jeudi 18 avril 2019

"Salut Cabu"





Cabu : juste un type bien !
Quel drôle de destin commun avec son pote Wolinski.
Tous les deux ont fait leur service militaire pendant deux ans et demi en Algérie. Ils auraient pu mourir mille fois mais la mort ne voulait pas, elle a préféré les voir sourire ou mourir de rire pendant encore soixante ans.
45 ans de "Charlie-hebdo" côte à côte avec leur pote Cavanna, cela a créé des liens tellement forts qu'ils sont morts ensemble, au même moment dans les locaux du journal (le sept janvier 2015).
Cavanna est mort à 90 ans, un an plus tôt !
Mais je laisse là cette "planche à destin" (notre vie s'y dessine, on s'y penche, on planche pour qu'elle ressemble à quelque chose, qu'elle prenne forme et on finit entre quatre planches de ça peint ! ... oups ! ... de sapin), pour jeter un œil du côté de la planche à dessin.



Du Dubout, du Duduche : l'avis du pétillant Pétillon (collègue au "Canard enchaîné") :
"Cabu a pris de bonnes leçons chez Dubout, notamment la clarté, le sens du comique, du grotesque, le petit détail qui tue, qui rend le personnage ridicule ... Une façon de porter le vêtement, un accessoire, un port de tête, une attitude, c'est typiquement du Dubout, il en a fait du Cabu."
"... Le dessin a un côté non léché, non fini, avec souvent un trait qui déborde qui donnait un côté artiste, une liberté ..."



Cela vous en bouche un coin, écoutez donc Wozniak :
"Des chinois qui roulent vite à vélo : seul Cabu pouvait dessiner ça ! Il avait quelque chose dans l'œil qui arrêtait le mouvement."
"... dessiner derrière le dos ou dans sa poche avec un petit crayon, tout en parlant avec des gens ... un jour, je lui ai demandé de dessiner en tenant son crayon dans sa bouche. Il l'a fait, je l'ai filmé !"



"Tu veux que j'te fasse un des seins ?"
Wolinski disait du dessin des femmes "topless" de Cabu que leurs seins étaient placés trop haut.
Mais les personnages dessinés par Jean Cabut étaient là pour faire rire, pas pour être réalistes.
Je pense que Wolinski devait être un peu jaloux du talent de son ami et puis de trois ans son néné, il continuait à dessiner des nichons à sa façon (donc un peu vieux "je") !


"Calloway Cab Cabu" connaissait la musique !
"C'est difficile de dessiner des musiciens en mouvement quand tu n'es pas musicien toi-même. Lui, on sentait qu'il avait l'oreille. Ses dessins swinguaient, t'avais l'impression d'y être."
Delambre




Mougey, sculpteur et dessinateur disait de lui :
"Le mouvement, la marche, c'est compliqué à faire. Très peu de gens savent mettre une force, une dynamique dans le dessin."




Leçon de dessin : un tire-bouchon et une "bête à deux dos" ....

Pompier bon œil :
"Il pouvait tout dessiner. Tu pouvais lui demander un pompier, il te le dessinait aussitôt. C'était un dictionnaire du dessin ... En utilisant les marqueurs, il a beaucoup simplifié son graphisme.
Quand il ouvrait son feutre, on reculait de cinq mètres. Lui était habitué, il ne le sentait plus. Quand il faisait un trait, il y avait de la matière dedans, une espèce de vibration dans le noir."
... et voilà Roselyne Bachelot !!!


Je l'ai rencontré plusieurs fois à Paris, lors de manifs, de rassemblements pour l'écologie ou pour la paix. Il dessinait sur de grandes feuilles de papier Canson installées sur un chevalet. Je le regardais dessiner, c'était le pied.
Sa main en action, je l'avais à l'oeil et ses caricatures sans ratures les "doigts dans l'nez" m'impressionnaient !!!
On parlait "coup de crayon utilitaire" et "bonne cause humanitaire". Cela durait peu de temps mais c'était suffisant pour ensoleiller ma journée.




Vif, vivifiant, vibrant, vivant, virtuose ... Cabu yogi du croquis, crac craquant et croquignolet, croquant souvent sur le vif, a développé une maîtrise tout terrain du trait, une souplesse incroyable.
Il a très bien digéré ses influences (Daumier, Dubout, Searle) et a trouvé peu à peu son style et son stylo (il était parfois distrait).
Ses personnages profitent de sa technique "3D", cela donne du relief, du volume, avec quelques traits, il montre l'essentiel et toi, tu montes au septième ciel !
Ainsi il sculpte et ausculte son "personaze", celui-ci montre son vrai visage, son mauvais fond ou son côté rond (le gars gros est difficile à dessiner, on manque d'angle pour choper sa personnalité) !
Dans Charlie, ce que je préférais de Cabu, c'était ses reportages dessinés, étonnants et épatants, dans la France profonde ou de par le monde !




C'était bien rempli (deux pleines pages) et parfois un peu brouillon. Il donnait matière à réflexion. Après lecture, tout devenait plus clair !
Je me régalais de ses crobards bavards (dessins qui en disent longs) sur l'avis de gens (ci-dessus à Mende en 1972).

Allez, bon vent et à bientôt.
Yamasté !

jeudi 28 mars 2019

"Mémoire de yoga n°34"

"OM sweet OM suite"

La nasalisation est un phénomène très important. En effet, lorsqu'on nasalise un son, en abaissant le voile du palais, on fait passer une partie importante de la colonne d'air pulsée par les poumons en direction des résonateurs supérieurs, les fosses nasales.
La muqueuse qui les tapisse est richement innervée par deux systèmes antagonistes : l'ortho-sympathique et le para-sympathique qui régissent et contrôlent l'ensemble des fonctions vitales de l'homme.
Le premier accélère le cœur et ralentit les mouvements du tube digestif. Le second, au contraire, est inhibiteur cardiaque et vaso-dilatateur. C'est lui qui détend les muscles, ralentit la respiration et abaisse la tension artérielle.

De lui dépend également la bonne qualité du sommeil. Or, le son nasalisé va faire entrer en vibration les points réflexes de la muqueuse endo-nasale correspondant à ces deux systèmes, créant ainsi dans cette zone réflexogène des stimulis particulièrement puissants si les vibrations sont bien en place.
L'homme peut ainsi se réharmoniser, régulariser certains dysfonctionnements neuro-physiologiques et retrouver, par ce moyen, équilibre et santé.

OM vibrant ainsi entre les deux sourcils agit aussi sur la glande pinéale située à cet endroit précis.
En envoyant des sons sur la peau pour tenter de distinguer des zones de sensibilité nettement distinctes, le Docteur Tomatis a trouvé la pince (pouce/index) main droite et la zone frontale située entre les deux yeux. Or, il se trouve que le Mudra qui symbolise le OM fait justement joindre le pouce avec l'index.

Le son racine ("bija") qui est en relation avec la glande pinéale (où est également placé "Ajna Chakra") est toujours OM.
La glande pinéale qui ressemble à une pomme de pin, d'où son nom, secrète les hormones suivantes : la sérotonine (action sur le sommeil), et les endorphines qui sont analgésiques. La répétition prolongée de OM débarrasse nos cellules des toxines qui ont pu s'y accumuler. On peut se concentrer sur les chakras (centres énergétiques) en chantant OM sur différents tons.
En fixant la concentration sur le Muladhara chakra (situé au niveau de l'anus), on chante OM sur le ton le plus bas. Ensuite, en remontant le long de la moelle épinière vers l'emplacement de chaque centre successif, le ton monte chaque fois un  peu plus haut. Le son OM devient peut à peu imperceptible.
Une autre méthode utilise une gamme musicale indienne pour situer les centres psychiques. Il y a une relation entre la gamme et les chakras :

SA (DO) : Mulhadara
RI (DO dièse) : Swadistara
GA (MI) : Manipura
MA (FA) : Anahata
PA (SOL) : Vishuddha
DA (LA bémol) : Ajna
NI (SI) : Sahasrara.

Les vibrations ont construit l'univers. Le son OM a organisé le chaos, le cosmos, l'ordre et la beauté; en le chantant, on remet de l'ordre dans le chaos, on restructure son corps, son être.
Terminons par l'un des Yoga sutras de Patanjali :
- Tatah pratyak-cetanadhigamo'py antraraya-bhavas ca.
"Par la répétition de OM, on gagne l'introspection illuminée, et l'élimination de tout obstacle".

Par la méditation sur OM, la réalisation du Soi est possible. C'est parce que la vibration du OM élimine les obstacles du chemin et mène à la réalisation du Soi qui existe au fond de chaque être.
AOOOOOOMMMMM, AUM.
La force de ce son, bien modulé, est incroyable : le A part de la gorge, le O descend profondément dans le bas ventre pour se terminer par le M, qui vibre dans le crâne.
L'espace sidéral produit une musique spontanée que les radio-téléscopes captent. Chaque particule atomique, chaque étoile joue sa note. On dit que toutes les notes réunies forment un gigantesque OM.






Tout est dit, je n'ai rien à rajouter alors je me tais, fin de cette "OM suite OM" !
Je préfère me retirer dans un endroit silencieux et chanter des "OM sweet OM" pour calmer mon mental agité.
Il vaut mieux se calmer que se camer, chanter que se shooter, s'enchanter le corps et le mental en compagnie de Vishnou (la paix) que de s'abîmer en sniffeur de Vishnouf  (poudre aux yeux utilisée pour prendre la poudre d'escampette) !
Bon vent !
Namasté !!

mercredi 20 mars 2019

'Mémoire de yoga n°33"


Mantra : OM.

"La voix est l'instrument de l'âme. L'harmonie du OM transforme l'homme en divin."
Allama Prabhu

OM :Tasya Vacakah Pranavah (le Divin se manifeste dans le mot "OM").
"Yoga Sutra" de Patanjali.

OM, le mot sacré des Hindous, est l'un des plus vieux mots connus. Dans l'ancien Sumer, il y a plus de 5000 ans, OM était utilisé comme un mot secret par les mystiques et les prêtres sumériens.
Quand les tribus indo-aryennes migrèrent à l'est, du Sumer jusqu'en Inde du Nord, elles emportèrent avec elles le mot secret et précieux : OM.
Dans les plus vieilles écritures indiennes connues, OM a toujours tenu une place proéminente. Presque tous les mantras commencent et se terminent avec OM. OM est également utilisé seul, comme un mantra et est considéré comme le plus puissant.
OM est le son primordial dont tous les sons et toutes forces émanent. Toute la création tourne dans une vibration incessante de OM dont elle demeure inséparable.

Ecoutez la nature et vous y trouverez plein de OM.
Le Yonx (instrument de musique préhistorique) imite le vrombrissement du OM.
Les réacteurs des avions l'évoquent également, de même que les chants des montagnards (basques, "yodel" autrichien ...), les bols chantants tibétains (qui délivrent deux sons de quarte augmentée, intervalle qui a pour faculté symbolique de détruire ce qui est indésirable), le chaudron de la nuit de la Saint-Jean fêtée en France tous les 27 Juin, les gros coquillages, la mer, les meuglements de la vache (le son OM est symboliquement lié à la vache).

AUM, comme on l'écrit parfois, avec ses trois lettres, couvre ces trois états :
A - le plan physique, le divin, l'état de veille,
U - le plan mental, le guru, l'état de rêve,
M - le plan au-delà de l'intellect, l'adepte, l'état de sommeil profond.
Il s'écrit ainsi en sanscrit :







Le point placé en haut, appelé "bindu" représente un 4ème état qui en fait transcende les 3 autres.
Lorsqu'on chante le OM, on vénère l'univers (le Divin), le Divin dans le guru et en soi à travers l'univers.
Il correspond à "SAT-CHIT-ANANDA" :
Existence-Connaissance-Béatitude.
Le son AUM a des équivalences phonétiques : ONG, HUNG, HUM (contrepartie Yin du OM qui est lui-même Yang). Lorsque l'on chante le OM, apparaît en même temps le HUM.
L'association des voyelles A et U s'entend AO. AUM se chante AOM, les voyelles U et O sont des équivalents phonétiques.
Dans le OM, le O représente la perfection, la forme parfaite du cercle. Tout dans la nature a une forme de O (courbe) ou de M (ligne droite). Le M exprime l'énergie qui crée la matière (la shakti).
Le Om est un O nasalisé.
La nasalisation est graphiquement représentée par un point : le "bindu". Le "bindu" c'est la "goutte" d'énergie phonique qui résume et achève le mantra.
Bindu est la fusion de Shiva/Shakti, il se résout lui-même en "Nada", la résonance, son non-frappé, inaudible, subtil, résorption du mantra dans l'archétype divin du son.







Ce  bindu posé sur le front par les hindous (a l'endroit du sixième chakra "Ajna" : le siège de la sagesse latente), c'est la "goutte" qui fait déborder le jazz, elle représente la fête, la bonne fortune et la conscience. C'est un point de concentration pendant la méditation.

Le OM vibrant fait swinger nos petites cellules et cela depuis le "Big bang" jazzy.
Ce "murmure de l'univers", lorsqu'on le répète, nous met en harmonie avec tout ce qui vit et vibre dans l'univers !
Observons la représentation graphique du haut du OM : on voit un demi-cercle et un point.
Le Dieu Ganesh est associé au mot OM, Ganesh est le dieu qui efface les obstacles. Dans cette partie supérieure, son visage se dessine (d'une manière symbolique) !
En sanskrit, le bindu est le signe qui représente un phonème de nasalisation. Lorsque l'on voit un point placé au dessus d'une syllabe, cela signifie qu'il faut la nasaliser.
La "goutte essentielle" de Ganesh est nez-cessaire pour nous permettre de réussir à trouver un sens à notre vie ou pour nous aider à nous changer et à accoucher d'un nouveau nez !
Namasté !!

mercredi 27 février 2019

"Volutes partent en fumées" n°2


"Gilles et John" et "France" sont dans un "état critique" !
Il est préférable de ne pas imiter celui qu'on critique.
La critique n'est intéressante que si l'on apporte une idée "origéniale", une solution positive.
Si l'on veut que le monde change, cultivons l'échange. C'est à la crèche qu'on apprend à dire son "non", son "je suis pas d'accord" ...
Plus tard, on a des droits, notamment celui de voter.
Si l'on ne va pas voter, on n'a pas droit au chapitre.
Si les hommes politiques sont "tous pourris", choisissons les moins pires et respectons ceux qui acceptent les règles du jeu démocratique, les non concernés, ceux qui veulent jouer au foot en sortant des limites du terrain ou en jouant aussi avec les mains, disant "moi, je joue comme je veux" n'ont rien à faire là !
Si l'on peut être déçu par des "politocards", ne pas oublier que pour gagner l'élection, il a fallu séduire, donc faire du baratin et son malin, rester flou, c'est à dire filou.
La nature, s'il n'en retire pas d'avantage, le trop politicien pour être au net s'en fout !
Cultivons la bonne humeur, l'humour, l'humus, humons nous les uns, les autres (comme ça on se"sentira mieux"), aimons l'humain, animons nous les uns les autres.
Préférons Jadot, Hulot, des humains avec leurs défauts plutôt que des faux (jetons, amis), des fossiles paranos à gros égos et leur théorie du complot (avec parmi eux, ceux qui affirment que la terre est plate et ceux qui assurent que la terre est en forme de pyramide). Moi qui croyais que la terre était ronde !!



Dans le bordel capitaliste, la crise profite toujours aux nantis, les riches adeptes de la triche adoptent la stratégie tragique du désordre qui rapporte.
Plus on fout la merde, moins on s'organise et plus cela leur va à ravir puisque plus c'est la crise plus cela leur rapporte !
Bref, ça "boursicrotte"
Tout comme les gilets jaunes, les gilets de velours n'aiment guère une société organisée et réfléchie qui ferait le choix de la joie !
Dommage pour les gilets fluo qui vus de haut, sur les rond-points, ressemblent à des tâches d'urine. Certains gilets pisse-moquerie s'opposent aux pisse-copies de macron mais en faisant le jeu du système "capipitaliste".
Les dividendes divisent !
Mao avec son égo (son moa) guerrier exacerbé disait :
"Le pouvoir est au bout du fusil."
Il était tout fou, il avait tout faux, tu prends le pouvoir par la force puis un autre fera pareil et c'est un cycle infernal sans fin !
Moi, le "pisse hand-love" (humain dans la main), je dirai plutôt :
"Le pouvoir est au bout du ... caddy."
Je sais, je me répète mais résultat des courses : les 26 personnes les plus riches de la planète gagnent autant que les quatre milliards de gens les plus pauvres !
Dans ce monde en déliquescence, j'espère de tout cœur que toute cette effervescence, nous mènera vers un ailleurs meilleur ayant du sens, une "vélorution" tranquille vers le moins d'essence, sans break-shit, nervous breakdown, "burnoute", comme disent les flegmatiques britanniques !


"Nasredin sort de chez lui pour aller faire pipi près de la fontaine de son village d'Akshéhir. Comme il n'en finit pas, au bout d'un moment, excédée sa femme réagit :
- Mais qu'est-ce que tu fabriques ? ça fait une heure que tu est parti vider ta vessie !
- Et je n'ai pas fini.
- Qu'est-ce que tu me racontes là ?
- N'entends tu pas le bruit ?
- Je n'entend que celui de la fontaine !!!
- Et c'est justement elle qui couvre le mien !"

Vous souvenez-vous des "trous" du dernier article ? et bien en voici de nouveaux !


Les plus riches sont de plus en plus riches. Ils pèsent de plus en plus lourds les gilets de velours.
"On demande à des ouvriers ce qu'ils pensent de leur travail : casser des tas de cailloux.
- Je souffre, j'ai mal au dos, dit l'un.
- Je fais cela pour pouvoir manger, dit un autre !
- Je vois tout ces cailloux qui s'assemblent et deviennent une cathédrale, dit un troisième !"
Le "gilet jeune", le gilet jaune, le gilaid zone, le "Gilles et John" !
Il existe quatre façons de voir les choses, d'avoir l'espoir ou de se réfugier dans le désespoir :
Être un pessimiste triste : aquaboniste déprimé qui ne propose rien et qui critique tout !
ou un pessimiste joyeux : on va vers la fin mais j'agis quand même, on ne sait jamais ! Je conserve l'espoir et quoiqu'il arrive, je fais ma part.
Pour l'optimiste triste ou joyeux, facile à décrire, la différence entre les deux, c'est qu'il y en a un qui est plus fainéant que l'autre.

Comme disait Gramsci :
"Je suis pessimiste par l'intelligence mais optimiste par la volonté."
Crédit illustration :
Geluck et deux docs du site "Sourcesdeyoga" !
Namasté !!

jeudi 14 février 2019

"Volutes partent en fumées"


Les gilets jaunes : les futurs "Sans culotte" ?
Pour le moment, ce sont plutôt des "Soupe au lait" aux "Coup de sang culottés", de quelle couleur est leur colère ? Noire, rouge ou verte ?
Et pendant ce temps là, dans l'économie mondialisée, les valeurs en hausse profitent, les niches riches se nomment :
"Amas zone", "Monsantotalitaire", fraudes fiscales-fractures sociales, indice niqué, caca rente, diesel à fines particules ...
L'homme, roi de la planète, nombril du monde pensant avoir le pouvoir sur tout, ose tout :
"Les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît !"
Michel Audiard
L'homo-sapiens tourne en rond, cela finit par l'endormir. L'homo-sapiens, ça pionce !
L'homme de Néanderthal a vécu sur cette terre environ 300 000 ans. L'homo-sapiens en est à 250 000 ans, s'il veut arriver à battre le record de longévité du Néanderthal, faudrait qu'il arrête de pioncer, qu'il descende de son trône et accepte de vivre dans une société respectueuse, solidaire, prônant la "sobriété heureuse".
"L'optimiste est un imbécile heureux, le pessimiste est un imbécile triste."
Bernanos


Les manifs "Gilles et John".
Au début, en Novembre, ils manifestaient contre le prix du diesel puis (dés décembre), là où la vitesse est limitée à 80 km/heure, certains d'entre-eux ont roulés à 90 km/heure. Souvent, ils ont détruit des radars, ont occupé les rond-points et parfois ont agressé les automobilistes.
"Quand la vérité n'est pas libre, la liberté n'est pas vraie."
Prévert
Autonomie automobile "ô ton ennuie, ô ton mobile" !
Pour le "Jauni" (sans moto), "rock n' râleur", la bagnole c'est sacré, il s'identifie à cette boite de métal à quatre roues. Ainsi si l'on ose le faire rouler moins vite, c'est lui-même qu'on limite, qu'on frustre, qu'on castre (avant qu'il ne s'encastre dans un platane ou dans un autre véhicule).
Depuis l'entrée en vigueur des 80 km/heure, le nombre de décès liés aux accidents de la route a franchement diminué.
Et puis dans les chocs entre autos, il n'y a pas que des tués, y'a aussi des blessés, des choqués, autant d'handicapés qui vont coûter cher à la société (et créer aussi une "bonne ambiance" chaleureuse et joyeuse).
Et je ne parle même pas des familles traumatisées par ces balourds, ces 90 "kilo-maîtres râleurs" qui deviennent fort discrets lorsqu'on leur demande qui va payer pour tout ça et avec cet argent ne devait-on pas s'occuper de l'entretien des routes afin d'assurer une meilleure sécurité ?


Tout ça ce ne sont que des trous, des petits trous ...
Des trous de première classe, crasse, des trous dans le budget de l'Etat (déroutes, de la sécu) ou creusé dans la terre pour la mémère qui voulait simplement traverser la route à deux km/heure et qui est passée de l'autre côté du miroir en moins de temps qu'il ne faut pour le dire !!!
Les "pressés-stressés" savent bien pourtant que plus on roule vite, plus on allonge le temps de freinage.
En cette période d'un autre âge qui encourage la rage et l'outrage, en cette épique époque opaque, dans ce monde immonde indigne dingue donc, relions nous sans côté catho et relisons les poètes rigolos :
"Dans une église, il y a toujours quelque chose qui cloche."
Prévert
Dans les manifs parisiennes, les "Gilles et John" se sont fait infiltrer à leur corps défendant par des casseurs qui se cassaient avec la caisse ou avec des soldes à 100 pour sang, venus jusqu'à là pour en découdre avec les CRS.
Pendant qu'ils y étaient, certains se sont pris des vestes, d'autres ont taillé des costards ou ont appelés à la démission du Président.




"Bénis oui-oui, pan pan cucul" !
Tout est dans tout et réciproquement. Dans la nature et dans nos relations humaines, l'autre, c'est ton miroir, l'autre c'est toi, tu l'abîmes, tu t'esquintes !
Dans cette crise d'ados défiant "Daddy", le président n'est pas notre père, sinon pendant les manifs, on verrait des banderoles "Notre père qui êtes odieux" !
Un Macron qui ne fait que ce que le patron milliardaire lui dit de faire, n'a finalement plus guère de pouvoir.
Nous aussi, nous avons du pouvoir, le notre c'est celui du caddie. Caddie ou Daddy choisit ton camp camarade !
Par exemple, prenons le glyphosate, cet herbicide qui tue tout : les mauvaises herbes et les bons  humains (ou les mauvais humains et les bonnes herbes), Macron peut l'interdire illico-presto et bien non, il attend la Saint Glinglin, autrement dit, il attend que tout soit déglingué !
Utilisons notre pouvoir : on n'achète plus aucun produit contenant cette vénéneuse vermine qui nous extermine et voilà, un soucis en moins.
Osons faire notre Nicolas Culot, c'est moins dangereux que d'être frappé par un CRS.
Au lieu de gueuler "Macron démission", dire Macron des missions (donne nous en), partage donc le pouvoir, ça t'évitera bien des tracas :
Voitures cramées, magasins massacrés, les extrémistes de la manif "gilet triste" sèment leur zone.
Dis moi avec qui tu marches, je te dirais qui tu es.
Les insultes, les injures criées sont souvent des "auto-critiques" que l'on n'ose pas se dire alors on les jette à la figure de l'autre.
Celui-là nous sert de poubelle ! Arrêtons tout ce cinoche cinoque cynique et continuons à dire comme quand on était môme :
"C'est celui qui dit, qui y est !"
"Il n'y a pas de mauvaises herbes, de mauvais hommes, il n'y a que de mauvais cultivateurs.
Victor Hugo
Allez, bon vent à tous !
Dessin : celui sur la récup politique est de Fix !
Le monde est foutu mais il nous reste Plantu !
La suite dans la prochaine chronique !!
Namasté !!!

jeudi 10 janvier 2019

"Six tons"

Après "Le son de Lançon" (message précédent), revenons sur Bach par le biais de citations !
Citer c'est excitant, surtout si c'est du Cioran :
"S'il y a quelqu'un qui doit tout à Bach, c'est bien Dieu."

Passe ton Bach d'abord, on verra ensuite !
Oui ben c'est tout vu, une fois que tu l'as en poche, il devient un de tes proches. Son monde est à toi, Cioran te le fait toucher du doigt :
"Si seulement Dieu avait fait notre monde aussi parfait que Bach a fait le sien divin."



"Avec Bach, la vie serait supportable, même dans un égout."
Les égouts et les douleurs, ça ne se dispute pas !
Tiens voilà Bobin qui ramène sa bobine :
"Vivre ainsi c'est ... le livre du clavier bien tempéré de Bach qui s'ouvre à l'envers et toutes les notes qui roulent comme des billes dans la chambre."
Que n'ai je ... l'avis de Kundéra ... ah ben tiens le voilà :
"Elle pense à l'époque de Bach où la musique ressemblait à une rose épanouie sur l'immense plaine neigeuse du silence."
"Motus Vivaldi :
Vivaldi sait s'habiller.
Réplique de Josette Bach à son mari J S Bach qui lui demandait s'il était beau dans son nouveau pourpoint."
 Desproges
Et pendant ce temps là, Chopin chopine du chef et donne des notes, un SI :
"Bach est un astronome qui découvre les meilleures étoiles. Beethoven se mesure à l'univers. Moi,  je ne cherche qu'à exprimer l'âme et le cœur de l'homme."
"Sans Bach Dieu serait un type de troisième ordre."
Cioran
Cioran est un atypique qui pique, pas de bar atin, pas de beaux bars au café Cioran.
On avale un aphorisme de Cioran comme on boit un alcool costaud : cul sec !
A peine bu, le concentré de la formule te monte à l'esprit !
Et là, soit tu bois bien et tout va bien, tu vois mieux, soit tu ne digères pas et ça te reste sur l'estomac.
C'est "aphorisme et péril", on peut trouver cela un peu fort de café mais délicieux ou affreux, triste et puéril !



Dans la rue, deux amis se croisent et discutent :
- En un mot, comment vas tu ? demande l'un.
- Bien, répond l'autre.
- Et en deux ?
- Pas bien !

En à peine vingt mots, Cioran nous enseigne, nous renseigne plus que les 700 pages de "L'être et le néant" de "Jean-Sol Partre" !

Pour finir, un dernier pour la route :
"Dans un monde sans mélancolie, les rossignols se mettraient à roter."
Bobin, Chopin, Desproges, Kundera, Vivaldi et Cioran : voilà, le compte est bon, six tons différents pour évoquer le talent de Bach, il faut au moins ça.
Virelangue (se répète rapidement plusieurs fois à la suite) :
Citons ces si exquis six sons, esquissons ces si excitants et si tentants tons, est-ce qui sont tous ainsi aussi sciants ?

Sont aussi casés dans cette chronique six citations du roumain ruminant (parfois un peu vache, parfois en faisant un peu taureau), tout cela est réglé comme du papier à musique de JS Bach.
La musique, c'est de la mathématique.
Pour réformer l'éducation pensons à remplacer les maths par du Bach (associé au jeu d'échec cela devrait suffire pour "luther" contre l'échec scolaire tralalalalaire) !

Allez ou le vent vous mène et s'il vous malmène, pour gommer la gène et redevenir zen, revenez à Bach le phénomène !




Comme dit le peintre Robert Combas :
"Bo..e A..ée sans haine."

Yamasté !

mardi 25 décembre 2018

"Le son de Lançon"

Attentat "Charlie", le journaliste Philippe Lançon blessé au bras et surtout au visage est l'un des rescapés du carnage. Il en raconte les faits et les effets dans un livre calme, témoignage sans rage qui décrit l'orage dans une belle douceur :
"Je n'ai aucune colère contre les frères K, je sais qu'ils sont les produits de ce monde ... tout homme qui tue est résumé par son acte et par les morts qui restent étendus autour de moi."

De la douceur contre la douleur :
"Je ne pouvais pas éliminer la violence qui m'avait été faite ... Ce que je pouvais faire en revanche, c'était apprendre à vivre avec, l'apprivoiser, en recherchant, comme disait Kafka, 'le plus de douceurs possibles'. L'hôpital était devenu mon jardin."


"Ecrire, est la meilleure manière de sortir de soi-même."

Et ce qu'il écrit est bouleversant, renversant et éprouvant. Son livre est un exorcisme ultrasensible.
Ses moyens de guérison, ses chemins vers d'autres horizons, il les a trouvés tout naturellement dans l'écriture (chroniques dans Charlie, Libé, ce livre), dans la lecture (Shakespeare, Kafka, Proust) et dans la musique (l'indispensable Bach).

"L'art de la fugue"
Place au "fugue-heurt" :  Philippe part dans l'art et Lançon dans le son !
"Hossein a installé le CD dans un lecteur. Tandis qu'on désinfectait et anesthésiait la cuisse droite, les premières notes, si lentes, du premier contrepoint sont passées entre les bonnets des infirmières pour entrer une à une, comme les gouttes d'un début de pluie, dans l'oreille. Ré, la, fa, ré, do dièse, ré, mi, fa, sol, fa, mi, ré. C'était une musique d'hiver, c'était l'hiver, ma vie était en hiver.
Le son du vieil enregistrement se déposait sur la salle et sur mon corps. J'ai senti les piqûres et me suis concentré sur la musique de cet homme, Bach, dont j'avais chaque jour un peu plus l'impression qu'il m'avait sauvé la vie.
Comme chez Kafka, la puissance rejoignait la modestie, mais ce n'était pas la culpabilité qui l'animait : c'était la confiance en un dieu qui donnait à ce caractère coléreux le génie et la paix. Hossein a approché le dermatome de la cuisse, j'ai fermé les yeux et cherché à entrer dans la fugue qui développait maintenant ses différentes lignes en obtenant ce miracle : plus c'était complexe, plus ça me simplifiait."

Dans nos vies, lorsque ça déconne, écoutons donc la "Chaconne".
"Dans l'après-midi, Gabriel, un ami violoniste, membre du Quatuor Thymos, vient jouer dans la chambre la Chaconne de Bach ... Gabriel suit la partition en remontant lentement jusqu'à la tête du lit ... Bach résonne presque sauvagement dans le silence de la chambre et du service ... Tous les sentiments, toutes les émotions défilent dans la Chaconne : Gabriel les communique tantôt un par un, tantôt ensemble ...
Pendant quelques minutes, j'ai l'impression que je n'ai survécu que pour être là."




"Variations Goldberg" recentrent et rassemblent.
Au bloc on n'écoute pas de rock mais plutôt du "Bach'oque" (prononcé à l'allemande "Baroque") qui traque l'angoisse et la troque contre de l'énergie vitale !
En plus, on ne choisit pas de l'oeuvrette d'opérette, de la zizique de pacotille ou de la muzak qui rend patraque mais plutôt de la haute qualité, du millésimé, du premium miam-miam, du grand luxe épatant avec ce chef-d'oeuvre :
"Je suis descendu au bloc avec le CD des Variations Goldberg, jouées par Wilhelm Kempff. Nathalie l'a mis et l'opération a commencé.
Je sentais ma lèvre partir vers la droite, j'avais l'impression qu'on me déformait le visage entier. La légèreté de l'interprétation de Kempff, sa clarté intérieure sans tragique, luttait contre la fixation des points de suture avec une efficacité que n'aurait pas eue, je crois, l'interprétation de Glenn Gould. Elle appliquait une gaze sur la chair et l'esprit."



Avec sa mâchoire et sa lèvre abîmées, le jeu de vire-langue suivant ... :
"Wilhelm Kempff cite Nietzsche" (à dire vite et plusieurs fois de suite) !
... ne devait pas faire rire "Lançon le son qu'il faut face au sot" !
De toute manière, comme disait Françoise Sagan :
"Les gens vraiment intelligents ne sont pas méchants."
Allez, passez le Bach d'abord et on verra ensuite. Bon vent !
Yamasté !!!