jeudi 16 avril 2020

"Virus circus"


Paradoxe : c'est le Printemps et on hiberne !
Le virus prend son temps et on nous berne !

Deuxième semaine "Reste chez toi, écris et lis tes ratures" !
A la radio, certains journalistes ont une baisse de moral, on peut entendre :
"Les périodes se suicident ... oops ... se succèdent !"

Confinement :
On ne sort plus que pour faire ses courses !




Notre monde est-il à bout de souffle ?
Est-ce la fin du monde ou bien la fin d'un monde ?
Toujours est-il que l'on a encore faim ... de vie !
Caisse caddie la caissière de supermarché croquée par la dessinatrice de Charlie-hebdo Coco :




Livre raison à domicile !
Dans les médias sympas, on entend parler de culture, de livres qui délivrent, le livre comme médecin de l'âme qui a le pouvoir de transformer l'ivre de maux (en livre de mots).
La nature se venge à coup de virus et nous dit : "Restez chez vous, ne sortez plus" !
Résultat : l'air est plus pur, on assiste au retour des oiseaux, le monde est plus beau et le silence est éloquent !
Il va en falloir des virus pour dépolluer la planète !
Sans sortir pour s'en sortir : "Solid'hilarité" !

Il y a les confinés qui ont de l'esprit et les cons finis qui ont l'esprit confiné.
Dans certaines résidences, des fachos paranos exigent que des résidents soignants partent vivre ailleurs et par ici, des gens honnêtes applaudissent ces mêmes aidants (à 20 heures pétantes et percutantes) !
Il n'y aura pas de pénurie de nourriture ... euh de pourriture, des frustrés vont alimenter les tensions en envoyant de fausses infos !
De l'époque opaque et morose sortira t-il des métamorphoses ?




"Aigri-culture à grimace" ou "aguerri-culture grand bien nous fasse" !!
Goûtons à cet art du présent plaisant, goûtons cette faculté de se sentir vivant, bref savourons-nous.
Savoir voir, profiter de notre quotidien qui souvent est bien, beau et bon.
Notre malheur c'est que nous vivons trop pour l'apparence, pour l'extérieur, les sources de souffrance sont supposées être à l'extérieur de nous-même et les sources de joie aussi
On fait ainsi aussi pour les choses matérielles : exemple l'achat compulsif, frustré dans la vie, on achète pour se consoler.
On ferait mieux de consolider notre monde intérieur, de développer nos ressources personnelles. Grâce au virus, nous pouvons peut-être réharmoniser nos vies, profitons-en, ça ne durera pas.
Christophe André parle de l'accoutumance aux choses positives au point qu'on les oublie souvent complètement :
"Prendre une douche chaude, quel bonheur ... Mais il faut que la chaudière tombe en panne pour s'en rendre-compte !
La crise en cours aura certainement cette vertu."
Lire délivre :
"J'ai dans ma bibliothèque plus de livres que je ne pourrais en lire avant ma mort.
J'aime leur proximité, j'aime les savoir là, comme si je bénéficiais de tous leur univers par osmose.
J'aime les extraire de leur étagère et les parcourir comme si j'avais une brève conversation avec l'auteur croisé par hasard dans la rue.

Il parait que, dans ces temps de confinement, certains couples vivant ensemble 24 heures sur 24, ne peuvent plus se voir en peinture, c'est la déconfiture, les violences conjugales augmentent !
J'aime parcourir les livres de Gourio comme si j'avais une brève de comptoir à échanger avec l'auteur croisé par hasard dans un bistrot ouvert le temps de dire celle-ci :
"Ma femme peut pas me quitter, suis jamais là !"



crédit dessin : les "Charlie" Coco, Schwartz et Riss plus le shadok Rouxel.





Portez-vous bien, prenez soin de vous !
Yamasté !

mercredi 1 avril 2020

"Le virulent virus !"

Dans mon atelier "Yogamusicothérapie", afin de ne pas tomber dans la sinistrose, en cette épique époque opaque qui me dérange, je range et je nettoie. J'étais en train de dépoussiérer un bol tibétain lorsque sur le rebord de la fenêtre une tourterelle est venue se poser !
Elle se met à chanter, roucoule sans que cela ne se voit (le bec est fermé), elle fait ses "tourrrrterrrrrellises" comme nous, humains chanteurs faisons des vocalises.

Et pendant ce temps là, sur la planète pas nette, c'est la pandémie.
Un virus contagieux ne rigole pas avec les humains. On se croirais dans un livre de J G Ballard (auteur de roman de science-fiction).
Depuis le début de l'année, un certain "coronavirus" prolifère et profite de nos humeurs voyageuses, pour se balader un peu partout en laissant sa signature parfois meurtrière.
Quand ce virus s'est pointé du côté de la Chine, l'européen s'est contenté de sourire mais lorsque ce même envahisseur a pris place dans Rome, Paris, Madrid, Berlin, il s'est mis à rire jaune.
Il vient de la chauve-souris, via le pangolin et il se serait d'abord installé à wuhan (Chine).
Il se transmet par les gouttelettes de salive expulsées quand un malade tousse. Il est bizarre, ses effets vont de fatigue à pneumonie mortelle.
Ses symptômes vont de toux et c'est tout à toux importante, fièvre, et asphyxie oppressante.
Circule t'il dans l'air, craint-il les temps chauds et humides ?
On ne sait pas vraiment !




Tous ensemble, chacun chez soi : Peut-être que le virus ...
... progresse dans le stress et la tristesse ...
... n'apprécie guère les poumons qui respirent la joie de vivre grâce à la pratique du yoga ou des six sons chinois de santé !
... n'aime pas le goût et l'odeur de certaines plantes et de leurs précieuses huiles essentielles ("TeaTree", "Ravintsara" ou "Eucalyptus radié") qui renforcent nos défenses immunitaires.
Dans nos assiettes, la cannelle belle et rebelle est antioxydante, antibactérienne, anti-inflammatoire.
Les poumons pollués, cela convient fort bien à cet envahisseur.
"Clous de cercueil" (cigarettes) et volutes partent en fumées !
Dans les services d'urgences, on manque de "lit respirateur", de masques, de Charlotte.
Le virus apprécie les pathologies pulmonaires, le diabète, l'obésité, l'hypertension, la vieillesse, les maladies graves ...


Pour aider les aidants, les gouvernements organisent le confinement des résidents.
Comme disait Belmondo dans "Pierrot le fou" de Godard :
"Le courage, c'est de rester chez soi."
Pour faire quoi ?
Du yoga afin que notre corps chante :
"Hosanna aux asanas contre le corona !!"
De la poésie puisque d'après Bobin :
"La poésie, un rien qui peut tout."


Pendant qu'on perd nos repères dans ces temps de confinement, Uderzo, le père graphique d'Astérix meurt d'une crise cardiaque (tout comme le père raconteur Goscinny en 1977) à l'âge de 92 ans (sans lien avec le virus) !
Quoi que ...
Cet extrait de l'album paru en 2017 "Astérix et la Transitalique" (de Ferri et Conrad) est surprenant, ce champion italien qui porte le nom de coronavirus et qui se cache derrière un masque "émoticône" souriant, voilà de quoi débattre en famille !
Les écoles sont fermées.
Pour les cours à la maison, à partir de ce dessin d'Astérix, on peut travailler avec les enfants en cultivant l'art du dessin, l'histoire-géo, le français, le latin, la philo, le sport et bien d'autres choses encore !



"Sax aphone"
Manu Dibango vient de mourir, à 86 ans victime du virus. Je vois son sourire puis j'entend son rire : régalade et rigolade !
J'écoute son saxo et je voyage !
Ecoutez "Senga abele", "Soma loba", "Soul makossa", "Kango", "Minçalor", "Ce soir au village" ...
C'était un très bon musicien, humain, jovial, "origénial", succulent, truculent, curieux, chaleureux, rigolard ...

N'oublions pas de prendre nos potions magiques, de porter nos masques "émoticônes" souriants ou hilares comme Manu !

On peut aussi réfléchir tel un "Gibi" ou un "Gébé" (dessinateur pendant 40 ans à "Charlie-hebdo") et dire :



Et comme ça on profite du confinement pour ne plus vivre comme des "Shadoks" !


Au prochain numéro, la suite.
Yamasté !

samedi 14 mars 2020

"Romanix"

J'ai lu "Romanesque, la folle aventure de la langue française" de Lorant Deutsch.
Avec l'enthousiasme qu'on lui connait, Deutsch nous invite à plonger dans les "zanimots" et dans les "zoos troubles" de notre langue pour y voir plus clair. Voici quelques anecdotes glanées ici ou là !
Gare aux virgules (et aux têtes de "Ne") !
Un roi peu romanesque envoie un message à un bourreau bourru :
"Pendez-pas gracié"
Le bourreau comprend :
"Pendez, pas gracié !"




BBR et DD o KFé !
- Cette histoire de bourreau bourru et de roi maladroit, c'est chair payée la diction ! dit DD l'érudit.
- Hé Dédé, pourquoi kinia deux D à addition ? demande BBR.
- C'est à cause de son origine latine : "adderer" (ajouter) qu'on met 2 D dit DD !
- C'est pour ça qu'on met deux D à addiction ?
- Oui ! en tout cas nous, on est de vrais addicts au caoua.
- Et d'où c'est qu'ça vient le mot café ?
- Le mot café vient de Turquie, caoua est l'argot arabe de café et tous les deux viennent de qahwa dont l'origine est éthiopienne (région de kaffa, berceau du caféier).
- Nous, les piliers de bar, c'est le kaffa et le calva qu'on kiffe et qu'on siffle.
Mais on ne fait pas que boire, on raconte nos déboires ou des bobards, on fait du baratin, on baragouine ...
- ... Baragouiner vient de barbaros (étranger qui bredouille la langue).
- On dit aussi que ça vient du breton : bara (pain) et gwin (vin) !
- Oui, quand le breton avait un verre dans le nez, il distribuait des pains, souvent en vain, il "bara-gwin-nez" des obscénités pâtissières du genre :
"t'as même pas de couilles niaman" (kouign amann : gâteau breton) !
- Foutaises et fariboles t'es qu'un mariole, un guignol, dit BBR Ké breton !!
- Mariole, encore un mot baladeur !
Ah ! celui-là, on peut dire qu'il aura voyagé dans le temps.
Au 14ème siècle, "Mariole" est un impertinent sobriquet de Marie.
Au 15ème, c'est une petite image de la vierge.
Au 16ème, il se confond avec l'italien "mariolo" (escroc), le mariole devient une personne peu recommandable.
Au 19ème, un jour ... :
"Napoleon passe ses troupes en revue, à l'improviste. L'officier Dominique Gay Mariole n'a pas le temps de prendre son fusil. Il prend ce qu'il a sous la main : un canon et dit "J'ai présenté les armes à l'empereur de Russie avec un fusil. Mais à mon empereur, c'est avec un canon que je les présente".

Depuis, "Faire le mariole", c'est faire le malin pour attirer l'attention sur soi.
Comme par exemple, le chat de Geluck!



Mais laissons là nos deux bavards de bar BBR le "saoul-chêne breton" et DD le "guignolais kirsh" et continuons à voyager avec les mots.

La diagonale du fou :
Le jeu d'échec vient de l'inde. A l'origine, la pièce qui se déplaçait en diagonale, c'était l'éléphant ( "fil" en arabe).
En France, "fil" est devenu "fol" puis "fou".
"Aux échecs et peut-être dans la vie, les fous sont souvent les plus proches du roi."
L Deutsch
Des tours et des détours :
Le rokh en arabe signifie le chariot, il ressemble phonétiquement au mot toc (qui en ancien français désignait la tour). Peu à peu, le mot "tour" a remplacé le mot "rokh" (le roque est un déplacement spécial du roi et d'une des deux tours dans le jeu d'échec) !

Le participe déplacé.
Le participe passé du verbe avoir s'accorde en genre et en nombre avec le "c.o.d" lorsque celui-ci est placé avant.
Cela, c'est la faute à Marot qui l'a ramené d'Italie (les ritals l'ont abandonné par la suite).
Petit rappel de principe pour ne pas rater le coche* :
"Elles ont mangé des pâtes. Les pâtes qu'elles ont mangées."

A la saint glinglin !
Tout se déglingue, des saints qui ont pour nom glinglin, ça n'existe pas !
Donc saint doit s'entendre comme du vieux français, par exemple "seing" (cloche) et la cloche fait glinglin, onomatopée burlesque née du tudesque (germanique) "klingen" (sonner) !
On se revoit à la Seing glinglin !





Sacré sucre !
Il vient de Syrie, on le nomme "canna mellis" (roseau de miel). En arabe, il devient "sukkar" puis "zucchero" en Italie, passant les alpes, il prend le nom de sucre.
Autrefois, le sucre était un médoc :
On l'utilisait en sirop contre les maladies pulmonaires ou en dragées pour faciliter la digestion.
"Aujourd'hui, c'est l'un des plus grands dangers pour notre santé !!!" écrit Deutsch.
Maintenant, les jeunes générations sont droguées au sucre.

La "meufa monpote" !
Restons avec la jeunesse, celle des cités a beaucoup utilisé le verlan et le tronqué. C'est ainsi que le mot bibliothèque a fondu au fil des années : il est devenu biblio puis bibli et ensuite bib !
Avec la flemme de bouche, ces fameux infâmes ont ridiculisé le mot femme. On l'a d'abord transformé en meufa (verlan), puis par dégoût des fins de mots en voyelle, est devenu meuf !
Le trucage et le tronquage sont des outrages d'un autre âge.
A noter que le mot femme vient de fame (moyen-âge : de bonne renommée), fameux ce remède de bonne fame !


* Coche : au 17ème siècle, le coche c'était le "métro d'eau (dans ton caoua)" de l'époque, le moyen de transport fluvial en vogue avec des horaires précis. L'embarcation n'était pas toujours sécurisante, c'était parfois toute une aventure, un événement particulier qui pouvait vous faire vivre des moments originaux donc il ne fallait pas rater le coche.
De nos jours, on sécurise tout, on surprotège, on est bien loin du "vive l'imprévu". La formule a changé, on aurait plutôt tendance à dire :
"Il ne faut pas rater le coach !!!"

P.S : Vu l'actualité (la pandémie de virus au nom de bière), je pose la question suivante :
Quel est le plus dangereux pour notre santé : l'alcool, le sucre, le coche ou le virus ?

Bonnes lectures, bonnes méditations !
Bon karma, bon kawa !
"Yamasthé" (vert) !

dimanche 1 mars 2020

"Mémoire de Yoga n° 37"

La vie d'artiste !
Conseils d'un musicien :
Jouez ce que vous aimez et donnez du goût.

Celui qui a le goût de l'effort "s'honore".
Faire tout "sons possibles" ... dans la joie et sans compter son temps, parce que dans la vie, rien ne s'obtient sans plaisir ni don de soi. J'utilise le mot plaisir et non pas le mot travail car, comme dit Gurdjieff :
"Il ne faut pas travailler mais avoir du plaisir."

Le goût du travail bien fait.
Etre artisan de sa réussite, ce n'est pas pour la gloire ou par vanité, mais parce que le bien-être de tous implique le "travail-plaisir" de chacun.

Le goût du beau et du bon.
La recherche du beau suscite la beauté, la diffuse, la crée.
Etre gastronome de sa vie (lui donner du goût), être fin gourmet : peu et de bonne qualité nourrit mais non le contraire.

Le goût de tout ce qui grandit.
Ce n'est pas celui de l'ambition inhumaine ou dominatrice, mais celui de ... "Toute âme qui s'élève, élève le monde."
Eviter les mauvaises habitudes, repérer les bonnes et même, sans juger s'en méfier car, comme dit le proverbe chinois :
"L'habitude commence comme une toile d'araignée et se termine comme un câble d'acier."
Accordons nos violons et laissons parler le violoniste "équilibriste" Yehudi Menuhin :
"Mon principe fondamental  quand je joue est à la fois simple et universel : c'est la recherche de l'équilibre.
On peut approcher du bon équilibre  en prenant conscience qu'aucune partie du corps ne bouge  sans qu'il n'y ait une réaction correspondante ou une compensation dans une autre partie du corps, au même titre que la moindre chute de feuilles mortes modifie l'équilibre de la terre.
L'objectif est de parvenir à une perception des déplacements et des équilibres les plus fins."

Sentir-voir !
"On apprend à voir avec son corps.
Comment sait-on que l'archet atterrit sur la corde de sol ?
Est-ce parce que les os, les muscles et les nerfs de mon bras prennent une certaine forme ?
Ou bien est-ce que je guide l'archet avec mes yeux ?
Je SAIS, il en est de même des notes que je joue. Mes doigts s'habituent aux distances. Mon oreille confirme que je joue la note juste, mais ce sont mes doigts jouant naturellement et aisément, sans tension et pression sur les distances qui trouvent la note juste.
Il faut arriver à jouer du violon à l'instinct, mais il faut au préalable une préparation approfondie.
C'est un peu comme le vent soufflant à travers les branches. C'est la position des feuilles,chacune selon un angle qui lui est propre, qui donne au vent sa voix particulière."  




L'effort le gastronome, donneur d'envie et de goût.
Curieux le chasseur de sons !
Sage le conteur qui ne compte pas seize heures.
Equilibré, le yogi au violon non-violent.

"Toute âme qui s'élève, élève le monde."
Je n'ai pas cité "l'hauteur" parce que selon les sources, on attribue cette pensée à La Rochefoucauld, à Elisabeth Leseur ou à Gandhi.

Yehudi Menuhin : le violoniste yogi !
Musicien de grand talent, yogi épatant et élégant, surprenant et renversant (avant un concert, au lieu de se mettre la rate au court-bouillon, il prenait plaisir à se mettre la tête à l'envers et .... les pieds en l'air).

P.S :
Je n'ai jamais vraiment réécrit le mémoire de yoga de 1987 mais là si (propos pas assez clairs à mon avis, comme quoi le temps passant, on s'améliore et c'est tant mieux), ma non troppo.
Comme le bon vin, on vieillit bien lorsqu'on développe ses tanins talents, la saveur de son savoir, sa palette de couleurs qui colorise la vie.
Les bienfaits de l'âge on en voit la couleur, alors merci au thé vert, au chocolat noir, au vin rouge, autant d'antioxydants qui nous permettent de ne pas en voir de toutes les "couleurs douleurs" !

"On ne peut pas s'empêcher de vieillir mais on peut s'empêcher de devenir vieux."
Matisse

Yamasté !

samedi 15 février 2020

"Cohérence cardiaque"

 Notre monde manque cruellement de cohérence cardiaque !!
"Il faut penser à l'intérieur du cœur."
S Weill



La santé c'est de la musique !
Céline et Bobin illustrent bien cet aspect thérapeutique de la musique :
Céline disait d'un homme venant de passer de l'autre côté du miroir :
"Il n'avait plus assez de musique en lui pour faire danser sa vie !"
"Moi, mon médecin traitant c'est JS Bach. Son remplaçant c'est Django Reinhart."
Christian Bobin
"La musique, ce qu'elle est : respiration. Marée. Longue caresse d'une main de sable." (C Bobin)



Avoir le cœur sur la main.
Le cœur est intelligent, il dispose de 40 000 neurones.
Dans la nature, la musique est partout. En nous aussi, mais quand on ne l'écoute plus, il y a comme un malentendu !
Commun mal en tendu, tel un orage, la colère explose. Cela dure cinq minutes et ensuite le corps est flagada, à plat pendant environ cinq heures. Pendant ce temps là, le système immunitaire est mobilisé pour gérer le trop-plein de cortisol dans le corps. Alors, à fleur de peau, drogué au cortisol, dans l'émotionnel jusqu'au cou, la récidive d'un nouvel orage n'est pas à exclure et hop cinq minutes qui coûtent cinq heures de malaise en plus !


Parlons un peu du cortisol, tant qu'il se situe dans un dosage homéopathique, ça va, il est plutôt sympa (c'est grâce à lui qu'on peut se lever pour prendre son petit-déjeuner) mais sinon ...
En cas de stress, le cœur s'emballe, l'info va au cerveau qui réagit aussitôt en libérant l'hormone du danger, la molécule d'urgence (le cortisol).
On perd ses repères et son sens du rythme, l'harmonie est rompue, tout est chaotique !
Il est temps de pratiquer la cohérence cardiaque.
Dans notre corps tout est question d'équilibre, on trouve toujours une chose et son contraire :
Le système "parasympathique" et le "sympathique", la musculature lombaire et abdominale, les biceps de Popeye lui permettent de plier le bras et ses triceps de le tendre, le glucose et en relation avec l'insuline ... et le cortisol empoisonnant est contre-balancé par la pure hormone de jouvence, la D.H.E.A.
Si celle-ci est bio, elle va être bien assimilée (alors que la D.H.E.A chimique ne passe pas les frontières organiques).
Avec cette simple respiration rythmée, on va pouvoir reprendre le contrôle sur nos émotions et sur notre vie !


Le cerveau influence le cœur et réciproquement.
Contrôler sa respiration, c'est contrôler son cerveau.
Si on te demande tout de go dans le jeu radio des mille euros, "combien font 47 x 28 ?", la question déstabilise, tu stresses et aller hop !, tu produis du cortisol comme qui rigole. Face à ce excitant costaud, il faut pratiquer la respiration abdominale !
Le protocole chasse-cortisol est bien précis.
A chaque battement cardiaque, le cerveau et le cœur s'ajustent.
La cohérence est un état de la "variabilité cardiaque" (capacité du cœur à accélérer ou à ralentir afin de s'adapter à son environnement). La variable est en dent de scie (voir croquis plus haut) alors que la cohérente est en forme ... de vague, fluide, sans à coups, régulière !!
Cette technique de contrôle du stress s'obtient par la résonance cardiaque (respiration rythmée et harmonisée par la règle du 365 : 3 fois par jour, 6 respirations par minute pendant 5 minutes).
Avec ses 40 000 neurones, le cœur communique directement avec le cerveau. En agissant sur notre rythme cardiaque, nous avons la possibilité d'envoyer des messages positifs au cerveau.

Mise en pratique.
Assis sur une chaise, dos droit, pieds au sol, on utilise la respiration abdominale en faisant les six cycles (inspiration/expiration).
Pourquoi la respiration du ventre ?
Parce que la respiration haute, thoracique est limitée, elle ne fait pas travailler le diaphragme alors que c'est la spécialité de la ventrale (qu'on nomme aussi "diaphragmatique").
Cette respiration du thorax rend les trapèzes (situés entre la nuque et l'épaule) hyper-toniques et l'autre, au contraire, apaise les tensions et libère des douleurs dans le haut du dos.
Un quart d'heure par jour suffit pour réguler le système nerveux autonome (notre pilote automatique composé des systèmes "j'accélère" et "je freine").







En effet, cela donne quoi ?
En plus de l'équilibre et l'harmonie des deux systèmes sus-nommés, cela remplace la production de cortisol au profit de l'hormone de jouvence, dite de jeunesse (la DHEA).
On profite d'une meilleure défense immunitaire.
Le contrôle des émotions diminue les effets du stress.
Le sommeil se régule et on se régale des effets de la sérotonine !!
Cela favorise la production et l'action de la dopamine (Miss Parkinson fait triste mine) : on bouge mieux et on rigole plus !
En fait, tous les systèmes sont régulés qu'ils soient nerveux, cardiaque, digestif, respiratoire, immunitaire ...

Essayez et vous vous ferez votre idée !
Cette belle vidéo est de Catherine Darbord.

Illustrations : Green yoga.

Yamasté !!





jeudi 30 janvier 2020

"Peter : the doctors gave me no chance"

"Le rire est un exutoire et je ne comprend pas qu'on dise qu'il ne faut pas rire de ce qui fait mal. Ça fait moins mal quand on a ri."
Pierre Desproges
Un jour de printemps 2019, j'écris ceci :
Comment rester confiant devant un cancer foudroyant ?
Que faire face à une monstrueuse tumeur tueuse, une réalité généralisée qui métastase à tout va ?

Tu avais tout pour toi, une gueule de cinéma, de l'humour. Tu étais jovial, sociable, chaleureux, curieux et tant d'autres choses encore ... Tu aimais le sport : vélo, ski, natation.
Tu écoutais "Ça ne peut pas faire de mal" sur "France-inter (des extraits de livres sont lus par Guillaume Gallienne et ses invités lecteurs).
Le générique est classieux, c'est un admirable mouvement lent du concerto en sol pour mandoline de Vivaldi.
Tu es parti et pour l'instant, à chaque fois que je joue ce Vivaldi sur ma guitare, j'ai la larme à l'œil !




Expressions.
Baigner dans son jus : être comme un poisson dans l'eau.
Être dans son jus : comme neuf, dans son état d'origine.
Être dans le jus : être dans le coltar (avoir la gueule de bois), on macère dans son jus (l'alcool).

Dans l'eau de là ... bas (une rivière, l'océan), ça roule ça coule et où que tu sois, je t'imagine à l'aise, "dans ton jus", comme sur ton vélo. Tu dirais : "Ah ! c'est excellent."

Et ici, sur terre, l'amie Katie me raconte cette histoire naïve :
"Deux tomates traversent l'autoroute, la première passée de l'autre coté se retourne et dit à l'autre : Ça va Juju ?
Juju ne répond rien car elle est complètement à plat. Elle en écrase et macère dans son jus (à moins qu'elle ne soit morte) !

Glen Baxter ramène sa fraise ou plutôt son orange !
Même les agrumes orangés s'écrasent devant le chemin de fer qui va à un train d'enfer :
"Fruits en danger de mort : l'orange."



Amarcord (je me souviens) :
De ton visage joyeux à l'écoute des voix graves des moines tibétains de Guyto (musique sacrée avec ses "surprenantes" interventions de cymbales venant vérifier que tu ne dors pas).
Amarcord qu'au salon de la "maison où rêvent les arbres" , le baobab, l'arbre à conte, s'était invité et que tes pouces se régalaient à jouer avec les lamelles du "Piano à pouce".
Ce duo rigolo "baobaba" que nous formions le temps d'une impro, était branché sur le même tempo, le même propos !
Amarcord que je t'expliquais comment les luthiers d'Afrique fabriquaient l'instrument ("les lamelles en métal sont des rayons de roue de vélo aplaties").
Je te conseillais les piano à pouces du luthier Jean-philippe Minchin qui récupère des boites de sardines, y perce un petit trou et voilà un effet "wah-wah" peu onéreux.
Mais comme le temps passe vite, à cette époque tu étais loin de penser qu'il ne te resterait que peu de temps à vivre !
Aucun de nous deux n'est (ou n'étais) un homme moderne terne :



Pour les restants :
C'est pour ceux qui restent que l'affaire se gâte.
La tristesse te gratte puis te démange, l'absence d'un proche aimé dérange.
Pour les parents qui "perdent" leur enfant, ce n'est pas dans la logique des choses, cela doit les marquer pour le reste de leur vie.
L'oubli est comme une seconde mort, alors il vaut mieux redonner vie au disparu, en pensant simplement aux bons moments partagés, en les visualisant, sans tristesse, sans cultiver le pathos. On peut aussi vivre avec lui des moments inédits de vie d'aujourd'hui. Comment aurait-il réagi face à tel événement ?
Il suffit d'un peu d'imagination, de mémoire et d'empathie.
En puisant dans nos réserves de joie, on peut faire le choix, parfois, de sourire pour moins souffrir.
Ne devenons pas des morts vivants !
Écrivons sur le sujet avec des mots vivifiants !

L'appartement de Pierre est vide, ses parents sont fourbus, la vie continue !
Ces dernières années, il a vécu là, près de Lille, à "La madeleine", cette madeleine amère ("l'amas de peines"), ses parents ne pourront pas l'oublier.
Elle restera gravée au plus profond d'eux-même, cette fin de vie si difficile de leur fils unique.


Les morts sont désarmants, les morts sont des aidants.
Comme le dit si bien Christophe André :
"Dans la vie, il n'y a que deux grandes certitudes : Je vais mourir un jour, c'est moche et c'est triste. Pour le moment, je suis vivant, c'est joyeux et merveilleux !"
Acceptons l'une, savourons l'autre.


Crédits illustrations ... :
Geluck avec son chat intelligent, Glen Baxter avec son "orange no chance" (c'est de sa faute, elle est toujours pressée), Pierre Desproges le "non chat lent" et Claude Serre avec son torero qui en fait taureau.

... sonores :
Les moines de Gyuto en tenue orange et rouge tomate, tout en relief comme les monts tibetains, et leurs voix rauques (chant harmonique sacré : plusieurs voix à la foi) qui traversent tout (les "voix ferrées" et les "autres routes" aussi).
Les symboles et les cymbales mènent le bal, les voix qui guérissent font en sorte que tu te sentes moins mal. La sonorité grave des voix éloigne le mal, le "charme à Monique" agit, ses harmoniques niquent les maux, plus aigues, elles harmonisent le rapport Yin-Yang, Mars et Vénus s'accordent, la santé revient (de loin) :
"C'est grave Docteur ?
- Non, c'est aigu !"
Comme dirait Glen Baxter à "Peter Singlou" :
- "The doctors gave me no chance".

Tu allais toujours par monts et par vaux. Au Paradis, profites-en pour bien réécouter ces moines aux voix graves et profondes, calmantes et revigorantes.



Yamasté !
Bon vent, bon chant !!

mardi 14 janvier 2020

"L'âme-hors de Pierre"

"Je voulais parler de la mort, mais la vie a fait irruption comme d'habitude."
Virginia Wolf
Voilà c'est fini, Pierre est parti !
Déjà, il nous manque. L'émotion ne manque pas, elle, mais les mots, si. Aussi vais-je laisser les écrivains les dire à ma place.
D'abord Victor avec qui je suis d'accord et puis avec l'Emil qui met en plein dans le mille !
"Les mots manquent aux émotions."
Hugo
"La peur est une mort de chaque instant."
Cioran  
Dans nos hôpitaux, on n'écoute pas souvent la musique de Mozart (notamment "La flûte en santé").
Pour les mots et pour Mozart rien ne vaut Eric Emmanuel Schmitt dans "Ma vie avec Mozart" :
"... on agonise autour de moi ... Si au moins ces décès étaient prompts.
Au lieu de cela, les médecins, impuissants à enrayer l'érosion des défenses humanitaires, ne parviennent qu'à ralentir la maladie. Conclusion ? Ils allongent les agonies. Les patients sont condamnés à s'affaiblir, maigrir, perdre leurs cheveux, leurs muscles, leur vitalité, leurs capacités intellectuelles ; ils se voient infliger cette honte supplémentaire d'endurer une sénilité accélérée en attendant l'issue définitive. Que de temps laissé au découragement, à l'angoisse ..."
 "Je suis las, Mozart, si las. Les couloirs d'hôpitaux n'ont plus de secrets pour moi, j'en sais les rites, les horaires, les odeurs, les bruits feutrés, le peuple infatigable des infirmières en galoches, les médecins fugitifs au front barré par les soucis, les chariots chromés avec leur bimbeloterie de médicaments inefficaces, les râles qui parfois s'échappent des chambres, les familles plombées qui stationnent devant la porte en craignant le malade ; je frissonne un moment ou le jour glisse dans la nuit, quand l'angoisse va saisir les patients et qu'il faudrait se trouver auprès de chacun pour lui tenir la main, le bercer, lui raconter une histoire."



Désolé pour l'ambiance anxiogène, je propose que l'on fasse le choix de la joie, je serai plus à l'aise.

Le saviez-vous ?
Pierre se casse, cela me fait penser à ces jeux de main malins d'autrefois :
Celui de "Pierre, papier, ciseaux" (feuille recouvre le puits, ciseaux coupent la feuille, pierre casse la paire de ciseaux ..) ou à ce jeu d'origine italienne (comme toi Pierre) de la "morra" ou de "la mourre" ou encore "chifumi" (deux joueurs se montrent simultanément un certain nombre de doigts tout en annonçant le nombre total de doigts montrés).
Si par exemple, un joueur A montre trois doigts et dit : 5 et si le joueur B montre deux doigts et dit 6, c'est A qui gagne (3 plus 2 égale 5).
Les chinois jouant au "chifumi" vont jusqu'à rajouter une maxime de circonstance :
Six : "6 pieds de terre suffisent au plus grand homme." ou "6 jeunesse savait, 6 vieillesse pouvait."
Deux : "2 avis valent mieux qu'1".




Crédit dessin : Serre et Geluck !
Yamasté !