samedi 28 janvier 2017

"Être ou ne pas être ... 2 gauche"


"Aux étranges lucarnes" !
Après avoir regardé le débat "Hamon-Valls" (second tour des "Primaires de la Gauche"), je me suis posé la question "chèquespirienne" :
Avoir ou se faire avoir ? ... oups ! ... Être ou ne pas être ... 2 gauche (s) ?

De la gauche moche dite "caviar" à la gauche gavroche dite "anar" !
Sur l'écran, deux hommes, deux visions du monde se regardent de travers :
Celle de "L'ami hop" (et hop ! je vous mets du béton partout, hop ! de la sécurité en quantité, hop ! de l'intérêt pour les banquiers, hop ! des particules fines, des déchets, y'en a un peu plus, j'vous les mets quand même !) qui ne voit pas plus loin que son égo.
Celle de "l'oeil vert" (propos "éco-l'eau" qui coulent de source, évidents, bienveillants et bien vaillants) ouvert sur "l'uni-vers" !
D'un côté, le raide qui pense "liquides" (l'argent et l'agent), de l'autre, le souple aux arguments environnementaux solides (l'urgent et les gens).
L'un "attaquine" l'autre avec son "combien ça coûte ?", le comparant à un "rêveur mangeur de bète-rêve bio" !
A mon ... plus grand plaisir, ce dernier (qui sera peut-être le premier) répond :
"En économie, ne regardons pas ce que ça coûte mais plutôt ce que ça rapporte."
Quittons Hamon "air-eau des frondeurs" et Valls "flammes and co pour fonceurs" et revenons à la question du jour.
Être de gauche, ce n'est pas prendre une posture sociale. Pour Charb, la gauche "adroite", c'est :
"Du paternalisme dégueulasse de l'intellectuel bourgeois blanc de gauche qui cherche à exister auprès de pauvres malheureux sous-éduqués."
Charb


"Être de gauche, c'est d'abord penser le monde, puis son pays, puis ses proches, puis soi. Être à droite, c'est l'inverse."
Deleuze
Dans ce monde un peu crevé, soit on crève de faim, soit on crève d'indigestion. Dans les dictatures, on crève d'envie et en démocratie, on crève de trouille !
Partout, c'est la merde en fait !




Allons donc boire un coup au bistrot afin d'oublier nos déboires ... Ah ! mais qu'entends-je :
"Droite-Gauche :
On est habitué au bruit des bottes, mais attention, faut faire attention parce que le Front National, ils mettent des chaussons."
J.M Gourio "Brève de comptoir



La vie est belle, le monde pourri,
Restons ancré dans le réel, ne soyons pas zombi,
Mais plutôt rebelle et "Rabhi", même si :
"Nous sommes sur un bateau qui coule, sombrons avec élégance! "
Michel Onfray
L'écho logique :
Les co-voiturages, l'éco-village, l'école buissonnière, les coopérations, les correspondances, les colibris, les chorales originales, les coopératives bio, l'éco-construction, l'économie solidaire, les coléoptères, les colocataires, les colporteurs de bonnes nouvelles, l'écologie salut-terre ...
Bref, être de gauche, c'est préférer l'écho des "co" aux "coûts-coups" (on s'occupe de tout pour vous).



Merci au Chat de Geluck.
"Yamasté" !


samedi 21 janvier 2017

"Le Râga Sékoa"


Suite de l'article précédent "YAMasté !".
... Le râga, kèskecksa ? me demande l'amie Rumiel qui n'écoute que du "Heavy-Metal", du "Eau-Bois", du "Chant de la terre" de Gustav Malher et de "l'Oiseau de feu" d'Igor Stravinsky.
Rumiel ma coup'tif, kiffe la médecine traditionnelle chinoise avec ses lectures sur les éléments (eau, terre, air, feu, éther) et leurs nombreuses combinaisons et liens avec les organes, les sentiments, les saisons, le Yang, le Yin ...


"Râga"
Le mot "Râga" signifie "couleur", "attirance". Chaque râga est lié à un sentiment ("Rasa"), une saison, une heure. Celui qui, joyeux, chante au milieu de la nuit et de l'hiver, on aurait tendance à lui dire :
"Pourquoi viens-tu sitar ?"
Les râgas ont été créés au neuvième siècle, selon des principes précis et précieux.
Les règles védiques disent comment construire une mélodie en fonction de différents critères : le mode (la gamme), les notes libres, rares ou chantées ... Il existe des notes importantes (les "Vadis"), des secondaires (les "Samvadis"), des notes accompagnatrices (jouées en continu par la Tampura), des notes à éviter si l'on ne veut pas casser l'ambiance ...
Le musicien improvise sur un mode constitué de cinq à sept notes ("Svaras") pendant un temps qui va de dix minutes à une heure (juste pour un râga) !
Alors, forcément, au bout d'un moment, cette magie si particulière, opère. Le temps que le musicien se prépare et trouve ses repères, l'auditeur bien à l'aise dans son repaire se répare !




Retour sur le Raga Yaman Kalyan.
J'utilise des râgas pour me soigner. Ils m'apaisent et m'allègent de tout ce qui me pèse et me désagrège.
Le "YAMâne Calm'yann" est un râga dont l'origine serait persane.
J'apprécie sa simplicité. En Inde, on le propose aux débutants parce qu'il est facile à travailler et pourtant il est important, car c'est l'un des dix râgas fondamentaux.
Il est très populaire (on le retrouve dans certaines chansons de film "Bollywood").
C'est un râga romantique, pour les poètes musiciens.
C'est un râga de choix et de joie légèrement teintée de mélancolie qui se joue au début de la nuit.
Il apporte paix, tranquillité et sérénité à celui qui s'amuse avec lui, il profite aussi à celui qui l'écoute.
En sa compagnie, on est ravi car c'en est fini de l'ennui qui nuit !
Pour les musiciens occidentaux, ce râga correspond à notre mode Lydien (la gamme habituelle sauf que le FA est dièze). Pas de fadaises, il met à l'aise les néophytes qui n'y connaissent rien, balaise ce "Lydien indien" !

La semaine dernière, j'ai évoqué le "YAM" d'Aulnay-sous-bois, le voici le voilà (extrait de la revue municipale datée de Septembre 1990) avec le "yogars YAnn Meynier" en pleine action. A l'époque, il était capable de faire sonner son bol chantant et de léviter de quelques centimètres !
Aujourd'hui, il continue à faire chanter son bol métallique mais il ne décolle plus (il porte sur son dos l'infernale Miss Parkinson, du coup, il se porte moins bien).


Le son "YAM" et son "chakra" (centre d'énergie) !
YAM est un "Bija" mantra (une "semence" sonore qui active l'énergie d'un chakra). Il harmonise le chakra du coeur ("Anahata").
Chaque chakra a ses correspondances, le son YAM harmonise le coeur mais il agit aussi sur la peau et le sexe (de même, le râga Yaman réveille le deuxième chakra, celui des organes génitaux) .
"Anahata" (traduction : son "non frappé", inaudible) est en lien avec le sens du toucher et l'élément "air", sa couleur est le vert !
Le son YAM est puissant, il "traverse tout" !!

YAMasté !!!




samedi 14 janvier 2017

"YAMasté !"

"Tissés entre eux, les râgas dessinent une histoire, une carte, un calendrier de l'Inde du Nord ..."
Amit Chaudhuri ("Râga d'après-midi")

L'autre jour, ma correctrice lit mon message, puis me demande :
- Zéro faute, comme d'habitude mais que signifie ton Yamasté final ?
Parce que "Namasté", je connais, c'est une formule de bienvenue ou de bienveillance mais ton ...
- Yamasté, c'est un jeu de mot identitaire. Parfois, je l'écris "YAMasté" !


Sa majesté le YAM ! Pourquoi ce son résonne t-il si fort en moi ?
Parce que :
YAM pour YAnn Meynier, c'est ma signature, mon nom. Donc, "Yamasté", c'est un peu le "t'as le bonjour d'Alfred" (ou le "à la revoyure Arthur") !

Et aussi, parce que :
Le YAM (YogAtelierMusical) fut autrefois notre lieu de travail, du temps où nous vivions dans le 9.3 à Aulnay-sous-bois (1989-1995). A l'époque, Miss Funny et moi, nous organisions des journées "portes ouvertes" pour faire connaître le YAM et nos activités.
Le midi, on proposait un "buffet végétarien" et je me souviens que sur le prospectus, j'avais trouvé cette astuce :
"M'YAM miam, demandez le programme !"




Mais encore, à cause de :
La Musique de l'Inde : Le râga (gamme exotique, lire l'article à venir) !
Le "Yaman Kalyan" est l'un de mes râgas préférés. Voilà de la musicothérapie active qui fait beaucoup de bien.

Décortiquons ce mot Yaman (et jouons avec) :
YAM a son âne (dans les contes, l'âne est l'âme de celui à qui il appartient).
Hi-han, iiiii aaaa nnnn ... Yâne déstabilise par ses sons nasalisés, celle qu'il porte sur son dos, Miss Parkinson qui elle même, ne cherche qu'à le porter jusqu'au pays des agités empotés.
Kalyan cale Yâne, d'être ainsi posé, stabilisé, cela calme Yann !
Résultat : ce dernier supporte mieux les pressions de sa démone.
Sans portée dans ses actions, Miss Portequisonne couine, bref la "Queen" n'est plus aussi sereine.
Yann saisit la balle au bond, pratique son yoga et celui du son et grâce au râga qui lui correspond, ne sort plus de ses gonds !!




Le râga, késkséksa ? me demande l'amie Rumiel ...
La suite au prochain numéro !
A bientôt !!
YAMasté !!!

P.S : La peinture montre bien l'ambiance créée par le râga Yaman. Elle date de 1765, "Yaman" a été peinte par Mushirabad.
J'ai choisi cette vidéo "version slide guitar" parce que j'apprécie cette artiste et sa façon de jouer la musique de l'Inde. Pour le sitar, on verra ça plus tard !


vendredi 6 janvier 2017

"Happy new ears"


"Bananier, pomme santé"
Le bananier permet d'avoir la banane toute l'année. Malgré les difficultés de la vie, ses régimes riches en magnésium nous aident à continuer à vivre debout.
Avoir la banane éveillée et évoluée, qui vit qui rit, qui ne raconte pas de "banane alitée" et qui ni ne slapète, ni ne s'raconte des histoires qui ne tiennent pas debout !
Et sur tous les sujets brûlants, ne pas hésiter à apaiser, rafraîchir et réfléchir sur comment adoucir ce monde de brutes qui nous gouvernent. Faire résonner cette piteuse bande d'abrutis drogués au pouvoir, par l'étude de l'amusique et de la ballade en ville.
Les "Trump-pet (au casque)" de la planète seraient bien entendu, formés par Mr Brutti.
Avec la "Banda Brutti", ça marche (Banda : fanfare ambulatoire du Sud-Ouest élargi, la "Brutti" vient du Gard).


"Pomme santé !"
Adage britannique :
"One apple a day keeps the doctor away."
Si ceci ne s'avérait pas vrai, cela pourrait venir de la qualité de la pomme. Il faut, bien entendu, éviter les pommes de discorde et choisir de savourer et de sentir passer dans la gorge (au niveau de la pomme des dents ... oups ! ... d'Adam), la revigorante "pomme d'happy" !

"Pomme d'Happy"
Dans un jus  de betterave-carotte, rajouter une pomme d'Happy et vous aurez de la joie en bouche.
Si vous ajoutez du miel, vous cultivez votre joie intérieure, votre côté "happy-culteur".

Yoga du son : si vous avez le bourdon, réchauffez votre jus au "Bhramari".
A plusieurs, chacun devant son verre vitaminé, en choeur, chantez bouche fermée, faites vibrer votre nez comme un trombone joué avec une sourdine. C'est un moment de soin par les sons, vous vous accordez ... pour vous souhaiter des "trombone à nez" !

"Happy new ears"
Voici des chansons de circonstance, du rare et du rire pour vos nouvelles oreilles.
On aurait pu faire le choix judicieux de "New year's day" chanté par Bono et son groupe U2, mais même si c'est une chanson de qualité, choisir un titre inconnu pour le faire connaître est préférable au "U2 tube" !
Voilà , les "Amazones de Guinée", groupe de femmes gendarmes qui ont laissées de côté leurs armes (mais pas leurs treillis kakis) afin de trouver l'harmonie (l'arme honnie) !


"Soukous sismique" : la rumba congolaise à l'aise avec Sam Mangwana !


"Happy news here"
Le sage Michel Serres, nous rappelle que nous autres, les français, vivons en paix depuis 1945, qu'en occident, on vit bien plus longtemps et que la technologie nous facilite la vie.
Il rajoute, l'air goguenard, qu'une étude a recensé 10% d'humains dangereux pour les autres sur cette planète. Il suffirait juste de les rassembler sur une île et les laisser se dépatouiller avec leurs pulsions destructrices.
L'excellent Daniel Pennac aime à dire qu'il écrit pour raison de santé (pour apprendre à se supporter).
Il se compare à une baleine gourmande de bon plancton :
"Tous les jours, je me nourris de phonèmes, donc de sons et aussi de sens et de rythmes !"
Bien entendu, en bon gourmet, il se débarrasse du mauvais plancton. De plus, en bon économe, il rejette le superflu, sûrement en se disant :
"Cétacé !!"

Voilà, pour ce message, je me dis "cétacé" !
Je vous souhaite chouette cette nouvelle année !!
Yamasté !!!


samedi 31 décembre 2016

"Chais et rasades"


Originaires du Moyen-Orient, j'aime cette bande de "ouf" : Riad Sattouf, Ibrahim Maalouf et Amin Maalouf.

Côté BD :
Avec Riad Sattouf, je pouffe et arrivé à la fin du tome 3 de "l'Arabe du futur", je piaffe d'impatience dans l'attente de la suite de ses aventures en "Arabie Sattoufique" !
Avec Sattouf, de rire, on s'étouffe.


Côté CD ("Kalthoum")
Avec Ibrahim Maalouf, on entre dans un souk caïrote à la recherche de la "Blue Note" bonne comme du loukOum !
Dans l'esprit d'Oum Kalthoum, l'esthète libano-français nous emmène avec ses complices jazzy et sa trompette arabisante spéciale "Caire de ton" dans la musique étonnante du "Quart de ton". Avec malice, il joue de succulents "mielismes", savoureuses arabesques, goûteux ornements si typiques de cette musique orientale.
On pourra trouver cela un peu léger, si on compare avec la si chic mosaïque lyrique, orchestrée, des disques de la diva égyptienne. Maalouf plus aérien, plus épuré, mise plus sur l'esprit "Kalthoum". Il préfère être que suivre à la lettre, comme un petit toutoum !
Doté d'une imagination fertile, il nous fait voyager sur le Nil. D'abord, avec ses oreilles et son "imagina-sons", il reluque puis "relouque" de véritables "loukoums sonores traditionnels". Puis, à bord de sa felouque loufoque, il traduit en jazz "Alf Leila Wa Leila" ("les Mille et Une nuits").
Il se laisse porter par le vent du désert et on se laisse emporter par sa trompette "ça vente" du désir.
On resterait des heures à sentir son sens de vent, à profiter de son doux zéphir.
On apprécie comme un bon vent ... euh ! ... un bon vin, le curieux son de sa trompette à "Quatre pistons". Dans mon salon orient-thé, il souffle un vent de liberté !
"Mille et une nuits" passent, on prend de la bouteille, on se croirait chez "chais et rasades" !
On est bien, on est loin, on est bien loin de tout le tintouin quotidien, du barouf ambiant produit par des pignoufs dont l'esbroufe est la chnouf !



La divine diva, peut-on l'appeler par son petit nom ?
"L'Astre d'Orient", "la Sixième Pyramide", "la Cantatrice du Peuple", "la Dame".
"J'ai souvent fantasmé ma présence aux concerts parisiens de l'Olympia en 1967, sa seule apparition publique hors du monde oriental. Elle était alors, une quasi-inconnue dans notre pays, ... sauf de la population originaire d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient ...
Ces nuits là, elle n'aurait chanté que deux ou trois chansons ... pendant cinq heures ... jusqu'à trois heures du matin ... le public envoûté."
Jean-Philippe Allard
Côté ID avec Amin Maalouf :
"Le coeur se nourrit de patience autant que de désirs."
"Les médias reflètent ce que disent les gens et les gens reflètent ce que disent les médias. Ne va-t-on jamais se lasser de cet abrutissant jeu de miroirs ?"

Voilà, je mets les voiles, là. Bon vent et à l'année prochaine !
Certains trouveront que la musique d'Oum Kalthoum est souvent mélancolique, ils n'ont pas tort. Voilà pourquoi je vous propose de voir en action, cet olibrius "radieux phonique", Frédéric Fromet qui traite l'actualité à sa façon, c'est à dire avec des chansons.
C'est rien que du "bienfait" et ça fait un bien FOU !!
C'est tout bon, décalé et un peu ... OUF !!!



Yamasté !





vendredi 23 décembre 2016

"Mémoire de Yoga n° 23"

Suite de mon mémoire de Yoga rédigé en 1988 : "L'oreille tendre".


L'oreille tendre, c'est celle, si fragile encore, que menacent toutes les habitudes sonores et musicales de notre vie moderne ; celle  qu'on peut étouffer sans y prendre garde, elle ne dira rien.
L'oreille tendre parce que tout effort d'éducation auditive se propose d'amener l'enfant à tendre l'oreille à bon escient, à discerner, classer, retenir les informations ainsi recueillies, à demeurer en éveil, aux aguets.

La tradition Gitane : "Allons enfants de la fratrie".
Rapportée par un musicien à son Directeur Artistique, cette tradition veut que, pour chaque enfant attendu dans une famille, il se trouve un membre de la fratrie pour venir avec son violon ou sa guitare jouer régulièrement devant la mère. Un air est spécialement inventé pour cet enfant à venir et c'est toujours le même qui "lui" est rejoué.
Après la naissance, la mère fera appel au musicien en question non seulement pour les fêtes de famille, mais aussi chaque fois que l'enfant en a besoin : fortes fièvres, mal de dents, etc ... car l'enfant se sent toujours mieux à l'audition de cette musque là, "sa" musique.

Des exemples autour de nous :
Les musiciens de métier le remarquent fréquemment : leur bébé se redresse ou tourne la tête à l'audition de tel instrument ou de tel morceau qu'ils avaient spécialement travaillé avant sa naissance. Plus curieuse cette constatation d'une mère : pendant l'attente de son enfant, elle est prise d'un véritable coup de foudre pour la musique de Stravinsky. Elle passe et repasse indéfiniment les mêmes disques.
L'enfant naît, les goûts changent, on n'écoute plus spécialement Stravinsky, qui dort un peu dans la discothèque. Seize années passent, le garçon redécouvre alors quelques uns de ces vieux disques, puis s'en rachète d'autres et se prend d'une véritable passion pour Stravinsky.
Chose plus étonnante encore, à cette même période correspond pour ce garçon la fin d'une suite d'échecs scolaires et le début d'une remontée qui l'amènent à être aujourd'hui un chercheur reconnu dans sa spécialité. Ceci n'est pas dû à cela,  notons simplement que ceci accompagne cela et qu'en regardant et questionnant, chacun retrouvera des faits de ce genre autour de soi.

Propositions pratiques pour l'éducation auditive de l'enfant (parfois valables pour "l'adulte") :
. Disques :
Limiter l'usage de la musique diffusée, montrer l'emplacement des baffles, ne pas laisser le disque faire le calme, mais plutôt faire le calme pour le disque. Bannir le fond sonore et les niveaux très faibles, comme un poison pour l'oreille. Montrer soi-même des attitudes d'écoute : attente, doigt à l'oreille, mouvements ou pas de danse.
. Silence :

Lui laisser une place, en soigner la qualité.
. Voix :
Faire écho à  leurs gazouillis, les mettre en position favorable à l'émission vocale. Les laisser parfois pleurer à pleine voix, crier. Avoir soi-même une bonne connaissance et une certaine maîtrise de sa voix, de ses tons (s'écouter au magnétophone).
Les laisser faire des imitations vocales, ils ont une prédilection pour les sons suraigus (vive la porte qui grince !). Toute l'ambiance de la vie moderne tend à faire taire l'enfant, on ne chante plus, on met un disque, on ne parle plus, on met la radio ou la télé.
Or, la voix a besoin de se muscler.
Qu'est ce qui interdit à l'adulte d'entrer dans l'univers sonore de gestes et de bruits qui semble procurer au petit tant de plaisir ?
Il n'est pas si loin le temps où le maréchal-ferrant choisissait sa pièce de métal au son, pas si loin les pays où calebasses et cuillères servent à la musique comme aux repas.





"Ma musique est le mieux appréciée par les animaux et les enfants."
Un bon coup de langue pour l'expression "Tendre l'oreille":
A l'origine, on compare l'homme à un chien qui dresse l'oreille de manière différente en fonction des sons ou des bruits qu''il entend. Tendre l'oreille, c'est être attentif à un son.

La vie du blogueur.
Il m'arrive souvent le phénomène suivant : j'écris à partir d'un thème et le voilà repris par les médias dans les jours qui suivent.
Par exemple, je tape cet extrait de mémoire sur l'oreille tendre et le lendemain, sur "France-inter", j'entends une pédiatre dire :
"La peau du bébé est comme une oreille. C'est pour cette raison qu'il ne faut pas lui mentir car il le sait, le sent, l'entend. Il a une audition sensitive !"
En tendre par la douce peau-oreille n'a pas son pareil.




... il fallait en corps l'avoir ... dans la peau !
D'après certaines expériences, les bébés ont tous l'oreille absolue (la personne qui en est dotée, peut reconnaître précisément toutes les notes). En changeant très légèrement une phrase musicale, des chercheurs ont constatés que les sujets adultes n'arrivent pas toujours à noter de différence alors que les bébés y parviennent.
C'est cette qualité qui explique cette particularité, unique dans le monde animal, à apprendre le langage.
"Use it or loose it !"
Proverbe anglais
En grandissant, cette faculté se perd, pour la simple raison qu'elle n'a pas d'utilité dans la vie quotidienne. Certains musiciens conservent cette oreille absolue. Ce sont bien souvent des professionnels qui ont appris la musique très jeunes et là, nécessité faisant loi , du diapason, sont devenus les rois.
- C'est ainsi ! dit le quidam.
- Non c'est un "LA", rétorque le "toqué" de la note juste.




Voilà, l'énigmatique Stravinsky a le mot de la fin !
Portez vous bien.
Yamasté !!

samedi 17 décembre 2016

"Philo-yogis"



Pratique de yoga :
Lundi, je rentre dans la salle de yoga, mes élèves sont agglutinés autour de la charismatique "M.C" dont le contenu du portable étonne. Henri, la mine réjouie, semble dire :
"Ce sont de drôles de postures qu'MC nous a montrées."
En discutant avec MC ravie, je comprends que ce sont des photos de yogacrobates estampillés "Ashtanga yoga" qui faisaient le spectacle.
Parfois ces "Crashtanga yogis" se complaisent dans la pratique de sauts sportifs, véritables sottises pour casse-cou !




"- C'était bien des "Ashtangas yogis" comme vous dites. Ils font des postures difficiles qu'ils enchaînent rapidement, sans faire de pause. C'est vif et beau à voir ! me dit MC."
- Est-il bien nécessaire, en cette époque épique opaque, dure et agitée, de proposer un yoga qui colle à l'ambiance globale ?
Par la pratique yogique, on exprime des choses, du genre :
"Pause toujours, tu m'intéresses."
Prendre des pauses entre les postures, c'est mon intérêt et c'est intéressant. Je prends le temps d'écouter la petite musique de mon corps, je suis concerné par ce qu'il me dit.
"Pose toujours, tu m'interpelles."
Prendre des poses, est-ce une imposture ?
Faire des bonds extravagants, est-ce une prouesse anti-stress, promesse de futures séances de kiné ?
Dans ce cas de figure, que deviennent l'écoute du corps, l'esprit paisible et pacifique, l'élan du lent ?

On peut prendre son pied derrière la tête (voir image précédente) ou bien avoir une idée derrière la tête : rendre le yoga utile comme dans la photo suivante (de Jean Point) !


Souvenir d'un documentaire sur le "yoga zébulon".
Sérieux comme des papes, vétus de "saris golpa", les élèves "Cach'tajoie yoga" exécutent des postures spectaculaires en suivant le tempo très rapide imposé par le "prof Kan-gourou" !
Pour lui, y'a pas de souci, ton cœur et ton corps ne sont pas mise à rude épreuve :
"Si toutefois, il t'arrivait de faire "faux bond", prends une profonde inspiration et laisse couler tes chakras vers le centre de ton cœur !"
Le yoga gymnastique,, est destiné aux yogis "baba-speed" !
Le yoga-joie sobre et souriant, paisible et pacifique, du genre "Gandhi-Rabhi" (grandit ravi), est réservé aux autres.

Le vieux lent volant et l'envieux violent :




Mercredi 14, 18 heures et six minutes de retard pour les yoginis Cathy et Evy.
Le maître moqueur les reçoit comme il se doit :
- Vous allez me dire que vous avez médité pendant une heure avant de vous rendre ici et que vous n'avez pas vu le temps passer !
- Ce n'est pas le temps qui passe, c'est nous qui passons dans le temps, répondent-elles en choeur.

Voici deux blagues zen :
"Deux hommes discutent :
- Comment ça va ?
- Bien, merci.
- Et ton fils, il cherche toujours du travail ?
- Oui et depuis peu, il s'est mis à faire de la méditation.
- La méditation, c'est quoi ça ?
- Aucune idée, mais ça vaut toujours mieux que de rester assis à ne rien faire !"




"Trois yogis méditent dans une caverne. Un jour, on entend un bruit venant de l'extérieur. Six mois plus tard l'un d'eux prend la parole :
- Avez-vous entendu le bruit fait par une chèvre ?
Un an passe et un deuxième dit :
- C'était pas une chèvre, c'était un âne !
Deux ans plus tard, le troisième intervient :
- Si vous ne vous arrêtez pas de vous disputer, je pars !"

Nicole Ferroni est humoriste à France-inter, j'aime son humour décalé, déjanté et en même temps très concret. J'apprécie aussi le site gai comme un pinson (ou comme son nom) de Laurence Gay.
Yamasté !