disaient :
- Qu'est-ce que c'est que cette musique de nègre ?
Tu pourrais arrêter de faire du bruit !
Maintenant, sur scène, on entend les rappeurs dire au public :
- Faites du bruit !!!
Ce décalage, cela me fait tout drôle !"
"L'humour dédramatise et fait respirer mieux."
"L'humour et l'amour sont les armes des gens sans armes."
"La musique, c'est ce qui fait le lien, ce qui nous connecte avec les autres."
Avant de partir à l'étranger, apprenez donc la langue et la musique du pays visité et pendant le séjour, allez d'abord à la rencontre de "l'original Pierrot du coin dans son quotidien", puis dans un second temps, découvrez "la vieille pierre qui vous en bouche un coin".




Sur scène, Higelin était un orateur éloquent.
Ce trublion troubadour se lançait sans complexe dans de longs soliloques parsemés de digressions, d'embardées lyriques et de fulgurances poétiques !
Il avait du bagout de bon goût cet éclectique excentrique qui disposait d'une "solide dose intérieure de plaisir de vivre".
Sous influence jazzy fantaisie, sa musique entrainante et vivante se situait parfois entre Trenet et Vian,  C'était un expert en phrases et en phrasés jazz, sans emphase mais souvent bien en phase avec l'humain.
Il n'hésitait pas à parler de la vieillesse :
"J'aime bien ma vieillardise."
"Jusqu'à 50 ans, on est jeune et beau. Après, on est beau !"
Et de la mort :
"La mort, ce n'est désagréable que pour ceux qui restent."
Sa première chanson enregistrée a pour titre "Je suis mort, qui dit mieux ?"
Et après, au temps de l'enterrement, quelle ambiance installer ?
Cela dépend de l'esprit de chacun. Prenons deux chanteurs récemment disparus : le défunt défait Johnny Halliday et le défunt dauphin Jacques Higelin.
Le premier, tristounet, a eu des obsèques dans la "communion nationale", le second, joyeux luron, a été enterré dans la joie. Halliday est couché dans un cimetière tropical bien loin des siens, Higelin est assis à Paris, à l'aise au Père-Lachaise. De toute manière, comme le disait si bien Cocteau :
"Le vrai tombeau des morts, c'est le cœur des vivants."
Tiens ! un autre chat (lire "Higelin l'enchanteur") passe et pense aussi à ceux qui trépassent.




"On ferme les yeux des morts avec douceur. C'est aussi avec douceur qu'il faut ouvrir les yeux des vivants."
"Epitaffe" :
Pour Cocteau, on n'est pas surpris du "Je reste avec vous." (après la citation du tombeau cœur).
Higelin la donne dans sa chanson "Pars" :
"Pars, surtout ne te retourne pas, pars, fais ce que tu dois faire sans moi, quoi qu'il arrive, je serai toujours là."
Dans son dernier CD "Higelin 75", une chanson "j'fume" dit :
"J'attends que le fossoyeur me creuse une tombe au Père Lachaise."



Voilà, Higelin est parti, "tombé au ciel", peut-être retrouvera t-il d'autres originaux atypiques : des artistes comme ...
Cocteau, Rimbaud, Crolla (son prof de guitare "Django"), Trenet ou Lennon (nés à neuf jours d'intervalle, ces deux natifs de la Balance se fichaient des convenances et cultivaient la fantaisie, le non-sens et l'élégance) ...

A l'entrée du Paradis des baladins plaisantins, j'imagine ces deux gamins, entartant à la manière du vengeur pâtissier Godin, les pompeux cornichons égarés en ce lieu sacré. Ils s'amuseraient à ne laisser entrer que les fous chantants, les "aéroplaneurs blindés", les zozos ésotériques du zoo zazou : trolls, djinns et tous les "Jackie Gelin" guérisseurs : "lutins, lucioles, feu-follets, elfes, faunes, farfadets" !

Crédit illustration : l'affiche "Higelin au Casino de Paris" est signée Razzia.
Les chats sont de Cocteau et Geluck.

Allez, bon vent, caresses et bises à l'oeil  !
Yamasté !!

vendredi 20 avril 2018

"Higelin l'enchanteur"


Décès de Jacques Higelin.
"Alertez les bébés", Higelin l'enchanteur est mort.
- Natif de la Balance, n'y avait il pas deux Higelin ?
- Pour sûr l'Arthur, l'un était provocateur, rocker moqueur et l'autre, nonchalant, poète prenant son temps ("Poil dans la main").
"La mort est le berceau de la vie."
1 D CD ... 2 Jacques Higel'1 (BBH 75) :




"Chaud chaud bizness show" !
Il avait plusieurs cordes à son art. Il s'amusait de tout et jouait avec son corps longiligne, souple, d'échalas, de chat déjà là dès le départ en fanfare de sa vie professionnelle (cascades, contorsions, expressions corporelles).
Non seulement il avait la souplesse d'un félin, mais en plus, il avait un chat dans la gorge qu'il n'hésitait pas à montrer en chantant à gorge déployée !
Bateleur batteur, équilibriste libre comme l'air, libertaire libre-penseur, un peu perché décalé ("tombé du ciel", "tête en l'air"), il excellait dans l'art de la scène.
Lorsque le chatoyant chat miaulait, éructait, criait ou chantonnait, susurrait, ronronnait sans gêne, on pouvait assister à un concert extatique et élastique (parfois, selon certains, ce temps scénique si unique pouvait s'étirer jusqu'à l'aube).
"Arrêtez de dire des conneries, faites-les !"
Je ne peux rien dire sur ses concerts fleuves et nocturnes puisque la seule fois où j'ai pu le voir, c'est au printemps 1975, lors d'un "concert Fnac" pour une durée de moins d'une heure en fin d'aprem.
Mes potes et moi découvrions l'olibrius félin Higelin en pantalon panthère, accompagné de Louis Bertignac (futur membre du groupe "Téléphone") à la guitare et des deux autres "B" (Bennaroch et Boissezon, batteur et bassiste, coauteurs de l'alboum "BBH 75").
"Boum !" quand le rocker fait "Boum", notre chœur d'ados en rando parisienne fait "Boum boum". D'emblée, sans Trénet, ce fou chantant traverse l'Atlantique et se laisse porter par l'énergie du blues répétitif de John Lee Hooker ("Boom boom") !
L'enchanteur nous ballade de "Paris-New-York" à "New-York-Paris", mais cela ne va pas assez vite pour elle alors "Mona Lisa klaxonne", c'est "l'Boxon", ousque tous les paumés vont ... faire de "l'Oesophage boogie, cardiac blues" ?
"Ma devise : la vie est dure, il manquerait plus qu'elle soit molle."



Dansons ... pantalon panthère, le félin en colère, virevolte, saute, bondit puis rebondit en cadence. Il est en même temps sauteur et cascadeur et nous sommes là tout près et prêts à voir le chat hanté  déjanté s'étaler sur son public conquis. Mais le chanteur chahuteur ne se veut ni casse-cou ni casse-pied, même si :
"Ceux qui ont peur de la mort, ont souvent peur de vivre. Ils respirent prudemment en attendant la fin."
L'animal qui s'anime bien, est il un tombeur, un sauteur, un "trampolineur" ou bien un spécialiste du dérapage contrôlé ?
Hop popop ! on reste "hoptimistes" et sans s'angoisser, on prend notre pied !
L'heure du chat amène de la chaleur, progressivement les artistes chauffent la salle en créant une ambiance punk rock (voix rauque d'Higelin, son crade des guitares).
Mais le "balance" assure et rassure, ça sature sans que ça tire sur les nerfs, c'est fort sans abîmer les tympans et au final, l'épatant rockeur d'Artie Shaw te réchauffe le coeur (Artie Shaw était un clarinettiste et chef d'orchestre de jazz swing, Higelin, mâcheur de "swing-gum", à cette époque joue rock et met la gomme).
Et puis le tempo ralentit, c'est le temps de fumer la clope qu'on a coincée sur le haut du manche de guitare, Higelin en profite pour déclarer sa flamme (de briquet) et sa flemme (slow blues) :
"Je suis amoureux d'une cigarette, toute la sainte journée, elle me colle au bec. Elle a la rondeur d'un sein qu'on suce ou qu'on tête ... Et Suzy, va donc me chercher un paquet de gris ... " !
A chaque chanson, le fantastique fantaisiste, fantasque et foutraque, vise juste ("Est ce que ma guitare est un fusil ?"), fait mouche ("Une mouche sur ma bouche") et nous, pardi, on reste bouche bée, c'est par ici le paradis à Paris !
Après ça, il ne nous reste plus qu'à acheter le "paradisque", ça tombe bien, on est à la Fnac Montparnasse. Chacun paye sa galette de vinyle contant des histoires de vies nulles et on repart dans nos pénates, à Aulnay, ville de banlieue (93) aux perdants magnifiques si bien décris par le grand frère Jacques !!!
En 75, Aulnay était une ville communiste, le jour printanier et piétonnier du premier mai, on manifestait en disant haut et fort "des sous, pas des sous-marins". Ensuite, après l'effort, était offert un concert de "Catherine Ribeiro plus Alpes", j'y étais et j'ai adoré !!
A l'aise dans mon 93, j'imaginais le groupe "BBH 93" composé de bob Bigny bébert Ballanger
(maire d'Aulnay) et jackie Higelin !

Et puis, il y a Higelautre ...
A suivre, d'ici là, portez vous bien.
Namasté !

Citations : Higelin.

Et le temps passe comme il sait si bien faire, en 2012 les Higelin refont le trajet aller-retour "Paris-New-York" à leur façon. Tiens, revoilà la Tour Montparnasse (dans les paroles et dans ma mémoire), il en a du en user des godasses avec ses "semelles de vent", cet as du cocasse et des chansons classes qui décrassent l'esprit et débarrassent la tête du stress ambiant !